Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


ChroniquesArchivesHors-sérieDisquesLivresFilmsle son du grisliNewsletterContact

Grisli d'été : moins de chroniques, plus de crawlRyoji Ikeda à NantesFestival Météo Mulhouse
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Masami Akita, John Duncan : The Black Album (Tourette, 2014)

masami akita john duncan the black album

The Black Album est… vert, sa pochette est rose rose et sa couverture noire, certes, mais complètement perforée (ça c’est le Texas, où crèchent les gars de Tourette Records. Qu'ils aient la gachette facile n'est pas une raison pour être grossier, d’autant que la décharge que j’ai reçue à l'écoute du LP est suffisante… en tout cas me suffit, à moi.

Alors quoi ? Une fois ma main glissée parmi les trous de balles (j’y peux rien), j’attrapai le vinyle, le posai sur la platine et y mis dessus le diamant et là… C’est comme un objet métallique (qui serait ma tête) que l’on appuierait sur un tour de pierre : ça crisse, larsenne et crache (pour tout dire : agresse d’une force !). Mais (et il ne faut pas l’oublier) on peut quand même se raccrocher à un rythme : et oui, voilà, ce rythme est celui de ce tour de pierre qui tourne à la régulière…

Heureusement, conciliante, l’agression se fait après plus douce, presque câline, avec un grand rétropédalage dont profitent les bruits de bandes (vrais ? de synthèse ?) et les parasites en tous genres, avant que les hostilités (les « austérités », dirait ma coiffeuse) ne reprennent : aïe, je m’ai écorché ; ouf, c’j'aime le goût du sang ! Vous ai-je dit au moins qu’il s’agissait là d’une brillante collaboration entre Masami Merzbow Akita et John Duncan ?  (et que j’ai oublié de fermer la parenthèse en ligne 2 ?)…

Masami Akita, John Duncan : The Black Album (Tourette / Souffle Continu)
Edition : 2014.
LP : AB/ The Black Album
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Anne-F Jacques, Tim Olive : Dominion Mills (845 Audio, 2014)

anne-f jacques tim olive dominion mills

Compte-tenu de la rapidité avec laquelle il autoproduit ses enregistrements sur 845 Audio, on saura gré à Tim Olive de ne pas verser dans l’enregistrement facile, c’est-à-dire : de trop. Après Alfredo Costa Monteiro (33 Bays), Katsura Mouri (Various Histories) et Jason Kahn (Two Sunrise), c’est avec sa compatriote Anne-F Jacques qu’il forme ce nouveau duo qui intéresse.

Aux « rotating devices » – petits moteurs électriques modifiés et amplifiés – de Jacques, Olive répond en faisant usage de « magnetic pickups » – sortis d’une guitare électrique monocorde. En trois temps, la paire dompte des râles qu’elle dépose ensuite à distance sur les sillons de plateaux (systèmes ou plaques) qu’elle fait tourner. Bercés par le mouvement et sur écho léger, ces râles deviennent alors des rumeurs à la force de persuasion de laquelle il est bientôt impossible de résister. Et donc, d'applaudir.

Anne-F Jacques, Tim Olive : Dominion Mills (845 Audio)
Enregistrement : juillet 2013. Edition : 2014.
CD : 01-03/ Dominion Mills
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Period : 2 (Public Eyesore, 2014)

period 2

A deux, Charlie Looker (guitare) et Mike Pride (batterie) ne font pas dans la dentelle. Arpèges malfaisants, fracas de toms : le venin est cajolé, le son est fracassé. Avec Chuck Bettis (voix), Looker et Pride font du Naked City (presque) plus vrai que nature. Avec Darius Jones (sax alto) et Sam Hillmer (sax ténor), Looker et Pride confirment le chaos. Laissent se noyer les saxophonistes dans la cuve à mazout, affirmant ainsi leur sens vicié du partage  (que le plus sonique gagne !).

Puis, avec l’altiste et, plus loin encore, avec le vocaliste, contemplent les débris et les chants de ruines. S’en voudraient presque de leurs méfaits. Maintenant, semblent vouloir (re)construire. Mirage ou malice ?

Period : 2 (Public Eyesore)
Edition : 2014.
CD : 01/ Two 02/ Four 03/ Ten 04/ Nine 05/ Six 06/ Eleven 07/ Eight
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Phantom Orchard Orchestra : Through the Looking Glass (Tzadik, 2014)

phantom orchard orchestra through the looking glass

Crénom, quitte à être courageux (c’est un synonyme de « mâle »), je le dis et je vais le dire : maintenant c'est confirmé j’aime pas Phanthom Orchard Orchestra, ce repère de zombies femelles qui trustent l’électroamoustique – mon gars, y’a que les femelles qui piquent ! –  comme d’autres (des gars et des vrais) s’en mettent par-dessus (et même dessus tout court) la cravate.

