Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

FUJI||||||||||TA : iki (Hallow Ground, 2020)

fujita hallow ground

Le long silence qui précède la deuxième pièce d’iki est assez long pour que l’auditeur puisse retrouver son équilibre. C’est que celui-ci a été, dix minutes durant, plutôt « mis à mal » : lentement mais sûrement, ses notes tenues à l’orgue auront fait leur effet.

Ployant, pliant, pleurant même, l’instrument de FUJI||||||||||TA – un orgue à onze tuyaux de sa confection – s’immisce ainsi jusqu’à l’oreille interne de celui qui l’écoute au point de lui dérober bientôt le sol sous les pieds. Un métronome de plomb marque alors de ses mouvements et des ondes que ceux-ci provoquent le temps de l’auditeur autant que celui du musicien.

En lévitation, Yosuke Fujita – c’est là le véritable nom de FUJI||||||||||TA – s’agite pour servir le principal de ses intérêts : la recherche de sons originaux, sinon nouveaux. Il s’était jadis adonné à l’exploration en compagnie d’Akio Suzuki ou d’un Boredoms, Yamantaka Eye. Seul, il compose des pièces où les souffles perdus peuvent soudain épouser un rythme, où les rythmes se fondent dans le paysage, où les paysages souvent stupéfient.

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Hallow Ground
Edition : 2020.
Guillaume Belhomme © le son du grisli

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Birgit Ulher, Franz Hautzinger : Kleine Trompetenmusik (Relative Pitch, 2020)

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On ne redira pas ici la longue expérience de Birgit Ulher ni celle de Franz Hautzinger en matière d’improvisation et de confection de bruits inattendus. L’invitation à jouer ensemble faite par la première au second augmente bien sûr et l’une et l’autre, mais les conforte surtout.

A Hambourg, dans l’appartement d’Ulher, le 28 mai 2018, les deux trompettistes composent une musique « de peu » prête à rivaliser avec combien de grosse. La fenêtre est ouverte – qui permet aux oiseaux d’intervenir ici ou là dans l’échange – et avale les franches expressions une fois fait le tour de la pièce : notes extraites avec prudence, longues ou tremblantes ; alarmes autoritaires ou projections hasardeuses ; souffles brefs ou rafales imposantes.

« Trompeter », dit Le Robert, est aussi « pousser son cri, en parlant de l’aigle. » Ulher et Hautzinger en sont ainsi deux de plus qui, de l’envolée à l’atterrissage, jouent d’orientations multiples et même de dérapages saisissants.

Birgit Ulher, Franz Hautzinger : Kleine Trompetenmusik
Relative Pitch
Edition : 2020.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Anthony Laguerre : Myotis (Vand'Oeuvre, 2019)

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Je n’aime pas la guerre et encore moins dire du bien de mes ennemis. Là, ça tombe bien, je ne connais pas Anthony. Et son disque (sept instrumentaux enregistrés au CCAM en 2018) commence pas mal.

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Un tambour à l’amérindienne et un harmonica suffisent à Laguerre : très joli, ce début de CD. Après, puisque l’homme joue de la batterie, il la fait sonner : roulements sur fûts, crissements de cymbales puis des modules percussifs à vous retourner les éléments. Sans esbrouffe, minimaliste mais qui en impose, Anthony Laguerre déroule comme sur des rails sa musique de batteur à cervelle. À en être jouissif. 

Anthony Laguerre : Myotis
Vand'Oeuvre
Edition : 2019.
Pierre Cécile © Le son du grisli

Cette chronique est extraite du cinquième numéro du son du grisli papier. 

Image of le son du grisli #5 [revue]


Antoine Chessex : Subjectivation (Fragment Factory / Rekem, 2019)

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On ne sait jamais bien ce qu’on trouvera sur un nouveau disque d’Antoine Chessex, et c’est ce qui fait que le musicien intéresse, depuis des années. Ici, quand même, la pochette explique : « Live actions in San Francisco, Berlin and Zurich 2010-2014 » pour la face A ; « Selected material from live action in London [Cafe Oto] 2015 » pour la face B. Subjectivation était, pour ce disque, un titre tout trouvé.

