Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Premier bruit Trente-six échosAu rapport : Festival Le Bruit de la MusiqueParution : le son du grisli #2
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Quat Quartet : Live at Hasselt (NoBusiness, 2013)

quat quartet live at hasselt

L'étude – enregistrée en public le 18 juin 2011 – est périlleuse. Son sujet : l'effet du temps sur la force de frappe de Fred Van Hove et de Paul Lovens. Sa conclusion est rassurante, voire heureuse.

Auprès des deux frappeurs annoncés, en trouver deux autres : Els Vandeweyer, jeune vibraphoniste belge, et Martin Blume, percussionniste entendu jadis aux côtés de Phil Wachsmann, Frank Gratkowski ou Joëlle Léandre. Alertes, impulsives, en d'autres mots faites pour s'entendre, quatre pratiques célèbrent un art de l'emportement qui accuse un faible pour les répétitions et les incartades bravaches.

Sur la troisième pièce, les musiciens se passent le relais avant que Van Hove et Vandeweyer (dont le vibraphone s'interdit tout bavardage – chose rare dans le métier) rivalisent de fantaisie : ardents eux aussi, voici les accords transportés par les franches coupes de Lovens, les rattrappages rythmiques de Blume. Du bout des doigts, il est déjà temps de conclure : l'étude qu'est ce Live at Hasselt n'était, tous comptes faits, pas périlleuse, mais promise  à de merveilleux accidents ; surtout, elle fut menée de mains de maîtres.

EN ECOUTE >>> 2 >>> 3

Quat Quartet : Live at Hasselt (NoBusiness)
Enregistrement : 18 juin 2011. Edition : 2013.
CD : 01-04/ 01-04
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

meteo Ce samedi 31 août, Fred Van Hove improvisera à Mulhouse en duo avec Shih-Yang Lee. Pour cadre... Météo.

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Mats Gustafsson, John Russell, Raymond Strid : Birds (dEN, 2012)

mats gustafsson john russell raymond strid birds

Pour John Russell, Mats Gustafsson et Raymond Strid – intimes, ces deux-derniers, au point de constituer une paire affûtée –, l'exercice de l'improvisation n'est pas une nouveauté. Birds, fait de deux pièces enregistrées en concert à l'Hagenfesten, dit qu'elle est gage quand même de bon temps et même capable de moments précieux.

Ainsi les trois hommes rivalisent-ils de discrétions en ouverture d'une plage longue de trois-quarts d'heure : effleurements, retenues, congestions, jusqu'à ce que les baguettes provoquent chez Gustafsson (là au soprano, plus tard au baryton) une furieuse allergie à l'accortise. Vrillant, le saxophone entraîne la guitare : accords incomplets mais se bousculant, précipitations de notes isolées qui, par paquets, peuvent convaincre Strid de redoubler de dextérité à mains nues. Soit deux pièces données le temps d'une nouvelle épreuve, imparable.

Mats Gustafsson, John Russell, Raymond Strid : Birds (dEN)
Enregistrement : 6 août 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ The Earth As The Sun And The Ravens Are Watching 02/ The Birds. They Fly As They Want, Don't They?
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

meteoJohn Russell, Mats Gustafsson et Raymond Strid, désormais devenus Birds, se produiront au Festival Météo de Mulhouse, Chapelle Saint-Jean, ce 30 août 2013.

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Sophie Agnel, John Edwards, Steve Noble : Météo (Clean Feed, 2013)

sophie agnel john edwards steve noble

D’une vibration qui ne se taira jamais vraiment mais qui empruntera de multiples masques, il faut dire l’évidence. Une évidence portée par Sophie Agnel, John Edwards et Steve Noble – ici enregistrés lors du festival Météo 2012. Une évidence qui passe par le détail, par la concentration, par la confiance et par l’écoute.

Soudés, les voici happés par une première station : une vibration qui s’invite obsessionnelle et possédée. Elle vivra le temps qu’elle doit vivre. Puis viendront d’autres mouvements, d’autres froissements, d’autres battements. Des battements d’âme plus précisément. Il y aura de la tension et de la friction, des sons se libérant, des mises en silence. Il y aura des passages secrets, des saccades et des ruades. Une contrebasse prendra le large puisqu’elle ne trouvera pas d’autres chemins et que, celui-ci, sera le plus juste. Le plus juste, précisément, parce que celui choisi. Cette improvisation est intense. Elle nous semble courte. Mais la beauté ne se mesure pas au chronomètre. D’ailleurs la beauté ne se mesure pas : elle s’engouffre dans les élans des protagonistes. Ici, précisément.

