Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Mika Vainio, Joachim Nordwall : Monstrance (Touch, 2013)

mika vaino joachim nordwall monstrance touch le son du grisli

Vieille branche de la musique électronique, qu’elle soit ou non drapée de beats, Mika Vainio joint ses forces obscures au Suédois Joachim Nordwall (le fondateur du label iDEAL Recordings), pour un disque en tous points vibrant. Telle une connexion frappadingue où Einstürzende Neubauten jammerait – osons le mot – aux côtés de SunnO))) dans un squat berlinois à douze mètres du mur, les deux Scandinaves font hurler les guitares et l’électronique, qu’est-ce que ça envoie du bois, ou plutôt de l’acier trempé.

Toutefois, Vainio (pour rappel, moitié de Pan Sonic) et Nordwall ne se contentent pas de jouer à qui sera le plus bruyant et/ou strident. Passés les – très – impressionnants deux premiers morceaux, un calme dès plus trompeurs s’installe, comme un écho de combinat est-allemand désaffecté (think Jason Kahn vs Gilles Aubry) et la suite des sept tracks explose à la moulinette toute allusion à la monotonie. Au-delà des mots, je vous laisse le plaisir sensoriel de la découverte, vous risquez d’en ressortir tout ouf.

Mika Vainio, Joachim Nordwall : Monstrance (Touch / Metamkine)
Edition : 2013.
CD : 01/ Alloy Ceremony 02/ Live At The Chrome Cathedral 03/ Midas In Reverse 04/ Irkutsk 05/ Praseodymium 06/ Promethium 07/ In The Sheltering Sanctus Of Minerals
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Che Chen : Pulaski Wave (Pilgrim Talk, 2011)

che chen pulaski wave black mayonnaise

Après quelques recherches (même pas poussées) sur « la toile », on peut dire connaître à Che Chen, new-yorkais qui joue de plein d’instruments, des collaborations (Tetuzi Akiyama, Chie Mukei, Robbie Lee) et même jusqu’à un groupe (en fait un duo avec Rolyn Hu : True Primes). Présentations faites, il faut que je confie que les recherches en question ont été provoquées par l’écoute d’un disque, ou plutôt de deux : un 33 tours deux titres, que le label Pilgrim Talk expédie avec un CDR.

Sur la première face du vinyl, l’ami Chen funambulise au violon sur un drone dont le volume oscille quand il s’emporte plus radicalement sur la seconde, cette fois sur un feedback. Sur l’une (Pulaski Wave) comme sur l’autre face (Newtown Creek Mirror Lag), les mailles de l’archet tricotent une parlote folle qui fascine par les astuces qu’elle déploie pour ne pas perdre le fil – quitte à perdre le mien, comme mes recherches se poursui-vent à l’heure où j’écris cette chronique, voilà que je découvre cette interview.

Comme Chen l’explique dans cette interview (cette faculté que j’ai moi aussi de retomber sur mes pattes !), Black Mayonnaise (que l’on trouve sur la troisième piste du CD puisque les deux premières reprennent les morceaux du vinyl) est un live réalisé avec trois turntables placées en triangle autour du public. Les platines jouant toutes le même vinyl (Pulaski Wave, si vous n’aviez pas suivi), nous entendons le drone déjà connu. Or voilà qu'un des violons s’enraye et c'est là que tout commence : Black Mayonnaise multiplie les répétitions qui en feront un disque renversant. Qui doute de ce que j’avance n’aura qu’à aller faire un détour sur Bandcamp avant de foncer chez Pilgrim Talk.  

EN ECOUTE >>> Pulaski Wave (Violin Halo)

Che Chen : Pulaski Wave (Violin Halo) / Newtown Creek Mirror Lag / Black Mayonnaise (Pilgrim Talk)
Enregistrement : Novembre 2010 & 27 avril 2011.
33 tours (7’’) + CDR : 33 tours : A/ Pulaski Wave (Violin Halo) B/ Newtown Creek Mirror Lag – CDR : 01/ Pulaski Wave (Violin Halo) 02/ Newtown Creek Mirror Lag 03/ Black Mayonnaise
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Rocket Science : Rocket Science (More Is More, 2013) / Sam Pluta : Machine Language (Carrier, 2012)

evan parker sam pluta peter evans craig taborn rocket science

Et si tout cela n’était qu’une histoire d’alter-ego ? Et si, après tant d’années, les mémorables trios d’Evan Parker n’avaient plus que de la routine à nous vendre ? A contrario, chaque concert du saxophoniste avec Peter Evans regorge de vivacité et de renaissance. Fallait-il donc à Evan le choc Peter pour se retrouver ? Personnellement, je ne suis pas très loin de le penser. Ici, Rocket Science apporte confirmation, la complicité de l’un et de l’autre frôlant plus d’une fois le mimétisme.