La première face ne retient pas forcément le timbre du saxophone ténor de Chessex, disparu suite à une déflagration après laquelle on croit entendre, tour à tour, une guitare en roue libre, une basse en désaccord, une voix perdue dans le souffle qui aurait dû la porter. L’instrument de Chessex tremble, d’un bout à l’autre, servant un noise terrible capable d’avaler, pour traduire leur langage, combien de fantômes ? Un aigu efface bien leurs râles, mais un temps seulement : dans le brouillard que Chessex remonte, les voilà suspendus à un réseau qui ne révélera ses secrets – et encore, par chance – qu’à force d’écoute…

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La seconde face est gorgée, elle, de multiples attaques au ténor : les saxophones grouillent, lèvent bientôt un vaisseau dans lequel le musicien s’engouffre, et dont la rumeur compose l’essentiel d’une belle musique d’angoisse : un seul et unique instrument multiplie Landry ou minimise Urban Sax : ascensionnel, son mouvement l’élime et voici que le saxophone se fond avec notre décor. C’est l’autre façon qu’a trouvée Antoine Chessex de faire œuvre de bruit à partir de la disparition d’une sonorité première. 

Antoine Chessex : Subjectivation
Fragment Factory
Edition : 2019
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Cette chronique est extraite du cinquième numéro du son du grisli papier. 

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Albedo Fantastica : Culvert And Starry Night (An'archives, 2019)

albedo fantastica

C’est un chant fragile qui frôle les rives d’un langage : une voix, puis une autre, portées par un piano qui tangue avant de tempêter, graves suspendus contre un bouquet d’accords brisés. L’enregistrement est une affaire de portage, d’équilibre et aussi de laisser-aller ; elle est celle de Keiko Higuchi et de Sachiko, respectivement entendues sous étiquettes Improvising Beings et Utech.

albedo grisli

Est-ce par ce qu’il sera souvent difficile à l’auditeur de faire la part entre les interventions des deux musiciennes que celles-ci ont pris le nom d’Albedo Fantastica pour jouer ensemble ? L’écoute n’en dira rien, faisant « simplement » état d’une expression partagée, qui passe de séquences mélodiques en récréations déconcertantes. Ainsi le piano peut-il entamer une berceuse lasse, qu’une voix inquiète dévergonde bientôt ; les percussions invitent ailleurs au brouhaha, qu’un mélodica ou une flûte percera ; le lyrisme du clavier, quant à lui, aura maille à partir avec l’électronique.

Il faudra écouter plusieurs fois Culvert And Starry Night : car les spectres – ceux des sorcières de Mcbeth ? : « Redoublons, redoublons de travail et de soins : / Feu, brûle ; et chaudière, bouillonne » – que Keiko Higuchi et Sachiko agitent le long de leur belle dispute ne se laisseront pas entendre deux fois de la même manière. 

Albedo Fantastica : Culvert And Starry Night
An'archives
Edition : 2019
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Cette chronique est extraite du cinquième numéro du son du grisli papier. 

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Ake Hodell : Verbal Brainwash Ans Other Works (Fylkingen, 2019)

ake hodell

Åke Hodell était un pilote de chasse suédois, un poète, un auteur, un compositeur de son et texte et un artiste. Fils de l’auteur Björn Hodell et frère de l’acteur Ulla Hodell... Ce n’est (bien sûr) pas moi qui ai écrit ces lignes mais Wikipoudia. Est-ce que ça enlève quoi que ce soit à la vérité de la chose, ou de la chose que cet homme était ?

Pas doué (moi) en poésie sonore mais qui aime bien. C’est l’appréciation de ma professeure de poésie sonore de 4e – à Liège – et je l’entends encore me dire « la poésie c’est sonore, si on ne sait pas lire la poésie c’est pas sonore alors ». D’accord très bien mais quoi. Ake Hodell (y’a un petit rond sur une lettre mais je ne sais plus quelle lettre exactement) c’est plus fort que ça / plus fort que le son / plus fort que le français.

Ce qui tombe bien parce qu’on n’est pas dans du français. Une boîte = j’ouvre. Plusieurs CD (rec. 1963-1977), ce qui tombe bien quand on ne connaît pas. Hodell, ton début est martial. Le pilote a fait la guerre on dirait et il nous la fait subir mais pour notre bien : marche, léchage radio, bois de mitraillettes, éclats d’obtus, corneilles électroniques, corbeaux enbeatouffés... Avez-vous comme moi entendu ce mouton dire « look around look around » ? Schwitters n’est pas loin, tout le reste c’est de l’animal. C’est fabuleux, dans le vrai sens du terme : les text-sound compositions d’Hodell, c’est fabuleux. 

Ake Hodell
Verbal Brainwash And Other Works
Fylkingen.
Edition : 2019.
Pierre Cécile © Le son du grisli

Cette chronique est extraite du cinquième numéro du son du grisli papier. 

