Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Archives des interviews du son du grisli

John Butcher, Matthew Shipp : At Oto (Fataka, 2012)

john butcher matthew shipp at oto

14 février 2010, Café Oto de Londres : un solo de ténor d’abord. John Butcher y va de circulaires en notes de traîne, de phrases répétées en échappées dans les hauteurs, de sifflements détachés en tremblements faits éléments de discours et d’inspections des cavernes qui composent l’intérieur de l’instrument en expériences inquiètes de concrète mécanique. Au soprano, seul encore, c’est un retour à Bechet avant qu’arrive un renfort de salive, de clefs déchues et de chant doublé.

A Matthew Shipp, ensuite, d’avoir à dire seul. La recherche n’engage plus le son mais le péril mélodique : de Monk et de Nichols retenir les sauts périlleux pour inventer en marge tout de même, mais à peine, d’une vision romantique de la composition instantanée. Le moment, alors, du duo qui improvise : une demi-heure pendant laquelle Shipp profite de l’attention qu’il porte à son partenaire – par voie de conséquence, à ce qu’il dit et à la musique qu’il invente en lien avec Butcher : une demi-heure d’incartades nombreuses et d’oppositions saxophone / piano. Une marche cabossée que ponctuent de terribles accords de piano et des déferlantes d’aigus. Jouant sans cesse de la distance qui les sépare, John Butcher et Matthew Shipp auront donné ensemble un grand moment d’improvisation transgenre.

John Butcher, Matthew Shipp : At Oto (Fataka)
Enregistrement : 14 février 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ Curling / Charred 02/ Mud / Hiss 03/ Fundamental Field 04/ Generative Grammar
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Way Out Northwest : The White Spot (Relative Pitch, 2012) / Butcher, Viltard, Prévost : All But (Matchless, 2012)

way out northwest viltard butcher prévost

La publication simultanée de ces deux enregistrements et la similarité de l'instrumentarium convoqué (soit l'association éprouvée du saxophone, de la contrebasse et de la batterie), plus qu'à une aride comparaison, invitent à une écoute particulièrement attentive du travail sonore accompli par John Butcher (saxophones soprano & ténor) dans deux contextes qu'il serait très hasardeux d'opposer – en termes caricaturaux : Amérique contre Europe, ou « jazz option free » contre « improvisation à l'anglaise »... Le fait est que les choses ne sont, ici, ni si tranchées ni si décidables.

C'est dans le cadre d'une session pour une radio de Seattle, en juin 2008, que Torsten Müller (contrebasse), Dylan van der Schyff (batterie) et Butcher renouent, un an précisément après le premier disque de Way Out Northwest gravé en concert (pour le label Drip Audio). Neuf brèves improvisations s'enchaînent, comme autant de tentatives de se frayer un « passage du nord-ouest » – là où Rollins avait préféré viser plein ouest avec son trio de 1957 – vers quelque white spot inexploré des cartographes. La compacité délibérée de ces pièces favorise la multiplication des combinaisons : forages puissants au ténor rauque, cisailles arco, poinçons ou éclaboussures de cymbales, soprano vrillant. En une série d'instantanés, le groupe circonscrit, par ces approches successives, sèches et bien penchées sur le son, de belles aires animées,  plus attentives aux détails que l'auditeur ne l'aurait imaginé de prime abord.

En compagnie d'Eddie Prévost (batterie), qui a fomenté entre mai et décembre 2011 une série de rencontres, en trio, avec d'autres « saxophonistes remarquables » (dont Evan Parker, Jason Yarde et Bertrand Denzler), ce n'est pas à une extension de leur splendide duo que notre souffleur est convié : non seulement parce que Prévost est ici à la batterie – et point aux percussions & tam-tam de leurs Interworks – mais aussi car le contrebassiste Guillaume Viltard apporte une contribution passionnante. À trois reprises (deux quarts d'heure puis une autre demi-heure), avec une immédiateté et une dramaturgie assez admirables, se déploient chants spontanés, pouls épaulés, séquences articulées qui s'emboîtent et déboîtent. Trois puissantes énergies à l'œuvre, portées sur un drive partagé (qui, à l'occasion, confine au swing explicite), complexe et bien tendu. Tenue, foisonnante : une musique de haute volée.

