Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Evan Parker, Georg Graewe : Dortmund Variations (Nuscope, 2012)

evan parker georg graewe

C'est Steve Beresford qui le rapporte (dans le texte accompagnant It won't be called broken chair, Mengelberg & Parker, disque Psi) : « Evan once said that pianos were useful for him to put his coat on, implying that there was little else you could do with them. »

Sans doute le saxophoniste a-t-il, par la suite, changé d'avis quant à ce meuble sonore... N'enregistre-t-il pas, depuis plus de quinze ans, quantité d'albums avec des pianistes – et particulièrement en duo ? On se souvient encore des échanges avec Tilbury (Two chapters and an epilogue), Tracey (Crevulations), Farrell (Glossolalia), Shipp (Abbey Road duos), Fernandez (Tempranillo) ou Oberg (Full Bloom) !

Comme un pendant transatlantique au concert d'Oak Park (1998) publié par Okka sous le titre Unity Variations, la rencontre de Dortmund qui s'est tenue en octobre 2010 présente deux musiciens faisant front commun, dans un duo continu, au fil des altérations du climat. Evan Parker (au seul ténor – dont clefs et ressorts accompagnent le chant) et Georg Graewe (le pianiste, souvent accueilli chez Nuscope, tire ici ses quartz brisés d'un beau Bösendorfer) s'y dépensent en orpailleurs : brassant des eaux richement boueuses, ils amènent au jour, par tamisage, en lambeaux, des phrases qu'ils n'ont de cesse de retordre ; un trésor (Schlippenbach avertissait : Gold is where you find it) qui se tient davantage dans l'acte de recherche que dans les pépites.

Evan Parker, Georg Graewe : Dortmund Variations (Nuscope)
Enregistrement : octobre 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ Dortmund Variation I 02/ Dortmund Variation II 03/ Dortmund Variation III
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Han Bennink & Co. (Ilk, 2012) / Joachim Badenhorst : The Jungle He Told Me (Smeraldina-Rima, 2012)

han bennink & co

Avec sa seule caisse claire et jamais en manque de ressources, Han Bennink refuse le rôle d’accompagnateur tout autant que celui de soliste ici. Dans cet entre-deux fécond, il navigue entre balais et baguettes, se souvient de papa Jo Jones, entrechoque les bois, étouffe la peau, joue avec les contrastes, enveloppe le tempo plus qu’il ne le souligne.

Dans une relative retenue, le pianiste Simon Toldam et le saxophoniste-clarinettiste Joachim Badenhorst parcourent quelques points cardinaux du jazz (celui des origines, celui de Monk plusieurs fois cité, celui du free, celui des libres improvisations) et ne se lassent pas d’en dévier les axes. Et le bouillonnant et bondissant Bennink de s’enivrer de ce très tonique festin.

Han Bennink Trio : Bennink & Co. (Ilk / Orkhêstra International)
Edition : 2012.
CD : 01/ Klein Gebrek Geen Bezwaar 02/ Sim March 03/ Suite in a Sea 04/ Meet Me Tonight in Dreamland 05/ Dog 06/ Lauren-s S.D. 07/ Inside Inside 08/ Ganz 09/ Klein Gebrek Geen Bezwaar N° 2  10/ Kiefer 11/ Postlude to Kiefer and a Piece of Drum 12/ A Flower Is a Lovesome Thing
Luc Bouquet © Le son du grisli

joachim badenhorst the jungle he told me

Qu’il change sa clarinette défaillante en instrument exotique (genre duduk), fait œuvre de diphonie qui dans la lenteur vrille ou construit au ténor une pièce minimaliste qu’il aurait pu ne jamais finir de faire tourner, Joachim Badenhorst ne perd rien à la solitude. Rappelant – fond et forme confondus – Gunter Hampel, il ne se refuse ni mélodie anecdotique, ni déviation chaotique, ni blues à la Mezzrow : The Jungle He Told Me a en conséquence de quoi surprendre, et même convaincre.

Joachim Badenhorst : The Jungle He Told Me (Smeraldina-Rima)
Edition : 2012.
LP / Téléchargement : 01/ Klarinet 02/ Basklarinet 03/ Tenor 04/ Djilatendo 05/ Rafelromp 06/ Ek stamel ek sterwe 07/ X (for Joe McPhee) 08/ Singing the Blues 09/ Tafel Stomp
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Butch Morris (1947-2013)