Ici, il y a correspondance et envol. Ce concert au Vortex est un concert où tout se happe, se saisit, s’entretient et où rien ne se prémédite. Les electronics de Sam Pluta prennent tous les risques : ils ne sont pas coloriage mais matière vive. Autonomes, ils ne rétrécissent jamais le jeu de l’un ou de l’autre. Craig Taborn, d’abord timoré – voire distancé – trouve bientôt sa voie. C’est lui qui oblige, organise l’harmonie et délivre, ça et là, quelques clusters héroïques. Ailleurs, les deux souffleurs s’autorisent les cascades habituelles et autres jeux circulaires, ici totalement renouvelés. Bouillant comme un chaudron donc.

Rocket Science : Rocket Science (More Is More Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 25 mai 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Fluis Dynamics 02/ Life Support Systems 03/ Flutter 04/ Noise Control
Luc Bouquet © Le son du grisli

sam pluta machine language

La musique de Sam Pluta se laisse difficilement ranger en tiroirs et bocaux, mais bon, pour Machine Language, nous oserons oser minimalisme, électroacoustique, noise néo-futuriste, rock sifflant fort fort, abstraction loin d’être concrète… Bien, et maintenant, Machine Language d’un bout à l’autre ? Si l’on n’oublie que Pluta, dans les genres, a fait mieux, pourquoi pas…

Sam Pluta : Machine Language (Carrier Records)
Edition : 2012.  
CD : 01/ Machine Language 02/ Lyra 03/ Standing Waves 04/ Matrices 05/ 7:6
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Bryan Lewis Saunders : The Confessor (Stand-Up Tragedy, 2013)

bryan lewis saunders the confessor le son du grisli

Les Autoportraits sous drogues de Bryan Lewis Saunders nous avaient révélé sa figure ; The Confessor nous renseigne aujourd’hui, au gré d’une douzaine de cassettes enfermées (avec leur walkman) dans une mallette, sur ce qu’on y trouve à l’intérieur. C’est, tout de même, onze heures d’écoute qu’il faut prévoir, mais onze heures faciles à morceler puisque chaque face dit la rencontre de Saunders et d’un musicien-ami qu’il a convié à développer un peu son concept de Stream of Unconsiousness.

Sous ce nom, Saunders archive confessions nocturnes (qu’il fait endormi) et autres pollutions sonores. Sous celui de The Confessor, il a réuni des enregistrements enregistrés sur une période de trente jours dans son appartement du John Sevier Center – ancien hôtel transformé en immeuble de logements, que certains disent hanté – de Johnson City, illustrés, interprétés ou transformés par Hopi Torvald, Kommissar Hjuler und Frau, Razen, Classwar Karaoke Friends, Evil Moisture, Wehwalt, Love, Execution Style, Adam Bohman et Adrian Northover, Yoshihiro Kikuchi, Christopher Fleeger, Sinus Buds, Andy Ortmann, Joke Lanz, Elkka Reign et Dylan Nyoukis, Lee Gamble, Carl Michael von Hausswolff, Leif Elggren, John Moloney, Language of Light, Matt Reis, Offerings, Requiem (David Grahams), Hopek Quirin, Fantom Auditory Operations (Michael Esposito) – musiciens que Saunders a d’ailleurs pu produire par le passé sur son label, Stand-Up Tragedy Records.

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Si l’idée est surprenante de confier à autrui pour qu’il se l’approprie un travail autobiographique de la sorte, restait aux invités à faire preuve d’invention, voire à surprendre à leur tour. Or voici qu’à de rares exceptions les exercices confondent. Ainsi la parole de Saunders peut être fondue en atmosphères de trains fantôme gonflées de field recordings, d’evp et de sons tapissant (Torvald, Fleeger, Sinus Buds, Moloney, Fantom Auditory Operations), essorée à force de boucles et/ou de torsions à en devenir méconnaissable et même toujours plus inquiétante (Classwar Karaoke Friends, Ortmann, Gamble, Reis), essuyer assauts défaits et malveillances ciblées (Kikuchi, Nyoukis), investir le domaine musical sur rythmes ou recherches insidieuses (Bohman et Northover, Offerings, Requiem)… Angoissés, paranoïaques, psychotiques, les exercices confondent, disait-on.

