Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Anne-James Chaton, Andy Moor : Transfer (Unsound, 2011-2012)

anne-james chaton andy moor transfer le son du grisli

Voici les quatre quarante-cinq tours de la « série » Transfer édités. Alors de quoi retourne cette collaboration d’Andy Moor et d’Anne-James Chaton ? D'une affaire de poésie et de musique non pas mises en chanson mais qui, sous un thème arrêté pour chacun de vinyles (Departures, Princess in a Car, Flying Machines, Inbound/Outbound), servent ensemble des obsessions que les deux hommes ont en commun : pour l’événement et l’information, l’espace et le temps (un point sur la carte et une brèche-issue de secours), la nouveauté et la répétition, la réalité et la fiction…

Télégraphique, clinique ou sévère, la voix de Chaton scande des histoires au rythme de vers-séquences (faces de Princess in a Car, qui racontent respectivement Lady Diana et Grace Kelly avec un sens de la dramaturgie assez habile pour nous intéresser à ces sujets rebattus), énumère coordonnées géographiques, dates et codes temporels (Dernière minute), renouvelle l’inventaire à la Prévert en empruntant à Leonard de Vinci (Sul Volo) ou le témoignage à la Reznikoff (Not Guilty), dresse un constat par l’échec d’un monde de progrès (Une histoire de l’aviation)…

A la guitare électrique et à la programmation, Moor enveloppe les mots – qu’une voix parallèle peut soudain traduire en anglais, allemand, portugais…)  – pour mieux les endormir et enfin opérer : le décor du drame qui se joue est fait d’accords brefs, de cordes crachant ou d’arpèges rapides, aussi de battements sourds, de collages concrets et de prises de guitare renversées. Faite de tensions multiples (et motivantes), la musique accueille la preuve désincarnée comme l’information sèche avec une faveur égale. La poésie dite y gagne où la musique nerveuse trouve un sens peu commun. A entendre donc…

Andy Moor, Anne-James Chaton : Transfer (Unsounds)
Edition : 2011, 2012.
45 Tours : Transfer 1 (Departures) : A/ Dernière minute B/ D’Ouest en Est – Transfer 2 (Princess in a Car) : A/ Princess in a Mercedes Class S 280 B/ Princess in a Rover P6 3500S 28 – Transfer 3 (Flying Machines) : A/ Une histoire de l’aviation B/ Sul Volo – Transfer 4 (Inbound/Outbound) : A/ Metro B/ Not Guilty
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Simon Nabatov, Nils Wogram, Tom Rainey : Nawora (Leo, 2012)

simon nabatov nawora

De cette improvisation « dirigée » et conçue par Simon Nabatov, Nils Wogram et Tom Rainey, on ne pourra, précisément, que reprocher la stratégie. Soit improviser en suivant schémas et balises. Et ainsi, rejeter toute latence ou temps mort. Et pour être encore plus clair : préférer la performance au danger. Mais ici, que cette performance (nommons-là plutôt résolution) est fructueuse. Et insistante. Tellement insistante.

De ce jazz aux ailes brisées en passant par ces errances sensuelles et ces dissonances foudroyées, le trio propose une sélection de figures souples, évidentes. Se drapant dans des alliages porteurs, la cassure ne prend jamais racine, le solo n’est pas interdit, le collectif tient le cap et ne dégrade jamais cette belle entreprise fusionnelle. Et que ce soit dans les gargarismes de l’un, dans les clusters de l’autre ou dans les frappes argentées du dernier, jamais de courroux. Juste l’entente naturelle de trois musiciens, ici en totale osmose.

Simon Nabatov, Nils Wogram, Tom Rainey : Nawora (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009. Edition : 2012.
CD : 01/ Downstairs Upstairs 02/ Nonchalant Hint 03/ Heroes Like Us 04/ Nail It 05/ Persistence Is a Virtue 06/ Both And 07/ Dust-Tongued Bell
Luc Bouquet © Le son du grisli


Aaron Moore, Thierry Müller : Today Is Yesterday’s Tomorrow (Three:Four, 2012) / Courtis, Moore : Courtis/Moore (Earbook, 2012)

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A lire la discographie qu’Aaron Moore a signé en dehors de Volcano the Bear, on trouve des duos bien pensés qui contraignent cette collaboration avec Thierry Müller (d'Ilitch) à se montrer à la hauteur. C’est aussi frétillant que tremblant pour eux qu’on dépose le diamant sur la première face du (double !) vinyle…