On pourra compléter l'audition de ces deux volumes en allant rechercher les 12 Milagritos enregistrés en 1998 par le saxophoniste, dans la même configuration de trio, avec Matthew Sperry et Gino Robair (sous étiquette Spool) : une autre perspective encore...

Way Out Northwest : The White Spot (Relative Pitch)
Enregistrement : Juin 2008. Edition : 2012.
CD : 01/ Graminea 02/ Mespili 03/ Impressum 04/ Hymenae 1 05/ Schoepfiae 06/ Earlianum 07/ Hymenae 2 08/ Mali 09/ Saponariae

John Butcher, Guillaume Viltard, Eddie Prévost : All But – Meetings with Remarkable Saxophonists – Volume 2 (Matchless / Metamkine)
Edition : 2012.
CD : 01/ All But – part 1 02/ All But – part 2 03/ All But – part 3
Guillaume Tarche © Le son du grisli


John Butcher : Bell Trove Spools (Northern Spy, 2012)

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Deux temps auront composé Bell Trove Spools, solo qui profite dans sa première partie d’un passage de John Butcher au Richmond Hall de Houston (14 avril 2010) et dans sa seconde d’une apparition du même homme à l’ISSUE Project Room de New York (7 novembre 2011). Deux dates américaines, que le saxophoniste marqua respectivement au ténor et au soprano.

Protéiformes et amènes toutes, ce sont là dix pièces nées d’une recherche de sonorités souterraines mais attingibles : précautionneux, Butcher dessine un parcours de boucles et de tremplins que ses notes longues, bourdons, chocs, résonances, gimmicks et feedbacks, dévaleront une fois libérés. Jouant d’imprécation et de distances, il applique son chant intérieur à l’espace qui l’entoure – accueillant ici une note parasite en surimpression, laissant ailleurs l’écho de l’endroit modifier son propos. Au soprano, Butcher peut aussi découper sec des phrases douées pour l’élévation ou jongler avec des motifs que leurs trajectoires renvoient sans cesse au même point : son for intérieur. Immanquable.

EN ECOUTE >>> Bell Trove Spools (séquences)

John Butcher : Bell Trove Spools (Northern Spy / Orkhêstra International)
Enregistrement : 14 avril 2010 & 7 novembre 2011. Edition : 2012.
CD: 01/ A Place To Start 02/ Padded Shadows 03/ Willow Shiver 04/ Perfume Screech 05/ Unspeakable Damage 06/ First Dart 07/ Second Dart 08/ Third Dart 09/ Fourth Dart 10/ Egg
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Andrew Lamb : Honeymoon on Saturn (CIMP, 2012) / Rhapsody in Black (NoBusiness, 2012)

andrew lamb honeymoon rhapsody

Habitué du Vision Festival, Andrew Lamb a peu enregistré. En 1994 pour Delmark et puis en 2003 avec Tom Abbs déjà – autre musicien rare sur disque malgré d’imposantes qualités. Pourtant, Lamb a étudié auprès de Kalaparusha, fréquenté les orchestres d’Alan Silva et de Cecil Taylor. Surtout, possède un souffle capable de mettre saxophone, clarinette ou flûte, au service d’une forte identité. Cette année, il confirme deux fois sur disque son entente avec Abbs (à la contrebasse, au tuba et au didgeridoo).

Sur Honeymoon on Saturn, d’abord, en trio avec Warren Smith. Enregistré en avril 2008, Lamb y défend des compositions personnelles faites de vrais et de faux départs, de convulsions amalgamées – à l’alto, il peut rappeler Jackie McLean –, d’instants amorphes accoucheurs de transformations, enfin de mélodies parfois minces mais rattrapées par la manière qu’a le trio de les maquiller. D’aspect brouillon d’abord, l’invention d’Andrew Lamb ne tarde pas à démontrer ici qu’elle est aussi dense que détachée d’apparence.

