Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Aluk Todolo : Voix (Norma Evangelium Diaboli / The Ajna Offensive, 2016)

aluk todolo voix sonic protest

Cela fait plus de dix ans qu’Aluk Todolo donne dans l’ « occult rock ». Un mélange de black métal et de rock psyché, un peu à la Rallizes, voilà ce que sert ce trio guitare (Shantidas Riedacker) / basse (Matthieu Canaguier) / batterie  (Antoine Hadjioannou) sur son quatrième album studio.

Pas de doute, le groupe est en place : la basse impose la cadence, la batterie la martèle et la guitare tergiverse à loisir, dans le noir et de temps en temps à l’aveugle. Les médiators ont le feu à la corne, ok. Mais c’est quand Riedacker commence à s’en servir pour fouetter des accords que la corne prend feu : c’est comme ça qu’à mi-parcours (on est donc sur 5 :01) c’est l’extinction de voix… Mais pas pour longtemps, vous imaginez bien. Et déjà ça repart, pas plus subtil qu’avant, mais tout aussi performant (& perforant parfois). Y' qu'à entendre...



voix

Aluk Todolo : Voix
Norma Evangelium Diaboli / The Ajna Offensive
Edition : 2016.
CD / LP : 01/ 8 :18 02/ 7 :54 03/ 5 :01 04/ 7 :01 05/ 5 :34 06/ 9 :29
Pierre Cécile © Le son du grisli

sp logo grisliAluk Todolo est à l'affiche du festival Sonic Protest, qui se déroulera à Paris, Montreuil et ailleurs, du 2 au 15 avril. Le 7, le trio jouera à l'église Saint-Merry avec AMM et Joachim Montessuis

 

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Balloon & Needle Compilation : Music Made with Balloon and/or Needle (Balloon and Needle, 2014)

Music Made with Balloon and or Needle

A l’intérieur de l’objet de carton, on trouve un ballon (rouge) et une aiguille (sous plastique) : le message est clair, on en fera ce qu’on voudra. Clair aussi, celui des deux disques qu’il renferme sous le titre Music Made with Balloon and/or Needle – souffle, menace, explosion…. parfois, le site du label Balloon & Needle délivre une note d’intention.

Certes, les dix-huit titres de cette compilation ne resteront pas tous dans les mémoires – c’est d’ailleurs là l’une des caractéristiques de la compilation – mais c’est presque un disque entier qui intéressera. Au son des discours chantés d’Eugene Chadbourne, des bizzareries qu’Attila Faravelli et Enrico Malatesta réservent aux objets proposés, des cris d’animaux terribles de Dave Phillips, de l’obsession digitale et frénétique de Judy Dunaway, des craquements de navigation de Ricardo Arias, des respirations industrieuses de Frans de Waard, des tremblements mécaniques d’Horio Kanta ou encore de l’impertinence d’Hong Chulki ou la conclusion de l’expérience d’EVOL… L’ailleurs se jouant entre noise et discrétion. Preuve qu’on peut faire – parfois plus qu’avec un saxophone ou une guitare – avec un ballon et une aiguille…

balloon

Music Made with Balloon and/or Needle
Balloon and Needle
Edition : 2014.
CD1 : 01/ Davide Tidoni : A Balloon for My Spine 02/ Judy Dunaway : Fracture 03/ Una Lee : 98 Needle Points 04/ EVOL : Three Hundred Grams of Latex and Steel in One Day (Outtake) 05/ Attila Faravelli / Enrico Malatesta : Senza Titolo (Parte 4 : Omaggio a Mr. Dark) 06/ Gen 26 (Matjaz Galicic) : KLK26 07/ Choi Sehee : Point, Line, Plane 08/ Benedict Drew : Balloon & Cymbal 2009 09/ Eugene Chadbourne : Election Day – CD2 :  01/ Jim Sangtae : Fifty Seven 02/ Ricardo Arias : Crackle (Low) 03/ Dave Phillips : Colony Collapse Disorder 04/ Horio Kanta : Mike Player 1 05/ Hong Chulki : No Balloon But a Needle 06/ Luciano Maggiore : Intorno #1 07/ Umeda Tetsiya : Use Paper As a Needle Put Microphone in a Balloon 08/ Frans de Waard : Ballon Mix 09/ Lee Miyeon : Needle and My Town
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Luis Lopes, Jean-Luc Guionnet : Live at Culturgest (Clean Feed, 2015) / J.-L. Guionnet, Thomas Bonvalet : Fusées (BeCoq, 2016)