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Vétéran de la guerre du Vietnam, Lawrence Douglas ‘‘Butch’’ Morris se fait entendre au cornet au début des années 1970 dans le Pan Afrikan Peoples Arkestra qu’Horace Tapscott anime en Californie – de l’expérience, naîtra son goût prononcé pour le travail en grands ensembles. Au même endroit, il fraie aussi avec Bobby Bradford et Frank Lowe avant de gagner New York où il fréquentera d’autres musiciens virulents : Charles Tyler, Hamiet Bluiett et David Murray. En 1976, avec Lowe qu’il retrouve, Morris gagne Paris : là, enregistre une première fois (The Other Side, référence de la discographie de Lowe) et puis d’autres en compagnie de musiciens français (Jean-Charles Capon, François Jeanneau, Jean-Louis Chautemps, André Jaume…). L’année suivante, c’est à Amsterdam qu’il se fait entendre en membre appliqué du Low Class Conspiracy de David Murray, saxophoniste auprès duquel il s’essaye bientôt à la direction d’orchestre et qui l’emploiera souvent par la suite en toutes sortes de formations. En 1982 à la tête du New York City Artists Collective puis en 1984 au Sweet Basil avec le big band de Murray, Morris commence à envisager le concept de « Conduction » – méthode personnelle qui est à la direction d’orchestre ce que la composition graphique est à la partition – qu’il mettra pour la première fois en pratique en 1985 au Kitchen Club (Current Trends in Racism in Modern America). Depuis lors, Butch Morris n’a cessé d’interroger les possibilités de sa méthode à la tête d’orchestres multiples – par lesquels passeront entre autres les membres du ROVA Saxophone Quartet, Frank Lowe, Arthur Blythe,Tristan Honsinger, George Lewis, Otomo Yoshihide, Tom Cora, Peter Kowald, Maarten Altena, William Parker ou encore Jemeel Moondoc. Way Ahead. Jazz en 100 autres figures, Le mot et le reste, 2011.

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Taylor Deupree : Faint (12k, 2012)

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Cheville ouvrière du label 12k, où en plus de diriger la manœuvre, il masterise la plupart des sorties, Taylor Deupree n’a eu de cesse, au cours de son abondante discographie, de présenter un visage sensible de l’electronica. Bien que d’aucuns jugeront son nouvel opus Faint prévisible, ce qu’une première écoute superficielle laisserait penser, un second passage plus approfondi dissipe bien vite les doutes.

Certes, on nage en plein dans les eaux cotonneuses si typiques de la maison new-yorkaise (songeons à Kenneth Kirschner ou Christopher Willits) mais en perçant la surface des cinq plages de l’album, on décèle une foule de détails enrichissants, qui sont largement à l’ouest du superflu. Conjuguant l’apaisement sans la vacuité, réunissant l’évaporation sans recours à la combustion, l’électronicien américain déploie un éventail de beautés sereines à mille lieues du bruit et de la fureur. Peut-être est-ce mon récent séjour dans la frénétique Shanghai qui m’y incite mais ce disque m’a fait un bien fou.

EN ECOUTE >>> Dreams of Stairs

Taylor Deupree : Faint (12k)
Edition : 2012.
CD : 01/ Negative Snow 02/ Dreams Of Stairs 03/ Thaw 04/ Shutter 05/ Sundown
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Thomas Borgmann, Wilber Morris, Reggie Nicholson : Nasty & Sweet (NoBusiness, 2013)

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Aux côtés de Sirone à la fin des années 1980 puis à la tête de l’Orkestra Kith’N Kin – présences de John Tchicai, Lol Coxhill ou Pat Thomas – ou encore associé à Peter Brötzmann, Thomas Borgmann dévoila ses fiévreuses intentions musicales. Des dispositions pour le trio l’incitèrent à fréquenter plus régulièrement encore Wilber Morris et Denis Charles de 1995 à 1998 (BMC Trio, dont Silkheart publiera The Last Concert). A la disparition de Charles, Reggie Nicholson prit place derrière la batterie : BMN Trio donnera des concerts jusqu’en 2002.

En 1999 – soit quelques mois après s’être produit à la Spirit Room de Rossie (disque CIMP You See What We’re Sayin’?) –, Borgmann, Morris et Nicholson étaient du Tempere Jazz Festival. La mise en place prend son temps, celui nécessaire à la déposition d’une texture qui démontre déjà la cohérence de la formation. Selon qu’il intervient au ténor ou au soprano, Borgmann instille ensuite – Sweet puis Nasty, alors – une improvisation aux reliefs abrupts ou verse dans un free autrement précipité. Morris modifiant avec subtilité les couleurs du décorum et Nicholson battant la mesure en hachant toutes secondes, voilà que les quatre faces ont passé avec force et rapidité. En supplément, trouver deux autres pièces improvisées le 25 avril 1998 : Wilber’s Mood et autre Nasty & Sweet. L’idée est la même, qui persiste et signe : il est temps de faire plus ample connaissance avec l’art de Thomas Borgmann



