Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

John Chantler, Steve Noble, Seymour Wright : Front Above (1703 Skivbogalet, 2017)

john chantler steve noble seymour wright front above

Aux synthétiseurs, c’est un John Chantler tendu – pour ne pas dire nerveux – que l’on trouve ici aux côtés du saxophoniste Seymour Wright et du batteur Steve Noble. Le trio a été enregistré le 7 mai 2017 au Cafe Oto : six courtes pièces improvisées font le disque.

Sur la première, les claques que distribue Noble sont vertueuses, incitant Wright à forcer le trait d’un jeu convulsif et Chantler à trouver les sonorités capables de rivaliser avec celui-ci. Déjà, l’équilibre du trio est évident, qui s’essaye ensuite à un instable engourdissement : sur le troisième et dernier Front, Chantler semble ainsi décider de l’allure, comme il tissait hier en solitaire sa synthétique musique d’atmosphère.

Sur le premier Above, c’est par contre Wright qui en impose, dans les pas de Parker, cherchant en saxophoniste « remarkable » des formules que Noble rehaussera en pointilliste tandis que le synthétiseur, lui, ronronne ou rit sous cape. Chantler ne pouvait aborder le champ improvisé en meilleure compagnie, dont il aura su profiter jusqu’au bout – et même bousculer un peu, comme lorsqu'il s’adonne à la couture sur deux notes d’alto répétées sur Above 2.

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John Chantler, Steve noble, Seymour Wright : Front Above
1703 Skivbolaget
Enregistrement : 7 mai 2017. Edition : 2017.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Francisco Meirino : La plainte (Cave12, 2018)

francisco meirino la plainte

C’est d’abord un jeu de roulette lancée par Francisco Meirino, qui projette bruits parasites et aigus insistants et qui évoque bientôt le tangage d’un vaisseau sur lequel le musicien a déposé une sélection d’enregistrements issus des archives internationales de musique populaire du Musée d’Ethnographie Genevois – en réponse à une commande passée par le festival Mos Espa.

Mieux que personne, Meirino explique : « Dans les archives du MEG, j’ai avant tout cherché des événements acoustiques que j’ai volontairement modifiés, filtrés, édités et extraits de leur contexte d’origine. J’ai ainsi obtenu une substance suffisamment abstraite pour pouvoir la transformer en une pièce sonore où le montage et le mixage des sons, spatialisés pour créer des effets psycho-acoustiques, sont faits dans l’esprit de la musique concrète. »

A cette concrète approche des choses, le musicien en ajoute une autre, obligé par l’intérêt qu’il trouve à faire œuvre de bruits. De cylindres en 78 tours, le voici qui emprunte un chant malgache d’exorcisme et quelques carillons, un air de danse belge et les notes défaites d’un piano-épave, des tambours africains et un chœur d’enfants égarés entre deux reliefs... L’amalgame siffle, étourdit, souffle enfin car de ses archives La plainte a fait un beau désordre, dont l’écoute est, concrètement, hallucinante.

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Francisco Meirino : La plainte
Cave12 Edition
Edition : 2018.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Jean-Luc Guionnet : Arantzazu Close & Far (Vert Pituite, 2018)

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A l'occasion de la parution aux éditions Lenka lente du troisième etdernier volume d'Agitation Fritele son du grisli publie, depuis quinze jours, des chroniques de disques signés de musiciens français interrogés ou évoqués par Philippe Robert dans son anthologie de l'underground français. Aujourd'hui, Jean-Luc Guionnet, dont Pentes et Hoop Whoop (Hubbub) sont chroniqués dans Agitation Frite 3.

Après Métro Pré Saint-Gervais, Inscape: Lille-Flandres ou In St. Johann – qu’il enregistra avec Dan Warburton, Éric La Casa et The Ames RoomJean-Luc Guionnet publie un nouveau disque dont le titre permet qu’on le localise : le voici à Arantzazu, dans le Pays Basque espagnol, où il passa une semaine en juillet 2014.

Dans le Sanctuaire d’Arantzazu (Franciscains attirés là par une apparition de la Vierge au XVe siècle), Guionnet s’est d’abord familiarisé avec l’orgue de la nouvelle basilique : trois claviers manuels et un pédalier. Des orgues, Guionnet en a connues d’autres, mais celui-ci semble convenir à merveille à ses attentes – c’est en tout cas ce que laisse entendre cette improvisation, enregistrée au plus près de l’instrument (première face) ou du fond du monastère (seconde face).