jean-luc guionnet live at culturgest fusées luis lopes thomas bonvalet

Part I : l’unisson aimera que se pointe la stridence. L’étreinte sera sonique, mortelle. L’aigu percera le tympan. Un saxophone alto et une guitare écartèleront le son, l’étendront dans son absolue nudité. La tentation de la saturation sera vite assouvie. La trame n’aura pas besoin de longs versets. La guitare fera louvoyer le tumulte. L’alto l’y rejoindra. La stéréophonie ne sera pas de pacotille. On percevra une lutte plus qu’une fraternité. Mais cette lutte sera belle. Ici, gladiateurs : Luis Lopes et Jean-Luc Guionnet.

Part II : maintenant on invente l’espace, la distance. On module les envies. On s’ouvre au partage. On construit sans tics. On combat sans tic. On fore le cri. On rougit l’acier. Un slap interroge l’action. Et l’acier reprend ses droits. On inscrit le cri dans ses gènes. On retrouve la distance. Et l’unisson se perd. Ici, alliés : Luis Lopes et Jean-Luc Guionnet.

A l’aide de microphones, amplificateurs, peau de tambour, banjo, diapasons, plectre de pavot, orgues électriques, harmoniums, table de mixage, trompette de poche, saxophone soprano et des dizaines d’autres objets hétéroclites, Thomas Bonvalet et Jean-Luc Guionnet posent un regard neuf sur le rythme. Non pas un regard de coordinateur, mais plutôt d’émancipateur.

Battements cardiaques, chocs souterrains, surabondances hypnotiques, insectes grignoteurs, galops et machineries, stridences et concerts de klaxons, autant de matières et de sensations se répétant en une transe jamais achevée, toujours renouvelable. Soit l’art de rendre ludique (on sent qu’ils ont pris plaisir à l’expérience) ce qui, à priori, ne paraissait pas l’être de prime abord.


culturgest

Luis Lopes, Jean-Luc Guionnet : Live at Culturgest
Clean Feed / Orkhêstra International
Enregistrement : 2011. Edition : 2015
CD : 01/Part I  02/Part II
Luc Bouquet © Le son du grisli


 fuséesThomas Bonvallet, Jean-Luc Guionnet : Fusées
BeCoq Records / Gaffer Records
Enregistrement : 2014. Edition : 2016
CD / 12’’ : 01-06/ Fusées
Luc Bouquet © Le son du grisli 

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Ueno Park : Dix-mille yeux (Tropāre, 2016)

ueno park dix-mille yeux

Première signature du tout nouveau label Tropāre, lancé par Amaury Cornut, Dix-Mille Yeux regroupe dix pièces de choix (parmi une soixantaine) improvisées par le guitariste Manuel Adnot (Sidony Box, April Fishes, Aeris). Dix morceaux à appréhender comme autant d’instantanés d’une quête au long cours qui l’aura vu, durant une année, arpenter, au sens propre comme au figuré, quelques terres familières ou étrangères (Uneo Park fait notamment référence au parc éponyme situé à Tokyo).
 
