Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Trespass Trio : Bruder Beda / Angles (8) : By Way of Deception (Clean Feed, 2012)

trespass trio bruder beda

Quatre compositions de Martin Küchen et une improvisation : l’hommage du Trespass Trio à Bruder Beda, moine d’origine juive déporté à Terezin en 1942, est intense.

L’art de Küchen – rare, redisons-le –, que Per Zanussi et Raymond Strid comprennent et accompagnent en conséquence avec justesse, imagine ici un mémorandum de sons mesurés, lentement imbriqués les uns aux autres, qui composent enfin un disque-relique où l’on trouve un peu de l’âme d’un frère. Sa forme opte pour le rapprochement du jazz et de cette Echtzeitmusik que Küchen loua ici même : «  Trespass Trio, il n’y a pas de doute, c’est une sorte de jazz, même si l’on y entend un million d’autres influences. Et puis, à côté de ça, je joue pas mal en qualité de faiseur de son : là, je me base sur des textures et des événements qui interviennent sur l’instant et j’utilise mon instrument de façon plus anti conventionnelle – même si cette pratique tend à devenir la nouvelle convention à la mode ! Je ne vois vraiment pas comment on pourrait qualifier cette musique : « improvisation » n’est pas tout à fait exact, alors « Instant compositions » ou, comme ils disent à Berlin, « Echtzeitmusik », seraient peut-être des propositions plus viables… »

Second élément de la discographie du trio (après ...Was There To Illuminate The Night Sky…, sur le même label), Bruder Beda va donc plus loin dans ces réminiscences de jazz dissoutes en précautions improvisées. Ainsi, la figure de Beda émerge-t-elle d’un hymne sur lequel Küchen se fait maître de distorsion (non pas de la note, mais tout bonnement de son instrument) et les stations de son chemin de croix sont-elles encadrées par un archet tranquillisant et rehaussées des interventions d’un percussionniste de miniatures ajourées. Ici, comme sur Bruder Beda Ist Nicht Mehr, l’alto peut réclamer la tempête : la tempête suivra alors, mais fugace, qui en annonce une autre, tout aussi courte qu’elle : ces quelques minutes d’A Different Koko improvisé. Partout ailleurs, c’est l’expression terrible mêlée au recueillement sur une allure de déposition. Une musique de l’instant assez forte pour durer longtemps.

Trespass Trio : Bruder Beda (Clean Feed / Orkhêstra International)
17 juin 2011. Edition : 2012.
CD : Ein Krieg in Einem Kind (Take 3) 02/ Don’t Ruin Me 03/ Bruder Beda Ist Nicht Mehr 04/ Todays Better than Tomorrow 05/ A Different Koko 06/ Ein Krieg in Einem Kind (Take 4)
Guillaume Belhomme © le son du grisli

angles by way of deception

Si Angles – autre groupe qu’emmène Küchen avec cette « sorte de jazz » en tête – n’est pas le projet le plus enthousiasmant du saxophoniste, il n’en est pas moins capable de surprises. Dans sa version octette, enregistré à Lubiana l’année dernière, il revêt ainsi les atours d’un marching band profitant de gimmicks renforcés ou jouant des collisions provoquées par un soudain embouteillage (Dactyloscopy). On peut regretter que tous les membres de l’orchestre n’aient pas le charisme de leur meneur : à défaut, certains démontrent une implication féroce (Eirik Hegdal aux saxophones, et Kjell Nordeson, batteur d’Exploding Customer).

Angles : By Way of Deception (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1er juillet 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ By Way of Deception 02/ Dactyloscopy 03/ Today is Better than Tommorow 04/ Lets Speak About the Weather (and not about the war) 05/ Don’t Ruin Me / Lets Tear the Threads of Trust
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Snus : Can't Stop Snusing (Ayler, 2012)

snus can't stop snusing

Peut-être possèdent-ils le secret des sons. Pétrissant, pénétrant et unifiant la matière, Didier Lasserre, Joel Grip et Niklas Barnö font de l’inconnu une contrée amie. Qu’il s’agisse de moduler autour d’une note unique (Believing) ou de libérer le free jazz qui couvait (Awakening), Snus refuse les brillances inutiles, les trop grands écarts.

