Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Tim Hodgkinson, Milo Fine : Teshuvah (Rossbin, 2011)

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Des brisures provoquées par les changements d’instruments (piano, percussions, clarinette) de Milo Fine, la clarinette de Tim Hodgkinson s’en octroie un joyeux festin. En ce sens, abondant de sarcasmes et d’emballements, elle enserre et ne lâche jamais les filets tendus par son partenaire. Mieux, elle bouleverse le cercle, foisonne d’un souffle vibrant, s’unit ou se brise en duo de clarinettes, détermine les espaces à éclaircir ou à confier au silence.

Bien des crêtes vont ainsi s’enchaîner ou se superposer, s’infiltrer dans ce jeu du chat et de la souris (entêtement rapproché dans The Renunciant, questions-réponses dans The Remembering), le piano de Milo Fine, jouant ici le rôle du catalyseur magnifique. Et ainsi d’approfondir un dialogue toujours plus vif et jamais en panne d’élans à confronter.

Tim Hodgkinson, Milo Fine : Teshuvah (Rossbin Production)
Enregistrement : 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ The Renunciant 02/ The Remembering 03/ The Work to Return
Luc Bouquet © Le son du grisli



Merzouga : Mekong Morning Glory (Gruenrekorder, 2011)

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Ma passion pour les field recordings fera que bientôt je ne voyagerai plus. Je ne quitterai ma chambre que pour des questions d'ordre quotidien. Il me suffira de mettre dans ma platine un CD comme celui de Merzouga (né de l'union d'Eva Pöpplein et de Janko Hanushevsky), Mekong Morning Glory, et cela suffira.

Pas besoin d’avoir tourné et retourné des tonnes d’Atlas pour deviner où nous emmène ce CD : on y suit à l’oreille les méandres du fleuve légendaire (Laos, Cambodge et Vietnam). Certains ne changent rien à leurs carnets de voyages. D’autres, comme Merzouga, le font pour le partager et surtout pour ne pas ennuyer leurs auditeurs. Les enregistrements d’un voyage fait en 2008 ont donc été retouchés l’année d’après. Aujourd'hui, ils étonnent ceux qui n’ont pas fait ce voyage : des alizés, des oiseaux, des enfants, de l’eau, de temps en temps des instruments de musique. Des sons pas toujours « sonores » mais qui aident notre imagination et, des mois après, nous invitent à imaginer ce ravissant voyage. 

Merzouga : Mekong Morning Glory (Gruenrekorder)
Edition : 2011.
CD : 01/ Mekong Morning Glory
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Andre Vida : Brud (PAN, 2011)

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Constitué d’enregistrements réalisés en live et en studio entre 1995 et 2011, Brud (3 CD) offre une première vision d’ensemble de l’œuvre complexe du saxophoniste, poly-instrumentiste et poète Andre Vida.

Compositeur et improvisateur hongrois-américain vivant à Berlin, co-fondateur avec Brandon Evans du collectif new-yorkais CTIA, Andre Vida a notamment collaboré avec Anthony Braxton (il a participé à l’ensemble Ghost Trance), Rashad Becker, Axel Dörner, Matt "MV" Valentine, Tim Barnes, Helen Rush, Olaf Rupp, Clare Cooper, Clayton Thomas, Elisabeth King, Steve Heather, Jamie Lidell, Tim Exile and Kevin Blechdom, Elton John, Gonzales, Cecil Taylor, Ornette Coleman, Jim O’Rourke, Susie Ibarra, Guillermo E. Brown

Quartet, saxophone solo, pièces pour violoncelle et sextet de bois, musique électronique sont réunis dans ce recueil musical, organisé, non pas selon un ordre chronologique (un enregistrement de 1995 voisine avec des enregistrements de 2005 et de 2011) disposant linéairement des gestes musicaux isolés, mais plutôt selon des intensités et des aspects, des regroupements sonores faisant apparaître par secousses la formation stratifiée d'un langage jouant de la variété de ses idiomes.

Proche, par son caractère à la fois échevelé et raffiné, de certaines évolutions des jazz dits « free » et « loft » (on pense parfois aux enregistrements d'Henry Threadgill) ; rituelle ou extatique, par sa dimension performantielle, son acharnement réitératif, son caractère graduel et cyclique, ses écarts vers la voix humaine, vers le chant et vers le cri – caquètements, feulements, bourdonnements : la musique d'Andre Vida surprend chaque fois par ses réinventions et par l’étendue de ses modalités expressives, usant tantôt de la « pauvreté » d'un instrument seul – un synthé convulsif ou un saxophone écorché, suffoqué et brutal –, tantôt de la richesse des colorations harmoniques à l’intérieur d’une forme presque classique, comme dans Xberg Suite, composition en neuf mouvements pour basse, accordéon, batterie et sax ténor, qui introduit une impulsion régulière et un mouvement mélodique fort suivant un déploiement obsédant.

