Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Le son du grisli #4

Un drame musical instantané : A travail égal salaire égal (Klang Galerie, 2017)

un drame musical instantané à travail égal

A l'occasion de la parution du deuxième volume d'Agitation Frite, le son du grisli s'intéresse à de récents disques sortis par des musiciens qui s'y trouvent interrogés par Philippe Robert. Après Richard Pinhas et Romain Perrot, c'est aujourd'hui le tour de Jean-Jacques Birgé.

J’ai connu des Belges moins dramatiques. Et des Suisses moins instantanés. Il fallait que ce soit en France qu’on invente cette musique (de revendication si l’on en croit le titre), et en grands orchestres en plus. C’est (triple roulement de trompettes)… Un drame musical instantané (remastérisé avant d'être... réédité).

Le pluriel va d’ailleurs pas mal à la triplette Jean-Jacques Birgé / Bernard Vitet / Francis Gorgé. Un truc qui te remue le Quai de Seine comme d’autres font tomber des poissons de cymbales qu’ils secouent pour en sortir des notes (les rustres). Un trio qui t’adjoinise (yep) les services d’improvisateurs upper-class : la voix de Vitet passée à l’envers (pas toujours car parfois ralentie, etc., à vous de vous faire une idée) avec dessus Kent Carter, Jouk Minor ou Gérard Siracusa c’est pas (peu) rien. Ça colle et ça pique comme à la radio (on entend Johnny ou Sardou, des cordes, des pics du Tour de France… tout ça en direct des années 80) mais après l’amusement primal je dois bien avouer que la pièce-montée m’a montée à la tête… 

La suite est pas mal (en fait : bien mieux même). J’ai l’impression d’y entendre un grand (oui vraiment grand) orchestre qui tourne autour du Let’s Get Lost de Chet Baker. C’est assez surprenant au début, on tend l’oreille, on s’inquiète pour le standard et bong… le standard cacophonise. Mais bellement (et non pas « bêêêêlement » comme tous les autres orchestres du Conservatoire). Après ça je retombe sur mes pattes de mouton à oreilles : La preuve par le grand huit ne me fait pas grand-chose. Je lis sur le CD que Didier Petit joue du cello et que Lasse Marhaug joue du marimba. Et en fait non, c’est Jacques Marugg qui joue du vibraphone. Diantre, on n’est pas à une surprise près. Birgé / Gorgé / Vitet a encore réussi son coup.

a-travail

Un drame musical instantané : A travail égal salaire égal
Klang Galerie, 2017
Enregistrement : 1981-1982. Edition : 2017
Pierre Cécile © Le son du grisli

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