Sophie Agnel, John Edwards, Steve Noble : Météo (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Météo
Luc Bouquet © Le son du grisli

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John Butcher, Thomas Lehn, John Tilbury : Exta (Fataka, 2013)

john butcher thomas lehn john tilbury exta

Le titre de l'enregistrement (comme les intitulés de ses cinq improvisations) a beau annoncer des entrailles tirées de quelque cérémonie antique, la photo de pochette promettre des viscères pendus sur crocs, le beau sang de bœuf du disque préparer à l'hémoglobine, l'audition de cette heure de musique (extraite d'une séance de studio en juin 2012) ne révèle aucun étal de tripier...

C'est pourtant à l'écoute d'un organisme – celui que forment et sondent John Butcher (saxophones ténor & soprano), Thomas Lehn (synthétiseurs) et John Tilbury (piano) – dans sa temporalité propre, sa pénombre, son mystère, qu'il faut se placer : un pouls insensible, des villosités parcourues de fines ondes électriques, des cavités qu'ouvre le synthétiseur échographe.

Inédite, l'association de ces trois musiciens qui se sont indépendamment fréquentés dans AMM, MIMEO, Thermal ou le Cortet de Fuhler, installe chacun au plus discret, dans une suspension qui agit comme une force d'attraction sur l'auditeur ; frôlant parfois une sorte de torpeur hypnotique, penché sur les humeurs et rumeurs de ce corps, l'exercice est d'une absorbante splendeur.

EN ECOUTE >>> Pulmo II

John Butcher, Thomas Lehn, John Tilbury : Exta (Fataka)
Enregistrement : juin 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Pulmo I 02/ Cor 03/ Pulmo II 04/ Iecur 05/ Fel
Guillaume Tarche © Le son du grisli

meteoJohn Tilbury se produira ce jeudi 29 août à Mulhouse, en compagnie d'Isabelle Duthoit, Keiji Haino et Franz Hautzinger. Deux jours plus tard, dans la même ville, John Butcher apparaîtra seul à la Friche DMC. Dans les deux cas, le cadre sera le même, qui a pour nom Météo.

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Trumpets & Drums : Live in Ljubljana (Clean Feed, 2013) / Walter, Halvorson, Evans : Mechanical Malfunction (Thirsty Ear, 2012)

trumpets and drums live in ljubljana

Avec tambours et trompettes, Jim Black, Paul Lytton (tambours), Nate Wooley et Peter Evans (trompettes) déterminent quelques francs territoires.

Une première improvisation est là qui explore la périphérie : drones métalliques pour les uns, fourmillements et effeuillements chez les autres (encore que l’excès de rythme pointe parfois chez Black). Les trompettistes, eux, restent solidaires, modulent leurs souffles, font de leur salivaire un émoi, battissent un court chaos, explorent toujours.

Une seconde improvisation affirme que jazz et rythme font encore sens. Longs phrasés des deux trompettistes avant hautes turbulences de tous, le ver est dans le fruit de cette improvisation dégagée de tout cliché. Cela se passait le 30 juin 2012 dans le cadre du Jazz Festival de Ljubljana.

Trumpets and Drums : Live in Ljubljana (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Beginning 02/ End
Luc Bouquet © Le son du grisli

weasel walter mary halvorson peter evans mechanical malfunction

Le 1er avril 2012, trois musiciens iconoclastes (Weasel Walter, Mary Halvorson et Peter Evans) jouèrent ensemble. Ils improvisèrent comme de grands enfants, mais pour s'échauffer. Après quoi, ils servirent des compositions à eux : récréation guerrière ou parodie de générique télé pour Walter, morceaux appliqués et gentillets pour Halvorson... Heureusement les compositions d'Evans, plus intéressantes, sauvent la mise. Leurs partitions progressent avec agilité dans un complexe réseau d'interventions improvisées ou vous enturbanne de grandes capes de patchwork finement cousues à six mains. Alors, merci Peter.