Sur Rhapody in Black ensuite, daté du mois de novembre de la même année. Cette fois, Lamb et Abbs font front commun avec les batteurs Michael Wimberly et Guillermo E. Brown. Marches défaites et chants décousus – mécaniques grippées contre éléphants en tubes –, ânonnements et même répétitions bravaches, orientalisme au romantisme évanoui et hymnes de forts des Halles (c’est d’ailleurs sans doute au ténor que Lamb dit le mieux de quoi retourne son art), font de cette épreuve un nouvel élément d’une discographie qui pourrait bien n’être faite que de références.

EN ECOUTE >>> Initiation >>> Song of the Miracle Lives

Andrew Lamb : Honeymoon on Saturn (CIMP)
Enregistrement : 10 & 11 avril 2008. Edition : 2012.
CD : 01/ Land of the Pure at Heart 02/ Honeymoon on Saturn 03/ Year of the 13th Moon 04/ The Call of Love's True Name 05/ A Alegria E O Prazer de uma boa Tarte 06/ Dance of the Prophet 07/ Theme for Radio Crude Oil
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Andrew Lamb : Rhapsody in Black (NoBusiness)
Enregistrement : 14 novembre 2008. Edition : 2012.
CD : 01/ Initiation 02/ Rhapsody in Black 03/ To Love in the Rain 04/ Song of the Miracle Lives
Guillaume Belhomme © le son du grisli


LHZ+H : Scope (Monotype, 2011)

lhzh scope

Du synthétiseur de Thomas Lehn partent des projectiles sonores faits (et j’ose le dire sûrement pensés) pour nous abattre. Et ce dessein, Carl Ludwig Hübsch, Philip Zoubek et Franz Hautzinger le font leur sur ce CD du groupe-initiales LHZ+H.

Scope est sans doute le nom de code de l’attaque. Coups de piano préparé et cris de sirènes sont les éléments du chaos lent de la première piste. De là à la deuxième, les instruments vrillent et les échanges plus énergiques composent avec pertes et fracas (le tuba ne cesse malgré cela de sonner la charge). Puisque nous sommes protégés par la distance qui nous sépare des musiciens, ce n’est pas pour l’auditeur qu’il faut craindre. La preuve dans la conclusion : cette électroacoustique là abat des murs de sons dont la chute anéantira même les instruments. C’est bien fait !  

LHZ+H : Scope (Monotype)
Edition : 2011.
CD : 01/ Zoom 02/ Scope 03/ Lesn 04/ Hal
Pierre Cécile © le son du grisli



Marilyn Crispell, Mark Dresser, Gerry Hemingway : Play Braxton (Tzadik, 2012)

crispell hemingway dresser play braxton

A la manière d’Old and New Dreams et de VSOP – groupes d’anciens partenaires d’Ornette Coleman et Miles Davis qui célébrèrent en son absence le répertoire du jadis meneur et pour toujours maître – Marilyn Crispell, Mark Dresser et Gerry Hemingway revenaient à Anthony Braxton le temps d’un hommage rendu le 19 avril 2010 – soit : à la veille de son soixante-cinquième anniversaire.

Aux membres encore alertes – davantage peut-être qu’Old and New Dreams et ô combien plus que VSOP en leur temps –, le trio allait au son de compositions lui laissant un peu de champ d’expression propre : fougue inventive de Crispell (certes, le son du piano brille un peu), archet leste et tambours remontés, ne peuvent toutefois rivaliser avec l’art du quartette classique de Braxton (1985-1994) – blanches et silences sont rares ; les secondes y sont en effet parfois longues.   

