Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Barry Guy : Five Fizzles for Samuel Beckett (NoBusiness, 2014)

barry guy five fizzles for samuel beckett

C’est un vinyle court qui consigne d’autres fruits – que ceux de Sinners, Rather than Saints – de la séance du 11 janvier 2009 organisée pour Barry Guy par NoBusiness à l’église Sainte Catherine de Vilnius. Cinq pièces qui voient le contrebassiste revenir, des années après la référence Maya, aux « Fizzles » de Samuel Beckett.

« A force de long vouloir / Tout vouloir envolé. » La formule de l’écrivain (Cap au pire) ne conviendra pas à Barry Guy. Lui, est donc allé voir à l’intérieur de Pour finir encore (ou de sa traduction) dans l’espoir de trouver l’inspiration nécessaire au retour à l’instrument puis d’abattre cinq « Fizzles » enfin.

A l’aléatoire poétique, Guy oppose une diversité de sentiments, rumine en périphérie de contrebasse, joue d’harmoniques et de grincements, de tensions surtout. S’il prend son temps, il n’est rien moins qu’évasif, chantant à plusieurs et accrochant de plus en plus, frottant puis grattant pour découvrir sous le vernis l’hymne orageux qu’il étouffait.



Barry Guy : Five Fizzles for Samuel Beckett (NoBusiness)
Enregistrement : 11 janvier 2009. Edition : 2014.
LP : A1/ Fizzle I A2/ Fizzle IIA3/ Fizzle III B1/ Fizzle IV B2/ Fizzle V
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Subsistent, dans les stocks du grisli, quelques exemplaires de notre onzième hors-série, Sept contrebasses, dont est Barry Guy. Si nos dix autres hors-série sont épuisés, certains sont encore disponibles au Souffle Continu ou chez Metamkine.

annonce sept basses

 

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Helen Mirra, Ernst Karel : Maps of Parallels 41°N And 49°N (Shhpuma, 2015)

helen mirra ernst karel maps of parallels 41°n and 49°n

Si rien à faire dans l’heure qui vient, pourquoi ne pas faire le tour du Monde ? En d'autres mots : écouter ces field recordings d’Helen Mirra et Ernst Karel ? Même si, le temps de commander le disque en question… mais passons.

Une heure pile et une heure aqueuse (mais pas que…) pendant laquelle Mirra plaque deux enregistrements de parallèles terrestres sur vos deux enceintes. La pièce d'home stereo, destinée à l’origine à illustrer une installation de l'artiste, couple des enregistrements de terrain avec une guitare, une basse électrique et un générateur de bruits analogique. Rapidement, on ne sait donc plus de quelle nature sont vraiment tous ses bruits.

Mais reste l’impression (pas déplaisante) d’être parachuté et d’assister à sa propre chute. Agréable même, quand on croise ces cordes de guitare qui donnent une autre forme au projet, le propulsent dans le champ de la musique à loops et à décalages. Entre le passage d’un train, celui d’un avion, le bruit d’une cascade ou celui d’un chantier, on déniche un couloir aérien et musical fait rien que pour nous. Son doux nom ? Maps of Parallels !

Helen Mirra, Ernst Karel : Maps of Parallels (Shhpuma)
Edition : 2015.
CD : 01-02/ Maps of Parallels 41°N And 49°N at a scale of ten seconds to one degree (home stereo version) 
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Mark Alban Lotz : Solo Flutes (Lop Lop, 2014)

mark alban lotz solo flutes

On ne pourra faire reproche à Mark Alban Lotz de ne pas souffler large. Cet infatigable glotte-trotter a visité pas mal de contrées dont il a ramené flûte sur flûte. Et c’est ainsi qu’il énumère ici des dizaines de vies, de villes et d’étendues : le tàl indien, les sequenzas de Berio, les flûtes des origines, celles des lendemains qui chantent, les flûtes du désert, les souffles ancestraux du Japon, les flûtes océanes, le théâtre des voix, Kirk et l’oiseau Dolphy, l’Afrique des origines et bien d’autres souffles se retrouvent, s’accordent, se raccordent, se reconnaissent.