Au plus près du silence et de la résonance, un filet de son surgit. Il se grandira : en plainte, en saccades, en précision et, toujours, ira au terme de sa course. Evitant les chocs et les arrêtes vives – et y préférant des songes bien plus circulaires – Snus concrétise les espoirs d’un premier disque, déjà remarquable. Et, ici, éblouit. Totalement.

EN ECOUTE >>> Admitting >>> Believing >>> Awakening

Snus : Can’t Stop Snusing (Ayler / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Admitting 02/ Believing 03/ Deciding 04/ Surrendering 05/ Awakening
Luc Bouquet © Le son du grisli


Chris Corsano : Cut (Hot Cars Warp, 2012)

chris corsano cut

Si c’est bel et bien seul que Chris Corsano a enregistré Cut, rien ne l’empêchait d’imaginer emmener là un véritable groupe : ce Chris Corsano Band où l’on trouve le batteur en compagnie d’objets métalliques, d’instruments à cordes transformés et de cordes indépendantes – tous éléments de l’orchestre promis plus encore qu’artifices venus augmenter l’instrument qui le meut.

La batterie, donc : tempétueuse encore, ronflante aussi, grimée quelques fois (en guitare ou violon électrique, cithare à bout de souffle, caisse de résonance pour archet…), expérimentant – c'est-à-dire interrogeant les formes connues pour mieux envisager celles à inventer – toujours. Suite des épreuves données par Corsano sur The Young Cricketer (autoproduit sur CDR puis réédité par Family Vineyard, label qui publie les aventures de Corsano en Chikamorachi) et Another Dull Dawn, Cut se montre à la hauteur de la suite attendue : frénésie, endurance et, surtout, de l’idée.

Chris Corsano : Cut (Hot Cars Warp)
Edition : 2012.
CDR : 01/ Twice Removed 02/ The Widow 03/ Shank And Spindle 04/ The Four Apprentices 05/ Scalpels 06/ The Attendant 07/ Famously Short Arms 08/ The Widow's Daughter 09/ These Things Are Not Fancy 10/ Two Leyaks And A Minister 11/ Not Now Not Later Not Ever 12/ The Disciple 13/ Fed Ex'd Gorilla 14/ The Irate Prime Minister 15/ My Face, Spited 16/ The Sacred Beast 17/ Regrets, I've Had A Few 18/ Warrior With Dagger Pointed Inward 19/ Suppli E Domanda
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Pierre Schaeffer : Le trièdre fertile (Editions Mego, 2012)

pierre schaeffer le trièdre fertile

Le trièdre fertile de Pierre Schaeffer est la première réédition de la série Recollection GRM des Editions Mego. Dans sa version intégrale, il s’agit de sept morceaux électroniques composés par l’inventeur de la musique concrète à partir de sons « de synthèse » créés par Bernard Dürr. Leurs titres sont autant d’indications sur la démarche de Schaeffer : Plutôt Dynamique, Plutôt Harmonique, Plutôt mélodique, etc.

En réécoutant plusieurs fois le disque, on s’aperçoit que ces indications sont bien respectées. Moi j’y entends des formes aux tons pastels et métalliques. Elles se répondent et interfèrent. Pour ce qui est de la théorie – que Schaeffer a toujours associé à la pratique –, voici ce que dit la présentation de l’œuvre par le label : Ce trièdre, dernière pièce de Schaeffer, fait écho au « trièdre de référence » des physiciens - celui des trois mesures fondamentales du son : fréquence, durée, intensité. A ces trois mesures correspondent d’ailleurs les signes de base du solfège traditionnel qui permettent de noter des hauteurs, des rythmes et des nuances. Il faut savoir lire, comprendre si possible, mais surtout se détacher de ce genre de notes à l’écoute. Sans quoi la subjugation n’est plus possible. Ce qui serait dommage, et même qui tomberait mal, car dans le cas présent, la musique est ... subjuguante.

