Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Archives des interviews du son du grisli

Full Blast & Friends : Sketches and Ballads (Trost, 2011)

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Pour Full Blast (Peter Brötzmann, Marino Pliakas, Michael Wertmüller), l’impasse est toujours possible : convulsions à répétition, étouffement de la forme, énergie fournie en pure perte de sens ; autant d’éléments pouvant être entretenus jusqu’à l’épuisement. Ici, en compagnie de quelques amis (Ken Vandermark, Thomas Heberer, Dirk Rotbrust), Full Blast délivre une composition double-face.

La première est collective. Par petits blocs contrapunctiques, le groupe choisit de ne rien développer des formes abordées, d’où une forte impression de zapping, heureusement balayée par les arrangements soignés et ultra-précis de Michael Wertmüller. La seconde partie (avant final fort d’une sauvagerie consommée) laisse les souffleurs délivrer des pistes plus solitaires (Heberer rond puis salivaire, Vandermark grognant une agitation ouverte, Brötzmann soyeux jusqu’à l’extase).

A noter : une heureuse utilisation des timbales proposée par Dirk Rotbrust et n’ayant de cesse de moduler – et consolider – une harmonie toujours fiévreuse. En trio ou avec d’autres partenaires, Full Blast reste fidèle à lui-même : puissant et  féroce.

Full Blast & Friends : Sketches and Ballads (Trost / Instant Jazz)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD / LP : 01/ Sketches and Ballads
Luc Bouquet © Le son du grisli



Maya Homburger, J.S. Bach, Barry Guy : Lysandra (Maya, 2011)

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D’une improvisation, florissante à l’époque baroque, et dont certains musiciens tentent, aujourd’hui, de retrouver l’essence (Gabriela Montero pour le meilleur, Dan Tepfer pour le pire), nous ne savons, finalement, que peu de choses. Mais nous savons que la violoniste Maya Homburger, impliquée dans le baroque (Bach, Biber, Telemann) et dans l’improvisation aux côtés de son Barry Guy de mari, ne prend pas les choses à la légère.

Ainsi, son violon (très) baroque sait ne pas figer – si ce n’est renouveler – une partition mille fois rabâchée. Ici, l’interprétation de l’allegro assai de la Sonate n° 3 et du prélude de la Partita n°3 évite les vélocités inutiles. De la même manière, l’archet de la violoniste trouve le moyen d’insuffler justesse et profondeur au largo de la troisième sonate du Cantor de Leipzig. Encadrant les compositions de Johann Sebastian Bach, Lysandra, composé par Barry Guy, insiste sur les harmoniques glissantes et sur de courts motifs hérités d’une musique beaucoup plus contemporaine. En ce sens, plus proche d’un Penderecki que des maîtres du baroque. Et dans tous les cas de figure grâce à Maya Homburger : douceur, fragilité, flamme, intelligence et rayonnement du sens et de la matière.

Maya Homburger, J.S.Bach, Barry Guy : Sonata in C-dur & Partita in E-dur / Lysandra (Maya / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01-04/ Sonata N°3 BWV 1005 05/Lysandra 06-11/ Partita N°3 BWV 1006
Luc Bouquet © le son du grisli


Rogelio Sosa : Raudales (Sub Rosa, 2011)

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La crise est là, belle et bien là ? Heureusement, l’achat de bruits n’est plus ruineux grâce aux éditions Sub Rosa qui – crise oblige pour elles aussi ? – publient désormais des tirages limités dans une série appelée New Series Framework.

Dans cette série, Rogelio Sosa succède, ce n'est pas rien, à Francisco López, Daniel Menche, Benjamin Thigpen, Ulrich Krieger ou Novi_Sad. Trentenaire sorti de l’IRCAM, Sosa a un goût pour les bruits (électroniques, samplés, traités., etc.), c’est Raudales qui le prouve. Ses huit morceaux ont été enregistrés entre 2003 et 2009 et frappent fort. Sosa donne dans le noise marteau-piqueur, broie du noir ou invente une ambient house expérimentale qui racle. Bref, il n’arrête pas de vous frotter le dos avec une éponge métallique. Y’en a qui en redemandent. J’en suis.