Brud est un objet peu saisissable, une sonographie étrange révélant des signes, des symboles et des itinéraires, montrant la transformation totale d’un musicien en quelque chose d’autre.

EN ECOUTE >>> Andre Vida & Anthony Braxton : Antiscones >>> Andre Vida : Kastle

Andre Vida : Brud. Volumes I-III. 1995-1991 (PAN / Metamkine)
Enregistrement : 1995-2011. Edition : 2011.
CD1: 01/ Purrls 02/ Child Real Eyes 03/ Cello Solo 04/ Blues Shuffler 05/ New Day 06/ Wire In My Heart 07/ Piece Of CD1 08/ 8 High Enough, That If You Fell, You Would Break Just A Little 09/ Plate Chicken Feed 10/ Who Let The Gods Out 11/ Wu Two 12/ Put It In Your Pocket 13/ Antiscones 14/ Tie Me Up 15/ Brudika 16/ Knoibs 17/ Rising 18/ Gypsy Star – CD2 : 01/ Broken Tape 02/ OClaClaVee 03/ AxelRaDre 04/ Kastle 2 05/ Falling Kastle 06/ Kastle E89 07/ Shields Kastle 08/ Woodwing – CD3 : 01/ X 02/ Staring Intently 03/ Lady Mandala 04/ A Delicate Situation 05/ Gypsy Star 06/ The Three Two 07/ 39 Flowers 08/ Solution S 09/ Wenn Dein Haar
Samuel Lequette © Le son du grisli


C. Spencer Yeh : 1975 (Intransitive, 2011)

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C’est en amateur de drone que C. Spencer Yeh envisage un vieux piano sur 1975. C’est en imaginant de quelles manières il pourra ensuite transformer sa voix qu’il en donne sur le même disque.

Ici alors se succèdent les bruissements de cordes peu épaisses arrangées en nattes folles, une folie langagière faisant grand cas des 0 et des 1, des sinusoïdales ancrées dans le bois et des boucles vocales qui perdent au gré de leurs emballements de leur humanité. Au milieu du disque, Yeh chiffonne des enregistrements de saxophone solo, soumet un autre piano à la question des chocs ou promène, deux titres l'affirment, deux guitares ayant fait cause commune d’un horizon tremblant.

Ces pièces enregistrées entre 2005 et 2009 confondent pour leur salut improvisation, musiques électroacoustique et concrète et branle-bas de combat expérimental. Pour un « résultat » beaucoup plus convaincant que ce que Yeh a pu dire seul par le passé – sur Nothin’ But A Heartache, par exemple, où l’expérimentation tenait davantage de la pose stérile.

EN ECOUTE >>> Drone / Shrinkwrap From A Solo Saxophone (Skit)

C. Spencer Yeh : 1975 (Intransitive / Metamkine)
Enregistrement : 2005-2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Drone 02/ Voice 03/ Drone 04/ Voice 05/ Drone 06/ Shrinkwrap From A Solo Saxophone CD (Skit) 07/ Two Guitars 08/ Two Guitars 09/ Drips (Skit) 10/ Au revoir... 11/ ... Et bonne nuit
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Luc Ferrari : Ferrari 2 (Mode, 2011)

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Le label new-yorkais Mode Records s’attache depuis bientôt 30 ans à diffuser les formes de musique contemporaine les plus hétérodoxes, qu’elles émanent de compositeurs prestigieux (John Cage, Iannis Xenakis, les deux Morton, Feldman et Subotnick…) ou encore peu connus du grand public (Jason Eckardt, Frances White, Lydia Kavina…). Après Ferrari 1 : Chansons pour le corps édité en 2002, Mode a récemment ajouté une nouvelle pierre à l’imposant édifice discographique de Luc Ferrari,  infatigable chercheur d’or sonore décédé en 2005, en laissant derrière lui un corpus pléthorique.