Thomas Borgmann, Wilber Morris, Reggie Nicholson (BMN Trio) : Nasty & Sweet (NoBusiness)
Enregistrement : 7 novembre 1999. Edition : 2012.
2 LP : A1/ Nasty & Sweet Part I B1/ Nasty & Sweet Part II C1/ We Went That Away C2/ Wilber’s Mood D1/ Nasty & Sweet
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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French Doctors : Au chevet des blessés (Ronda)

french doctors au chevet des blessés

Il faut toujours retourner un disque vinyl. On ne sait jamais, quoi qu’ait pu contenir sa première face, ce qui nous attend sur la seconde. Prenons l’exemple d’Au chevet des blessés, un enregistrement né d’une résidence des French Doctors (Sébastien Ogrob Borgo, Olivier Manchion, Frank de Quengo, Nicolas Bondage Marmin, Edward Perraud) aux Instants Chavirés en 2004, soigneusement rangé dans sa poche(tte) de sang…

Ainsi ça partait plutôt mal : les Doctors ayant voté à l’unanimité des frappes chirurgicales (bien sûr) de prog rock à drone et neutron qui manque trop de cohésion pour être efficace. Une vindicte molle qui fait un peu de bruit mais ne casse pas grand-chose. Mais c’est comme si ça tombait bien quand même : car le temps (celui de la face B) est venu pour les French Doctors de… réparer. Une basse tourne et retourne et la sauce-mercurochrome prend enfin. La mollesse de tout à l’heure prend les couleurs d’une indolence élégante et narcotique. Pris dans un champ de tirs électriques, l’auditeur profite à la maison d’une séance d’acupuncture pas comme les autres. Une fois celle-ci terminée, il pourra applaudir au beau LP une face qui l’a soigné !

French Doctors : Au chevet des blessés (Ronda)
Edition : 2012.
LP : Au chevet des blessés
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Sélectives expéditives : Creative Sources

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Ernesto Rodrigues, Angharad Davies, Guilherme Rodrigues, Alessandro Bosetti, Masafumi Ezaki : London (Creative Sources, 2005). En quelques lignes, « faire le tri » parmi les références Creative Sources, et de même dans la discographie du violoniste qui anime le label, Ernesto Rodrigues. Commencer par cet enregistrement d’un concert donné à Londres en 2005 : en compagnie d’Angharad Davies (violon), Guilherme Rodrigues (violoncelle), Alessandro Bosetti (saxophone soprano) et Masafumi Ezaki (trompette), l’alto peint un de ces paysages de craie qui l’obnubilent. Les techniques instrumentales, à bout de souffle, révèlent par le soupçon des confidences qui font  tanguer tout décor, et enfin vous chavire. (gb)

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Los Glissandinos : Stand Clear (Creative Sources, 2005). Clarinettes contre ondes sinus : sous un nom exotique (Los Glissandinos), Klaus Filip et Kai Fagaschinski enregistraient Stand Clear en juillet 2004. De longues notes, suspendues, s’y superposent, convergent ou interfèrent selon la force du vent et la trajectoire des ondulations ; surtout : quadrillent un territoire d’ébats que se disputent sifflements et chuchotements au creux desquels il arrive aux voix de Filip et Fagaschinski de se confondre avec subtilité. (gb)

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Birgit Ulher, Mazen Kerbaj, Sharif Sehnaoui : 3:1 (Creative Sources, 2006) Six pièces improvisées en 2006 par deux trompettistes (Birgit Ulher, Mazen Kerbaj) et un guitariste (Sharif Sehnaoui) aux usages peu communs. Coups de pression entretenant l’effervescence, la musique se nourrit du bruit de cordes interrogées à la baguette, de projectiles soufflés et d’effets d’aiguilles redessinant sans cesse la partition. Dans le discours expérimental, ce bel art partagé de l’insinuation, qui de l’improvisation abstraite relève la saveur et explique avec superbe tous les remuants efforts. (gb)

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Bertrand Denzler, Jean-Luc Guionnet, Kazushige Kinoshita, Taku Unami : Vasistas (Creative Sources, 2005). Les yeux levés vers le vasistas du 31 Nevill Road, à Londres, on enregistre ce qui en traverse le cadre ce 19 septembre 2003 : les souffleurs du groupe Hubbub sont associés à Kazushige Kinoshita (violon) et Taku Unami (laptop, guitare) pour près de soixante-dix minutes d'affût tendu (allons, il y a tout de même quelques moments creux) ; la trame du fog – archet & machine – est perforée çà et là de brusques libérations – clapets, slaps, pizz' – étranglées qui s'agglutinent en petites concrétions. Sévère mais admirable broderie pour l'auditeur qui accepte l'épreuve d'endurance. (gt)