Parfois même, ils captivent : lorsque le Kommissar Hjuler et sa belle font la ronde et passent d’élans vocaux contrariés en chansonnettes entêtantes ; quand Evil Moisture fait œuvre de stupéfiant avec un art de la dramaturgie upper class ; quand Razen transporte tous délires en terre lointaine puisqu’autrement imaginaire ; quand Joke Lanz lâche du haut mal toutes les bribes de phrases qu’il a plus tôt attrapées ; lorsque Love, Execution Style compose un collage d’illustrations minuscules, éclatées mais justes toutes ; quand Carl Michael von Hausswolff soumet Saunders à des vents inédits, contraires et expédiant ; quand Language of Light illustre ses hallucinations sur pop minimaliste ; quand Hopek Quirin, à coups de guitares et couteau, augmente d’un bon degré le niveau de claustrophobie ressentie ; enfin, lorsque Leif Elggren (autre fort en rêves) anime un bestiaire en prise directe avec la parole échappée.

bryan saunders confessor 1                  bryan saunders confessor 2

Ainsi, des expériences exploratoires de Bryan Lewis Saunders – interrogation en solitaire du Moi le plus enfoui –, est né un Confessor au message pluriel et proliférant. En plus d'avoir conceptualisé le Stream of Unconsiousness, Saunders aurait donc inventé un onanisme en partage dont il est le premier à profiter.

Bryan Lewis Saunders : The Confessor (Stand-Up Tragedy)
Edition : 2013.
12 K7 (en mallette, avec carte postale, papier à en-tête et walkman) : K7.1 : A/ Hopi Torvald : Replicate B/ Kommissar Hjuler und Frau : Red Bugs - K7.2 : A/ Razen : The Confessor B/ Classwar Karaoke Friends : Pickle All Enemies - K7.3 : A/ Evil Moisture : Cocaine House B/ Wehwalt : Life Is A Runaway Semi-Truck - K7.4 : A/ Love, Execution Style : The Severed Style B/ Adam Bohman, Adrian Northover : Squirrel Party at Sally Fields - K7.5 : A/ Yoshihiro Kikuchi : White Surrealist Nihilismus B/ Christopher Fleeger : Dolphin's Revenge - K7.6 : A/ Sinus Buds : Michael Moore's Snuff Film B/ Andy Ortmann : Torso - K7.7 : A/ Joke Lanz (Sudden Infant) : French Spies B/ Elkka Reign & Dylan Nyoukis : It's Parents Like You That Are Flies on the Horse's Faith - K7.8 : A/ Lee Gamble : Identity Technology - B/ CM von Hausswolff : N2 Collection - K7.9 : A/ Leif Elggren : Double Sleep B/ John Moloney : Pyro - K7.10 : A/ Language of Light : Dream Vacations B/ Matt Reis : Psychodrama - K7.11 : A/ Offerings : Crazy Is Special You Are For One B/ Requiem : The Weaver Box - K7.12 : A/ Hopek Quirin : Your Excellency B/ Fantom Auditory Operations : Whit-Flag-Flagpole
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Anla Courtis, Jean D.L. : The Light Burns Ghosts (MNÓAD, 2012)

anla courtis jean dl the light burns ghosts

On ne sait jamais vraiment ce qu’Anla Courtis ramènera d’une nouvelle exploration et c’est peu dire quand il collabore et quand cette collaboration se fait avec un musicien inconnu de nous (de moi), ici : JEAN D.L.

Longue collaboration pourtant, s’il faut en croire les dates entre lesquelles s’est construit The Light Burns Ghosts (2005-2012). Dans quelle base sous-marine désaffectée le duo est-il allé enregistrer ? Ca souffle de partout, les basses vous environnent, les bruits de métaux vous (m’) arrivent en rafales et tout demande que l’on se calme, et même définitivement. C’est ce qu’Anla Courtis et Jean D.L. finissent par faire au bout de vingt minutes qui documentent sept années de leur belle collaboration.