Rogelio Sosa : Raudales (Sub Rosa)
Enregistrement : 2003-2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Residual (2004) 02/ Rutina de repulsión (2005) 03/ Vinylika (2003) 04/ Puber - hostil (2007) 05/ Resplandor (2009) 06/ Expecta (2006) 9.49 07/ Intoxicante (2005) 08/ Estertor (2008)
Pierre Cécile © Le son du grisli


Steve Lacy : The Sun (Emanem, 2012)

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Sous le nom de The Sun, Emanem réédite des disques Roaratorio (LP01) et Quark (LP 9998) puis Emanem (CD 4004) augmentés d’inédits datant de 1967 et 1968. Ce faisant, le label élabore un recueil d’importance, qui consigne de charismatiques engagements mis en musique par Steve Lacy sur des « paroles » de Buckminster Fuller, Lao Tseu ou Guillevic. Pour cible de cette salve d’autres shots : la guerre du Vietnam, les massacres faits éléments de civilisation.

Puisqu’il faut nuancer à l’aune des grands textes les définitions simplistes de notions qui en imposent, comme celle, surpassant toutes autres, de « civilisation », reprendre Les transformations de l’homme de Lewis Mumford : « Le comble de l’irrationalité de la civilisation fut d’inventer l’art de la guerre, de le perfectionner et d’en faire une composante structurelle de la vie civilisée (…) La guerre a été l’invention spécifique de la civilisation : son drame fondamental. L’ultime négation de la vie, qui justifiait tragiquement toutes celles qui avaient précédé. » Qui se passionnera pour le sujet pourra aller lire aussi Requiem des innocents, de Louis Calaferte.

Retour au disque. Pour donner d’autres couleurs au monde tel qu’il va, The Sun, première des pièces inédites datées de février 1968, se lève en optimiste sur une exhortation à l’humanité signée Fuller : Irène Aebi en récitante accompagnée de Lacy, Karl Berger (omniprésent au vibraphone), Enrico Rava (trompette) et Aldo Romano (batterie), y défend un théâtre de l’absurde que The Gap changera en morceaux de clameurs retentissants. Enregistrée l’année précédente, Chinese Food (Cantata Polemica) est une protest song qui dirige les mots de Lao Tseu contre la guerre du Vietnam : Lacy, Aebi et Richard Teitelbaum, qui improvise ici pour la première fois aux synthétiseurs, y évoluent en personnages d’un virulent cabaret électroacoustique. Son chant contraste avec deux prises de The Way et deux improvisations enregistrées à Rome quelques mois plus tard par le même trio, inspiré par le même penseur. Cette fois, l’allure est lente : la voie est celle d’un morceau d’atmosphère énigmatique : les longs rubans et galons perturbés d’un Teitelbaum obnubilé par le son du theremin enveloppent les adjurations d’un soprano-ciselet et les conseils lus par Aebi : « The way to do is to be ».

Pour finir, entendre, enregistré à Zurich en 1973, ce Steve Lacy Quintet dans lequel on trouva longtemps, aux côtés de Lacy et Aebi (au violoncelle aussi), Steve Potts (saxophone alto), Kent Carter (contrebasse) et Oliver Johnson (batterie). En quatre temps (inspirés par Anthony Braxton, Buster Bailey, Alban Berg et Lawrence Brown), The Woe rend hommage à Hô Chi Minh au son d’un exercice de poésie et de musique mêlées : un jazz qui clopine lorsqu’il n’est pas anéanti par les combats que les instruments et la mitraille saisissent à même les sons. Une dernière fois, Aebi scande : des mots d’Eugène Guillevic, tirés de Massacres, qui racontent, épaulés par le soprano et sur le tambour de Johnson, ce qu’on gagne à jouer avec les inventions de la civilisation au point de la changer, pour citer Mumford encore, en « long affront à la dignité humaine. »

On a pris ceux-là
Qui se trouvaient là.