Ça crinouille larmoyant (The Beauty and the Beast me l’accorde) et t’as de la pince au piano et à la harpe que t’en veux bientôt plus (mais alors plus jamais) et par-dessus tout ça, on trouve quoi ? De la bobine musicale qui ferait même pas une bonne B.O. pour un 8 mm de Jacques Demy. En bonne soumise qui a couché, fière de la chevelure d’un centimètre qu’elle a sur le caillou (voilà que je parle de moi à la troisième personne), je vais te balancer les noms : Zeena Parkins, Ikue Mori, et avec qui que je te le demande ?... Maja Ratkje, Sylvie Courvoisier, Sara et Maggie Parkins.

Mais aussi, en bonne coucheuse toujours, j’ose avouer maintenant (une fois la guerre passée) l’amour (contraint, maman) que j’ai eu pour Maja. C’est pas dans mes habitudes de pleurer comme une femme mais nardinamouk cette mélodie de voix sur Goblin Spider m’a tiré quelques larmes (de crococils). A tel point que j’ai trouvé (sur un titre et sur un titre seulement, je vous le jure mon Père) que le dégingandé et les chinoiseries (je dis pas ça parce que je suis raciste, les gars) des sorcières Parkins et Mori valaient bien le détour (un détour d’un morceau sur douze qu'elles ont enregistrés !) et que ça a même fait ressortir le côté femelle qu’il y a en moi. Vilaine(s) !

Phantom Orchard Orchestra : Throught the Looking Glass (Tzadik / Orkhêstra International)
Enregistrement : 18-19 octobre 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Luminous Fairies 02/ Goblin Spider 03/ The Little Mermaid 04/ The Snow Queen 05/ Alice In Wonderland 06/ Kaguya 07/ Snow White 08/ Hedgehog In the Fog 09/ The Beauty and the Beast 10/ Psyche and Cupid 11/ The Ugly Duckling 12/ Sleeping Beauty
Pierre Cécile © Le son du grisli

 P1010060

Commentaires [0] - Permalien [#]

New York Art Quartet : Call It Art 1964-1965 (Triple Point, 2013)

new york art quartet call it art

John Tchicai : « Roswell Rudd et moi voulions nous regrouper pour jouer davantage. Je l’appréciais en tant que personne et que musicien. Je voyais bien que le NYC5 tirait sur sa fin… Alors, nous avons commencé à rechercher les bonnes personnes… » La recherche en question mènera à la création, en 1964, du New York Art Quartet, ensemble que le saxophoniste et le tromboniste emmèneront quelques mois seulement (si l’on ne compte les tardives retrouvailles) et dans lequel ils côtoieront Milford Graves (troisième pilier d’un trio, en fait, diversement augmenté), JC Moses et Louis Moholo, pour les batteurs, Lewis Worrell, Reggie Workman, Don Moore, Eddie Gomez, Bob Cunningham, Richard Davis et Finn Von Eyben, parmi les nombreux contrebassistes.

A la (courte) discographie du New York Art Quartet, il faudra donc ajouter une (imposante) référence : Call It Art, soit cinq trente-trois tours et un livre du même format, enfermés dans une boîte de bois clair. Dans le livre, trouver de nombreuses photos du groupe, quelques reproductions (boîtes de bandes, pochettes de disques, partitions, lettres, annonces de concerts, articles…) et puis la riche histoire de la formation : présage du Four for Trane d’Archie Shepp, naissance du ventre du New York Contemporary Five (lui-même né du Shepp-Dixon Group) et envol : débuts dans le loft du (alors) pianiste Michael Snow, arrivée de Milford Graves et liens avec la Jazz Composers’ Guild de Bill Dixon, enregistrements et concerts, enfin, séparation – possibles dissensions esthétiques : départ de Tchicai pour l’Europe, qui du quartette provoquera une nouvelle mouture ; rapprochement de Graves et de Don Pullen, avec lequel il jouait auprès de Giuseppi Logan… Dernier concert, en tout cas, daté du 17 décembre 1965.