Anla Courtis, Jean D.L. : The Light Burns Ghosts (MNÓAD)
Enregistrement : 2005-2012. Edition : 2012.
DL : The Light Burns Ghosts
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Mike Pride : Drummer's Corpse / Mike Pride's From Bacteria To Boys : Birthing Days (AUM Fidelity, 2013)

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La mort déborde de Drummer’s Corpse. Il y a d’abord ces glas qui ouvrent le bal. L’agonie n’est alors plus très loin qui éclate quand une armada de batteurs-percussionnistes (Mike Pride, Oran Canfield, Russell Greenberg, Eivind Opsvik, John McLellan, Chris Welcome, Yuko Tonohira, Bobby Previte, Ches Smith, Tyshawn Sorey, Marissa Perel, Fritz Welch)  martèle une bronca héroïque (on se croirait chez Branca). De ce sarcophage sonique s’extraient et s’incrustent cris, râles, torsions. La vibration est continue, le drone est d’acier, l’issue ne pourra être que fatale.

Tout aussi mortifère et gangrénée est Some Will Die Animals. Une guitare se fait koto, une contrebasse sirote puis s’emmourache du drame, des toms viennent fracasser des dialogues empilés (on se croirait chez Godard). Le lugubre n’en finit pas de frapper à nos oreilles.

En totale opposition à Drummer’s Corpse et inspiré par la naissance du premier fils de Mike Pride, Birthing Days joue la carte de la complexité rythmique, du vertige, du tournis. Seule une ballade (Lullaby for Charlie) vient calmer ce déluge irraisonné. Du jazz, de l’improvisation, de la fusion poussiéreuse et, toujours, une manie à jouer de l’insaisissable. Des retournements de situation(s) à l’exercice de style, il n’y a qu’un pas. Et malgré les interventions musclées et souvent inspirées de Jon Irabagon et d’Alexis Marcelo, la machine tourne à vide.

Mike Pride : Drummer’s Corpse (Aum Fidelity / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Drummer’s Corpse 02/ Some Will Die Animals
Luc Bouquet © Le son du grisli

Mike Pride's From Bacteria to Boys : Birthing Days (Aum Fidelity / Orkhêstra Intenational)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ 79 Beatdowns of Infinite Justice, the 02/ Birthing Days 03/ Marcel’s Hat 04/ Brestwerp 05/ Lullaby for Charlie 06/ CLAP 07/ Fuller Place 08/ Pass the Zone 09/ Occupied Man 10/ Motion
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Yong Yandsen : Disillusion (Doubtful Sounds, 2013)

yong yandsen disillusion

Être passé par la guitare avant de se consacrer au seul saxophone ténor a-t-il eu une influence sur la musique de Yong Yandsen ? Les sept titres de Disillusion posent (et répondent) à la question.

C'est que le musicien malaisien y affiche un tel intérêt pour les torsions et contorsions qu'on l'imagine facilement tirant sur les clés de son instrument avec autant de facilité qu'il le ferait sur six cordes. Vibrionnant, dérapant, vociférant, empêchant un grave ou insistant dans l’aigu, jusqu’à ce bel air qu’a Yandsen de coincer tout à coup : dans un sillon, le voici maintenant réfléchissant : levant le nez, il avise l’échappatoire et, avec la même inspiration soumise à tempérament, s’y engouffre. Voilà deux faces fortes d’emportements et d’hésitations, loin du solo de saxophone entendu et confiant : lumineuses.

EN ECOUTE >>> - (extrait)

Yong Yandsen : Disillusion (Doubtful Sounds / Souffle Continu / Metamkine)
Edition : 2013.
LP : 1-7/ Disillusion
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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The Convergence Quartet : Slow and Steady (NoBusiness, 2013)

the convergence quartet slow and steady

Le désir de renouveler les formes, le besoin de chercher de nouvelles pistes est au centre du Convergence Quartet (Taylor Ho Bynum, Alexander Hawkins, Dominic Lash, Harris Eisenstadt). Et ainsi, chacun à tour de rôle, d’y chercher solution. Les pistes proposées ici  ne font que récidiver des schémas mille fois rabâchés ailleurs. L’idée de laisser l’harmonie indemne et de diversifier les mouvements rythmiques n’est pas nouvelle et n’apporte rien de neuf. De même les accélérations et ralentissements ne surprennent plus personne.

