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Bruits qui changent de l'ordinaire

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Le son du grisli : la revue

Die Tödliche Doris : Sprechpause (Fang Bomb, 2017)

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Il n’y aura qu’à retourner la pochette du vinyle pour tout comprendre : Sprechpause fut la dernière plage (un peu plus de quatre minutes) du premier album de Die Tödliche Doris. Enregistré en 1981 et 1982 par Chris Dreier, Nikolaus Utermöhlen et Wolfgang Müller, le titre a récemment été retravaillé par Dreier et Müller jusqu’à ce qu’il chante, en plusieurs fois, un hymne à la réflexion et donc à la pause et donc au silence.

Or, chez Doris, le silence s’est toujours fait rare. Si, de 1980 à 1987, l’association s’y est essayée à combien de reprises, cette fois, les crépitements ou les bruits d’un simple micro que l’on gratte augurent d’une réussite inattendue. Post-punk, minimalisme, indus, abstract hype-hope… : la Doris arty en question n’en a cure : ses bruits de petit moteur, ses rythmes de rien, ses vocalisations spectrales, ses boucles de faux carillon, ses rafales de bruits tus, ses souffles forts ou ses forces sourdes…, non plus.

La nature n’aime pas le vide, pas plus que le bruit, pas plus que le silence. Voilà pourquoi Sprechpause, qui témoigne des interrogations de trois étudiants en arts du début des années 1980, résonne encore aujourd’hui. Et avec force : qui a exploré, explore ou explorera la discographie d’un groupe qui a marqué au fer rouge quelques-unes des plus tristes années berlinoises, devra forcément faire une pause, même si cette pause devra accepter un peu de bruit : Sprechpause est celle-là.

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Die Tödliche Doris : Sprechpause
Fang Bomb
Edition : 2017.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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