Thriller ici, lenteur tarkovskienne ailleurs, Lotz est un cinéaste du souffle, un sage à qui on ne pourra décemment reprocher sa boulimie de voyages.  Ni CD carte de visite, ni CD carte postale, mais CD de souffles hauts, intimes, sensibles, visibles.

Mark Alban Lotz : Solo Flutes (Lop Lop)
Enregistrement : 2014. Edition : 2014.
CD : 01/ Albert Speaks 02/ Eastern Desert 03/ Whole Steps 04/ Hungry III 05/ PVC Mantra 06/ Dear Moth 07/ Why Not Take All? 08/ Piccolo for Makeba 09/ Adam & Eva 10/ Whisper Alap 11/ Do Not Swallow! 12/ Major Circles 13/ The Fish on the Dry 14/ For Rhasaan 15/ Kazoo Track 16/ Inside 17/ A Fine Winter
Luc Bouquet © Le son du grisli

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CABLE#8 : Emptyset, Yann Leguay, Greg Pope, John Hegre, Aaron Dilloway : Nantes, du 19 au 22 février 2015

festival cable 8 le son du grisli

J’aimerais être capable de rendre au moins partiellement le plaisir renouvelé chaque année d’assister (un peu) au festival Cable#, de l’enchantement de sa diversité (de programmation et de lieux), de son exigence générale, de toutes ces forces et finesses concentrées sur quelques journées. Extraits...

Emptyset (Vendredi, Espace Cosmopolis)
Des résonances qui s’intègrent physiquement, ré-agencent et ré-organisent le corps. Un instant, suivre un battement technoïde. Se raccrocher à une trame comme un retour de virus électronique qui, en son temps, avait peut-être su justement affranchir des corps encombrants, les engrenant dans une dynamique libératoire. Et permettre la perte de soi par répétition. Que le genre soit plus convenu n’importe pas réellement, bientôt il sera noyé dans la qualité d’un son âpre, d’une extrême rigueur, qui, s’il s’empare du corps, laisse l’esprit s’aiguiser à en découvrir les multiples dimensions. Le même soir aura vu la très délicate prestation d'Anne Guthrie ainsi qu’une lecture foisonnante d’Olivier Cadiot.

Emptyset James Ginzburg and Paul Purga   Yann Legay

Yann Leguay (Samedi, Blockhaus DY.10)
Etonnamment, dans le cadre aride du blockhaus (ruin porn forever), l’impression prédominante a été celle d’une véritable sensualité. Ici, ce n’est pas tant d’une sensualité machinique dont il serait question mais plutôt de l’expression de quelque chose qui aurait très bien pu emprunter un biais plus classique et qui, malgré l’apparent paradoxe de devoir s’interpréter par les voies/x de disques durs malmenés, s’épanouit, matière souple et dense, tout en cohérence avec le lieu. S’ajoute à cela, la mise en abyme du disque dur, objet physique et donc sonore mais aussi lecteur de données tout autant audibles. Vertiges délicieux.

Greg Pope, Aaron Dilloway, Aurélie Percevault, Carole Thibaud et Mariane Moula   Greg Pope, Aaron Dilloway, Aurélie Percevault, Carole Thibaud and Mariane Moula performs light-trap

Greg Pope (Vendredi, Espace Cosmopolis / Samedi, Ateliers de Bitche)
Les deux performances de Greg PopeCipher Screen avec John Hegre le vendredi à l’espace Cosmopolis, Light Trap avec Aaron Dilloway et trois autres projectionnistes (Aurélie Percevault, Carole Thibaud et Mariane Moula), le samedi, aux ateliers de Bitche — vont certainement rester longtemps dans les mémoires des spectateurs. Pour la première, deux projecteurs 16 mm (horizontal / vertical), diffusent l’image de boucles de film qu’il détériore au fur et à mesure, poinçons, scratch, etc., de l’imperceptible à l’embrasement. Pour la seconde, quatre projecteurs installés en carré autour du public rayonnent vers le centre, leurs faisceaux créent un territoire de lumière qui se peuple suivant les mêmes procédés de sculpture directe de la bande. Difficile de faire la part du son produit par ailleurs, tant il semble être de prime abord une traduction directe du visuel puis, progressivement, s’installe dans une même intensité de frénésie créative ; on ne sait plus qui de l’image ou du son nous porte le plus, jusqu’à procurer une expérience totale, immersive et intense.