Le musicien est prudent ; il faut à l'auditeur d’abord tendre l’oreille, chasser la note en tuyau. Et puis le premier aigu perce, auquel répond bientôt un grave, comme dans un jeu d’écholocation qui renverrait à Guionnet le possible début d’un chant. Tirant, il commande alors une note longue, insistante même, qui servira de modèle à combien d’autres quand les sons ne partiront pas en rafales autrement expressives.

L’expression est celle de l’instrument autant que celle du musicien ; en seconde face, c’est aussi celle du Sanctuaire, certes dans une moindre mesure, dont la rumeur (passage d’un visiteur, sonnerie des cloches…) comble l’expérience d’attentions inattendues. Troisième référence de la collection La Belle Brute, inaugurée par Vert Pituite au son de Jean-Marie Massou, Arantzazu fait lui aussi œuvre de son autant que d’idée.

Jean-Luc Guionnet : Arantzazu. Close & Far
Vert Pituite
Enregistrement : 2014. Edition : 2018.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

COUV ET BANDEAU


Long Orme : Long Orme (Wah Wah, 2018)

long orme

A l'occasion de la parution aux éditions Lenka lente du troisième et dernier volume d'Agitation Fritele son du grisli publie, depuis dix jours, des chroniques de disques signés de musiciens français interrogés ou évoqués par Philippe Robert dans son anthologie de l'underground français. Aujourd'hui, Long Orme, que Robert chronique et qualifie dans Agitation Frite 3 d'un des secrets les mieux gardés du folk d’ici.

Il est des disques « uniques », dont on ignorait tout, et que l’on réédite. C’est le cas de Long Orme, qu’ont enregistré, au milieu des années 1970 à Grenoble, Yves Fajnberg et sa compagne d’alors, Marie Butel. Le disque a paru sous étiquette SonArt, son titre reprenant le nom que le couple s’était choisi – un intérêt pour l’arbre et un clin d’œil adressé au longhorn d’Amérique – pour servir son folk à la française.

Dans un texte qu’il a rédigé à l’occasion de cette réédition, Fajnberg revient sur l’époque où il vivait en communauté, se qualifiant lui-même de « baba cool », écoutait Bob Dylan, Leonard Cohen, Peter, Paul and Mary et, en français, Graeme Allright et Hugues Aufray. Après avoir participé à l’enregistrement de l’album Wave On de Dominique Droin, le jeune homme se laisse convaincre de consigner quelques-unes de ses chansons sur un Revox 2 pistes.

Pour la forme, ce sont une guitare folk et deux voix – celle de Fajnberg, nasillarde, sur le fil, et, en soutien, celle de Butel, aérienne et toujours juste. Pour le fond, ce sont des rengaines qui rappellent les influences citées plus haut et évoquent parfois le blues sur lesquelles se posent des textes d’une poésie naïve, certes, mais qui parfois touche. Sur Nos rêves, par exemple, qu’un orgue et quelques flûtes peaufinent ; sur Galère, aussi, qui chante des visions fantastiques où se mêlent princesses, singes à bras nus et hommes en collier ; sur Henry et Les enfants, enfin, qui en appellent à la science-fiction pour dire l’inquiétude du quotidien.

Si l’album est inégal – les arrangements de Droin pouvant parfois noyer le propos de Long Orme, quand ce n’est pas Fajnberg lui-même qui ne sait pas bien quelle tournure musicale donner à sa poésie – il est le document d’une époque révolue où les gens avaient encore « de l’encre sur les doigts » et fumaient des cigarettes qui ne laissaient pas derrière elles un parfum de verveine ou de pamplemousse. Et si, dans le même texte, Fajnberg dit avec humilité le désenchantement qui a suivi – … je ne suis pas devenu un chanteur professionnel. Timidité, manque de foi en moi et circonstances de la vie, tandis que nous savons bien des « amateurs » capables davantage que tel professionnel –, il aura démontré avec Long Orme qu’on peut faire œuvre de tourment et de tristesse sans rien attendre de la nostalgie.

