Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Archives des interviews du son du grisli

Ake Hodell : Verbal Brainwash Ans Other Works (Fylkingen, 2019)

ake hodell

Åke Hodell était un pilote de chasse suédois, un poète, un auteur, un compositeur de son et texte et un artiste. Fils de l’auteur Björn Hodell et frère de l’acteur Ulla Hodell... Ce n’est (bien sûr) pas moi qui ai écrit ces lignes mais Wikipoudia. Est-ce que ça enlève quoi que ce soit à la vérité de la chose, ou de la chose que cet homme était ?

Pas doué (moi) en poésie sonore mais qui aime bien. C’est l’appréciation de ma professeure de poésie sonore de 4e – à Liège – et je l’entends encore me dire « la poésie c’est sonore, si on ne sait pas lire la poésie c’est pas sonore alors ». D’accord très bien mais quoi. Ake Hodell (y’a un petit rond sur une lettre mais je ne sais plus quelle lettre exactement) c’est plus fort que ça / plus fort que le son / plus fort que le français.

Ce qui tombe bien parce qu’on n’est pas dans du français. Une boîte = j’ouvre. Plusieurs CD (rec. 1963-1977), ce qui tombe bien quand on ne connaît pas. Hodell, ton début est martial. Le pilote a fait la guerre on dirait et il nous la fait subir mais pour notre bien : marche, léchage radio, bois de mitraillettes, éclats d’obtus, corneilles électroniques, corbeaux enbeatouffés... Avez-vous comme moi entendu ce mouton dire « look around look around » ? Schwitters n’est pas loin, tout le reste c’est de l’animal. C’est fabuleux, dans le vrai sens du terme : les text-sound compositions d’Hodell, c’est fabuleux. 

Ake Hodell
Verbal Brainwash And Other Works
Fylkingen.
Edition : 2019.
Pierre Cécile © Le son du grisli

Cette chronique est extraite du cinquième numéro du son du grisli papier. 

Image of le son du grisli #5 [revue]



A Spiral, Chris Cogburn : Autocannibalism (Insub., 2019)

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A Spiral est un groupe napolitain créé il y a une quinzaine d’années par le guitariste Maurizio Argenziano et le saxophoniste Mario Gabola (entre autres, mais il ne reste plus aujourd’hui que ce duo). Fin 2017, il improvisait ces sept morceaux avec le percussionniste Chris Cogburn, qui n’est pas le dernier pour les collaborations puisqu’on lui connaît des albums enregistrés avec Henry Kaiser, Jaap Blonk ou Bhob Rainey.

C’est dans le genre AMM, avec force feedbacks et donc larsens et donc grésillements et bien sûr des ronflements… Un jeu de boomerang sonore dans lequel les trois instruments principaux s’emmêlent les jacks, les peaux et les micros. À peine partis que les sons sont renvoyés à leurs expéditeurs. À peine renvoyés qu’ils sont déjà repartis sous le coup d’un slap de sax ou d’un rebond sur la caisse claire. De temps en temps la guitare se montre agressive et le paysage change un peu. Ce qui fait que ça s’écoute fort bien, même si j’aurais sans doute du mal à retrouver le nom de la collaboration le jour où l’on me fera passer un blindtest genre AMM, soit impro / ambient / bruits.

A Spiral & Chris Cogburn : Autocannibalism
Insub.
Edition : 2019.
Pierre Cécile © Le son du grisli 

Cette chronique est extraite du cinquième numéro du son du grisli papier. 

Image of le son du grisli #5 [revue]


Jackie McLean : Une sélection

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A l'occasion de la réédition de la monographie consacrée au saxophoniste américain (aux éditions Lenka lente), le son du grisli publie cette sélection Jackie McLean, tirée, elle, de l'ouvrage Jazz en 150 figures (aux éditions du Layeur). Bel été à vous. 

