Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Peter Brötzmann Graphic WorksAu rapport : Rock In Opposition XParution : Du piano-épave de Ross Bolleter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Foole, Flaherty, Baczkowsky, Nace, Corsano : Wrong Number (Open Mouth) / Flaherty, Colbourne : Ironic Havoc (Relative Pitch)

wrong number

Est-ce un « jazz » (un « iazz » ?) compressé qu’il faut déchiffrer sur la couverture de ce nouvel enregistrement – daté du 30 janvier 2013 – de Paul Flaherty, Bill Nace et Chris Corsano ?  Parlant de « compressé », comment Steve Baczkoswky et le (ci-devant) vocaliste Dredd Foole pourront-ils s’imposer auprès du trio ?

Assez bien – le suspense fut de courte durée –, à entendre Foole, voix lointaine mais que les musiciens écoutent à tel point qu’un parfum de Body/Head flotte sur la première face : aux appels lancés, répondent les soupirs des saxophonistes… Mais la tension monte.

En seconde face, Foole, en chef d’orchestre éconduit, essuie les foudres d’improvisateurs aux coudées franches : Corsano cogne et même mitraille, Nace élabore à distance rapprochée d’ampli, Flaherty et Baczkowsky bronchent. Si l’ensemble met à mal les éléments de langage que Foole a plus tôt osés, la cacophonie à naître, ambiante et accaparante, se passe très bien de ne rien signifier. Son « iazz » est non seulement compressé, mais bel et bien serré et menaçant.

Dredd Foole, Paul Flaherty, Steve Baczkowsky, Bill Nace, Chris Corsano : Wrong Number (Open Mouth)
Enregistrement : 30 janvier 2013. Edition : 2014.
LP : A-B/ Wrong Number
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

paul flaherty randall colbourne ironic havoc

Poursuivant une collaboration qui commence à dater, Paul Flaherty et Randall Colbourne enregistrèrent  en mai 2013 Ironic Havoc en duo. Inspirés par un phénomène atmosphérique (plus de détails dans les notes du disque, que signe Flaherty), le saxophoniste et le batteur peaufinent un autre jazz d’intensité, free possible ou swing défait qui font leurs reliefs d’accrocs supérieurs.  

Paul Flaherty, Randall Colbourne : Ironic Havoc (Relative Pitch)
Enregistrement : mai 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Jumping Spiders 02/ Moving Outside a Million Years 03/ Bstry 04/ Revenge of the Roadkill 05/ Watching 06/ Conclusion
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


musique actionCe dimanche 1er juin, à 18H30, Bill Nace sera de concert avec Kim Gordon en Body/Head à Vandoeuvre, dans le cadre du festival Musique Action.

 

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Tilbury, Chang, Drouin... : Variable Formations (Another Timbre, 2013) / Tilbury : Triadic Memories (Atopos, 2008)

johnny chang jamie drouin john tilbury angharad davies lee patterson phil durrant various formations

Au Café Oto le 16 février 2013, Johnny Chang et Jamie Drouin invitèrent John Tilbury, Angharad Davies, Phil Durrant et Lee Patterson à composer au gré de formations changeantes : solo du pianiste, duo Chang / Drouin, trio Davies / Durrant / Patterson, enfin, sextette à entendre sur ce disque.

En faisant écho à la musique jouée plus tôt (celle d'Eva-Maria Houben, par exemple, pour le trio), les musiciens improvisèrent ensemble : le piano, sur deux notes, attire à lui l'archet du violon et une ligne électronique tremblante ; un lot de cordes lasses accentue les appréhensions, et même les angoisses, d'un clavier sur l'éternel retour ; une délicatesse partagée soigne les reliefs d'une pièce de musique électroacoustique où les évocations et les références enrichissent une électroacoustique de belle déconvenue.

