Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Gilles Aubry : And Who Sees the Mystery (Corvo, 2016)

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Derrière l’épais rideau dessiné sur la couverture d’And Who Sees the Mystery, Gilles Aubry cache une nouvelle composition faite de sons glanés en voyage – cette fois au Maroc, qu’il a sillonné en 2013 et 2014 avec Zouheir Atbane. C’est donc, après ceux de The Amplifications of Souls et Les écoutis Le Caire, une autre impression d’Afrique qu’il livre sur vinyle.  

Aubry, c’est d’abord une oreille à l’affût, celle d’un voyageur qui cherche à découvrir ce qu’un paysage pourrait bien avoir à lui dire par les sons qui font son quotidien ; ensuite, ce sont des preuves d’une réalité à réinventer comme à distance, qui prendront les atours d’une abstraction à énigmes. Si elle révèle quelques constantes (feedbacks et sifflements d’origine électronique, présences d’animaux et de mécaniques, irruption d’un air de folklore…), la pratique sonore du Suisse ne lasse pas de surprendre : ici, au son d’instruments singuliers (voix, flûtes, cordes, percussions… qu’agitent des musiciens dont les notes de pochette donnent les noms) ; là, sous les effets de « halos » (d’enveloppes, presque) qui accompagnent la sélection de témoignages plus tôt saisis par les micros.

Alors, dans le même temps qu’il donne l’impression – peut-être n’est-ce qu’une impression, une fausse idée voire un fantasme d’auditeur n’ayant pas fait le voyage, en tout cas pas ce voyage-là – d’avoir traîné en atelier ou approché une fantasia, le musicien brouille les pistes (puisqu’il il s’agit bien ici de re-recording) et enrichit les nouveaux usages que l’on peut faire du monde – pour évoquer un de ses compatriotes, Nicolas Bouvier, qui voyagea beaucoup équipé de son Nagra. De sa nouvelle errance, Gilles Aubry a ainsi fait deux (sur)faces pleines et ravissantes.

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Gilles Aubry : And Who Sees the Mystery
Corvo Records
Enregistrement : juin 2013 - mars 2014. Edition : 2017.
LP : And Who Sees the Mystery
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Talweg : Est un chemin, loin en sombre (Up Against the Wall, Motherfuckers!, 2017)

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Si Talweg – jusque-là Erle (Joëlle Vinciarelli) à la voix et Fels (Eric Lombaert) à la batterie – n’est pas au bout de ce « chemin » emprunté en 2010 au son de Substance Mort, c’est qu’à force de sillonner (c’est ici leur second vinyle), il a fini par le changer en paysage. Dans ce paysage, le duo s’est enfoncé ; sous ses pas – c’est à dire : par sa faute –, le chemin s’est encore assombri.

Aux râles d’hier, Erle opposera d’autres râles, mais pas seulement. C’est qu’elle et son camarade ont augmenté leur instrumentarium d’une vielle, d’une trompette, de synthétiseurs et de la flûte d’Arnaud Marguet. Alors, avec force, ils agitent d’autres mythologies – c’est, par exemple, un (une ?) Léandre qu’on y trouve, un archet planté dans la gorge – en un noir diptyque exposé à la verticale prêt à avaler crissements, déviations, grippages…

Certes, la batterie et les cornes prendront garde à ne pas effaroucher l’enfant qui calme son angoisse au son d’une comptine, un piano à pouces l’amadouera même, mais un temps seulement. En seconde face, ce sont chez Erle d’autres respirations avant de nouvelles incantations : on ne saurait dire combien de voix s’élèvent sur combien de roulements, ni à quelles hauteurs les premières façons de Talweg (voix contre batterie) évoluent désormais.