Tout commence sur un air de post-rock mais un air de quelques secondes seulement. Car une clarinette basse se lève qu’un drone suit qu’une guitare suit que des trompettes suivent : tout s’enchaîne plutôt lentement et fait pencher l’enregistrement vers l’atmosphérique expérimentale. Fondu enchaîné : du mélancolique replié sur lui-même, des mélodies avortées de guitares avortones ou de grand piano opportun. On l’a vite comprend, Moore et Müller n’ont pas dans l’idée de défendre une esthétique ou même un disque cohérent. Ils sont là pour jouer et jouent et se déguisent, singent Gastr del Sol, Merzbow, Sonic Youth, Broken Social Scene, Mark Hollis

Au diable les compositions complexes, bonjour les citations et les clins d’œil (jusqu’à un ethnofolk tout moisi ou une pop qui ferait passer les productions K Records pour des gargouilles gothiques, qu’importe enfin !). Today Is Yesterday’s Tomorrow est le titre qu’il fallait : il explique ce qu’il est possible à deux musiciens de faire avec pour (presque) seul matériau leurs références et leurs envies de s’amuser. Maintenant, faudra-t-il que l’auditeur ait les mêmes références et les mêmes envies pour goûter les délires libertaires du duo ? A voir…

EN ECOUTE >>> Today Is Yesterday's Tomorrow

Aaron Moore, Thierry Müller : Today Is Yesterday’s Tomorrow (Three:Four / Souffle Continu)
Enregistrement : 2009-2011. Edition : 2012.
2 LP : A1/ Absolute Returk A2/ Cybèle était si belle A3/ Le secret des pieds A4/ Olivia is Thinking – B1/ The Helicopter of the Beast – C1/ Absolute Divorce C2/ Fantocomon C3/ The Slits Runner C4/ Are you in a Plane ? – D1/ The Lost Interstellar Tourist D2/ I Swan You D3/ Meurtre parfait
Pierre Cécile © Le son du grisli

anla courtis aaron moore courtis moore

Enregistré en concert en février 2009, Courtis/Moore fait suite à Brokebox Juke sorti sur le label No-Fi. Comme si la présence de Courtis étouffait les penchants pour la pop (expérimentale ou non) de Moore, le CD bâtit son propos sur des drones, des résonances, des instruments à vent qu’on dirait imaginaires (sur l’irrésistible P=1) et encore des guitares qui en promettent en distorsions et chants électriques. Tout autre chose donc. Moins facile et encore plus convaincant !

Anla Courtis, Aaron Moore : Courtis/Moore (Earbook)
Enregistrement : 2009. Edition : 2011.
CD/ 01/ E=1 02/ P=1 03/ P=2 04/ L=2 05/ L=1
Pierre Cécile © Le son du grisli

ff


Paul Dunmall, Mark Sanders : Pipe & Drum / Paul Dunmall, Philip Gibbs, Neil Metcalfe, Paul Rogers : Sun Inside (FMR, 2012/2011)

paul dunmall mark sanders pipe and drum le son du grisli

Dans cette course-poursuite engagée avec lui-même, Paul Dunmall et sa cornemuse ne laissent pas grand choix aux tambours de Mark Sanders. Les deux musiciens serrent leur jeu au maximum, le souffle se sature de polyphonies, les aigus tourbillonnent, la batterie désosse le continu. La transe répond présent.

Mais, en une occasion (Stand Alone with Blessing) et prenant la parole en solitaire en un trot singulier, Sanders invite son camarade à varier les registres et les hauteurs. Se malaxeront alors d’autres matières, moins répétitives et plus nuancées. Le batteur créera des motifs qu’il alimentera de ses savantes frappes tandis que la cornemuse de Dunmall inscrira quelques vers de plus à son envoûtante poésie. Et ainsi, vivra et respirera un duo débordant d’énergie et de créativité.