CABLE#8 : 19-22 février 2015, à Nantes.
C. Baryon © Le son du grisli
Photos : Emptyset / Yann Leguay / Performance de Greg Pope & Aaron Dilloway par Jean-Daniel Pauget.

DERNIERS EXEMPLAIRES

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Lucio Capece : Factors of Space Inconstancy (Drone Sweet Drone, 2014)

lucio capece factors of space inconstancy

De la nécessité que ressent Lucio Capece de « revoir son approche instrumentale et sa façon de s’exprimer », de celle de faire de sa musique une « expérience perceptive » privilégiant désormais la « diffusion sonore plutôt que la projection », on trouvera ici l’histoire. Le disque Factors of Space Inconstancy, lui, en offrira deux exemples.

Le morceau-titre met le musicien en scène dans un dispositif qui rappelle, sans le reproduire, celui de Less is Less : ainsi, deux enceintes sans fil se balancent-elles près d’un walkman cassette relié à une pédale de volume dont le feedback fera réagir Capece au saxophone soprano. Comme sensibilisé par l’interférence des instruments, l’endroit résonne de notes différentes mais toutes fragiles, qui ici s’écartent et ailleurs se confondent sur l’équilibre toujours précaire d’un système oscillant.

L’oscillation et l’équilibre seront aussi le propos d’Eyes Don’t See Simultaneously, autre pièce de perception intensifiée. Là, les deux notes aiguës d’une sirène et le drone d’un synthétiseur analogique se contrarient avant que Capece ne décide de retourner son paysage : les basses l’emportent alors, et bientôt même : font masse. C’est le moyen qu’a aujourd’hui Lucio Capece d’aller voir derrière les évidences ; pas étonnant qu’on en tremble encore.

Lucio Capece : Factors of Space Inconstancy (Drone Sweet Drone / Metamkine)
Enregistrement : 2013-2014. Edition : 2014.
CD : 01/ Factors of Space Inconstancy 02/ Eyes Don’t See Simultaneously
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Pinkcourtesyphone : Description of Problem (LINE, 2014)

pinkcourtesyphone description of problem

Tous feux éteints,  ambient glabre, est-ce de l’allemand que j’entends dans le fond ? Diantre, cette collaboration Richard Chartier / William Basinski qui inaugure cette série de Pinkcourtesyphone featurings m’aura glacé les sangs avant de me baigner dans une ambient rose bonbon qui ne me va pas au teint…

Heureusement, les collaborations se suivent et ne se ressemblent pas (si ce n’est qu’elles intègrent toutes la voix à l’ambient de Chartier). Avec AGF (Our Story) c’est quelque chose d’aussi irrémédiable que des piqures de machine à coudre et avec Cosey Fanni Tutti (Boundlessly) c’est un claustro-trip érotique qui vous fait chavirer net. Mais avec Kid Congo Powers (Iamaphotograph), la voix prend trop de place et avec Evelina Domnitch (I Wish You Goodbye) c’est le retour au diaphagnangnan. Pour faire pencher la balance en faveur de son CD, Chartier se colle tout seul à Perfectory Attachments en attachant une boucle de voix cinématographique à un crescendrone. Elève Chartier… 3,5/6. C’est-à-dire déjà plus que la moyenne !



Pinkcourtesyphone : Description of Problem (LINE)
Enregistrement : 2010-2013. Edition : 2014.
01/ Description of Problem 02/ Perfunctory Attachments 03/ Our Story 04/ Boundlessly (for M. Heyer) 05/ Iamaphotograph (Darkroomversion) 06/ I Wish You Goodbye
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Frode Haltli : Vagabonde Blu (Hubro, 2014)

frode haltli vagabonde blu

Un peu d'accordéon, en ce lundi matin ? Œuvre du musicien norvégien Frode Haltli, Vagabonde Blu est le premier de ses quatre albums à être entièrement solo. En trois titres, composés à parité égale par les Italiens Salvatore Sciarrino et Aldo Clementi, ainsi que par le Norvégien Arne Nordheim, le surprenant accordéoniste prouve de main de maître que son instrument a toute sa place dans un registre contemporain – il est bien sûr à des lieues des clichés pour bals du 14 juillet et autres vieilleries pour festivals solidaires.