Marilyn Crispell, Mark Dresser, Gerry Hemingway : Play Braxton (Tzadik / Orkhêstra International)
Enregistrement : 19 avril 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ Composition 116 02/ Composition 23C 03/ Composition 108C/110/69Q 04/ Composition 69B [8.2] 05/ Composition 40N/40B
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Tim Olive, Alfredo Costa Monteiro : 33 Bays (845 Audio, 2012)

index

33 Bays date d’octobre 2009. Tim Olive (guitare & électronique) et Alfredo Costa Monteiro (dispositifs électroacoustiques) y apparaissent en super-héros qui repoussent de grandes carcasses rouillées de leurs mouvements musicaux. Sur les enceintes, ça se traduit par des souffles grondants, un bruit de mitraille ou encore la chanson cuivrée d’objet extraordinaire.

On dirait que le duo s’occupe seulement de disposer des micros et de laisser tourner la bande. Sans doute pas. Mais disons quand même que l'environnement qu’il capte est industriel, nocturne, chimérique. Bien différent de celui de la seconde plage, plus « concret » et plus « artificiel » à la fois, en un mot plus futuriste. On y sent moins ce goût de métal qui avait plu sur le premier titre. Mais on y goûte un bruit de fond qui confine l’humeur noire que nous impose novembre aux tréfonds de l’instant.

EN ECOUTE >>> Deux extraits

Tim Olive, Alfredo Costa Monteiro : 33 Bays (845 Audio / Metamkine)
Edition : 2012.
CD : 01-02/ 33 Bays
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Stefano Pastor : Songs (Slam, 2012) / Erika Dagnino, George Haslam, Stefano Pastor, Steve Waterman : Narcéte (Slam, 2012)

stefano pastor songs

Après Chants (Slam 519), voici Songs. Mais l’effet de surprise est passé. L’âpreté du violon de Stefano Pastor ne nous surprend plus. Idem pour sa voix de crooner fragile. Il faut donc trouver d’autres pistes. C’est ce que fait ici Pastor en s’érigeant metteur en scène et en sons des six chansons de ce nouveau disque solo. Le violon se démultiplie. Il est accompagnateur, coloriste, soliste, bagarreur. Et insatiable, toujours. Il racle la corde jusqu’à la rupture quand il s’agit de convoquer le I Got Rhythm de Gershwin. Il se pare d’un romantisme toc et navrant quand le Brésil s’invite (Beatriz, Quem E Vocé). Il se fait rageur quand surgit le réjouissant Purple Haze d’Hendrix. Et il retrouve le chemin d’un jazz déviant – et néanmoins poignant – quand You Go To My Head et Duke Ellington’s Sound of Love empruntent sa route. Rien de révolutionnaire, ici, mais une singularité à ne surtout pas négliger.

Stefano Pastor : Songs (Slam / Improjazz)
Enregistrement : 2006 & 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ I Got Rhythm 02/ Beatriz 03/ Quem E Vocé 04/ You Go To My Head 05/ Purple Haze 06/ Duke Ellington’s Sound of Love
Luc Bouquet © Le son du grisli

Erika Dagnino, George Haslam, Stefano Pastor, Steve Waterman - Narcéte

Se jouant du contrepoint pour mieux accueillir la voix (très) peu assurée d’Erika Dagnino ; George Haslam (saxophone), Stefano Pastor (violon & contrebasse) et Steve Waterman (trompette) ont à cœur de ne jamais encombrer la matière première à savoir les dix chants-poèmes de l’Italienne (textes en anglais et italiens reproduits à l’intérieur de la pochette). Remarquées ici : l’épaisseur de Steve Waterman, ses percées solaires et son art consommé du contre-chant. Ailleurs, les instrumentistes se laissent aller à entremêler leurs élans, à se décliner en blues languide ou à durcir leurs souffles. Et dans tous les cas, veillent et respectent l’étrange poésie d’Erika Dagnino.