Long Orme : Long Orme
Wah Wah
Edition : 2018.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

COUV ET BANDEAU


Christiane Bopp : Noyau de lune (Fou, 2018)

christiane bopp noyau de lune

A l'occasion de la parution aux éditions Lenka lente du troisième et dernier volume d'Agitation Fritele son du grisli publie, depuis dix jours, des chroniques de disques signés de musiciens français interrogés ou évoqués par Philippe Robert dans son anthologie de l'underground français. Aujourd'hui, Christiane Bopp, tromboniste ici produite par Jean-Marc Foussat, interrogé dans le premier volume d'Agitation Frite.

Christiane Bopp joue du trombone. Mais ce trombone (devrais-je plutôt écrire « ces » trombones tant « son » trombone sonne pluriel) n’est pas comme les autres. C’est un trombone qui, au centre, préférera toujours la périphérie. Pardon : les périphéries.

C’est un trombone où le grouillant a son mot à dire. C’est un trombone dialoguant avec son ombre (plan rapproché vs arrière plan, trombone avec sourdine vs trombone sans sourdine). C’est un trombone gratouillant le souffle ou ruisselant de brousse. On le découvrira chant médiéval (Ce qui brûle). Plus loin il deviendra ange aux pantoufles de vair. Il aura à cœur de se transformer, se voiler, se dévoiler, se teindre d’un rouge sang ou d’un gris sablé. Il aura à cœur de relier le salivaire à la douceur des chants de lune (Gitane). Il aura l’air libre et libéré. Donc : le sera.

Christiane Bopp : Noyau de lune
Fou Records
Edition : 2018
Luc Bouquet © Le son du grisli

COUV ET BANDEAU



Jean Cohen-Solal : Flûtes libres / Captain Tarthopom (Souffle Continu, 2018)

jean cohen-solal flûtes libres captain tarthopom

A l'occasion de la parution aux éditions Lenka lente du troisième et dernier volume d'Agitation Fritele son du grisli publie, depuis dix jours, des chroniques de disques signés de musiciens français interrogés ou évoqués par Philippe Robert dans son anthologie de l'underground français. Aujourd'hui, Jean Cohen-Solal, longuement évoqué dans les chroniques de disques du troisième tome.

Forcément jaune comme un soleil, la réédition de Flûtes libres, disque de Jean-Cohen Solal jadis conseillée par la Nurse With Wound List et aujourd’hui réédité par Souffle Continu. Dans le troisième et dernier volume d’Agitation Frite, Philippe Robert fait bien de laisser parler le musicien : « Ma flûte, c’est l’image de moi-même. Je peux même plus facilement exprimer mes sentiments au travers de ma flûte qu’avec le langage. »

Sa flûte, Cohen-Solal l’enregistre alors plusieurs fois afin de dessiner un premier paysage dans lequel il pourra se mettre à chanter – à siffler, voire. La chose est singulière, même si elle peut évoquer ici la film music de Krzysztof Komeda (Concerto Cyclique) ou les promenades d’Alice Coltrane (Raga du matin). Avec Serge Franklin au sitar et Marc Chantereau aux tablas, Cohen-Solal s’en rapproche d'ailleurs encore : Quelqu’un, sur une face entière, le voit ainsi évoluer dans les hauteurs, à distance de grincements et de parasites qui gravitent avec l’air d’un ballet.

Pâle comme la lune, la réédition de Captain Tarthopom, sur lequel Cohen-Solal pénètre le champ des musiques progressives. Mis en branle au son de battements de cloches, le capitaine en question – qui peut aussi jouer de l’orgue, du piano et même attester un beau coup d’archet – est bientôt rejoint par des comparses : Jean-Claude Deblais (guitare électrique), Léo Petit (basse électrique), Serge Biondi (batterie), Sylvain Gaudelette (ondes Martenot), Michel Barré (trompette), Jean-Luc Chevallier (trombone) et… Charlotte (voix).

Abandonnée la première marche amusée, le groupe travaille à un mélange d’influences éclatées : rock, funk, folk… Certes, l’alliage plombe parfois l’expérience sonore – ici romantique, la flûte emmène là un générique d’une télé sans images – mais l’allure est vaillante et l’expérience d’une indiscutable liberté : celle d’un art naïf aussi bien que virtuose qui, avant toute chose, ne connait pas de cloison.