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Talweg : est un chemin, loin en sombre
Up Against the Wall, Motherfuckers! / Les disques en rotin réunis
Enregistrement : 2016. Edition : 2017.
LP : A/ Est un chemoin – B/ Loin en sombre
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

 

guillaume belhomme daniel menche d'entre les morts

 

 


Mars : Rehearsal Tapes And Alt-Takes (Anòmia, 2013)

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Dans mon top 10 de l’année (1978), y’a ces Rehearsal Tapes And Alternate Takes de Mars. Bon, d’accord, le son vient de loin, mais imaginez la distance… plus de trente ans que diable ! entre ces enregistrements et leur (troisième et dernière) publication par les Espagnols d’Anòmia. Revoilà donc, en 2013 (2014 pour la Néo-Zélande), le retour du non-retour du retour de la No Wave & de Mars, j’ai nommé Sumner Crane (guitare, piano, voix), China Burg (guitare, voix), Mark Cunningham (basse, voix), Nancy Arlen (batterie) et en 1976 Jody Harris en guitare de supplément

Ah, cette bonne odeur de cassette – pas moins de trois, dans un grand boîtier plastique qui fleure bon le matériau d’apprentissage de langue étrangère… Victor toca el piano – qui nous ramène à l’été 76 : Crane au piano pour des piano sessions par exemple que le rock tourmente autant que le blues pour le plus bel effet d’une musique de déglingue. Car l’apanage de Mars c’était de ne pas avoir de repère sous couvert de tous les mélanger : blues, punk, rock extatique, furibard, lambin, peu importe le tiroir pourvu qu’on ait l’ivresse. J’m’en foutiste (le correcteur de Word me propose « flutiste », que faire ?), Mars ? On ne peut tirer aucune conclusion de ces enregistrements de répétitions. Par contre, alors qu’on peine à trouver la moindre originalité aux versions définitives de la plupart des groupes de rock débranchouilles actuels, on saluera ces efforts de répétitions et la belle sélection qu’en a faite Mark Cunningham (himself).

Mars : Rehearsal Tapes And Alt-Takes NYC 1976-1978 (Anòmia)
Enregistrement : 1976-1978. Edition : 2013.
3 Cassettes : K71 : A1/ Sumner Piano Solo A2/ Pale Blue Eyes A3/ Cry A4/ Leather Jacket B1/ Look At You B2/ Crazy Like You B3/ Cry B4/ 3E B5/ Plane Separation B6/ Cats B7/ Don’t Be So Sensitive – K72 : A1/ 11000 Volts A2/ 1000 Volts A3/ Cats A4/ 11000 Jam B1/ Helen Fordsdale B2/ Puerto Rican Ghost B3/ Puerto Rican Ghost B4/ Hairwaves B5/ Tunnel – K73 : A1/ RTMT A2/ Cairo A3/ Cairo A4/ Scorn A5/ Tunnel A6/ Hairwaves A7/ Untitled Mystery B1/ NN End B2/ Scorn B3/ Monopoly – 2 Takes B4/ Immediate Stages of the Erotic
Pierre Cécile © Le son du grisli


Martin Küchen : Live at Vilnius Jazz Festival (NoBusiness, 2016)

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C’est la bande-originale d’un film muet – The Lost World (1925), arrangé pour l’occasion par Artūras Jevdokimovas – que le trio Martin Küchen / Mark Tokar, contrebassiste entendu sur disque avec Vandermark (Resonance) ou Sabir Mateen (Collective Four) / Arkadijus Gotesmanas, batteur sorti du Vilnius Jazz Orchestra et récemment remarqué sur le même label au côté de Charles Gayle (Our Souls: Live in Vilnius) improvisa le 17 octobre 2016 dans le cadre du Vilnius Jazz Festival. La manifestation vit aussi Küchen se produire seul et à la tête d’Angles 8.

A l’écoute du disque, manqueront bien sûr les images de cette première adaptation cinématographique du Monde perdu de Conan Doyle. Mais il suffit de quelques secondes au trio – bien que débutant – pour focaliser notre attention sur la seule musique. C’est d’abord la trace d’une « blessure » qu’un saxophone laisse sur son passage puis le baume d’une flûte qui recadre l’épreuve. On pense alors à Roland Kirk sur moments lâches ou à certains airs du Straight Ahead d’Abbey Lincoln et Max Roach.