John Tilbury, Johnny Chang, Jamie Drouin, Phil Durrant, Lee Patterson, Angharad Davies : Variable Formations (Another Timbre)
Enregistrement : 16 février 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ Variable Formations
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

john tilbury triadic memories

En concert à Londres, le 6 octobre 2008, Triadic Memories par John Tilbury. Cette note aigue, encore, non pensée mais révélée par Morton Feldman, qui à sa traîne en commande deux ou trois autres, plus graves qu’elle mais qu’elle fait tourner au rythme d’un balancement perpétuel. Dont les effets sont imprévisibles. Plus loin, Tilbury interprète Notti Stellate a Vagli, hommage à Feldman signé Howard Skempton. Les notes sont liées davantage mais la délicatesse est de rigueur encore. Tout est une autre fois affaire de notes défaites et suspendues.

John Tilbury : Triadic Memories / Notti Stellate A Vagli (Atopos)
Edition : 2008.
2 CD : CD1 : 01/ Triadic Memories Part 1 – CD2 : 01/ Triadic Memories Part 2 02/ Notti Stellate A Vagli
Guillaume Belhomm © Le son du grisli

musique action

Ce dimanche 1er juin à 14 heures, John Tilbury sera de concert avec Isabelle Duthoit, Anne-James Chaton et Frantz Hautzinger, à Vandoeuvre, dans le cadre du festival Musique Action

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Frode Gjerstad / Paal Nilssen-Love Project : Hasselt (Not Two, 2014)

frode gjerstad paal nilssen-love project hasselt

Depuis leur premier duo, Day Before One, Frode Gjerstad et Paal Nilssen-Love ont mené ensemble tant de projets qu’en baptiser un nouveau tient de la gageure. Enregistrés le 23 septembre 2006 à Hasselt, ils optent alors pour la simplicité : Frode Gjerstad / Paal Nilssen-Love Project, quartette dans lequel on trouve Sabir Mateen – recrue du Circulasione Totale Orchestra – et le bassiste Peter Friis-Nielsen – Danois entendu auprès d’Hasse Poulsen, notamment.

Qui ne craint la fièvre (ni la basse électrique) trouvera en ce concert en cinq temps de quoi éprouver sa résistance à un free sur palette étendue : experts en sifflements comme en sonorités épaisses, Gjerstad et Mateen passent de saxophones (alto et ténor) en clarinettes et flûte avec une urgence et un aplomb capables de résister aux coups portés par Nilssen-Love et à l’affect électricité de Friis-Nielsen. Aussi impressionnante soit-elle – on aura, tout de même, relevé  ici et là quelques convulsions –, la fièvre ne déclarait qu’une indisposition bénigne.

Frode Gjerstad / Paal Nilssen-Love Project : Hasselt (Not Two)
Enregistrement : 23 septembre 2006. Edition : 2014.
CD : 01/ Hasselt #1 02/ Hasselt #2 03/ Hasselt #3 04/ Hasselt #4 05/ Hasslet #5
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Lawrence English : Suikinkutsu No Katawara Ni / Studies for Stradbroke (Winds Measure, 2013)

lawrence english suikinkutsu no katawara ni

Au rayon field recordings pour (sur ?) ambient, Lawrence English en connaît des trucs. Et il faut bien avouer que ces trucs marchent encore, qu’il s’agisse, pour le disque qui nous concerne (tiré à seulement 150 exemplaires par Winds Measure), de gouttelettes d’eau filtrées par ordinateur, d’insectes ou d’oiseaux de ciels japonais ou australien, etc.

A pas mesurés English s’écarte cette fois un peu de sa musique à nappes évanescente. Au compte-gouttes il sélectionne ses enregistrements de terrain pour faire son choix entre deux solutions : les écouter et les examiner ou en faire une musique tellurique qui évoque son compère de Boombana Echoes  Akio Suzuki (rythmique, répétitive, rêveuse). Quand English finit de planer, il est d’un concret qui charme tout autant !

