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Le son du grisli : la revue

Jacques Thollot : Quand le son devient aigu, jeter la girafe à la mer (Souffle Continu, 2019)

thollot souffle continu

« Un voyage au long cou », écrit Jean Rochard du premier disque publié sous le nom de Jacques Thollot – référence Futura qu’a eu la bonne idée de rééditer Souffle Continu. Un voyage qu’il faut faire et refaire, défaire un peu de temps à autre, tant les labyrinthes qu’il renferme le transforment à chaque écoute.

En studio début mars 1971, le batteur – que l’on entend aussi au piano et à l’orgue – accouche non pas d’une souris mais d’une girafe. Une girafe particulière, certes, de celles qu’il faut jeter quand le son devient aigu, espèce mise au jour par Henri Michaux. Une girafe en morceaux : quatorze pièces qui font un disque codé, surréaliste, lunaire et visionnaire.

À un motif de piano qu’il répète, Thollot applique d’abord un peu de swing avant d’en perturber la rotondité au son d’un clavier dérangé. La compagnie de Jef Gilson ou celle de François Tusques, l’utopie de Kurt Weill et le souvenir de Don Cherry qu’il chante l’un après l’autre, engagent Thollot à l’imagination. La sienne est vivifiante : free morse, piano braque, variété kaléidoscopique, tambour battant à la tempe d’un bébé en pleurs… Les saynètes se suivent en toute liberté, alors les idées fusent. Et la fin du disque, qui dit « À suivre ».

Jacques Thollot : Quand le son devient aigu, jeter la girafe à la mer
Réédition : 2019.
Souffle Continu Records
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

 



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