 

Avant de découvrir la musique de Charlie Parker, le jeune Jackie McLean suit des cours de saxophone alto à la New York School of Music en ayant une seule référence en tête : le ténor de Lester Young. Fréquentant en voisin de grands noms du bop, il profite aussi de leçons de Bud Powell, pianiste qui l’emmène, dès 1949, sur la scène du Birdland, avant de le recommander à Miles Davis. Membre du groupe du trompettiste entre 1951 et 1952, McLean gagne ensuite les rangs de la formation de Charles Mingus, puis les Jazz Messengers d'Art Blakey, dans le même temps qu’il commence à enregistrer sous son nom pour le label Prestige des disques d’un hard bop encore influencé. Empêché de jouer en club après s’être vu retirer sa carte professionnelle pour avoir usé de stupéfiants, il accepte un rôle au théâtre auprès du pianiste Freddie Redd dans la pièce The Connection – formation que l’on retrouve dans la transposition par Shirley Clarke de la pièce à l’écran – avant de signer les plus emblématiques de ses disques pour Blue Note : là, défend une esthétique plus personnelle, qui convoque en même temps de savantes réminiscences de bop et de plus neuves conceptions du jazz, notamment révélées par Ornette Coleman, avec qui il enregistre en 1967 le pourtant tiède New and Old Gospel. Enseignant à l’Université d’Hartford dès l’année suivante, le musicien élabore dans les années 1970 une série d’albums inégaux qui souffrent de la comparaison avec ses premiers enregistrements, avant de se faire plus rare. Au fait des jazz qui l’ont précédé autant qu’à l’écoute des préoccupations de son temps, Jackie McLean aura surtout donné les preuves de son importance au son singulier de son saxophone alto.

  

Première référence commercialisée de sa collaboration avec Blue Note, New Soil fait apparaître Jackie McLean auprès de Donald Byrd (trompette), Paul Chambers (contrebasse), Pete La Roca (batteur), et, surtout, du pianiste Walter Davis, auteur de la majorité des titres interprétés ici. Commençant à faire entendre sa voix particulière (sur « Greasy », notamment), le saxophoniste révèle son ambition de compositeur attentif au changement sur « Hip Strut » et « Minor Apprehension », morceaux charmés les possibilités de la répétition.

Toujours en compagnie de Walter Davis, McLean enregistre trois ans plus tard le plus radical Let Freedom Ring. Motivé par la présence du contrebassiste Herbie Lewis et celle de Billy Higgins (batteur entendu sur les premiers enregistrements de Coleman), le saxophoniste distribue avec plus de conviction ses sifflements impromptus : sur la reprise d’un thème de Bud Powell (« I’ll Keep Loving You ») autant que sur trois de ses compositions personnelles, parmi lesquelles on trouve « Omega », blues se jouant des conventions élevé au statut d’œuvre envoûtante.

Quelques semaines seulement après avoir enregistré le déjà remarquable One Step Beyond auprès du tromboniste Grachan Moncur III et du vibraphoniste Bobby Hutcherson, McLean retrouve ces deux novateurs et convoque Larry Ridley (contrebasse) et Roy Haynes (batterie) à l’occasion de la séance de Destination Out! Parmi les quatre titres enregistrés à cette occasion, trois sont signés du tromboniste, qui épousent à merveille les ambitieux hautes du leader. Profitant d’une modalité permissive, un jazz atmosphérique s'installe alors, bientôt bousculé par de redoutables interventions (« Love and Hate ») et puis soumis à une progression à étages n’en finissant plus de motiver les élans baroques de chacun des solistes (« Esoteric »).

Auprès du trompettiste Charles Tolliver, McLean inaugure une autre collaboration cuivrée et agissante, qui donnera des fruits de la taille d’It’s Time (enregistré en août 1964 avec Herbie Hancock) et, surtout, d’Action, datant du mois suivant. Auprès de Bobby Hutcherson, du contrebassiste Cecil McBee et de Billy Higgins, McLean et Tolliver comblent de dissonances une ballade captivante (« Wrong Handle ») ou un presque blues (« Hootnan ») et font de leurs interventions des raccourcis fulgurants sur le titre phare : Action radical aux faux-airs coltraniens.

Deux ans plus tard, le saxophoniste accueille dans sa formation le trompettiste Lee Morgan et le batteur Jack DeJohnette pour défendre sur Jacknife un répertoire qui célèbre les qualités de compositeur de chacun de ses partenaires. L’énigmatique « On The Nile » de Charles Tolliver, que structurent les accords de piano de Larry Willis, ouvre ainsi une suite monumentale de thèmes adéquats à l’exécution d’un groupe puissant et capable, à la fois, de nuances ; soit : irréprochable.