écoute le son du grisliLawrence English
Bamboo Shinjuku

Lawrence English : Suikinkutsu No Katawara Ni (Winds Measure)
Enregistrement : 2003-2011. Edition : 2013.
CDR : 01/ Shimmering Black Hawk 02/ Taima Bells 03/ Bamboo Shinjuku 04/ Minor Lori Swings 05/ Chamber 06/ Shinjuku Semi 07/ Slowly Turns Blue 08/ Raven Songs 09/ Complimentary Cicada
Pierre Cécile © Le son du grisli

lawrence english studies for stradbroke

Il faut écouter consciencieusement pour goûter à ces jolis sons « hydrophoniques » provenant de Stradbroke Island. Le clapotis de l’eau, le claquement des micros, l’apnée et le retour à la surface. Sur terre English en cogne des pierres et des galets : il fallait se méfier de l’eau qui dort, sa musique ricoche fort… et loin.

écoute le son du grisliLawrence English
Terminal Motor

Lawrence English : Studies for Stradbroke (Winds Measure)
Enregistrement : janvier-août 2007. Edition : 2013.
CDR : 01/ Slide (Open) 02/ Reeds of Brown Lake 03/ Intercepted Communications 04/ Invented Tide 05/ Terminal Motor 06/ Slipping Grains 07/ Rock Walls 08/ Slide (Close)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Jef Gilson : Jef Gilson et Malagasy (Jazzman, 2014)

jef gilson et malagasy

En introduction du texte qu’il consacra, dans Free Fight, à Œil Vision, Philippe Robert écrit : De nos jours, on connaît généralement Jef Gilson pour son approche du jazz modal […] Certains, plus rares, savent son investissement de longue date : qu’il a collaboré avec les Double Six par exemple, ou encore qu’il a été ingénieur du son et label manager – les disques Palm, c’est lui. Tous les amateurs, bien évidemment, apprécient le pianiste-arrangeur et compositeur qu’il a été. Ajoutons aussi qu’il fut par ici un découvreur de talents sans pareil : Jean-Louis Chautemps, Jean-Luc Ponty, Bernard Lubat lui doivent beaucoup, tout comme de nombreux jazzmen américains de passage à Paris – Byard Lancaster et David S. Ware entre autres.

A la reconnaissance de Gilson, le label Jazzman travailla déjà en publiant Archives, Chansons de Jazz et The Best of Jef Gilson. Cette année, c’est la « période malgache » du pianiste que le label met en valeur dans un coffret de rééditions (Malagasy, Malagasy at Newport-Paris, et le Maintenant ‘Zao de Sylvin Marc et Del Rabenja, édités en leur temps sur Palm) augmentés d’inédits. Le livret d’une vingtaine de pages raconte le premier voyage de Gilson à Madagascar à l’occasion d’une tournée organisée en mai 1968 – présences du contrebassiste Bibi Rovère et du batteur Lionel Magal. Le mois suivant, le pianiste quitte l’île en promettant aux musiciens qu’il y a rencontrés d’y revenir bientôt : l’expérience d’un folklore à envisager en langue vivante n’est-elle pas faite pour plaire à l’amateur de « chansons de jazz » qu’il est ?

jef gilson malagasy les touches noires  jef gilson malagasy

Elle-même carrefour d’influences, la terre est fertile – comme celle d’une autre Afrique, qui, dans un même état d’esprit, souffla Moshi à l’oreille de Barney Wilen –, où Gilson retournera plusieurs fois et d’où il rapportera des enregistrements d’une fusion qui embrasse jazz modal, rhythm-and-blues et foklore local – ainsi la vahila est-elle intégrée à un instrumentarium souvent porté par une basse et un piano électriques ou un Fender Rhodes. Si l’expérience, chamarrée, n’est pas toujours « valable » – les thèmes sont parfois d’une composition mince quand la modalité impose au groupe quelques longueurs –, elle recèle de trouvailles : pulsation du cœur des rues d’alors Tananarive sur A Tana de Jean-Charles Capon, saxophone de Roland De Comarmond sur une reprise de The Creator Has A Master Plan de Pharoah Sanders, permissions du meneur versant Malagasy dans un free rafraîchissant, écarts de Del Rabenja au saxophone ténor sur Buddha’s Vision, beaux moments de concerts que renferme le dernier disque du coffret, dont la conclusion donne à entendre auprès du groupe de Gilson Clint Jackson III, Khan Jamal (si ce n’est Bernard Lubat), et Byard Lancaster. Lancaster, qui emploiera ensuite des membres de Malagasy pour l’enregistrement de Funny Funky Rib Crib et Us, deux références du catalogue du Palm de Jef Gilson.