Attachement aux lieux (un couloir, une chapelle, un studio d’enregistrement), donc, dans lesquels le musicien a investi à la fois les cordes nylon de sa guitare et leur mise en sons acoustique. Pour Manuel Adnot, il ne s’agit pas seulement, en effet, d’habiter un espace choisi mais aussi de s’y (re)poser afin de le donner à entendre, sinon à voir. De le visiter, c’est-à-dire d’en saisir la présence, réelle ou rêvée. Le ton de l’album s’avère, de fait, volontiers méditatif. La prise directe des enregistrements favorise un rendu sonore instrumental sans fioritures d’où se dégage un sentiment d’étroite proximité. Les arpèges sont délivrés avec parcimonie, les lignes mélodiques réduites à leur plus simple et pure expression, faisant cas des silences comme autant de respirations nécessaires. La tonalité des morceaux dessine une géographie sonore discrètement contrastée, davantage fantasmée qu’appuyée, presque en sourdine, évitant l’écueil d’un exotisme mal venu. Et quand le rythme s’accélère, les remous de picking provoqués ne viennent nullement perturber la surface harmonique de cette musique dormante.
 
S’avancer hors de soi dans l’intimité rythmique de la musique. Usité le procédé de « conversation avec soi-même », via le recours à l’overdubbing, génère un phénomène de discrets dédoublements sonores, une série d’échos à peine perceptibles qui figurent un dialogue singulier démultiplié durant lequel le guitariste se met à l’écoute de ce que le lieu a à lui dire. De quoi la musique est-elle alors le reflet ? De celui qui joue ou du lieu joué ? Conjugaison de l’un et l’autre qui donne chair aussi bien à l’instrument choyé qu’à l’espace environnant.    


ueno park

Ueno Park : Dix-mille yeux
Tropāre
Edition : 2016.
LP / DL : 01/ Erell 02/ Cosmos 03/ Flugio 04/ Tous pourtant prenaient part au songe 05/ La voie lactée, dans une sorte de rugissement formidable, se coula en lui 06/ Orenda 07/ Steredenn 08/ Formin 09/ Tiu busund augu 10/ Enez Groe
Fabrice Fuentes © Le son du grisli

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Staffan Harde : Staffan Harde (Corbett vs. Dempsey, 2015)

staffan harde

On peut encore apercevoir l’édition originale du seul vinyle jamais publié par Staffan Harde (1938-2004) sur le site de Mats Gustafsson – sous la photo, celui-ci notait : a true favourite of Thurston Moore! one of the most amazing and weird swedish and european records of freer jazz… with a young Bengt Berger on drums! very very very personal and simply fantastic! Aujourd’hui, Gustafsson signe les notes qui accompagnent cette réédition sur CD du label Corbett vs Dempsey.

On y lira entre autres choses que, sur sa petite île de Smögen, le guitariste enregistra beaucoup, autoproduisit quelques cassettes de ses travaux avant de faire éditer cette carte de visite faite d’enregistrements en solo ou en quartette avec Lars Sjösten (piano), Lars-Urban Helje (contrebasse) et Bengt Berger (batterie). Dès les premières secondes, on constate une rapidité d’exécution faite force de frappe – un rien de Billy Bauer – qui ne manque pas d’impressionner.

Mais l’invention d’Harde saisit encore davantage. Seul, il soumet ainsi sa pratique à des exercices inspirants : progressions affolées, digressions libres, suites d’accords renversées… sur lesquelles il pincera ou harponnera ses cordes, étouffera ses micros, travaillera son picking singulier, et qu’il comblera toujours de dissonances – voici les comptines qu’il emprunte sur Substance I & II débarrassées de leur candeur. C’est en effronté qu’Harde manie donc la guitare, et ce aussi bien seul qu’accompagné. En quartette (en duo aussi, une fois, avec Helje), il emmène des sortes de répétitions « informelles » qui n’en recèlent pas moins de moments rares : avec, à la relance, et Sjösten et Berger (qu'on entendra beaucoup par la suite avec Don Cherry), Harde développe un art musical sublimé pas un impératif : dire, et vite encore. Après quoi, il se retirera des affaires, en laissant derrière lui ce bel autoportrait en « substances ».