Mais l’improvisation, détachée des images qu’elle a illustrées, gagne forcément en abstraction : alors, entre Clo's Blues de Coleman Hawkins et New York Eye And Ear Control d’Albert Ayler, Küchen élabore un no man’s land dans lequel injecter beaucoup de ses préoccupations (recherches sur le timbre de l’instrument, expressions dissimulées en souffles, déséquilibres imposés par un va-et-vient entre relâchement et tension…), ce que saisissent ses partenaires. De circonstance, l’association Tokar / Gotesmanas l’est ainsi à plus d’un titre : les cordes élastiques du premier relançant sans cesse le saxophone quand la frappe du second l’enveloppe en toute discrétion. C’est ici donc un live particulier, qu’il est nécessaire de rattraper.

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Martin Küchen : Live at Vilnius Jazz Festival
NoBusiness
Enregistrement : 17 octobre 2016. Edition : 2016.
LP : A-B/ Live at Vilnius Jazz Festival
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Bill Nace, Greg Kelley : Live at Disjecta (Open Mouth, 2016)

bill nace greg kelley live at disjecta

Deux faces tournant sur elles-mêmes quarante-cinq fois par minute reviennent sur un concert donné en duo par Bill Nace (guitare électrique) et Greg Kelley (trompette). Daté du 9 mars 2016, ce Live at Disjecta, enregistré par Daniel Menche, est la quatrième référence de la série « Live at » que Nace alimente sur catalogue Open Mouth depuis 2013 – en d’autres mots, depuis ce Live at Spectacle que le même duo avait donné avec Steve Baczkowski et Chris Corsano.

Du public arrive un sifflement puis ce sont les premiers grésillements d’un ampli au medium prononcé, et aussi les premiers souffles blancs – l’heure est encore à la dissociation possible. Les grisailles et les graves d’une guitare interrogée au poing, quelques boucles crachées par une inédite machine à drones, et la trompette court maintenant seule, ou presque – quelques larsens déstabilisent en effet la trajectoire des vents qui s’en échappent en musicalisant.

Il ne faut plus, alors, chercher à distinguer la guitare de la trompette : les larsens et les notes accrochées, les grésillements et les ronflements – les graves jouent toujours un rôle prépondérant dans le jeu de guitare de Nace : « A 12 ans, un ami est venu me dire qu’il cherchait un bassiste pour son groupe, j’ai donc joué sur la seule corde de Mi grave de ma guitare jusqu’à ce que je puisse me payer une basse – assouvissent un désir bruitiste que les deux musiciens servent sans chercher à se faire entendre l’un davantage que l’autre. Certes, la trompette osera ici répéter une seule et même note, et de plus en plus fort encore, mais c’est sur cette note que le duo choisira d’entamer sa descente. C’est alors le retour à la dissociation possible, et la fin d’un échange très convaincant.

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Bill Nace, Greg Kelley : Live at Disjecta
Open Mouth / Metamkine
Edition : 2016.
LP : A-B/ Live at Disjecta
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Sophie Agnel, Daunik Lazro : Marguerite d'or pâle (FOU, 2016)

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Tandis que l’harmonique rode et que les insectes grouillent à l’intérieur du piano, d’autres séismes se préparent. Sophie Agnel et Daunik Lazro sont à Moscou. Le 22 juin 2016, pour être précis ; et au DOM Cultural Centre, si vous voulez tout savoir. L’harmonique et les insectes donc…

Et puis leurs chuchotis, leurs ondulations maléfiques. On frotte, on grésille dans l’antre des secrets. Ils sont en périphérie mais on ne sait si cette périphérie est douceur ou poison. Fraternelle, ça, on n’en doute pas. On entend la tension en partage, se cristalliser sans jamais se craqueler. On martèle, on se cabre. On va traquer les hauts reliefs. On surprend le cri dans sa propre tanière. On le déniche, on lui offre quelques secondes de gloire et on l’abandonne sans espoir de retour. Ce soir de juin, ce soir-là justement, ces deux-là n’ont rien laissé filer. Absolument rien.