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Mesa of the Lost Women : Les tables noires (Specific, 2020)

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Quand on connaît (sans pour autant avoir terminé de le soupçonner) l’instrumentarium hybride d’Yves Botz, on n’est pas étonné d’apprendre que ses compagnons en Mesa of the Lost Women, Christophe Sorro et Florian Schall, sont respectivement au « metal » et au « glaire » en plus d’être à la batterie et au chant.

Sur son deuxième album (le premier, I Remember How Free We Were, datait de 2011 et ne donnait pas encore à entendre Schall mais Junko, en invitée), le trio improvise, fait tourner des tables – six, forcément noires – puis les renverse. La couleur choisie n’empêchant pas les contrastes, le vinyle compose de provocations en chambardements des chansons mues par quelle injonction et des plages instrumentales douées d’emportement.

Dans un bruit de ferraille ou sur un retour d’ampli, Mesa of the Lost Women conserve un équilibre qu’on ne dira pas savant mais sachant : son free – dans le premier volume d’Agitation Frite, Botz évoque Arthur Doyle auprès de Philippe Robert en amateur sidéré : Cette manière d’épuiser interminablement un son me sidère. Variations du corps totalement instrumentalisé sur une sonorité. –, sa noise et (quoi ?) sa mystérieuse chanson de geste. 

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Mesa of the Lost Women : Les tables noires 
Specific 
Edition : 2020. 

Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Acid Mothers Reynols : VOL 1 (Vert Pituite, 2020)

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Acid Mothers Reynols, ce n’est pas difficile, c’est le super groupe qu’ont formé en s’associant Acid Mothers Temple et Reynols. Ce « volume 1 » a été enregistré en Argentine en novembre 2017. On peut se demander si le (les ?) volume à suivre le sont déjà, enregistrés.

Le groupe de 8 s’entend très bien. Toujours psychédélique, moins bruyant que jamais, AMT embarque le combo d’Anla Courtis dans son nouvel essai d’envoi de messages à destination d’une civilisation extraterrestre (à moins qu’il s’agisse d’un voyage intérieur, l’un n’empêchant pas l’autre, remarquez). Doucement, tout doucement, Miguel Tomasin mantrasse sur les guitares des Japonais et de ses amis Roberto Conlazo et Courtis.

Et ça tourne, et ça tourne, et ça envoie du synthétiseur ou des flûtes, et c’est votre tête qui tourne maintenant. Tout doucement, comme j’ai dit, jusqu’à ce que le groupe arrive au quatrième et dernier titre : Bo Bubbles, une sorte de surf music stellaire qui swingue à tout rompre et que vous vous repasserez tout l’été, au coucher du soleil. On attend donc le Vol 2

Acid Mothers Reynols : VOL 1
Vert Pituite
Edition : 2020
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Christine Ott : Chimères (NAHAL, 2020)

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Périlleux d’envisager un instrument si particulier, que d’autres (compositeurs comme Messiaen, Scelsi, Murail… ou interprètes souvent affranchis) ont marqué de leur originalité. Ce sont les ondes Martenot, concernant Christine Ott – que l’on a pu remarquer auprès de Tindersticks, Radiohead ou Daau.

Mais l’accompagnement n’est qu’une apparition, souvent lointaine. Ici, Ott compose et, à elle seule, réinvente l’instrument. De la progression délicate sur le fil de Comma – c’est là ce qu’on attend des ondes, un peu de rêve et de distance – au minimalisme teinté de mélancolie de Darkstar (Clara Rockmore déposant quelques notes sur une pièce de Steve Reich) jusqu’aux sombres perturbations et aux troublantes fantaisies qui leur font suite, Ott virevolte et invente sans cesse.

Jusqu’à finir par découvrir dans ses ondes d’autres machines dont elle s’empare bientôt : l’instrument ronronne alors, gronde même, et ce sont de nouveaux transports singuliers qui nous obligent et nous ravissent. Le paysage que l’on imaginait vallonnée est un monde de rocheuses qui ondulent, et puis dansent. Ce sont là les Chimères de Christine Ott.