cs5

Xavier Charles, Bertrand Denzler, Jean-Sébastien Mariage, Mathieu Werchowski : Metz (Creative Sources, 2004). C'est un plaisir renouvelé que de réécouter cette demi-heure de musique enregistrée par Jean-Luc Guionnet en octobre 2003 au Temple Neuf de Metz ! Tirant parti de l'acoustique réverbérante des lieux, clarinette, saxophone ténor, guitare électrique et violon poussent leurs séquences de jeu (que des pauses silencieuses organisent) avec une fine élégance : travail « dans le son » collectif, changements de plans et efflorescences aboutissent à un développement organique passionnant. (gt)

cs6

Günter Müller, Jason Kahn, Christian Wolfarth : Drumming (Creative Sources, 2005). En neuf pastilles effervescentes (taillées cut dans une session au WIM de Zurich, fin octobre 2004), les drummers Müller (iPod, electronics), Kahn (laptop) et Wolfarth (percussion) appliquent à l'art tambourinaire une définition extensive... ou très littérale : à force d'entrelacs, de chevauchements, de prolifération, les pouls entrent en ébullition et crépitent ; anamorphoses, boucles, basses et balais, dans leur intrication, confèrent grain et complexité au flot – que prolongera, en 2009, le disque Limmat. (gt)

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Giuseppi Logan Project (Mad King Edmund, 2012)

giuseppi logan project

De Giuseppi Logan, perdu de vue depuis une trentaine d’années, on est content d’avoir des nouvelles. Celui qui a toujours œuvré dans la périphérie de la périphérie semble avoir assagi son souffle autant que désavoué sa nervosité. Peu loquace, naviguant entre microtonalité et dissonances, voici l’altiste aux portes de l’absence, déambulant plus que s’imposant puis s’ouvrant à quelque déchirant sursaut.

Ici, une musique du détail entre fragilité et fragilité et dont l’assise à la charge de l’insatiable Cooper Moore et du très sérieux Larry Roland (Ed Pettersen et Tracy Silverman sont bien trop lointains et superficiels pour nous interpeller) décrispe quelque peu un retour qui, s’il n’est pas renaissance, ne manque ni d’atouts ni de charme.

Giuseppi Logan : The Giuseppi Logan Project (Mad King Edmund / Souffle Continu)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ The Occupy Blues 02/ Improv 1 03/ Improv 2 03/ Satin Doll 04/ Spiral 05/ Sweet Georgia Brown
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Lea Danzeisen, Christoph Schiller : 47°13’ N 7°E (Creative Sources, 2012)

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Zehn & Neun. Une demi-heure et un quart d’heure d’improvisation et un seul instrument, l’épinette, sous les mains expertes (quatre des huit mains du Spinettquartett du pianiste Jacques Demierre) de Lea Danzeisen et Christoph Schiller.

Comme avec Birgit Ulher (Kolk) ou Jonas Kocher (Duos 2011), Schiller fait avec Danzeisen fi de la tradition. En échange, le duo cherche dans tous tous les recoins de l’instrument qu’il pince, frotte, taquine ou étouffe. Les cordes pour ainsi dire mises au rebut, c’est la carapace, l’enveloppe ou l’âme, de l’épinette qui donne les sons qui indiquent sur la carte la place des musiciens. Quand même, il faut tendre l’oreille, être sensible aux clochettes, aux susurrements et aux crépitements des fuseaux dont certains font croire que Danzeisen et Schiller manient des feedbacks. Bien sûr il n’en est rien. A la latitude et à la longitude énoncées, ils réinventent acoustiquement, « simplement », l’épinette.

Lea Danzeisen, Christoph Schiller : 47°13’ N 7°E (Creative Sources / Metamkine)
Enregistrement : 15-17 août 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Zehn 02/ Neun
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Slow Listener : The Long Rain (Exotik Pylon, 2012)

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Bizzarerie d‘entre les étrangetés, The Long Rain de Slow Listener s’impose à l’auditeur telle une version gloomy electronica du Château d’Argol de Julien Gracq. Oppressant et visionnaire, finement gothique sans le mascara ni les corbeaux, l’œuvre du musicien britannique Robin Dickson imprègne longuement les consciences, en deux épisodes étirés d’une vingtaine de minutes chacun.

Sur le premier morceau, And Nor Was He Mistaken, une voix lugubre et caverneuse n’a de cesse de répéter jusqu’à l’obsession morbide les quelques mêmes mots, ça fout, sinon une belle pétoche, un frisson mortifère. A peine moins névrosée, Ondras Rising imaginerait des échos blafards de cave BDSM, flitrés dans une mine de plomb sibérienne peuplée de monstres difformes en uniforme nazi. Fichtre, quel programme.

EN ECOUTE >>> Ondras Rising (extrait)

Slow Listener : The Long Rain (Exotik Pylon)
Edition : 2012.
K7 : A/ And Nor Was He Mistaken B/ Ondras Rising
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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