Ce Volume 2 réunit trois pièces datant de trois périodes différentes : Visage 2 (1955-56), Après presque rien (2004) et Madame de Shanghai (1996). Visage 2 mobilise cuivres et percussions afin de faire jaillir dans l’esprit de l’auditeur l’image d’une « confrontation physique de deux corps sexués », selon les propres mots de Ferrari. Ici interprétée par l’ensemble Musiques Nouvelles, sous la direction de Jean-Paul Dessy, cette partition de jeunesse, rarement jouée, s’avère tout à fait saisissante. Beaucoup plus proche, dans l’esprit et la texture, de la musique concrète, Après presque rien découle de la rencontre assez peu fortuite mais très fertile entre quatorze instruments et deux samplers – Art Zoyd et l’ensemble Musiques Nouvelles se partageant ici l’interprétation. Sens de la précision et goût de la dérision impulsent cette pièce d’une extrême alacrité – elle dure 31 minutes mais file à toute vitesse –, semblable à une mini symphonie légèrement siphonnée, tout du long parsemée de trouvailles et de détails (écoute au casque vivement recommandée). Faisant clairement référence à La Dame de Shanghai (1947) d’Orson Welles, et plus particulièrement à la fameuse scène finale dans la galerie des glaces, Madame de Shanghai prend la forme d’un miroitant dédale, dans lequel viennent s’entrechoquer des sons divers (flûtes du Scottish Flute Trio, voix de Li Ping Ting, bribes du film de Welles et autres bruits échantillonnés), orchestrés par Luc Ferrari aussi minutieusement que malicieusement.
 
Luc Ferrari : Ferrari 2 (Mode Records)
Edition : 2011.
CD : Visage 2 (1955-56) / Après presque rien (2004) Madame de Shanghai (1996)
Jérôme Provençal © Le son du grisli



Jan Klare, Jeff Platz, Meinrad Kneer, Bill Elgart : Modern Primitive (Evil Rabbit, 2011)

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Dans ce monde d’enchevêtrements enfanté par Jan Klare (saxophone alto, clarinette, flûte), Jeff Platz (guitare), Meinrad Kneer (contrebasse) et Bill Elgart (batterie), quelque chose des compositions de l’Henry Threadgill dernière manière. Mais ici, on improvise : on resserre l’étreinte jusqu’à sa totale extinction ou, sans scrupule, on déblaie les blocs trop encombrants.

Sans zapper mais sans entretenir la matière plus qu’il ne faut, la colère pointe et s’installe. Mais elle peut aussi s’adoucir, se multiplier en de sourdes saillies ou enfanter de pesantes détresses. Mais toujours, elle signe et persiste. Tout ceci, sans transition ni repos et au risque de la redite ou de l’asphyxie des formes. Ecueil majeur de ceux refusant toute tentation de calcul et d’assouplissement. D’où une improvisation, parfois inégale, mais toujours tranchée sur le vif.

Jan Klare, Jeff Platz, Meinrad Kneer, Bill Elgart : Modern Primitive (Evil Rabbit Records)
Enregistrement : 2010.  Edition : 2011.
CD: 01/ Beekeepers Song 02/ Can You Hear the Rain? 03/ Meat Dress 04/ A Gently Slapping Knoll 05/ Blank Mask 06/ Grain by Grain 07/ Puppet Party 08/ Impish Episode 09/ Mutual Agreement
Luc Bouquet © Le son du grisli


Micro_Pénis : Tolvek (Doubtful Sounds, 2011)

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Pour avoir aimé LP, je me suis posé une question en écoutant Tolvek : Micro_Pénis serait-il un groupe à concept-albums ? Puis une deuxième : est-ce que celui-ci serait raté ?

Bien sûr on y trouve quand même des choses puisque la musique de Micro_Pénis tient autant de l’acte chirurgical (on pense au Kommissar Hjuler avec dans la bouche la fraise d’un dentiste aveugle) que du sport de combat. Des cris se chamaillent avec des guirlandes de mots abscons, la musique expérimentale est régressiste et même parfois débilitante = des paires de claques indus données à Tristan Tzara qui hurle. A la fin, un clairon fait la nique à des éclats d’obus et disparaît dans une traînée de poudre. Au-dessus des corps, des mouches s’en donnent à cœur joie et délivrent la moralité de l’histoire : Micro_Pénis peine à la branlette !

EN ECOUTE >>> Kami Fak'r >>> Glory Holes

Micro_Pénis : Tolvek (Doubtful Sounds)
Edition : 2011.
LP : Evil Dead / Schnaka schlim / Sagesse asiatique / Kolossal abschluss / Berlusconi / Encore Noël / Elle avait du sang dans la culotte / Cocorico (poulet mort sur tas de fumier) / Professionnels / Chimio / Molto safto / Kami Fak'r / Ein fustiger traum / Glory holes / Lorsque la lune est pleine je le sens vraiment
Pierre Cécile © Le son du grisli


Matthias Muche, Philip Zoubek, Achim Tang : Excerpts from Anything (Creative Sources, 2011)

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Si c'est d'après une composition de Marcus Schmickler que le trio avait, pour le même label en 2007, bâti Sator-Rotas, la sélection d'aujourd'hui offre cinq pièces improvisées, en octobre 2010, par Matthias Muche (trombone), Philip Zoubek (piano préparé) et Achim Tang (contrebasse), au Loft de Cologne.