Pierre Schaeffer : Le trièdre fertile (Editions Mego / Recollection GRM / Metamkine)
Enregistrement : 1975-1976. Edition : 1978. Réédition : 2012.
LP : A1/ Plutôt dynamique (Etude banale) A2/ Plutôt harmonique A3/ Plutôt mélodique A4/ Moins banal (Interlude, ou impromptu) – B1/ Toccata et Fugue B2/ Baroque (Second interlude) B3/ Strette
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Eli Keszler : Catching Net (PAN, 2012)

eli keszler catching net

Savoir si une installation (qui sonne) peut passer au format CD sans être trahie derechef est une interrogation qui en vaut bien une autre dans le domaine de l’art contemporain – et de la reproduction phonographique. Ici, je n’oserais pas de réponse mais ferais le constat de Catching Net, où Eli Keszler a rassemblé des sons d’installations de ces deux dernières années.  

Ça se lève d’abord comme la tempête. Le batteur, avec Greg Kelley (trompette), Ashley Paul (saxophone), Geoff Mullen (guitare préparée), Reuben Son (basson) et Benny Nelson (violoncelle), nous fourre la tête dans un marasme enchanteur et puis c'est le corps entier. On se laisse envahir par  les chocs de résonance, on prend quelques coups de lame, mais les quelques bleus qu’on y gagne valent le coup. Après quoi, Keszler pense pouvoir écrire pour un quatuor à cordes… Et il fait bien. Dans un lieu qui résonne lui aussi, Ikue Mori arrache des cris à son piano (j’entends parfois une guitare). Ces cris, le Providence String Quartet cherche à les étouffer. Et la musique tient en haleine son auditeur (au point d’en oublier l’installation dont elle découle). En conclusion, Keszler complote seul, joue avec des cordes de piano et de l’eau, et sa musique s’en trouve enténébrée. Comme quoi, quand l’artiste est à la hauteur, l’installation peut se résoudre à n’être que musique…

EN ECOUTE >>> Catching Net (extrait)

Eli Keszler : Catching Net (PAN / Metamkine)
Edition : 2012.
LP : Catching Net
Pierre Cécile © Le son du grisli



Olivier Dumont, Rodolphe Loubatière : Nervure (Creative Sources, 2012)

olivier dumont rodolphe loubatière nervure

En révélant l’inexploré de leurs instruments (guitare et percussions ici), Olivier Dumont et Rodolphe Loubatière dévoilent un large spectre de résonances.

Les objets sont frottés sur le cerclage des fûts, la peau est massée, chaque portion y est inspectée, le bois des baguettes s’entrechoque : il y a de l’inouï dans le langage circulaire de Rodolphe Loubatière. Plus familière, la guitare d’Olivier Dumont n’en dévoile pas moins quelques fielleux sortilèges : éraillées, malmenées, entrechoquées, les cordes du guitariste grincent et ne cisaillent jamais inutilement. Soit une magnifique exploration de périphéries, rarement entendues jusqu’ici.

Olivier Dumont & Rodolphe Loubatière : Nervure (Creative Sources / Metamkine)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Pétrole 02/ Nervure 03/ Limbe
Luc Bouquet © Le son du grisli


Rodolphe Alexis : Sempervirent (Gruenrekorder, 2012) / Pierre Gérard : ENVIRONMENT & Gesture (3Leaves, 2011)

rodolphe alexis sempervirent

Au dos de la carte postale sonore, je lis le nom du pays d’où elle m’arrive, le Costa Rica, et le nom de son expéditeur, Rodolphe Alexis. Lui a passé deux mois là-bas à enregistrer et photographier la faune et la flore (à chaque bruit de Sempervirent, le livret permet d’associer une forme et un nom). Moi qui ignore tout de la nature qui m’entoure, me voici plongé dans celle qui vit à plusieurs milliers de kilomètres (le site de Gruenrekorder en offre en aperçu en noms et en images, en plus d'extraits de l'enregistrement).