Paul Dunmall, Mark Sanders : Pipe & Drum (FMR / Improjazz)
Enregistrement : 7 mars 2012. Edition : 2012.
CD : 01/ Dance of the Elders 02/ Folette 03/ Mesolithic to Neolithic 04/ Stand Alone, with Blessing 05/ Lily at the Bearwood 06/ Tropical Seas of Malvern 07/ Supernatural Is Natural
Luc Bouquet © Le son du grisli

paul dunmall paul rogers sun inside le son du grisli

Une clarinette ombrageuse ouvre Sun Inside. Une flûte la poursuit de sa prégnante assiduité. Prétextant la présence du bois pour mieux en sonder l’écorce, guitare et contrebasse tricotent la ligne sinueuse. Maintenant, tout est activé. Il s’agit donc de s’enlacer, de converser (parfaits les couples Paul Dunmall-Phillip Gibbs et Paul Dunmall-Neil Metcalfe), de s’élever, d’activer des motifs entre fugue et contrepoint et de prospérer sans inquiéter l’autre. Et en faisant fondre les lenteurs des deux premières plages au profit d’une improvisation vivace et quasi west-coast (Dunmall est maintenant passé au soprano), prouver qu’ici, tout est mouvement.

Paul Dunmall, Philip Gibbs, Neil Metcalfe, Paul Rogers : Sun Inside (FMR / Improjazz)
Enregistrement : 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ Sun Inside 02/ Dissolving a Rock 03/ Inside the Sun
Luc Bouquet © Le son du grisli


Bark! : Fume of Sighs (Psi, 2012) / Sult : Bark (Bug Incision, 2012)

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Si l'histoire du groupe s'enracine au début des années 90, c'est à la fin de cette décennie que Bark! a stabilisé son effectif et trouvé, au fil des disques publiés par Matchless et Psi, en « functioning like one big electronic rhythm section », son « groove » – je cite ici le livret fort détaillé de Phillip Marks (percussions).

Le trio que complètent Rex Casswell (guitare électrique) et Paul Obermayer (samples – on connaît ses accointances avec Richard Barrett, dans Furt ou l'Electro-Acoustic Ensemble d'Evan Parker) développe effectivement une dynamique particulière, manière de bounce atomisé, de réactivité sèche, articulée, ciselée, incisive, digne d'un flipper fracassé. Dans cette session d'octobre 2009, en studio londonien, à force de brisures, de rebonds et de cliquètements, la tension électrique s'accumule, jusqu'à ce que Bark!, enfin, craque et lâche, sporadiquement, quelques aboiements libérateurs et d'autant plus appréciés que, même à fort volume, l'intensité des échanges virevoltants avait pu lasser au long des cinquante minutes de ce disque.

Bark! : Fume of Sighs (Psi / Orkhêstra International)
CD : 01/ Romeo 02/ Zodiac 03/ Trampoline 04/ Fume of Sighs 05/ A Room Each 06/ What is it else? 07/ Crobes 08/ Morse Eyes 09/ The Theoretician 10/ Vexed, a Sea
Guillaume Tarche © Le son du grisli

sult bark bug incision le son du grisli

Certes ce Bark là – à qui il manque le point d’exclamation – n’est qu’un titre. Celui d’un disque de… Sult, association peu commune de deux contrebassistes (Tony Dryer et Guro Skumsnes Moe), d’un guitariste (Havard Skaset) et d’un percussionniste (Jakob Felix Heule) – Dryer et Heule, entendus déjà en Basshaters. En conséquence : un précis de gravitude dont nœuds, tensions, râles et décharges, font le gros du discours. Sept onomatopées en tout qui, persuasives presque toutes, forment un vocabulaire signifiant.

Sult : Bark (Bug Incision)
Edition : 2012.
CD : 01/ arkb 02/ bkra 03/ brak 04/ rabk 05/ krab 06/ rakb 07/ abrk
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Peter Brötzmann, Jason Adasiewicz : Going All Fancy (Brö, 2012)

peter brötzmann jason adasiewicz going all fancy le son du grisli

Ici, gouttes d’eau sur pierres brûlantes, notes aqueuses du vibraphone sur lave incandescente du saxophone. Ou comment la loi physique selon laquelle les pôles opposés s’attirent s’en trouve vérifiée.

Jason Adasiewicz hache son discours, le découpe à l’infini, passe les notes au tamis tandis que Peter Brötzmann, fidèle à lui-même coule son discours comme on fond les métaux. Chacun cherche son or, l’un égrenant le sol, l’autre pelletant des tunnels, mais c’est ensemble finalement que ces deux-là le trouveront. Vite. Dès la cinquième minute de ce disque (les échauffements accomplis, les muscles assouplis), la musique est belle, l’or est trouvé. On avait raison d’attendre beaucoup de ce disque.