Christine Ott : Chimères (pour ondes Martenot)
CD / LP NAHAL RECORDINGS
Edition : 2020.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Xavier Charles, Bertrand Gauguet : Spectre (Akousis, 2020)

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On dirait le même exercice de maintien : un jeu de duettistes – ici Xavier Charles à la clarinette et Bertrand Gauguet au saxophone alto – qui feint la fusion sur une note en partage avant de donner à chacun la parole au gré de nuances qui, par quel mystère renouvelé, nourrissent l’enjeu commun.

C’est ici la première référence du label Akousis : un Spectre à six faces (trois Phonomnèse et un Point fantôme « naturels » enregistrés à Reims en 2017 et deux Etendue amplifiées au Havre en 2015) qui d’abord progresse sur un fil sur lequel, pourtant, les deux instruments ne cessent de se croiser, se cherchent voire.

Rien qui n’empêche la clarinette de se mettre à chanter sur deux notes qu’entame aussi bientôt l’alto. Ce seront ensuite des souffles égarés en instruments qui n’en seront pas moins capables d’exprimer deux intérêts – celui de Gauguet (le terme « expérimental » (…) balaie un éventail de pratiques et d’esthétiques qui parfois se côtoient, parfois se croisent), celui de Charles (… le plaisir de la matière sonore, mais aussi l'écoute faite de centaines de façons d'écouter... Inventer de nouvelles façons d'écouter) – servant une même envie.

Subtilement mélangées, les épreuves de Reims (délicates, voire prudentes) et celles du Havre (non moins sensibles mais grondantes) rendent justice aux façons qu’ont les deux musiciens d’interroger, ensemble ou séparément, et l’expérimentation et la matière sonore. Quant aux « nouvelles façons d’écouter », ne pourraient-elles pas mener à de nouvelles façons d’entendre ? En attendant, on parlera là de six paysages pour ne pas avoir à trouver les mots de sons et de sonorités qui se rencontrent, interfèrent, et accouchent enfin d’espaces inédits auxquels l’auditeur devra bien faire une place : en tête, ventre, et cœur même.

Xavier Charles, Bertrand Gauguet : Spectre
Akousis Records

Enregistrement : 2015-2017. Edition : 2020.
CD : 01/ Phonomnèse 1 02/ Etendue 1 03/ Point fantôme 04/ Phonmnèse 2 05/ Etendue 2 06/ Phonomnèse 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Il ne reste (déjà) plus que 30 exemplaires du cinquième son du grisli sur papier. A commander sur le site des éditions Lenka lente...

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Magic Band Of Gypsys (Up Against the Wall, Motherfuckers!, 2020)

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Il est long le chemin qui mène à MBOG. A faire à rebours, en plus, puisque le disque en question – le lathe cut en question, nous en parlerons plus bas – délivre un enregistrement de 2004, live at Corne d’Or, Côte d’Azur. « C’était beau, il faisait beau, et j’en ai rapporté une vilaine chanson », disait jadis Léo Ferré

La chanson est celle d’un trio : Joëlle Vinciarelli, Henri Roger et Philippe Robert. Les musiciens (ou capables de sons d’intérêt pour reprendre le Steve Lacy cité au dos du disque) batifolent sur deux faces, celles du lathe cut annoncé. L’Urban Dictionary explique : Lathe Cut is a dubplate where the sound is cut directly into a blank vinyl disc instead of acetate. Il y a donc peu d’exemplaires (24, ici) mais déjà tous partis (24, partis donc).

Alors souvenons-nous : des grands coups que le trio donne de la voix ou au piano ou à la batterie, des mélodies mortes déjà à peine entendues, des râles de cordes grattées ou agacées seulement, d’instruments épuisés jusqu’à la corde (voix / piano encore), de rengaines extraites de quel corps singulier. Entre deux graves, le trio traîne justement ce corps et en fait un autre, qu’importe l’instrument.

Dans Agitation Friite, Roger confiait à Robert : « Sur plusieurs instruments, des manières différentes de s’exprimer se révèlent ; des idées viennent à la guitare, à reprendre au piano ou l’inverse, de même que des rythmes prenant forme à la batterie s’avèrent finalement transposables sur guitare ou piano. » Il est court le chemin qui mène à hier quand aujourd’hui tout se confond. Du trio d’hier à Agitation Friite, c’est le serpent qui se mord la queue, me dira-t-on. Oui mais le serpent t’emmerde. Le serpent fait ce qu’il veut. Pourvu qu’il siffle bien.