J’en éprouve moins de gêne à ignorer le nom des oiseaux, singes, quadrupèdes, plantes, arbres, que j’entends sur le CD. Ils viennent pourtant bouleverser mon quotidien. Près d’une rivière, dans une mangrove ou dans la forêt tropicale, micro parabolique en main, Rodolphe Alexis a attrapé tout un petit monde, en réalité tout un univers. Il suit une ligne de conduite qui va désépaississant et qui résiste à l’orage, aux pluies diluviennes, au tonnerre, au même titre que les messages codés d’une nature merveilleuse. Qui respire près de moi, qui suis pourtant à plusieurs milliers de kilomètres.

Rodolphe Alexis : Sempervirent (Gruenrekorder)
Enregistrement : novembre-décembre 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Altamira Sunset – a bat a a motmot 02/ At Dawn Among the River – birds & monkeys 03/ The Call, the Gathering, the Storm – mantled howler monkey, orange-fronted parakeet, white-fronted parrot, yellow-naped amazon 04/ Walking Palm’s Wet Wood 05/ Parabolic Amphibian Mix (Various tree frogs) 06/ Breakfasts on Tin Roofs – Scarlet macaw 07/ Outside Sirena Station 08/ Bats of la Casona – greater white-lined bat and others 09/ A Quiet Walk – Laughing falcon, white-throated Capuchin 10/ Santa Rosa’s Slightly Windy Night
Héctor Cabrero © Le son du grisli

pierre gérard environment & gestures

Bien sûr, Pierre Gérard utilise des fields recordings pour composer. Mais il tient surtout à se faire une place dans son environnement, d’en être une partie sonnante. Avec des objets ou des instruments, il accompagne des gouttes d’eau qui tombent, des chiens qui aboient, des bruits de transports… La technique de Gérard est empirique et sa musique cache parfois des petits trésors, en plus de donner des preuves de sa présence au monde.

EN ECOUTE >>> ENVIRONMENT & Gesture (extrait)

Pierre Gérard : ENVIRONMENT & Gesture (3Leaves)
Enregistrement : août 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ With Objects (a) 02/ With Instrument (b) 03/ With Instrument (c)
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Lapslap : Granita (Leo, 2012)

lapslap granita

Faire de plusieurs séances d’enregistrement, étalées sur un mois, une suite d’une heure indexée en cinq plages, voici la genèse de Granita. Granita pour la roche du même nom ou pour un dessert italien ou bien, encore, pour le restaurant où Tony Blair et Gordon Brown entérinèrent leur pacte de partage.

Les trois écossais de Lapslap (Michael Edwards, Martin Parker, Karin Schistek) découvrent ici les joies du montage, en usent, en abusent. Peut-être… Heureusement, secourant les limbes de sa griffe sonique, un piano, raclant la corde ou martelant l’ivoire, s’offre au premier plan. Bouscule une électroacoustique ronronnante, dégage le superflu et réintroduit le possible au sein d’une improvisation plus souvent marmonnée qu’habitée.

EN ECOUTE >>> Granita (extrait)

Lapslap : Granita (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ Thanks Maya 02/ Pinch 03/ Salp No Tongue 04/ Tickle 05/ Breeze
Luc Bouquet © Le son du grisli


300 Basses : Sei ritornelli (Potaltch, 2012) / I Treni Inerti : Luz Azul (Flexion, 2012)

300 basses sei ritornelli

Découvrir que l'expression 300 Basses désigne un groupe où s'associent trois accordéonistes – Alfredo Costa Monteiro (qui œuvre dans Cremaster), Jonas Kocher (dont les récents travaux avec Michel Doneda ont attiré l'attention) et Luca Venitucci (repéré dans Zeitkratzer ou aux côtés de Thieke et Renkel) – c'est se souvenir que le label Potlatch avait publié voici près de dix ans un trio de seuls sopranistes « placés dans l'air »... Écouter ensuite les « six refrains » de ce disque enregistré en novembre 2011, c'est les entendre comme un écho au sruti box de Lucio Capece tout dernièrement édité par la même maison...