EN ECOUTE >>> The Last Monkey On Earth

Weasel Walter, Mary Halvorson, Peter Evans : Mechanical Malfunction (Thirsty Ear / Orkhêstra International)
Edition : 2012.
CD : 01/ Baring Teeth 02/ Vektor 03/ Broken Toy 04/ Klockwork 05/ Freezing 06/ Malfunction 07/ Organ Grinder 08/ Interface 09/ The Last Monkey On Earth 10/ Bulging Eyes
Pierre Cécile © Le son du grisli

meteoCe mercredi 28 août, Peter Evans apparaîtra à Mulhouse, aux côtés de Clayton Thomas et Chris Corsano, sous le nom d'Etc. Pour cadre... Météo

 

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Christophe Korn : SIMEON (Edition Wandelweiser, 2013)

christof korn simeon

La note pourrait être unique, on n'en supposerait pas moins, derrière elle et consciencieusement dissimulées, plusieurs autres. Plusieurs qui, tout en arborant des couleurs différentes – une couleur unique, entend-on vraiment ? – se fondraient dans l'espace de manière égale : c'est à dire, sur le même ton, sur cet air insoupçonnable qu'elles ont de tout habiter. Sine Tone 1 / Sine Tone 2 : deux chants d'une demi-heure, enregistrés par Christoph Korn à l'été 2011.

La note est répétée, à distance ; son volume décline mais pas son intensité. Silence aidant, pensait-on avoir laissé s'échapper la première pièce, le son connu, reconnu, qu'un effet miroir bientôt nous renvoie à une autre note (la même, peut-être, mais pas unique). L'effet est-il inversé ? Comme plus tôt, la note tient de rares secondes avant de disparaître, non sans avoir appelé (ni tout à fait la même, ni tout à fait) une autre note encore. De celle-ci, la couleur est différente, la discrétion concurrente, la disparition lourde de conséquences : qui vous convainc que le temps qui passe est celui, musical, d'une tendre monotonie qui diffère.   

Christophe Korn : SIMEON (Edition Wandelweiser)
CD : 01/ Sine Tone 1 02/ Sine Tone 2
Enregistrement : Juillet / Août 2011. Edition : 2013.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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White Hills : So You Are… So You’ll Be (Thrill Jockey, 2013)

white hills so you are so you'll be

C’est à un grand mélange des genres que nous convient les New-Yorkais de White Hills : noisy pop, krautrock, rock psyché ou carton, tout cela baignant dans une marmite indie-expé dont les références majeures pourraient être Can aussi bien que Mudhoney, Jesus & Mary Chain comme Jesus Jones, Einstürzende Neubaten et pourquoi pas Merzbow

Distorsions & fuzzs à tous les étages, bienvenue dans l’univers (quand on y regarde de plus près, cela ressemblerait davantage au bordel monstre d’une chambre d’adolescent) d’un groupe qui depuis une dizaine d’années défend son « fuzzed out motorik spacerock ». Souvent efficace. Pas toujours de bon goût (le cocktail peut sonner Skunk Anensie comme sur MIST (Winter)). Conseillé ? Mmmouais... répond l'adolescent.

White Hills : So You Are… So You’ll Be (Thrill Jockey)
Edition : 2013.
CD / LP : 01/ InWords 02/ In Your Room 03/ The Internal Monologue 04/ So You Are… So You’ll Be 05/ OutWords 06/ Forever In Space (Enlightened) 07/ Rare Upon The Earth 08/ Circulating 09/ MIST (Winter)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Jean Martin, Frank Lozano, Jim Lewis, Rainer Wiens, Christine Duncan : At Canterbury (Barnyard, 2013)

jean martin frank lozano jim lewis rainer wiens christine duncan at canterbury

Lancés dans de sages contrepoints le saxophone de Frank Lozano et la trompette de Jim Lewis vont embarquer dans leur sillage le batteur Jean Martin, le guitariste et joueur de mbira Rainer Wiens et la vocaliste Christine Duncan. Va ainsi se froisser une improvisation aux résonances insolites, jamais totalement balisée. De cette improvisation en roue libre se mesurent et se juxtaposent quelques antinomies bien senties : caisse claire quasi militaire vs mbira obsédant, soufflants lyriques vs chant fuyant.  