call it art a  call it art b

Au son, cinq disques donc, d’enregistrements rares, sinon inédits : extraits de concerts donnés à l’occasion du New Year’s Eve ou dans le loft de Marzette Watts, prises « alternatives » (« parallèles », serait plus adapté), morceaux inachevés et même faux-départs : toutes pièces qui interrogent la place du soliste en groupe libre et celle du « collectif » en association d’individualistes, mais aussi la part du swing dans le « free » – Amiri Baraka pourra ainsi dire sur le swing que l’on n’attendait pas de Worrell –, l’effet de la nonchalance sur la forme de la danse et sur la fortune des déroutes, la façon de trouver chez d’autres l’inspiration nouvelle (Now’s The Time ou Mohawk de Charlie Parker, For Eric: Memento Mori ou Uh-Oh encore – apparition d’Alan Shorter –, improvisation partie du Sound By-Yor d’Ornette Coleman), le moyen d’accueillir le verbe au creux de l’expression insensée (Ballad Theta de Tchicai, sur lequel Baraka lit son « Western Front »)… Autant de morceaux d’atmosphère et de tempéraments qui marquent cet « esprit nouveau » que Gary Peacock – partenaire de Tchicai et Rudd sur New York Eye and Ear Control d’Albert Ayler – expliquait en guise de présentation à l’art du New York Art Quartet : « Plutôt que d’harmonie, on s’occupait de texture ; plutôt que de mélodie, on s’inquiétait des formes ; plutôt que le tempo, on suivait un entrain changeant. »

écoute le son du grisliNew York Art Quartet
Rosmosis

écoute le son du grisliNew York Art Quartet
Now's the Time

New York Art Quartet : Call It Art 1964-1965 (Triple Point)
Enregistrement : 1964-1965. Edition : 2013.
5 LP + 1 livre : Call It Art 1964-1965
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]


Ghédalia Tazartès : LA. (dBUT Interambience, 2014)

ghédalia tazartès la

Mettre un disque de Ghédalia Tazartès, c’est un peu comme aller voir ses grands-parents (quand on en a encore) : on sait ce qu’on va (ce qu’on peut) y trouver, on sait d’avance les temp(o)s morts (avant eux), les désillusions, la naphtaline, mais aussi… on n’est pas à l’abri des surprises cachées dans le grenier.

Alors on y revient, au Tazartès, et ce disque LA. ne nous fait pas regretter l’habitude qu’on a prise. Car dès les premières secondes, son folklore sous les bombes ressurgit, comme son langage replié pour cause d’intempérie dans une boîte en carton (c’est que, diantre, sa chanson est soluble !), ses airs de diasporiste à jambe unique, sa guimbarde triple-note, son harmonica-désamorcé, ses flûtes engrenaillées, ses psalmodies tibéto-couinardes, ses voix de fausset faussées (à la Romico Puceau), sa poésie salasse, ses oiseaux gonflés à l’hélium, sa nostalgie-vodka hypnotique, ses messages subliminaux (n’entends-je pas « il vient de me dire non » ou « l’amour, c’est tant de boisson » ?). Désaxé, certes ;  hirsute, certes ; plein, tambien !

Ghédalia Tazartès : LA. (dBUT Interambience / Metamkine)
Edition : 2014.
LP : A1-A6/ Oslo – Solo B/ LA.
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [1] - Permalien [#]

GX Jupitter-Larsen, Joke Lanz, Rudolf Eb.er, Mike Dando : Wellenfeld : For Amplified Brainwaves (Fragment Factory, 2014)

gx jupitter-larsen joke lanz mike dando rudolf eb

Le concept est de Rudolf Eb.er et la conception de l’instrument (casque sans fil transmettant à Rashad Becker les ondes cérébrales des quatre hommes qui le portent : GX Jupitter-Larsen, Joke Lanz, Rudolf Eb.er, Mike Dando) du Dr. Mick Grierson. Mixant les signaux qu’il obtient, Becker fait de la musique. A celle-ci, les cobayes peuvent réagir.  

L’expérience – enregistrée le 2 décembre 2012 à Bristol dans le cadre du festival EXTREME RTUALS – est d’une demi-heure, au cours de laquelle les émissions inspirent donc autant qu’elles composent une musique diffusée sur huit enceintes. Après quelques crépitements, les premières ondes diffusent, rechignant certes au motif musical mais multipliant les travestissements : bourdon d’orgue ancien, encodages variés, programmation électronique impétueuse ou morse télégraphique. A l’ombre de l’expérience rare, Jupitter-Larsen, Lanz, Eb.er et Dando augmentent leurs discographies de bruits neufs et exaltants.   

GX Jupitter-Larsen, Joke Lanz, Rudolf Eb.er, Mike Dando : Wellenfeld : For Amplified Brainwaves (Fragment Factory)
Enregistrement : 2 décembre 2012. Edition : 2014.
CD : 01/ Wellenfeld : For Amplified Brainwaves
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Roscoe Mitchell : Conversations I & II (Wide Hive, 2014)

roscoe mitchell conversations i & ii

Pas facile de converser avec qui ne veut pas. Conversation I porte assez mal son nom. L’un déverse son souffle continu sans se soucier de l’autre. Le second place sa métronomie glaciale sans se préoccuper du premier. Et le troisième, le seul qui écoute, essaie de rendre cohérent ce qui ne le deviendra jamais. Tout commence donc très mal (Knock & Roll). Par chance, les silences et autres battements d’ailes chers à Roscoe Mitchell s’immiscent dans le chaos (Ride the Wind). Maintenant, le saxophoniste cajole le sifflement, le percussionniste filtre les attentes, le pianiste use de synthétiseurs d’un autre âge : courts moments de grâce au milieu d’une improvisation aride et sans perspectives. Dispensable.