Magic Band Of Gypsys
Enregistrement : 2004. Edition : 2020.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

PS : Les couvertures des 24 exemplaires sont 24 collages signés Philippe Robert. Celui utilisé ci-dessus (que l'on appellera "le sexuel") est la propriété des frères Opalio de My Cat Is An Alien. Pardon d'avoir dévoilé leurs petits seins, mais nous les avons accompagné dans tellement de divorces et de séparations.

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Anne Gillis : Archives Box 1983-2005 (Art Into Life, 2015)

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La réédition de l'œuvre (presque) complète avec plusieurs inédits d'Anne Gillis fut un événement. Artiste rare et énigmatique, son travail, ultra sensitif, a les airs d'une séclusion, fondée par des approches et des croisements instinctifs de la poésie sonore, de la musique industrielle et de la performance.

Recourant, en plus des outils électroniques de l’époque, aux techniques du cut-up et des manipulations concrètes et/ou minimalistes (superpositions, répétitions...), cette musique mystérieuse et organique, méticuleusement construite dans des abstractions moirées, se développe sur le fil d'une dérive secrète, intimiste et sombre. Elle bruisse, parfois familière (comme en territoire connu du battement cardiaque, du pouls)… et reste sans équivalent dans la musique expérimentale post-punk (à peine une lointaine contemporaine de P16.D4, de Ghédalia Tazartès ou de… Jac Berrocal, autres génies à forte empreinte).

L'ensemble, très bien remastérisé par Colin Potter, est soigneusement présenté avec un livret dans un coffret-sommaire, habituel avec le label japonais Art Into Life. Les apparitions récentes du site Internet d'Anne Gillis et d’un 45 tours distribué par Ferns nous dit que l’énigme perdure…

Anne Gillis : Archives Box 1982-2005
Art Into Life. Edition : 2015.
Jos-Laj Dürenn © Le son du grisli

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Will Guthrie : Nist-Nah (Black Truffle, 2020)

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En préambule d’un concert, Will Guthrie avait un jour dit regretter que l’on parle de « musiques expérimentales », toutes les musiques étant, pour lui, « un peu expérimentales ». Voilà pourquoi on ne sera pas étonné de l’entendre aujourd’hui interroger sa pratique des percussions au contact d’un art traditionnel, la musique de gamelan.

Si Nist-Nah est le nom d’un ensemble de huit musiciens que l’Australien emmène en concert, il sera seul sur le disque du même nom. Aux percussions de bois et de métal, bols, gongs…, Guthrie adresse un hommage à l’Indonésie qu’il a récemment visitée tout en composant avec ses divers intérêts sonores : sur le morceau-titre, il donne ainsi dans un minimalisme fleuri par combien de résonances pour tisser, sur Lit 1+2, une toile aussi sombre qu'industrieuse ; jouant de rumeurs, il passe ailleurs de mesure en envergure (Catlike, Elders) pour changer plus loin de légers tremblements en grandes respirations (Moy Moy).

On sait l’influence du gamelan sur l’improvisation et la musique contemporaine ; Guthrie, lui, en a fait sa chose. D’un air traditionnel (Kebogiro Glendeng), il façonne ainsi une comptine qu’il répète jusqu’à l’érosion : les lamelles de ses instruments ont rendu l’âme, et de la javanaise inspirante et de l’art de Will Guthrie. C'est cette âme que l'on retrouve maintenant sur disque.

Will Guthrie : Nist-Nah
Black Truffle 
Enregistrement : 2019. Edition : 2020. 
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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22 Mars 2020 - Festival Sonic Protest - Paris, FR
25 Mars 2020 - La Soufflerie, Rezé, FR
26 Mars 2020 - Confort Moderne, Poitiers, FR
27 Mars 2020 - Festival Pied Nu, Le Havre, FR
28 Mars 2020 - Ateliers Claus, Brussels, BL
30 Mars 2020 - Le 102, Grenoble, FR
31 Mars 2020 - Festival Archipel, Geneve, CH



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