On les a mis là
Pour en faire un tas.

On les a mis là
Et maintenant voir

Comme ils font le cri,
Comme ils font la gueule.

Massacres, Eugène Guillevic.

Steve Lacy : The Sun (Emanem / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1967-1973. Edition : 2012.
CD : 01/ The Sun 02/ The Gap 03/ The Way (introduction) 04/ The Way (Take 5?) 05/ Improvisation (Numero Uno) 06/ The Way (Take 6) 07/ Improvisation (Numero Due) 08/ Chinese Food (Cantata Polemica) 09-12/ The Woe : The Wax (09) The Wage (10) The Wane (11) The Wake (12)
Guillaume Belhomme © le son du grisli


Zeena Parkins : Double Dupe Down (Tzadik, 2012)

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Réunissant cinq musiques de films composées entre 2004 et 2011 par Zeena Parkins, Double Dupe Down joue la carte d’une étrange diversité. Mais de ce choix de transposer les sources et de bouleverser chronologie et orchestration émerge une œuvre-suite évitant, de belle manière, l’effet zapping.

Ici, même si imbriqués ou juxtaposés, ce sont les passages solos (PSA N° 2 + 7), les arrangements de cordes (The Shape of Error avec Sara Parkins, Maggie Parkins et Okkyung Lee) ou les parties à deux cornemuses (Oompie Ka Doompie avec David Watson et Matthew Welch) plutôt que les electronics inhabités d’Ikue Mori (Harpstring and Lava) que l’on a envie de défendre. Une suite attachante. Sans images certes…

Zeena Parkins : Double Dupe Down (Tzadik / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2004-2011. Edition : 2012.
CD: 01/ Harpstring and Lava 02/ Selina 03/ Opening Credits 04/ Chorale 05/ I Hardly Care 06/ Pipes Oompie 07/ No Sweet Love 08/ Phantasmagoria 09/ Zoo 10/ Skin 11/ Fireworks 12/ At Sea 13/ Duo 14/ Allegra 15/ Picnic Too 16/ The Air Is Perfectly Clear 17/ Squiggle 18/ Carousel 19/ Anthem
Luc Bouquet © Le son du grisli



Thorsten Soltau / Preslav Literary School : Grün wie Milch / Alamut (Corvo, 2011)

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Pour qu’il n’y ait pas de jaloux, les deux faces de ce vinyle que se partagent Thorsten Soltau (turntables) et le groupe Preslav Literary School sont aussi belles l’une que l’autre. A tel point qu’il ne faut pas craindre de les abîmer pour entendre ce qu’elles contiennent.

En A, nous avons donc Soltau qui fait un collage de sons brefs, sautants ou tournants, d’une voix au ralenti et d’inserts expérimento-décoratifs. Ce n’est pas l’originalité que l’on retient de Grün wie Milch, mais une ardeur au jeu qui bouscule tous les principes mélodistes. En B, c’est la Preslav Literary School qui compose à partir d’enregistrements sur bandes et d’electronics. Pendant qu’un drone d’orgue monte, des voix et des boucles se succèdent. Alamut, c’est un peu la rencontre de Neu! et d’Eliane Radigue qui donne envie d’aller écouter les autres sorties du groupe anglais. N’est-ce pas à ce genre de réaction qu’on reconnaît qu’un split est réussi ?

Thorsten Soltau / Preslav Literary School : Grün wie Milch / Alamut (Corvo Records)
Enregistrement : 2010 & 2011. Edition : 2011.
LP: A/ Thorsten Soltau : Grün wie Milch B/ Preslav Literry School : Alamut
Pierre Cécile © Le son du grisli


Vladislav Delay : Vantaa (Raster Noton, 2011)

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Habitué de la corde raide qui sépare l’indispensable (notamment sous son pseudonyme de Luomo) du secondaire, Vladislav Delay inaugure en ces premiers frimas une collaboration avec la maison Raster-Noton – souhaitons qu’elle soit aussi fructueuse que ses échappées aux côtés d’AGF et du Moritz Von Oswald Trio et, surtout, qu’elle laisse de côté les expérimentations foireuses genre Tummaa.