Jean Cohen-Solal : Flûtes libres / Captain Tarthopom
Souffle Continu
Edition : 2018.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

COUV ET BANDEAU


Christian Rollet : Calamity Roll in the Dark (Arfi, 2018)

christian rollet calamity

A l'occasion de la parution aux éditions Lenka lente du troisième et dernier volume d'Agitation Fritele son du grisli publiera, deux semaines durant, des chroniques de disques signés de musiciens français interrogés ou évoqués par Philippe Robert dans son anthologie de l'underground français. Aujourd'hui, Christian Rollet, interviewé dans le premier tome d'Agitation Frite, et de nombreuses fois cité dans les chroniques de disques du troisième tome.

« Sans doute qu’il y a encore de la musique qui vient quand on est seul », explique Christian Rollet dans les notes de Calamity Roll in the Dark. Batteur des Free Jazz Workshop, Workshop de Lyon et La Marmite Infernale, camarade de Steve Lacy, François Tusques ou Lol Coxhill, Rollet insiste pourtant en 2000, en préambule d’un entretien avec Philippe Robert consigné dans Agitation Frite : « Il n‘y a pas d’intérêt à raconter sa vie. »

Alors, il reprend l’instrument, seul, au crépuscule, et improvise : sa batterie se lève lentement, avance un premier motif ; plus tard, elle se soulève, gronde puis se rétracte : c’est encore la nuit, tombée sur les expressions passées. Rollet abandonne alors l’espace à un art impressionniste : c’est, sur un litophone, la mélodie d’Autre précipitation nocturne ; sur Les peaux de l’aube, le souvenir du Drums Unlimited de Max Roach ; ailleurs, c’est un battement d’ailes. Et c’est déjà le matin : « Cet album solo est l’occasion d’une rêverie nocturne à la batterie. », écrit encore Rollet dans les notes du disque. Intimité et turbulences l’auront remplie à merveille.

Christian Rollet : Calamity Roll in the Dark
Arfi.
Enregistrement : 2017. Edition : 2018. 
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

COUV ET BANDEAU


PILES : Una Volta (Aagoo, 2018)

piles une volta

A l'occasion de la parution aux éditions Lenka lente du troisième et dernier volume d'Agitation Fritele son du grisli publiera, deux semaines durant, des chroniques de disques signés de musiciens français interrogés ou évoqués par Philippe Robert dans son anthologie de l'underground français. Aujourd'hui, PILES, emmené par Guigou Chenevier, interviewé dans le premier tome d'Agitation Frite

C’est un drôle et je dirais même plus un beau drôle d’objet : un fanzine de 30 pages, noir et blanc mais plutôt deluxe, qui cache un CD. Sur le papier il y a un peu de poésie, les tracks d’Una Volta (le disque de PILES, donc), une collection de paraboles radio, de la typo graphique, des strips post-pop (tirés d’un film de Bas Mantel, je lis) et (enfin), en quatrième de couverture, les noms des trois faces qui sont / font PILES : Anthony Laguerre (batterie, guitares, keys), Guigou Chenevier (batterie) et Michel Deltruc (batterie).

Non, pas Les batteries. Mais un beau trio de batteries dont une seule m’était connue (celle de Chenevier, d’Etron Fou Leloublan à Volapük) qui disait en solo il y a une quinzaine d’années que Le batteur est le meilleur ami du musicien. Ici, ses partenaires sont un improvisateur qui a croisé le fer avec Xavier Charles et Jean-Sébastien Mariage (dans Wiwili) et un petit jeune qui peut jouer du rock dur (Laguerre avec Filiamotsa).

C’est d’abord tout batterie, bien appuyé, puissant, enregistré comme il faut, fort en gueule. Mais à la quatrième piste il y a une guitare qui rentre et après ça peut être un drone électronique, un enregistrement vocal... pour un résultat étrangement encore plus brut – aux amateurs des Jesus Lizard ou de Shellac, je conseille le morceau Mort aux cons). Tout ça est bien fichu, et quand arrive Kraut and Piles, on comprend d’où vient le vent qui porte ce beau trio de cogneurs. Vivement la seconda volta.