Erika Dagnino, George Haslam, Stefano Pastor, Steve Waterman : Narcéte (Slam / Improjazz)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.  
CD : 01/ Chant I 02/ Chant II 03/ Chant III 04/ Chant IV 05/ Chant V 06/ Chant VI 07/ Chant VII 08/ Chant VIII 09/ Chant IX 10/ Chant X
Luc Bouquet © le son du grisli


Vinny Golia, Marco Eneidi : Hell-Bent in the Pacific (NoBusiness, 2012)

vinny golia marco eneidi hell-bent

Sur le feu, Vinny Golia convainc de l’association qu’il pensa pour Hell-Bent in the Pacific, lot de pièces quiètes et même réfléchies enfermées entre deux grands moments de tension – pour ne pas dire de free intense.

Ainsi donc, trouve-t-on aux côtés du souffleur : Marco Eneidi, ancien élève de Jimmy Lyons, recrue de Bill Dixon et par voie de conséquence saxophone alto singulier, et la paire rythmique Lisa Mezzacappa / Vijay Anderson. Saxophones (ténor, sopranino et soprano) à moudre et clarinettes à traîner trouvent là et un partenaire incitatif et un soutien de choix : l’empreinte d’Eneidi marquant même l’improvisation de ses enraiements multiples. En place, le groupe fait preuve d’un équilibre qui transforme toute provocation en déstabilisation nécessaire : de fioritures piquantes, Hell-Bent fait un bouquet de fleurs sauvages – pétales et tiges désormais accessoires.

EN ECOUTE >>> Everything Imaginable Can Be Dreamed >>> Lop-sided Heels and Frayed Shoes

Vinny Golia : Hell-Bent in the Pacific (NoBusiness)
Edition : 2012.
CD : 01/ Meteorites 02/ Inessential melancholies 03/ Everything imaginable can be dreamed 04/ Deformities and discords 05/ Pendulum 06/ Fumbling fulminations 07/ Prisoner of a gaudy and unlivable present 08/ Lop-sided heels and frayed shoes 09/ Catholic comstocking smut-hound 13'17"
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Dickie Landry : Fifteen Saxophones (Unseen Worlds, 2011)

dickie landry fifteen saxophones

Sa couverture donne l’impression que ce CD ou LP (une réédition d’une réfrence Wergo qui date de 1977) contient un solo de saxophone « comme un autre » (si je puis dire ici…). C’était sans compter sur la force de Richard « Dickie » Landry, un musicien connu pour avoir collaboré avec Philip Glass dans les années 1970 et qui a joué aussi avec les Talking Heads.

Je ne vous ferais pas l’affront de vous dire combien de saxophones Landry a enregistré sur sa pièce Fifteen Saxophones. Dans les pas de Glass et (plus encore) de Terry Riley, le saxophoniste sort de son instrument des drones aérés et invente d’un coup d’un seul le minimalisme aérien, un minimalisme moins mécanique que celui de Glass et moins lâche que celui de Riley. Un minimalisme original en conséquence.

Si ce disque ne contient pas un solo de saxophone « comme un autre », c’est aussi que Landry y joue de la flûte. Sur le deuxième morceau, les graves sont préférés aux aigus pour l’exposition d’autres magnifiques ellipses sonores. Sur Kitchen Solos (je ne vous ferais cette fois pas l’affront de vous donner le nom du club new yorkais dans lequel cette pièce a été enregistrée live), retour au saxophone. Malheureusement, ce long delay ne parvient pas à apporter de saveur à une composition plus formatée et à un minimalisme au goût de jazz passe-partout. Cette improvisation ne doit cependant pas vous faire renoncer à vous procurer cet enregistrement de Landry. Le morceau-titre vaut à lui seul qu’on s’y précipite !

Dickie Landry : Fifteen Saxophones (Unseen Worlds / Instant Jazz)
Enregistrement : Réédition : 2012.
CD : 01/ Fifteen Saxophones 02/ Alto Flute Quad Delay 03/ Kitchen Solos
Pierre Cécile © Le son du grisli



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