Notamment sur la seconde pièce, Flashing (A. Nordheim), très impressionnante de force dramaturgique et de virtuosité contenue. Par instants carrément flippantes, sans pour autant tomber dans un mauvais trip psychédélique, le morceau exprime en quatorze minutes une conviction poétique admirable, où les instants de sérénité larvée contrebalancent la violence sous-jacente du propos. Rassurez-vous, les deux autres titres valent également le détour, notamment l’admirable Ein Kleines… (A. Clementi), tout en langueur indocile et volupté post-moderne.



Frode Haltli : Vagabonde Blu (Hubro)
Edition : 2014
CD : 1/ Vagabonde Blu (Composed by Salvatore Sciarrino) 2/ Flashing (Composed by Arne Nordheim) 3/ Ein Kleines... (Composed by Aldo Clementi)
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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John Coltrane : Complete Live in Stuttgart 1963 (Domino, 2010)

john coltrane complette live in stuttgart 1963

Cette évocation de Complete Live in Stuttgart 1963 est extraite du livre que Luc Bouquet a consacré aux enregistrements live de John Coltrane : Coltrane sur le vif, en librairie le 6 mars mais déjà disponible sur le site des éditions Lenka lente.

Beaucoup considèrent le concert de Stuttgart comme le plus éclatant de la tournée européenne de 1963. Il est, reconnaissons-le, le plus abouti, le plus serein. Il est, surtout, celui qui annonce les envolées convulsives de l’année 1965.

Il suffit d’écouter les incroyables versions d’ « Impressions » et de « Mr. P.C. » pour s’en convaincre. Le quartet enchaîne à nouveau « The Promise » et « Afro Blue » et c’est bien le couple McCoy Tyner / Elvin Jones que l’on remarque en premier lieu, Coltrane tournoyant en solitaire au soprano. S’essayant à d’autres phrasés, il multiplie les figures harmoniques et évoquerait presque Sidney Bechet dans l’exposé des deux thèmes. La version d’ « I Want To Talk About You » est très différente de celle du concert berlinois. En quartet, Coltrane reste près de la mélodie, ne s’en éloigne que rarement. En solo dans la coda, il entrouvre d’autres rivages, bien plus sinueux qu’auparavant. Dans les deux cas, la maîtrise est parfaite : profondeur et émotion sont au rendez-vous.

Cette nouvelle version d’ « Impressions » est un pur joyau. Le couple Tyner / Jones y fait parler la poudre. Un batteur déchaîné accompagne pendant quelques minutes un chorus presque quelconque de Jimmy Garrison. En trio puis en duo avec Jones, Coltrane varie les effets : si sa fougue est raisonnable en début de solo, elle devient irréelle de beauté au fil des minutes. Le saxophoniste déroule un jeu en triolets puis explore de nouvelles figures. Pour Coltrane, la scène reste un laboratoire idéal. Le cri ne se voile plus, il est là dans toute sa profondeur, dans toute son intensité. Ce soir-là, il n’échappera à aucun spectateur l’offrande qui lui est faite. Le tempo presque lent de « My Favorite Things » ne réussit pas à Elvin Jones. D’une sagesse monacale, celui-ci oublie de soutenir son partenaire pianiste, lequel doit abandonner ses accords tonitruants au profit d’un jeu épuré et sensible. Le saxophoniste ne parviendra pas à « réveiller » son batteur malgré une recherche quasi-continue de l’ultra-aigu. Soit : l’une des versions les plus traînantes et faiblardes de toute l’histoire du quartet.

On s’étonne ici de trouver « Every Time We Say Goodbye », thème qui n’apparaît dans aucun autre concert de la tournée européenne. On se console en se souvenant que le quartet n’interprétera plus jamais ce thème en public. Du moins, à notre connaissance. La version de « Mr. P.C. » est immense. Jones a retrouvé son énergie et construit son chorus telle une marche, y introduisant des figures chez lui inhabituelles. Garrison multiplie les dissonances au cours d’un solo lumineux. Quant au leader, il est la foudre et la générosité, le cri sans le chuchotement, répétant ses figures inlassablement, comme sous l’effet d’une obsession. Il accélère soudainement, ne lâche jamais prise, insiste. Cette soif de tout arpenter, de ne rien laisser au hasard, de se donner et de s’abandonner totalement ne peut que plaire à un public conquis et faisant, ici, un triomphe total au John Coltrane Quartet.