PILES : Una Volta
Aagoo
Edition : 2018.
Pierre Cécile © Le son du grisli

COUV ET BANDEAU


Jean-Jacques Birgé : Centenaire de Jean-Jacques Birgé (GRRR, 2018)

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A l'occasion de la parution aux éditions Lenka lente du troisième et dernier volume d'Agitation Fritele son du grisli publiera, deux semaines durant, des chroniques de disques signés de musiciens français interrogés ou évoqués par Philippe Robert dans son anthologie de l'underground français. Aujourd'hui, Jean-Jacques Birgé, interviewé dans le premier tome d'Agitation Frite

Jean-Jacques Birgé a 100 ans. C’est lui qui l’a décidé. D’accord, un centenaire c’est pas toujours joli mais au-dedans c’est une expérience. Dans le CD, tout est expliqué : cent ans de recherches sonores et cent ans de rencontres. Mais pas que… Car Birgé c’est aussi un ego bien calibré, qui sait se la raconter tout seul, sans qu’on le pousse. Alors, à ses invités d’anniversaire (Bernard Vitet, Didier Petit, Pascale Labbé, Yves Robert, Philippe Deschepper, Vincent Segal, Cyril Atef et bien d’autres), le centenaire demande de bien se tenir à table. 

Le jeu est tout simple : suivre l’ego-trip qui le ramène à l’enfance et le conduit vers la fin de vie. Birgé en action, quoi : qui déclenche une sorte de vieille chanson soufflée à l’accordéon, avec faussetés dans la voix canaille, pour déjà penser (à) ce que sera demain. Les revendications sur fond de rock prog, la poésie frappée-flippée par l’électroacoustique, la surenchère de synthés (dans les années 1990, vraiment ?), la douce voix de Birgitte Lyregaard pour notre époque et après c’est les paris sur l’avenir. Toutes les décennies sont là, j’ai vérifié. Celle-ci nous ravit et celle-là nous assomme. C’est que 100 ans, c’est long et qu’on passe par plein d’humeurs. Reste à souhaiter à Jean-Jacques Birgé de vivre cent ans encore, il en est bien capable. 

Jean-Jacques Birgé : Centenaire de Jean-Jacques Birgé 
GRRR 2018

COUV ET BANDEAU

 

 


The Necks : Body (ReR, 2018)

the necks body

On sait que The Necks, ça tourne rond. De plus : ça tourne en rond. Ça se répète un peu, aussi, forcément, à force de tourner en rond. Mais quand on tourne en rond, la tête vous tourne de temps en temps, n’est-ce pas ? La question est de savoir, quand sort un nouvel album du trio, si celui-ci va vous la faire tourner, la tête. Hein ?

Je ne répondrai pas à cette question, il faudra lire jusqu’au bout ma petite chronique – petite, car je ne vais pas revenir sur qui c’est The Necks, sauf pour dire que c’est toujours les trois mêmes : Chris Abrahams au piano, Lloyd Swanton à la basse (mon  préféré) et Tony Buck à la batterie. Le Buck en question bat de la cymbale, au début de ce CD, et le Swanton te pose deux fois la même note en attendant trois coups de balai pour te reposer deux fois la même note. Il n’y a qu’Abrahams qui a l’air de s’amuser un peu, titillant ses touches légèrement autour (lui) non pas de deux mais de trois ou quatre notes ! De temps en temps, il y en a de longues, de l'orgue qui monte, et c’est joli.

Et puis vers la (petite) vingtième minute, un archet de contrebasse casse le modal facile. Des sons d’orgues et d’instruments non identifiés s’invitent dans le trio. OK, me voilà face à une enceinte qui me crache un album de séquences sonores, rien de surprenant. Et puis vlan. Je ne vous dis rien. Je ne peux rien vous dire si ce n’est que commence le meilleur moment de l’album. Une claque entre kraut bush et Stereolab des Bermudes… Y’a même une guitare (ça m’en a tout l’air) qui retourne la chose. Bref, c’est l’effet de surprise que l’on n’attendait pas. Et même si une dernière séquence nous plonge dans un planplan séquence japonisant, c’est diantre là un très bon cru des Necks.

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The Necks : Body
ReR Edition : 2018.
Pierre Cécile © Le son du grisli



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