Adasiewicz, 35 ans, chicagoan, est ce vibraphoniste aujourd’hui incontournable qui, comme hier Walt Dickerson, refuse à son instrument tout espoir d’animer quelque croisière, pour plutôt l’exposer aux quatre vents ou le plonger tout net dans le tumulte océanique. Brötzmann, 71 ans, citoyen allemand ayant arpenté en tous sens les terres européennes de la musique improvisée, prenant depuis 25 années ses habitudes à Chicago, demeure fidèle à lui-même : généreux, le vibrato débordant, la sonorité énorme et les climax appelant parfois le répit de tempi méditatifs. Et justement, sur Going All Fancy, les rythmes plutôt apaisés de ce disque nous font prendre la mesure de son talent.

Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, ou comment l’évaporation se fit musique un 8 juin 2011 à l’Abrons Art Center, New York, en public. Puis à présent, heureusement, incarnée en l’un des disques les plus importants de cette année 2012.

Peter Brötzmann, Jason Adasiewicz : Going All Fancy (Brö / Eremite)
Enregistrement : 8 juin 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Going All Fancy 02/ Left Luggage 03/ Singing to the Leaf
Pierre Lemarchand © Le son du grisli


Jeffrey Weisner : Neomonology (Innova, 2012)

jeffrey weisner neomonology le son du grisli

Jeffrey Weisner est un contrebassiste qui évolua par le passé dans le National Symphony Orchestra de Washington et dans le San Francisco Symphony – ce qui prouve son potentiel technique mais pas encore toutes ses qualités. Pour cela, il a demandé à trois compositeurs d’écrire spécialement pour lui : Armando Bayolo, David Smooke et Michael Hersch.

Même si Weisner loue les nouvelles approches qui existent de son instrument dans le livret du CD, le contemporain de ses auteurs n’est pas de ceux qui déroutent. La Mix Tape de Bayolo par exemple est un menuet d’aujourd’hui qui peut perdre de sa noblesse  quand lui prend l’envie plus populaire de danser autour d’un feu de joie. Plus « scelsiennes », les compositions de Smooke et Hersch comptent sur la capacité de nuances de l’archet : un baroque faussé pour Smooke et une épreuve assez cinématographique pour Weisner (on pense bien sûr à la musique de Jaws écrite par John Williams). La commande qu’il passée offre à Weisner une belle carte de visite, mais dont il faudra tenir les promesses – pourquoi pas sur un matériau plus difficile ? moins fait pour lui ?

Jeffrey Weisner : Neomonology (Innova / Abeille Musique)
Edition : 2012.
01-06/ Armando Bayolo : Mix Tape 07/ David Smooke : Introspection #11, 072 08/ Mihael Hersch : Caelum Dedecoratum
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Joe Morris : Graffiti in Two Parts (Rogue Art, 2012) / Altitude (AUM Fidelity, 2012)

joe morris quartet graffiti in two parts

Joe Morris raconta ici sa rencontre, en 1981, avec Lowell Davidson : « Lowell donnait un concert solo au Stone Soup Gallery. Le patron de l’endroit, Jack Powers, m’avait invité à venir l’écouter, en me disant que Lowell était un pianiste qui avait joué avec Ornette, ce qui était un argument suffisant pour moi. Le concert a été fantastique. Je suis allé lui parler et il ne faisait aucun doute pour moi qu’il était un musicien brillant. Je lui ai demandé s’il accepterait que je joue avec lui et il a répondu oui. »

Récemment, Morris rendit hommage à Davidson sur MVP LSD. Aujourd’hui, le label Rogue Art nous permet d’entendre les deux hommes en quartette enregistré au Cambridge (USA) Dance Center le 11 mai 1985. A leurs côtés, Malcolm Goldstein et Lawrence ‘Butch’ Morris, que le guitariste et contrebassiste convia aussi à improviser après leur avoir expliqué deux idées de principe : « blocs de sons en lent mouvement » dans lesquelles Morris – écrit-il dans le texte qu’il signe pour l'occasion – croit voir de quoi est faite la musique de Davidson et subversion créative qui trouverait dans l’art du graffiti un parallèle inspirant.

Graffiti, Part I. Au banjouke (sorte d’ukulele qui ne peut nier avoir quelques sonorités en commun avec le banjo) et aux percussions, Morris et Davidson entament le concert : le quartette dérive au gré d’une improvisation d’atmosphère qui change l’endroit dont elle prend possession en carré de terre ocre où l’animisme règne. Un ruban de sonorités quiètes y forme un route divisée bientôt en quatre chemins qui convergent tout en affichant des couleurs différentes : répétitif souvent dans ses arpèges, le banjouke répond par exemple à distance au cornet économe mais dense et à ce violon dont la délicatesse a pour quête l’insondable.