Ces cinq échantillons de tissu de belle facture timbrale, au tramé de qualité (coupe un peu berlinoise – on ne s'en plaint pas – mais saison 2000...), rendent compte d'un indéniable savoir-faire dans la recherche de textures, statiques ou sous ébullition contrôlée, et d'une bonne connaissance des idiomes en cours durant cette première décennie du siècle, entre Vienne et Londres.

Quelque chose, pourtant, finit par gâcher un peu le défilé : l'impression de feuilleter un catalogue, un book de cinq « excerpts » – effectivement – tous bâtis sur une idée distinctive (successivement : le drone-confort, le rêche-animé, la mosaïque-combinée, le sibilant-frotté, le fantôme-glissant), sans que l'attente ni l'attention de l'auditeur ne soient récompensées de quelque envoûtement. Un travail digne certainement, mais seulement plaisant.

Matthias Muche, Philip Zoubek, Achim Tang : Excerpts from Anything (Creative Sources / Metamkine)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Excerpts from Anything
Guillaume Tarche © Le son du grisli


Dave Phillips & Cornelia Hesse-Honegger : Mutations (Ini.Itu, 2010)

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Le camion que l’on entend passer est un poids-lourd chargés d’insectes. Ces créatures sont l’œuvre du diable – un diable né d’une collaboration entre une scientifique qui rapporte les mutations subies par des insectes touchés par le nuage radioactif de Tchernobyl (Cornelia Hesse-Honegger) et un ex-musicien de grindcore (Dave Phillips).

Sous chacune des carapaces, ce n’est pas un mais plusieurs cœurs qui battent. En plus de cela, les insectes crissent et leurs accouplements (qui sont en fait ceux de field recordings d’Asie ou de Suisse) engendrent d’autres bêtes mutantes. Tous ces bruits sont peut-être responsables de l’accident. Le camion s’est renversé sur la chaussée et il déverse sa cargaison. Les monstres se grimpent les uns sur les autres, lentement ils quittent le navire, lentement. Mais l’un d’entre eux vient de passer sous votre porte.

EN ECOUTE>>> Extrait >>> Extrait

Dave Phillips, Cornelia Hesse-Honegger : Mutations (Ini.Itu / Instant Jazz)
Edition : 2010.
LP : A/ Mutations B/ Mutations
Héctor Cabrero © le son du grisli


Throbbing Gristle : Rééditions (Industrial, 2011)

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C’est au milieu des années 1970 que des membres de COUM Transmissions, communauté d’artistes influencés par les actionnistes viennois, créent Throbbing Gristle dont la musique, « industrielle », deviendra un genre à part entière. Leur devise : Industrial Music for Industrial People ! Quatre individualités forment le groupe : Genesis P-Orridge, Cosey Fanni Tutti, Peter Christopherson et Chris Carter. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le groupe, une aubaine : la réédition des disques qu’ils autoproduisirent sur Industrial Records, leur label. Il va sans dire : les enregistrements ont été remasterisés et chaque CD comporte à chaque fois un double fait de bonus et de prises inédites.

Le temps presse ? Alors, démarrage avec Greatest Hits, compilation qui met en appétit tout amateur de morceaux faits dans l’urgence, parfois bâclés mais toujours énergisants ! La sélection est tour à tour expérimentale, violente, expérimentale, brute de décoffrage, expérimentale, comme le sont toutes les sorties du groupe : proto-techno, délirium exotique, riff de basse sur n’importe quoi de guitare, et ce n’est que le début… Car il faut écouter Greatest Hits pour comprendre qu’on ne peut pas se contenter de Greatest Hits !

En conséquence de quoi, nous voilà bien obligés de planifier une razzia sur le groupe culte : The Second Annual Report of Throbbing Gristle / D.o.A. The Third and Final Report of Throbbing Gristle / 20 Jazz Funk Greats / Heathen Earth. Et voilà de quoi tenir jusqu’en février, et 2013 encore ! Jusque-là, on aura découvert d’autres Throbbing Gristle qui se cachaient derrière le premier : pré-post-punk, noise pas encore cynique, bidouilleur d’ambiances, chanteur sous morphine (mélanges de Nico, Sid Vicious et Siouxie), danseur à terre, déviant, déviant, déviant… Et du déviant qu’on remasterise !


Throbbing Gristle : The Second Annual Report of Throbbing Gristle / D.o.A. The Third and Final Re-port of Throbbing Gristle / 20 Jazz Funk Greats / Heathen Earth / Greatest Hits (Industrial Records / Souffle Continu)
Rééditions : 2011.
Pierre Cécile © Le son du grisli



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