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Staffan Harde : Staffan Harde
Corbett vs. Dempsey / Orkhêstra International
Enregistrement : 1968-1971. Edition : 1972. Réédition : 2015.
CD : 01/ Substance I 02/ Incitement 03/ Bigaroon 04/ Substance II 05/ Cordial L 06/ Electrification
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Bill Nace, Aaron Dilloway : Band EP (Open Mouth, 2016)

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C’est une cassette récemment publiée par Matt Krefting sur Silver Lining que le label Open Mouth vient de changer en vinyle. Sur celui-ci, Bill Nace est (toujours) à la guitare électrique et Aaron Dilloway (encore) au magnétocassette – Band EP est leur première sortie commune.  

A la vitesse de quarante-cinq tours par minute, les instruments passent d’abord de sifflements en boucles étranglées, de bruits de moteurs déclenchés les uns après les autres et de reverses qui donnent l’air de chanter. Ce que l’on attribuera ici à la guitare, c’est un tapage élaboré au plus près des micros et quelques feedbacks.

Au gré de la conversation, c’est pourtant un langage unique qui perce, se fait entendre – sorti d’approches expérimentales conjointes, il multiplie les signaux et fait un piédestal des rumeurs qui l’entourent juste avant d’adopter un maigre rythme – puis comprendre : la répétition donnant un sens au bruit musical, celui-ci fait de ses multiples artifices un feu de joie dans lequel il se consumera avec panache – après quoi : disbanded, Nace et Dilloway.

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Bill Nace, Aaron Dilloway : Band EP
Open Mouth
Enregistrement : septembre 2013. Réédition : 2016.
LP : 1-B/ Band EP
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ellen Fullman : Through Glass Panes (Important, 2011)

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Je me méfie comme de la peste des exotismes d’occidentaux mais quand j’apprends qu’Ellen Fullman a joué avec des musiciens tels que Pauline Oliveros, Keiji Haino ou Barn Owl, je tends l’oreille. Intrigué, je vais voir le site internet de la dame, qui est bien fait, et qui nous en apprend sur l’instrument (une installation !) dont elle joue depuis 1981 : The Long String, qui est aussi le nom de son premier disque réédité en 2015 par Superior Viaduct.

Une cinquantaine de longues cordes qu’elle titille dans un esprit post-médiéval = folklore hallucinatoire qui doit autant à Terry Riley qu’à Stefan Micus qu’au théorbe ou à la harpe magique…. C’est pourquoi, au final, je ne dirai pas que la « harpe magique » de Fullman est exotique, non. L’exotisme ne peut pas être aussi hypnotique que son long instrument... A suivre !



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Ellen Fullman : Through Glass Panes
Important
Edition : 2011.
CD : 01/ Never Gets Out of Me 02/ Flowers 03/ Through Glass Panes 04/ Event Locations No. 2
Pierre Cécile © le son du grisli

sp logo grisliEllen Fullman est à l'affiche du festival Sonic Protest, qui se déroulera à Paris, Montreuil et ailleurs, du 2 au 15 avril. Le 6, elle jouera à l'église Saint-Merry avec Sourdure et William Basinski

 

 

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Daniel Levin, Mat Maneri : The Transcendent Function (Clean Feed, 2015)

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Le petite graine de la microtonalité plantée jadis du côté de Boston par Joe Maneri n’en finit pas de s’épanouir. Héritier naturel, le violoniste Mat Maneri retrouve le violoncelliste Daniel Levin. Tous deux élèves de Maneri père au sein du New England Conservatory of Music de Boston, les voici reconquérant le chemin des microtons. Les voici dans une intimité partagée.