Jef Gilson : Jef Gilson et Malagasy (Jazzman)
Edition : 2014.
4 CD / 5 LP : CD1 : 01/ A Tana 02/ Avaradoha 03/ Chant Inca 04/ Sodina 05/ The Creator Has A Master Plan 06/ Malagasy – CD2/ 01/ Newport Bounce 02/ Salegy Jef 03/ Solo Franck 04/ Buddha’s Vision 05/ Veloma Lava 06/ Valiha Del 07/ Requiem pour Django 08/ Dizzy 48 09/ 1973 – CD3 : Madagascar Now : Maintenant ‘Zao : 01/ Valiha Ny Dada 02/ Katramo 03/ Hommage à Rakotofazy 04/ Amore Ny Canal 05/ Del-Light 06/ Ô Ambalavoa “City” 07/ Rotaka (Fais Peter) – CD4 : Les touches noires 01/ Colchiques dans les prés (Live) 02/ Unknown I 03/ Unknown II 04/ Unknown III 05/ Chant Inca (ive) 06/ Dizzy 48 (Live) 07/ Prélude en sol mineur (Live) 08/ Les touches noires 09/ Unknown IV
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Hélène Breschand : Les Incarnés (Dac, 2014)

hélène breschand les incarnés

Une fois le chant des sirènes dévoilé, il ne nous reste plus qu’à admettre le parcours. La harpe d’Hélène Breschand nous guide. Le tableau semble souterrain, réverbéré. De petites notes s’écartèlent. Après les sirènes, les fées. Un effet de pendule s’accroche à la corde. La corde devient tôle. Se dissipe.

A-t-on rêvé ou l’a-t-on bien entendue, cette music box ? C’est si simple ce soupir. Les cordes sollicitent  et chuchotent la solitude. Hélène nous guide toujours. Ces petits bruits, qu’annoncent-ils ? Une note ogresse semble vouloir tout avaler. La clameur se renforce. Le chaos serait-il avenir ? Maintenant, l’atelier est hurlant. Verra-t-on la lumière ? Au lointain s’ânonne le chant des sirènes. Chant enfermé, chant clôturé, chant barricadé. Et si tout cela n’était que piège ? Nul doute : nous y retournerions. Encore et toujours.

Hélène Breschand : Les Incarnés (Dac Records)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
LP : A/ Les Incarnés 1  B/ Les Incarnés 2
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Xeerox : 1979-1981. Recuerdo espectral de un viejo decorado eléctrico (Anòmia, 2013)

xeerox 1979-1981

On tombe parfois sur des disques qui, sans être originaux, vous révèlent toute une époque (la leur) et même tout un pays (ici, l’Espagne). Ainsi donc, le Barcelonais Javier Hernando éditait en 2008 sur CD des archives de son groupe Xeerox (1979-1981). Cinq ans plus tard, Anòmia rééditait ces archives sur un vinyl.

A la croisée des chemins (krautrock / punk / no wave / indus) et des influences (Wire, DNA...), Xeerox mettait sa guitare, sa basse et sa batterie au service d’un rock déglingue de trois ou quatre accords annonçant les shoegazers à peine nés, de refrains stridents et même, il faut l’avouer, parfois cacophoniques. A la fin, voilà le groupe qui manipule des bandes… Avec cet art sauvage qu’on doit reconnaître à ce Xeerox qui nous sera désormais familier.