John Coltrane : Complete Live in Stuttgart 1963 (Domino)
Enregistrement : 4 novembre 1963. Edition : 2010.
2 CD : CD1 : 01/ The Promise 02/ Afro-Blue 03/ I Want to Talk About You 04/ Impressions - CD2 : 01/ My Favorite Things 02/ Every Time We Say Goodbye 03/ Mr P.C. 04/ Chasin' the Train
Luc Bouquet @ Lenka lente / Le son du grisli

john coltrane luc bouquet

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Frédéric Nogray, Yannick Dauby : Panotii Auricularis (UniversInternational, 2015)

frédéric nogray yannick dauby panotii auricularis

Je crains l’oiseau (et le fuis comme la peste) mais ces oiseaux-là, des oiseaux internationaux indeed (France, Taïwan, Honduras) qui conversent avec un synthé modulaire et, je cite, un « filtre analogique bouclé sur lui-même », ont de la gueule et même peut-être… de l’esprit !

Plus qu’une simple juxtaposition de sons naturels et de sons de synthèse, Panotii Auricularis ménage trois scènes (bien différentes les unes des autres) qui mixent des chants et des danses sur un mouvement expérimental que Frédéric Nogray et Yannick Dauby ont inventé ensemble.

Comme dans un jeu de cache-cache, les oiseaux et l’électronique se fuient puis fondent les uns sur les autres jusqu’à ce que, sur le troisième mouvement, le filtre se pose sur une grande volière secouée par les rythmes et ce qui semble être un… banjo augmenté. Incrédule ? Alors fondez sur Panotii Auricularis, publié sous le pavillon de Pali Meursault, UniversInternational.

Frédéric Nogray, Yannick Dauby : Panotii Auricularis (UniversInternational / Metamkine)
Edition : 2015.
CD : 01-03/ Panotii Auricularis
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Nilan Perera, Bent Spoon Duo / Midnighties : With Monty (Bug Incision, 2014)

nilan perera bent spoon duo

Paisiblement allongé dans mon lit j’ai dû me relever. OK, c’est la prise de son qu’est pas bonne. C’est souvent (de plus en plus) le cas avec les concerts captés (à l’arrache, et là…). D’autant que la guitare rock du début n’aidait pas à la réflèssssion contemplative.

La guitare, c’est Nilan Perera. Capté (donc) en concert à Calgary (et non Nagano) avec le Bent Spoon Duo (= Chris Dadge + Scott Munro). Pas terribles, les glissandi au bootleneck du début que j’évoquais plus haut mais il y a une suite au début – diantre, l’aubaine ! Et la suite, c’est une bataille de hautes notes (de la guitare, de la cithare, du violon of course). Et même quand on frôle le blues (deux / trois basses au pouce et un petit doigt qui travaille plus loin en bas), eh bien ça s’écoute finalement et finalement même… allongé.

Je l’accorde (Perera m’a soufflé le verbe), ça aurait pu être enregistré à Nagano comme à Paris ou à Calgary, et par d’autres musiciens en plus. Mais ne boudons pas ce plaisir allongé de tensions et d’aigus improvisés… car ils sont de spontanéité franche !



Nilan Perera, Bent Spoon Duo : - (Bug Incision)
Enregistrement : 25 avril 2010. Edition : 2014.
CDR : -
Pierre Cécile © Le son du grisli

midnighties with monty

Il faut croire que Dadge et Munro ont leur quartier au Weeds Cafe de NagaCalgary. Les voici enregistrés avec Cody Oliver, le 7 décembre 2011. Oliver, de quoi joue-t-il ? D’un violon ou d’une guitare lui aussi sûrement. Parce que, dans une veine Tony Conrad / AMM, la musique est plus mystérieuse, et peut être plus réussie… Alors pourquoi quelques lignes seulement ? Parce que la vie est faite de morceaux qui ne se joignent pas et qu’en plus il est des morceaux impossibles (pour moi) à raconter.



Midnighties : With Monty (Bug Incision)
Enregistrement : 7 décembre 2011. Edition : 2014
CDR : With Monty
Pierre Cécile © Le son du grisli

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