Reste donc ici une forte impression d’indécision et de routine mêlés. Et le chroniqueur de rester sceptique face à ce mystère dont il ne sait s’il est force ou cul-de-sac.

EN ECOUTE >>> Corollary >>> Sojourn

Jean Martin, Frank Lozano, Jim Lewis, Rainer Wiens, Christine Duncan : At Canterbury (Barnyard Records)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Throwing Light 02/ Face the Same Direction 03/ Corollary 04/ Patience Game 05/ Sojourn  06/ Invocation 07/ Social Insects
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Matt Krefting : High Hopes (Open Mouth, 2013)

matt krefting high hopes

High Hopes, c'est un vinyle à deux faces (certains en ont trois, parfois quatre). High Hopes, c'est Matt Krefting (qui n'est pas un inconnu pour ceux qui suivent l'actualité Ecstatic Peace! et qui a notamment oeuvré dans Son of Earth et Believers) qui, seul à sa table, la fait méchamment tourner.

De quoi joue Matt Krefting ? Quelle question... De tout, de tout ce qui a été enregistré avant lui, de tout ce qui le sera après. Son rock est noise, son noise est soft d'accord mais remue bien plus que le disque noise le plus total (c'est la loi des enregistrements que Bill Nace édite sur Open Mouth). Des loops, des bris de verre, des field recordings, des chants religieux, des voix usurpées, des répétitions, des redites, des répétitions, des redites, des répétitions... Enfin une ambient rock qui par vague vous assoupit, vous réveille, et vous subjugue. A ceux à qui le nom de Krefting ne dit rien, il est temps de se renseigner.

EN ECOUTE >>> High Hopes

Matt Krefting : High Hopes (Open Mouth)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
LP : A/ High Hopes Part 1 B/ High Hopes Part 2
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Yells at Eels : Bandoleros en Gdańsk (1 Car Garage, 2012) / Wind Streaks In Sytris Major (TreeFallSounds, 2012)

yells at eels bandoleros en gdansk wind streaks in syrtis major

Un passage à Gdansk en 2011, où Yells at Eels fut augmenté du saxophoniste Marek Pospieszalski et du contrebassiste Wojtek Mazolewski, permit à Dennis González de faire d'une pierre deux coups. Les deux coups en question : un 45 tours (de la taille d'un trente-trois) et un trente-trois (de la taille d'un quarante-cinq) : Bandoleros en Gdańsk et Wind Streaks In Sytris Major, enregistrés le même jour.

Sur le premier, la section rythmique attire trompette et ténor au son d'une marche-valse aux parfums de Mexique – les deux contrebasses tiendront-elles la comparaison si l'on osait évoquer un air cousin de Tijuana Moods ? Les vents s'y entendent en tout cas, mais la collusion ne tient pas, l'envie d'en découdre est trop forte : González père et Pospieszalski décident de trajectoires surprenantes dont les deux courtes pièces de la seconde face (Bandoleros en Gdańsk et Artykuty Gospodarstwa Domowego, aux introductions fort lacyenne) exploiteront l'humeur fantasque.

Sur Wind Sreaks in Syrtis Major, les deux faces d'une même pièce : jouant de l'opposition des basses – archet contrant pizzicatos – puis de leur concordance retrouvée, le quintette développe un swing défait capable d'accueillir la folie de vents encombrés comme d'en digérer les traces persistantes. Comme sur le disque duelle, González & fils trouvent en leurs partenaires polonais deux semblables d'un art musical enlevé.

Dennis González Yells at Eels : Bandoleros en Gdańsk (1 Car Garage)
Enregistrement : 21 novembre 2011. Edition : 2012.
45 tours : A1/ The Polish Spirit B1/ Bandoleros en Gdańsk B2/ Artykuty Gospodarstwa Domowego

Dennis González Yells at Eels : Wind Streaks In Sytris Major (TreeFallSounds)
Enregistrement : 21 novembre 2011. Edition : 2012.
33 tours : A1/  Wind Streaks In Sytris Major (Part I) A2/  Wind Streaks In Sytris Major (Part II)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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