A vrai dire, et c’est devenu une habitude féroce chez Sasu Ripatti, on ne sait trop sur quelle jambe fricoter à l’approche d’une nouvelle étape de sa discographie, la dixième en l’occurrence. Variation dub techno épousant les contours élégants d’une minimale épurée, Luotasi imprime dès le départ un rythme faussement alangui – il éloigne sans doute définitivement le producteur finlandais des dancefloors en échange d’une galerie d’art contemporain où l’on guette le moindre pas transversal. Saccade ambient techno (en sourdine) d’une splendide beauté sonore, Henki est un temps fort de l’album, sorte de confrontation magnifiée entre Lawrence English et GAS dont on ressort grandi. Le troisième track, Lipite, s’inscrit en vrai marqueur de la plaque, qui résiste d’autant mieux aux écoutes prolongées que l’on met un frein à nos vies sans doute trop fébriles. Autre moment (presque) de grâce, Narri évoque, ô bonheur, un transfert espace-temps de la mythique série Made To Measure en notre décennie, version R-N indeed, alors que le morceau-titre renvoie à M. Wolfgang Voigt en mode dubstep pour élégants distingués. On aime.

Vladislav Delay : Vantaa (Raster-Noton)
Edition : 2011.
CD : 01/ Luotasi 02/ Henki 03/ Lipite 04/ Narri 05/ Vantaa 06/ Lauma 07/ Levite
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli


BassX3 : Transatlantic (Leo, 2012)

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Cette basse multipliée n’est autre qu'une addition : celle des instruments graves de Gebhard Ullman (clarinette et flute), Chris Dahlgren et Clayton Thomas (contrebasses), enregistrés à l’été 2009 en studio berlinois.

En Transatlantic, ces trois basses promises improvisent en roue libre une musique d’atmosphère qui doit autant à un folk ombreux qu’à un réductionnisme en négatif. Les objets qui interrogent les contrebasses les font trembler : les cordes, malléables, chantent alors des nappes épaisses qui iront, dans les meilleurs moments, avaler les aigus d’un Ullman querelleur.

Quand elle n’est pas d’atmosphère, que les contrebasses préparées se refusent au mouvement de balancier, l’affrontement est inévitable : c’est qu’il s’agit pour elles d’anéantir la naïveté pseudo-andine d’Ullman passé à la flûte (The No Piece) ou d’encaisser quelques claques qui contraindront la clarinette à abandonner les phrases qu’elle répète avec vigueur (Transatlantic Part Two). En conclusion, la troisième et dernière partie du morceau-titre retourne en marécages : les drones y sont plus compacts encore, qu’Ullman parvient à percer de temps à autre et enfin à changer en mer d’huile. Une bouteille de graves et de plaintes y flotte encore.

BassX3 : Transatlantic (Leo / Orkhêstra International)
Enregistrement : 14 août 2009. Edition : 2012.
CD : 01/ Transatlantic 02/ The Thing 03/ The No Piece 03/ The Epic 04/ Transatlantic (Part Two) 05/ Ornette’s Closet 07-08/ Berlin Is Full Of Lonely People 09/ Transatlantic (Part Three)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Danielle Palardy Roger : Pinta, Niña & Maria (Ambiances Magnétiques, 2011)