On croirait leurs cordes déchaussées, cherchant sans cesse l’entre-deux, le terrain vierge. En vérité, ils ne trouvent qu’épaisseur et densité sur leur chemin. Ils aiment les mers languides et les entremêlements fusionnels. Leurs cordes sont animées, querelleuses. Elles sont sans repos mais sans stridences. Elles sont en recherche d’effusions et ont jeté tout lyrisme aux orties. Le violoncelliste questionne parfois le bois et les périphéries de son instrument, le violoniste jamais. Monocordie diront certains. A ces quelques lignes, vous n’aurez aucun mal à deviner que je pense tout le contraire.


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Daniel Levin, Mat Maneri : The Transcendent Function
Clean Feed / Orkhêstra International

Enregistrement : 2015. Edition : 2015.
CD : 01/Contemporary Improvisation  02/Soul  03/Flight  04/Coelacanth  05/Rhizome  06/Sad Song
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Leif Elggren : Das Baank (Fragment Factory / Rekem, 2016)

leif elggren das baank

C’est en musique – et inspiré par deux gravures de Dürer – que Leif Elggren a choisi de dénoncer la société non pas du commerce mais du profit : c’est en conséquence assez étrangement que Das Baank fait elle aussi œuvre d’ « usure qui gagne ».

Il aurait aussi bien pu danser la gigue, mais Elggren aura préféré jouer d’un instrument cousin – à cordes, donc, mais électrique, qui, ici ou là (à entendre DasB3 et DasB5, il semblerait qu’un même morceau ait été découpé en plages qui se distancent) grésille, craque et crépite.

Réutilisant l’enregistrement d’une de ses performances, Elggren s’invente un présent contestataire : dans la note étranglée par ce retour d’ampli (DasB5), on trouvera un chant honnête qui vaut davantage qu’une bonne intention ; dans ces lourds plateaux qui tournent et menacent (DasB1), d’étranges mélodies qui rappellent celles de Penderecki ; dans ces mouvements de bandes inversés (DasB7), un éternel retour qui chante et aussi inquiète. Et, partout, la voix du démon semble percer : c’est celle de Leif Elggren, en personne, qui tente et convainc.



das baank

Leif Elggren : Das Baank
Fragment Factory / Rekem
Edition : 2016.
LP : A1/ DasB1 A2/ DasB2 03/ DasB3 04/ DasB4 – B1/ DasB5 B2/ DasB6 B3/ DasB7 B4/ DasB8
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Andreas Trobollowitsch : Roha (Crónica Electronica, 2016)

andreas trobollowitsch roha

Je dois avouer que le « basé à Vienne » Andreas Trobollowitsch (la moitié d’Acker Velvet, que je ne connaissais pas, & de Nörz que j'avais déjà entendu) m’a fait asseoir et m’a inspiré du respect dès le premier titre de son (pas long) Roha (pourtant, c’était comme un drone sourd, rien que ça, qui me tournait autour…).

Je suis donc resté assis et j’ai écouté la suite. Toute la suite. De 1 à 8. Des pièces électroacoustiques qui donnent du rythme et de la boucle (pour ne pas dire de la « répétition »), dans le bizzaroïde en planque, dans le piano d’un autre âge qui souffrète d’accords carrés, et même dans le métal qui gangrène !

Lui qui joue de tous les instruments sauf quand il se sert de la batterie de David Schweighart ou de la contrebasse de Manuel Brunner (un titre pour chacun), comment Trobollowitsch fait-il pour donner le change d’une piste à l’autre ? Après écoute, j’en ai conclu que son instrument de prédilection est le piano. Comment expliquer la place que prennent le rythme et l’électronique dans son jeu ? A tel point qu’on pense à Radian ou Heaven And alors que l’Andreas est seul et bien seul. Et nous seul (aussi) avec nos questions. Mais si bien avec !



roha

Andreas Trobollowitsch : Roha
Crónica Electronica
Edition : 2016.
CD : 01/ 1’11’’ 02/ Ratt 03/ Tapco 04/ Tuul 05/ i.ii 06/ Ssbeat 07/ Zain 08/ Klavirzinho
Pierre Cécile © Le son du grisli

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