Plus resserrées ces Conversations II bénéficient  d’une toute autre écoute. La batterie démonstrative de Kikanju Baku trouve sur son chemin un Roscoe Mitchell en état de transe plénière. Craig Taborn n’est plus témoin impuissant mais déploie de (très) vives séquences. Les duos ne sont plus négligés (mention spéciale aux dissonances made in Mitchell-Taborn) et on se délecterait presque de l’hystérie percussive que l’on avait tant damnée dans le disque précédent. Indispensable.

Roscoe Mitchell, Craig Taborn & Kikanju Baku : Conversations I (Wide Hive / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Knock & Roll 02/ Ride the Wind 03/ Distant Radio Transmission 04/ Rub 05/ Who Dat 06/ Splatter 07/ Cracked Roses 08/ Outpost Nine Calling 09/ Darse 10/ Last Trane to Clover Five

Roscoe Mitchell, Craig Taborn & Kikanju Baku : Conversations II (Wide Hive / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Frenzy House 02/ Chipper & Bing 03/ Stay Hayfer 04/ They Rode for Them 05/ I’ll See You Out There 06/ Wha-Wha 07/ Bells in the Wind 08/ Shards & Lemons 09/ Just Talking 10/ Next Step 11/ Fly Over Stay a While
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Ernesto Rodrigues, Guilherme Rodrigues, Gianna de Toni, Christophe Berthet, Raphaël Ortis : Trees (Creative Sources, 2014)

ernesto rodrigues guilherme rodrigues raphaël ortis gianna de toni christophe berthet trees

Au Tcha3, où Creative Sources et Ernesto Rodrigues ont leurs habitudes, fut enregistré Trees le 22 mai 2013. Auprès du violiniste, le violoncelle de Guilherme Rodrigues, la contrebasse de Gianna De Toni, la basse électrique de Raphaël Ortis et – pour contrebalancer peut être le poids des cordes – le soprano de Christophe Berthet.

De part et d’autre du trébuchet – taillé peut-être dans un des arbres dont il est question –, on trouverait ainsi le saxophoniste opposé à ses camarades. Le jeu de bascule commande précision et patience, qui ménage bruissements (violon interrogé de l’ongle, graves soignés à l’archet, partitions mécaniques étouffées) et souffles voilés. Habilement suspendus, les éléments sonores forment bientôt dans l’espace une composition que se disputent impression de louvoyer et expression affranchie. Cinq improvisateurs s’en trouvent lévitant.  

Ernesto Rodrigues, Guilherme Rodrigues, Gianna de Toni, Christophe Berthet, Raphaël Ortis : Trees (Creative Sources)
Enregistrement : 22 mai 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Ancient Trees 02/ Whistling Trees 03/ Lonely Trees 04/ Moonlit Trees 05/ Tree of Life
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Hecker : Articulação (Editions Mego, 2014)

hinge articulacao mego

En parlant de légende, Hecker nous a déjà fait le coup avec au moins un disque totalement bouleversant, le formidable Acid In The Style Of David Tudor (2009), sans même parler de son überintransigeant Palimpset aux côtés de Yasunao Tone en 2004. Tant qu’à faire et demeurer dans le ton des noms qui en jettent, l’artiste allemand convoque sur Articulação – accrochez-vous au laptop – la très grande Joan La Barbara où la soixantaine largement atteinte, l’ex-membre du Philip Glass Ensemble démontre qu’elle n’a rien perdu de son pouvoir ensorcelant, tellement au-delà des conventions vocales de notre temps.

Fascinantes d’hypnose obsessive, les vingt-cinq minutes de sa performance au micro (Hinge) ne mettent toutefois pas en péril le reste du projet, du même très haut calibre. Le second morceau Modulator se veut un rappel totalement bienvenu à l’acide et à David Tudor (à croire que c’est le morceau oublié à l’époque), alors que les voix germano-androgynes de Sugata Bose et Anna Kohler revisitent Hinge de telle manière qu’on croit à une nouvelle composition. Bref, un nouveau chef-d’œuvre signé Florian Hecker.

Hecker : Articulação (Editions Mego)
Edition : 2014
CD : 1/ Hinge*     2/ Modulator (… meaningless, affectless, out of nothing …) 3/ Hinge**
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]


  1  2  3  4  5