Restent malgré tout quelques vives fulgurances : les interventions solistes d’un cornet et d’un piano, parfaitement aiguisés et gourmands d’irrévérence et l’une des compositions du contrebassiste (Oat Roe + Three by Three) qui, trouvant un centre à travers des sombres unissons, permet au pianiste de dérouler quelques volutes cinglantes. La prochaine fois, peut-être…

EN ECOUTE >>> Equals - Understand (Totem) >>> The Taf End

The Convergence Quartet : Slow and Steady (NoBusiness)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Assemble - Melancholy 02/ Third Convergence 03/ Remember Raoul – Piano Part Two 04/ Equals – Understand (Totem) 05/ Oat Roe + Three by Three 06/ The Taff End 07/ Slow and Steady
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Lerman, Matthews, Raz : Growing Carrots in A Concrete Floor (Aural Terrains, 2013) / Thanos Chrysakis : SYNEUMA (Aural Terrains)

ayelet lerman wade matthews carmel raz growing carrots in a concrete floor

Si l'on veut bien prendre en compte le titre de leur collaboration enregistrée en mars 2012 à Jérusalem, Ayelet Lerman (alto), Carmel Raz (violon) et Wade Matthews (aux ordinateurs) sont de bien curieux jardiniers.

Après avoir semé des orthoptères (sur field recordings), des archets caressant, des vents et de la pluie (toujours sur field recordings) et des graines d'électronique, tout pousse bizarrement. Les formes de leur culture sont nombreuses, par exemple l'improvisation des cordes, qui serait toute classique si Matthews ne jouait pas le rôle de tuteur en les contraignant avec des basses synthétiques. Ailleurs, il communique avec un langage d'homme-monstre et invite ses compagnes à bêcher. A force, ils retournent bien des choses qui font de leur électroacoustique une plantation dont on goûte les coins d'ombre et les jeux de lumière.

Ayelet Lerman, Wade Matthews, Carmel Raz : Growing Carrots in A Concrete Floor (Aural Terrains)
Enregistrement : mars 2012. Edition : 2013.
CD : Growing Carrots in A Concrete Floor
Héctor Cabrero © Le son du grisli

thanos chrysakis, james osullivan, jerry wigens syneuma

Sur son propre Aural Terrains, Thanos Chrysakis a pris l'habitude de publier des paysages sépulcraux. A l'intérieur de son piano et sur chimes ou vibraphone, ceux qu'ils composent sont souvent saisissants. Sur SYNEUMA, enregistré avec James O'Sullivan (guitare électrique) et Jerry Wigens (clarinettes), il passe de valses hésitantes en flottements inspirants au son d'une électroacoustique déjà ingénieuse.

Thanos Chrysakis, James O’Sullivan, Jerry Wigens : SYNEUMA (Aural Terrains)
Edition : 2012.
CD: 01-05/ I-V
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Peter Brötzmann Chicago Tentet : Concert for Fukushima (Pan Rec / Trost, 2013)

peter brotzmann chicago tentet concert for fukushima

Assez solides, les planches du Stadttheater de Wels, Autriche, pour accueillir, le 6 novembre 2011 à l'occasion d'un hommage aux victimes de la catastrophe de Fukushima, le Chicago Tentet de Peter Brötzmann augmenté de quatre Japonais de poids (Toshinori Kondo, Michihiyo Yagi, Otomo Yoshihide et Akira Sakata).

Les caméras de Pavel Borodin montrent tout de même qu'un invité chasse l'autre auprès de l'épaisse formation : Kondo, d'abord, se ralliant sur l'instant à la fougue qui emporte un hymne que l'on croirait illustratif ; Yagi, dont les kotos encouragent les vents à redoubler d'ardeur, et qui se recueillera seule sur les deux notes d'une berceuse, parenthèse refermée par un Tentet alarmant ; Yoshihide, cinglant d'abord à la guitare, puis occupé à de patientes recherches sur l'harmonie des lignes à l'invitation de Brötzmann, Vandermark et Gustafsson – un motif de trois notes qu'il mettra au jour et fera tourner relancera la furieuse machine ; Sakata, pour conclure, sur une pièce qui double souvent tel instrument privilégié : course d'alto entamée avec Brötzmann à laquelle feront écho Bishop et Bauer, puis clarinette couplée à celle de Vandermark, combinaison qui attirera tous les musiciens à elle.

Ce sont-là quatre paysages jouant d'éléments différents mais d'une force partagée, et de caractéristiques nées de leur rencontre : méditative, habile, espiègle, ardente.

Peter Brötzmann Chicago Tentet : Concert for Fukushima, Wels 2011 (PanRec / Trost / Metamkine)
Enregistrement : 6 novembre 2011. Edition : 2013.
DVD : 01-04/ Japanese Landscapes 1-4
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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