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A Spiral, Chris Cogburn : Autocannibalism (Insub., 2019)

a spirale cogburn autocannibalism

A Spiral est un groupe napolitain créé il y a une quinzaine d’années par le guitariste Maurizio Argenziano et le saxophoniste Mario Gabola (entre autres, mais il ne reste plus aujourd’hui que ce duo). Fin 2017, il improvisait ces sept morceaux avec le percussionniste Chris Cogburn, qui n’est pas le dernier pour les collaborations puisqu’on lui connaît des albums enregistrés avec Henry Kaiser, Jaap Blonk ou Bhob Rainey.

C’est dans le genre AMM, avec force feedbacks et donc larsens et donc grésillements et bien sûr des ronflements… Un jeu de boomerang sonore dans lequel les trois instruments principaux s’emmêlent les jacks, les peaux et les micros. À peine partis que les sons sont renvoyés à leurs expéditeurs. À peine renvoyés qu’ils sont déjà repartis sous le coup d’un slap de sax ou d’un rebond sur la caisse claire. De temps en temps la guitare se montre agressive et le paysage change un peu. Ce qui fait que ça s’écoute fort bien, même si j’aurais sans doute du mal à retrouver le nom de la collaboration le jour où l’on me fera passer un blindtest genre AMM, soit impro / ambient / bruits.

A Spiral & Chris Cogburn : Autocannibalism
Insub.
Edition : 2019.
Pierre Cécile © Le son du grisli 

Cette chronique est extraite du cinquième numéro du son du grisli papier. 

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Jackie McLean : Une sélection

sélection jackie mclean

A l'occasion de la réédition de la monographie consacrée au saxophoniste américain (aux éditions Lenka lente), le son du grisli publie cette sélection Jackie McLean, tirée, elle, de l'ouvrage Jazz en 150 figures (aux éditions du Layeur). Bel été à vous. 

 

Avant de découvrir la musique de Charlie Parker, le jeune Jackie McLean suit des cours de saxophone alto à la New York School of Music en ayant une seule référence en tête : le ténor de Lester Young. Fréquentant en voisin de grands noms du bop, il profite aussi de leçons de Bud Powell, pianiste qui l’emmène, dès 1949, sur la scène du Birdland, avant de le recommander à Miles Davis. Membre du groupe du trompettiste entre 1951 et 1952, McLean gagne ensuite les rangs de la formation de Charles Mingus, puis les Jazz Messengers d'Art Blakey, dans le même temps qu’il commence à enregistrer sous son nom pour le label Prestige des disques d’un hard bop encore influencé. Empêché de jouer en club après s’être vu retirer sa carte professionnelle pour avoir usé de stupéfiants, il accepte un rôle au théâtre auprès du pianiste Freddie Redd dans la pièce The Connection – formation que l’on retrouve dans la transposition par Shirley Clarke de la pièce à l’écran – avant de signer les plus emblématiques de ses disques pour Blue Note : là, défend une esthétique plus personnelle, qui convoque en même temps de savantes réminiscences de bop et de plus neuves conceptions du jazz, notamment révélées par Ornette Coleman, avec qui il enregistre en 1967 le pourtant tiède New and Old Gospel. Enseignant à l’Université d’Hartford dès l’année suivante, le musicien élabore dans les années 1970 une série d’albums inégaux qui souffrent de la comparaison avec ses premiers enregistrements, avant de se faire plus rare. Au fait des jazz qui l’ont précédé autant qu’à l’écoute des préoccupations de son temps, Jackie McLean aura surtout donné les preuves de son importance au son singulier de son saxophone alto.

  

Première référence commercialisée de sa collaboration avec Blue Note, New Soil fait apparaître Jackie McLean auprès de Donald Byrd (trompette), Paul Chambers (contrebasse), Pete La Roca (batteur), et, surtout, du pianiste Walter Davis, auteur de la majorité des titres interprétés ici. Commençant à faire entendre sa voix particulière (sur « Greasy », notamment), le saxophoniste révèle son ambition de compositeur attentif au changement sur « Hip Strut » et « Minor Apprehension », morceaux charmés les possibilités de la répétition.

Toujours en compagnie de Walter Davis, McLean enregistre trois ans plus tard le plus radical Let Freedom Ring. Motivé par la présence du contrebassiste Herbie Lewis et celle de Billy Higgins (batteur entendu sur les premiers enregistrements de Coleman), le saxophoniste distribue avec plus de conviction ses sifflements impromptus : sur la reprise d’un thème de Bud Powell (« I’ll Keep Loving You ») autant que sur trois de ses compositions personnelles, parmi lesquelles on trouve « Omega », blues se jouant des conventions élevé au statut d’œuvre envoûtante.