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Sophie Agnel, Daunik Lazro : Marguerite d’or pâle
Fou Records
Enregistrement : 22 juin 2016. Edition : 2016.
CD : 01/ Avec Ki 02/ Avec Ka 03/ Cat’s Shoe 04/ Ma-Ox-An 05/ Bbystro ! 06/ Ochi Chornye
Luc Bouquet © le son du grisli


Daunik Lazro, Joe McPhee : The Cerkno Concert (Klopotec, 2016) / Evan Parker, Lazro, McPhee : Seven Pieces (Clean Feed, 2016)

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Même après tant d’années, on ne sait jamais comment ça marche, un duo ; à quoi ça tient... On n’ira pas voir (réécouter) en arrière ni faire la somme de ce qui a été fait. On attendra plutôt que tombe le nouvel échange pour constater la fidélité, l’éternelle entente, l’impossible fausse note.

Le 21 mai dernier, Daunik Lazro et Joe McPhee se retrouvaient au festival de jazz de Cerkno, en Slovénie – leur premier enregistrement en duo date de 1991, qui a donné Duet (In Situ). Leur expérience commune en associations différentes a, depuis, scellé des liens que les premières secondes du disque, déjà, donnent à entendre. Lentement, les musiciens engagent une nouvelle conversation ; alors qu’ils sont tous deux au saxophone, leurs langues se délient.

D’un bout du disque à l’autre, c’est un chassé-croisé agissant : la volupté du baryton peut permettre à l’alto de progresser en électron libre, les fantaisies de la trompette de poche (comme celles de la voix de McPhee) faire naître des souffles graves, la moindre extravagance mener à la rêverie. Sur un thème écrit (Voices For Alto And Tenor) ou la reprise d’un motif d’Ayler (auquel le duo rend, en l’associant à Ornette Coleman, hommage en fin de concert), McPhee et Lazro opèrent aussi d’impeccables rétablissements. C’est d’ailleurs là que leur duo atteste cette « éternelle entente », cette « impossible fausse note » : en improvisant, comme si de rien n’était, un ordre rétabli.  

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Daunik Lazro, Joe McPhee : The Cerkno Concert. Music for Legendary Heroes
Klopotec
Enregistrement : 21 mai 2016. Edition : 2016.
CD : 01-07/ The Cerkno Concert. Music for Legendary Heroes
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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En 1995, Willisau était encore Willisau et – avec l’aide du CCAM de Vandoeuvre-les-Nancy – accueillait Evan Parker, Daunik Lazro et Joe Mc Phee. Alors, chacun y allait de son souffle, prenait position en un acte solidaire et accompli. En basses ou moyennes fréquences (trio) ou en hautes cimes (duo Parker / Lazro, trio parfois), les connexions étaient fortes, extensives. Les souffles cherchaient parfois le continu (Parker solo) mais toujours aimaient à pénétrer-engendrer le réel. Ces trois-là étaient grands de présence. Et s’ils remettaient le couvert ?

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Evan Parker, Daunik Lazro, Joe McPhee : Seven Pieces. Live in Willisau 1995
Clean Feed / Orkhêstra International
Enregistrement : 1995. Edition : 2016.
CD : 01/ Echoes of Memory 02/ Sweet Dreams of Flying 03/ Broadway Limited 04/ Florid 05/ Concertino in Blue 06/ Tree Dancing 07/ To Rush at the Wind
Luc Bouquet © Le son du grisli

 


Vladimir Tarasov, Eugenijus Kanevičius, Liudas Mockūnas : Intuitus (NoBusiness, 2016)

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On sait le Mockūnas épais, mais aussi capable de contorsions : grave en clarinette – basse, c’est presque obligé ; en Si bémol, davantage… Si bémol –, le voici brassant l’air au ténor et singeant au soprano. La singularité n’est certes toujours pas d’actualité (à la clarinette, on croirait entendre un sous-Vandermark et, au ténor, un sous-Brötzmann), mais pourquoi s’en tenir là ?