Xeerox : 1979-1981. Recuerdo espectral de un viejo decorado eléctrico (Anòmia)
Enregistrement : 1979-1981. Edition : 2013.
LP : 01-10/ Untitled
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Pinkcourtesyphone : A Ravishment of Mirror (Dragon’s Eye, 2014)

pinkcourtesyphone a ravishment of mirror

A Ravishment of Mirror aurait pu faire une excellente B.O. pour Maps to the Stars de David Cronenberg. Du moins, j’imagine. Ce troisième album de Pinkcourtesyphone (derrière lequel se cache Richard Chartier) se propose en effet de décrire la part d’ombre du halo galactique qui entoure Hollywood.

L’occasion pour l'Américain de donner dans une ambient un peu plus ténébreuse que d’habitude, même si on y trouve quelques éclaircies (d’un beau rose). Des portes qui claquent sur deux notes de synthé, des voix synthétiques qui en appellent à la gloire, des beats électriques et des inserts de field recordings… toutes les prétentions et les désillusions dont Chartier s’inspire illuminent l’un et l’autre côté de ses partitions-miroirs. Une fois de plus, impossible de ne pas suivre Chartier.

écoute le son du grisliPinkcourtesyphone
Falling Star

Pinkcourtesyphone : A Ravishment of Mirror (Dragon’s Eye)
Edition : 2014.
CD : 01/ Why Pretend / The Desire of Absence / Faulty Connections 02/ Pixels… Sometimes… Broke Your Heart (for A.) 03/ Falling Star (for P. Entwistle) 04/ 62,000 Valentines (for T. Hunter)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Jake Meginsky : L’appel du vide (Open Mouth, 2014)

jake meginsky l'appel du vide

Percussionniste passé à l’électronique, Jake Meginsky forma avec John Truscinski Slaughterhouse Percussion, duo qui, augmenté de Bill Nace, devint XO4. Aussi, avec Nmperign, il signa Selected Occasions Handsom Deceit et, plus récemment, remixait Last Mistress de Body/Head. Seul, c’est, forcément, L’appel du vide.

Plus de batterie, donc, mais des rythmes encore. Des allures, pour être précis, qui mettent en forme les rumeurs que Meginsky fait tourner quarante-cinq fois par minute. Quand son électronique tremble, elle tremble fort – en Strotter Inst. impatient, le musicien dénigre toute idée de « crescendo ». Quand l’abstraction prend le dessus, elle gagne jusqu’aux sillons du vinyle pour arracher un lot de pleurs au matériau. Enfin, quand électronique et abstraction s’entendent, voici Meginsky changé en gnawa trépident – trépignant, voire – ou en exceptionnel polisseur de surfaces. L’appel du vide est alors à son comble, impossible de lui résister.

Jake Meginsky : L’appel du vide (Open Mouth)
Edition : 2014.
LP : A1/ L'appel du vide A2/ Labmeat - B1/ Knuckleball B2/ Sgriob B3/ Decalomania
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Christian Marclay : Fire & Water (Dis Voir, 2014)

christian marclay fire & water

Grâce aux éditions Dis Voir, j’ai vu et entendu l’installation que Christian Marclay a réalisée en 2011 à Beppu, dans le sud du Japon. Bien sûr, je regrette de ne pas avoir fait le voyage. Mais n’ai-je pas accédé à une autre dimension de l’œuvre ?

L’installation que je possède maintenant tient dans une soixantaine de pages et un CD. Les photos du livre montrent Beppu (ses jardins, son port, comment les habitants vivent à côté ou dans ses onsens…) et la centaine d’oriflammes orange (pour le feu) et bleu (pour l’eau) que l'artiste installa sur une de ses jetées. Dans le bas des drapeaux, des clochettes sonnent sous le vent. Ce sont elles que l’on peut entendre sur le CD… Si l’on supporte bien les aigus, l’enregistrement devient vite obnubilant, ses clochettes tintinnabulent (c’est le mot approprié) sur les bruits de la ville et le passage des promeneurs. Bientôt, vous voilà flottant, fier et droit comme un oriflamme !

Christian Marclay : Fire & Water (Dis Voir)
Enregistrement : 2011. Edition : 2014.
Livre + CD : Fire & Water
Pierre Cécile © Le son du grisli

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