Graffiti, Part II. Morris retourne à la guitare et Davidson à sa contrebasse d’aluminium. Aussi profonde et mesurée que celle de la première partie du concert, la musique est affaire d’imbrications et compte davantage sur le rapport des quatre musiciens : retenue toujours de mise, mais cornet et archets plus insistants dans leurs manières de dire ce qui doit sur l’instant être révélé. Un rappel, de cinquante-trois secondes, clôt l’enregistrement superbe et le document d’importance – dans ses notes encore, Morris insiste : Graffiti in Two Parts n’est que le deuxième disque de Lowell Davidson paru à ce jour.

Joe Morris Quartet : Graffiti in Two Parts (Rogue Art / Souffle Continu)
Enregistrement : 11 mai 1985. Edition : 2012.
CD : 01/ Graffiti, Part I 02/ Graffiti, Part II 03/ Tag
Guillaume Belhomme © Le  son du grisli

joe morris william parker gerald cleaver altitude le son du grisli

The Stone, New York, le 17 juin 2011 : Joe Morris, William Parker et Gerald Cleaver, improvisèrent en quatre temps (Exosphere, Thermosphere, Troposphere et Mesosphere) cet Altitude où il n’est plus question de « blocs de sons en lent mouvement ». A la place, un jazz certes acceptable mais sur lequel Morris, à la guitare, se montre souvent bavard (pour ne pas dire verbeux), tandis que sa section rythmique pêche presque aussi régulièrement par excès d’artifices. Voilà qui conseille aussi, et à sa manière, qu’on se consacre à Graffiti in Two Parts.

Joe Morris, William Parker, Gerald Cleaver : Altitude (AUM Fidelity / Orkhêstra International)
Enregistrement : 17 juin 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Exosphere 02/ Thermosphere 03/ Troposphere 04/ Mesosphere
Guillaume Belhomme © le son du grisli


Loup : s/t (Gaffer, 2011)

loup gaffer records le son du grisli

Loup soit Clément Edouard (saxophones, electronics) et Sheik Anorak (guitare, batterie), tous deux déjà croisés sur ces essentielles scènes intègres qui fleurissent, ici et là, avec passion et sans subventions.

En une petite vingtaine de minutes, ces parfaits descendants de Zu et autre Mombu gardent du free jazz la saine révolte, ressuscitent l’énergie des Wright-Lyons, distribuent crochets et uppercuts, cajolent la crevasse. Ne pas croire pour autant au tout-chaos : ici, ça discute et bataille la matière mais ça sait aussi construire, formuler, écouter, échanger. Conclusion : court mais dense.

Loup : s/t (Gaffer Records / Metamkine)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Porcelaine 02/ Cut and Paste 03/ The Number 04/ 1965 05/ Theology 06/ Timeline 07/ I Could Have Guessed What Was About to Happen
Luc Bouquet © Le son du grisli


Nikos Veliotis, Klaus Filip : Slugabed (Hibari Music, 2012)

nikos veliotis klaus filip slugabed le son du grisli

Un archet autour duquel rôde une présence, ainsi débute Slugabed de Nikos Veliotis et Klaus Filip – qu’Hibari réédite aujourd’hui. Pour avoir signé de grands ouvrages d’électroacoustique sinueuse (le premier avec Looper notamment, le second en compagnie de Radu Malfatti ou Toshimaru Nakamura), les musiciens s'appliquèrent, un premier mars de quelle année, à soigner leur rencontre. 

L’écoute, de le confirmer : dans le champ électronique percé par un rayon, s’engouffre un paquet d’oiseaux affolés. Voici le violoncelle lévitant, ses notes sont les maillons d’une chaîne qui délimite une belle aire de rumeurs en attente d’élévation. Fusionnant bientôt – ce qui ne va pas sans l’apparition de quelques parasites –, les instruments synchronisent leurs chants, lignes d’aigus et nappes de graves grossissant pour bientôt disparaître. L’imposant spectre sonore né de l’association Nikos Veliotis / Klaus Filip fera de même, toutefois longtemps après que le disque aura fini de tourner.

Nikos Veliotis, Klaus Filip  : Slugabed (Hibari Music)
Enregistrement : un 1er mars. Réédition : 2012.
CD : 01/ Slugabed
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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