Envoûtant organisme vivant, ce chœur (d'harmonicas, d'orgues, voire de contrebasses) déploie ses textures avec la plus grande subtilité dans des morceaux aux climats bien distincts. Ici, une respiration apaisée ; là, presque un quatuor à cordes de Cage ; plus loin, un tissage d'harmoniques stratosphériques. La splendeur de la pièce liminaire le laissait comprendre : force, évidence, et dans le même temps l'absolue délicatesse du bruit des boutons, des inspirations, des soufflets. Pas de prolifération industrieuse, mais le juste versant poétique. Excellent.

300 Basses : Sei Ritornelli (Potaltch / Orkhêstra International)
Enregistrement : 23-25 novembre 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Fuoco fatuo 02/ Abbandonato 03/ Gira bile 04/ Mala carne 05/ Maledetto 06/ Fantasma
Guillaume Tarche © Le son du grisli

i treni inerti luz azul

Sur son label, Flexion Records, Jonas Kocher a récemment publié Luz Azul, expérience faite en septembre 2010 par Ruth Barberán (trompette, objets) et Alfredo Costa Monteiro (accordéon, objets) d’une improvisation nocturne le long d’une voie ferrée. Les sirènes graves de l’accordéon y défient les crissements, grincements et bruits de frottement, élaborés sur objets ; sur le souffle du vent saisi par les micros, le duo rejoue et même fantasme de lentes manœuvres de trains fantômes : comme la nature lutte contre son « horreur du vide », I Treni Inerti s’est attaqué au silence qui ose, la nuit, traîner entre les carcasses de métal. Fabuleux.

EN ECOUTE >>> Luz Azul (extrait)

I Treni Inerti : Luz Azul (Flexion)
Enregistrement : septembre 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Luz Azul
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Joëlle Léandre, Serge Teyssot-Gay : TRANS ( Intervalle Triton, 2012)

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Peut-être est-ce de s’être si bien entendu avec Akosh S. (KOR) qui a poussé Joëlle Léandre à approcher (ou se laisser approcher par) Serge Teyssot-Gay avec qui elle a enregistré, le 7 janvier dernier, ce concert de trois quarts d’heure pour le propre label du guitariste : Intervalle Triton.

Passé le temps des politesses, la contrebasse et la guitare, qui viennent d’horizons pourtant différents, se trouvent bien des points communs. Teyssot-Gay joue les décorateurs et Léandre improvise en réagissant aux vibrations, Léandre engage la conversation sur le terrain du folklore sans attaches, Teyssot-Gay et Léandre unissent de longues spirales, l’un maîtrisant les larsens, l’autre faisant son affaire des harmoniques.

Au plus fort de la rencontre (qui ne compte quasiment pas de flottements), le duo peut trouver ses idées dans la réduction de phrases autant que dans le crescendo sans limite (la quatrième plage du CD en donne le meilleur exemple quand Léandre y va de son langage de réprimandes et de bouts de phrases rapiécées avec une énergie que ne cesse de titiller le médiator). A tel point que le dernier titre peut nous laisser sur notre faim : on aurait aimé que cette ode aux basses sauvages dure au moins deux fois plus longtemps. Pour s’en consoler, reste à réécouter le disque !

Joëlle Léandre, Serge Teyssot-Gay : TRANS (Intervalle Triton / L’autre distribution)
Enregistrement : 7 janvier 2012. Edition : 2012.
CD : 01/ 7.25 02/ 6.44 03/ 7.07 04/ 7.42 05/ 4.29 06/ 10.11 07/ 2.54
Pierre Cécile © Le son du grisli



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