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Trois formations pour trois navires en partance vers l’Amérique. C’était en 1492 et un certain Christophe Colomb n’y était pas pour rien. La Pinta est représentée par le GGRIL (Grand Groupe Régional d’Improvisation Libérée). La navigation est lente. Les riffs de cordes sont saillants. On transpire dans l’entrepont.  Les bois crissent. La tension est constante. La Niña bénéficie des brouillages de l’Ensemble SuperMusique. Appeaux et bruissements électroniques ouvrent le bal. Puis, entre craquements et bruitisme, s’immiscent un zeste de rock, de jazz  (Take Five cité) ou de musique ancienne. La Santa Maria sombra le 25 décembre 1492. Pour l’heure c’est l’ECM+ (Ensemble Contemporain de Montréal+) qui guide la galère. Les mélodies sont au centre du voyage : mélodies suaves et sans brûlure ni brutalité ; mélodies douces et rassurantes, n’annonçant en rien le naufrage à venir.

Liant les trois parties, deux musiciens. Le premier se nomme Juan del Encina (1468-1529). Il est le compositeur de Todos los bienes del mundo et guide de sa musique profane ce long voyage. La seconde n’est autre que Danielle Palardy Roger, compositrice, percussionniste, fondatrice et directrice musicale de l’Ensemble SuperMusique. Son désir d’explorer musique ancienne et actuelle, musique écrite et musique improvisée, consonance et dissonance ne manque ni de charme ni d’atouts ici. On vous souhaite une bonne traversée.

Danielle Palardy Roger : Pinta, Niña & Maria (Ambiances Magnétiques / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2007-2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Tout le monde en place 02/ Nuit sombre 03/ Réveil brutal 04/ Ah l’aventure 05/ Gloire, fortune, renommée et chance 06/ Tous les biens de ce monde 07/ Prologuo 08/ Todos los bienes del mundo 09/ El mar es bello 10/ Pero agitato 11/ Coraje 12/ Los recifes 13/ El paso 14/ Hacia l’America 15/ Prologue « The Unanswered Question » 16/ The Real Departure 17/ Gale & Crash 1 18/ The Road of Stars 19/ Gale & Crash 2 20/ The Sea Calmed Down 21/ Land Ho 22/ Indian Which Is Not India 23/ Deception…and Melancholy
Luc Bouquet © Le son du grisli


Lawrence English : The Peregrine (Experimedia, 2011)

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Pilote du passionnant label Room40 ou bourlingueur invétéré des musiques ambient de notre temps (quelques disques remarquables dont Autumn sur 12K), Lawrence English maintient le cap de haute volée en 2011 comme en d’autres temps. Aujourd’hui réfugié sur la très belle structure Experimedia, qui nous a déjà les grandes réussites Piiptsjilling, Lüüp ou Charles-Eric Charrier, l’homme de Down Under demeure fidèle à ses aspirations, bien qu’en dehors de son home sweet home habituel.

Basées, en théorie du moins, sur le roman The Peregrine de J.A. Baker qui évoque l’environnement naturel de la vie d’un faucon pèlerin, les sept plages du disque du même nom demeurent toutefois reconnaissables dans leur Englishitude racée. Approfondissant, album après album, ses expérimentations en matière de distorsion et de saturation, on songe ici particulièrement à Jefre Cantu-Ledesma ou Wzt Hearts, voire à l’incontournable collaboration Aidan Baker / Tim Hecker, le producteur australien dessine des contours d’autant plus fascinants qu’ils sont voilés d’une brume mystérieuse.

Certes, on a déjà pas mal entendu cela, mais souvent en beaucoup moins abouti – notamment du côté de Stephen Vitiello ou Seaworthy. Mais ici, et c’est là toute la part de magie de Lawrence English, on glisse subrepticement vers un nirvana sonique d’une superbe pertinence.

Lawrence English : The Peregrine (Experimedia)
Edition : 2011.
LP : A1/ October 1 – The Hunting Life A2/ November 16 – Dead Oak A3/ December 24 – Frost's Bitter Grip B1/ January 30 –Grey Lunar Sea B2/ February 10 – The Roar Ceasing B3/ March 16 – Heavy Breath Of Silence B4/ April 4 – And He Sleeps
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli



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