Sorti de toute « inquiétude identitaire », que reprocher à Mockūnas ? Pas grand-chose, à vrai dire : les improvisations qu’il emmène s’écoutent sans qu’on s’en plaigne – à la contrebasse, Eugenijus Kanevičius intrigue même, et plus d'une fois, quand Vladimir Tarasov travaille en toute discrétion. Comme beaucoup – et combien d’autres moins talentueux que lui ? – Mockūnas pratiquerait donc une avant-garde... de tradition. Ayant accepté cela, on accepte de l'entendre jouer libre et faire comme si rien n’avait existé avant lui.

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Vladimir Tarasov, Eugenijus Kanevičius, Liudas Mockūnas : Intuitus
NoBusiness
Enregistrement : juin 2014. Edition : 2016.
2 LP : A1/ Celebrating Life A2/ Once Around the Corner – B1/ Broken Christmas B2/ Time Loop Backwards – C1/
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Joséphine Michel, Mika Vainio : Halfway to White (Touch, 2015)

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Premier livre-CD (bel ouvrage, avec couverture en toile !) à paraître chez Touch, Halfway to White associe la musique de Mika Vainio et les photographies de Joséphine Michel dans un jeu commun de… surexpositions. Vibratoire, l’association des deux !

Car les bruits travaillés de Vainio (par plaques = du cristal, des reverses, des zoom sur microcosmos et sur la fin de l’ambient électriquonique) retombent bien à plat sur les photos. Il y a donc relation entre ce que l’on voit et ce que l’on entend puisqu’un visuel noise prend le dessus. Quand le regard ne peut pas dire ce qu’on trouve dans les photos (parfois floues) l’oreille prend le dessus et se charge de la mise au point. Au point ou au pixel… Les détails (visuels & sonores) deviennent des quartiers entiers et les quartiers entiers sont résumés en un point ou un pixel. Qui voudra s’y retrouver tracera des quadrillages sur le livre mais ne s’y retrouvera pas pour autant. Plus que l’Highway to Hell l’Halfway to White est « d’enfer ».

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Joséphine Michel, Mika Vainio : Halfway to White (Touch)
Edition : 2015.
Livre + CD : 01/ Fade From Black 2/ Missing a Border 03/ Notes on the Exposures 04/ Line of a Curve 05/ White Out
Pierre Cécile © Le son du grisli


Nick Hennies : Duets for Solo Snare Drum (Weighter, 2013)

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Aux fringantes mailloches, Nick Hennies avait déjà révélé sur Cast and Work l’intérêt qu’il trouve à la pratique tenace capable de chants multiples. Avec le soutien de la violoncelliste Henna Chou, de la violoniste Vanessa Rossetto et du contrebassiste Brent Fariss, il développait un drone à couches multiples dont les bords seront subtilement rabotés : bientôt la ligne n’est plus la même, ses dérapages célébrant toutes l’inconstance du bourdon.

Sur les deux plages qui précèdent Cast and Work sur ce disque estampillé Weighter, Hennies interprète deux compositeurs qui l'inspirent : John Cage, dont il soigne One4 à la caisse claire, et Peter Ablinger, dont les silences de Kleine Trommel Und UKW-Rauschen éblouissent quand sur la composition passent les zébrures grises et noires. Sur compositions personnelles ou empruntées, une même délicatesse et un même savoir-faire.

Nick Hennies : Duets for Solo Snare Drum (Weighter)
Enregistrement : 2012-2013. Edition : 2013.
CD : 01/ One4 02/ Kleine Trommel Und UKW-Rauschen (“Conceptio”) 03/ Cast and Work
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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