Quelques semaines seulement après avoir enregistré le déjà remarquable One Step Beyond auprès du tromboniste Grachan Moncur III et du vibraphoniste Bobby Hutcherson, McLean retrouve ces deux novateurs et convoque Larry Ridley (contrebasse) et Roy Haynes (batterie) à l’occasion de la séance de Destination Out! Parmi les quatre titres enregistrés à cette occasion, trois sont signés du tromboniste, qui épousent à merveille les ambitieux hautes du leader. Profitant d’une modalité permissive, un jazz atmosphérique s'installe alors, bientôt bousculé par de redoutables interventions (« Love and Hate ») et puis soumis à une progression à étages n’en finissant plus de motiver les élans baroques de chacun des solistes (« Esoteric »).

Auprès du trompettiste Charles Tolliver, McLean inaugure une autre collaboration cuivrée et agissante, qui donnera des fruits de la taille d’It’s Time (enregistré en août 1964 avec Herbie Hancock) et, surtout, d’Action, datant du mois suivant. Auprès de Bobby Hutcherson, du contrebassiste Cecil McBee et de Billy Higgins, McLean et Tolliver comblent de dissonances une ballade captivante (« Wrong Handle ») ou un presque blues (« Hootnan ») et font de leurs interventions des raccourcis fulgurants sur le titre phare : Action radical aux faux-airs coltraniens.

Deux ans plus tard, le saxophoniste accueille dans sa formation le trompettiste Lee Morgan et le batteur Jack DeJohnette pour défendre sur Jacknife un répertoire qui célèbre les qualités de compositeur de chacun de ses partenaires. L’énigmatique « On The Nile » de Charles Tolliver, que structurent les accords de piano de Larry Willis, ouvre ainsi une suite monumentale de thèmes adéquats à l’exécution d’un groupe puissant et capable, à la fois, de nuances ; soit : irréprochable.

jackie mclean guillaume belhomme lenka lente 2020


Mesa of the Lost Women : Les tables noires (Specific, 2020)

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Quand on connaît (sans pour autant avoir terminé de le soupçonner) l’instrumentarium hybride d’Yves Botz, on n’est pas étonné d’apprendre que ses compagnons en Mesa of the Lost Women, Christophe Sorro et Florian Schall, sont respectivement au « metal » et au « glaire » en plus d’être à la batterie et au chant.

Sur son deuxième album (le premier, I Remember How Free We Were, datait de 2011 et ne donnait pas encore à entendre Schall mais Junko, en invitée), le trio improvise, fait tourner des tables – six, forcément noires – puis les renverse. La couleur choisie n’empêchant pas les contrastes, le vinyle compose de provocations en chambardements des chansons mues par quelle injonction et des plages instrumentales douées d’emportement.

Dans un bruit de ferraille ou sur un retour d’ampli, Mesa of the Lost Women conserve un équilibre qu’on ne dira pas savant mais sachant : son free – dans le premier volume d’Agitation Frite, Botz évoque Arthur Doyle auprès de Philippe Robert en amateur sidéré : Cette manière d’épuiser interminablement un son me sidère. Variations du corps totalement instrumentalisé sur une sonorité. –, sa noise et (quoi ?) sa mystérieuse chanson de geste. 

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Mesa of the Lost Women : Les tables noires 
Specific 
Edition : 2020. 

Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Acid Mothers Reynols : VOL 1 (Vert Pituite, 2020)

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Acid Mothers Reynols, ce n’est pas difficile, c’est le super groupe qu’ont formé en s’associant Acid Mothers Temple et Reynols. Ce « volume 1 » a été enregistré en Argentine en novembre 2017. On peut se demander si le (les ?) volume à suivre le sont déjà, enregistrés.

Le groupe de 8 s’entend très bien. Toujours psychédélique, moins bruyant que jamais, AMT embarque le combo d’Anla Courtis dans son nouvel essai d’envoi de messages à destination d’une civilisation extraterrestre (à moins qu’il s’agisse d’un voyage intérieur, l’un n’empêchant pas l’autre, remarquez). Doucement, tout doucement, Miguel Tomasin mantrasse sur les guitares des Japonais et de ses amis Roberto Conlazo et Courtis.

Et ça tourne, et ça tourne, et ça envoie du synthétiseur ou des flûtes, et c’est votre tête qui tourne maintenant. Tout doucement, comme j’ai dit, jusqu’à ce que le groupe arrive au quatrième et dernier titre : Bo Bubbles, une sorte de surf music stellaire qui swingue à tout rompre et que vous vous repasserez tout l’été, au coucher du soleil. On attend donc le Vol 2

Acid Mothers Reynols : VOL 1
Vert Pituite
Edition : 2020
Pierre Cécile © Le son du grisli

jackie mclean guillaume belhomme lenka lente 2020



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