Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Lettre ouverte de Joëlle Léandre aux Victoires du jazzle son du grisli #3Conversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Pietro Riparbelli : Three Days of Silence (GruenRekorder, 2012)

pietro riparbelli three days of silence

J’ai eu la chance de passer quelques heures au sanctuaire de la Verna, en Toscane. Les nuages étaient noirs et semblaient contenus par la forêt et la roche qui donnent son caractère au lieu. Pietro Riparbelli y a passé trois jours, lui, partageant la vie des moines, enregistrant les respirations de cette bâtisse fondée par Saint-François d’Assise pour en faire ce CD, Three Days of Silence.

Le titre est trompeur. On n’entend pas de silence ici mais l’air qui tourne autour des lourdes pierres, des pas et des portes qui se referment sur les cellules, un chœur ou un orgue qui chante dans l’ombre… Avec tout cela, Riparbelli a composé une ode à la retraite en tressant des drones et en taillant dans les sons. C'est noir et c'est profond. C’est pourquoi ce n’est pas La simplicité du cœur que l’on conseillera de lire en écoutant Three Days of Silence, mais Une saison en Enfer. Rimbaud n’y a-t-il pas écrit : « Si j’ai du goût, ce n’est guère que pour la terre et les pierres » ?

EN ECOUTE >>> Trois extraits

Pietro Riparbelli : Three Days of Silence. The Mountain of the Stigmata (Gruenrekorder)
Enregistrement : 2011.
CD : 01/ First Day 02/ Stillness 03/ Second Day 04/ Duration 05/ Third Day 06/ Aletheia
Héctor Cabrero © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Felix Kubin : TXRF (It's, 2012)

felix kubin txrf

Homme de tous les dadaïsmes, qu'ils soient en solo expérimental – tendance funny robots  – ou en collaboration électro-poppy (je songe plus particulièrement au génialement décalé Detached from All Objects avec Pia Burnette, en 2007), Felix Kubin enrobe la première description pour son nouvel opus TXRF (pour Total Reflection X-Ray Florescence). Méthode utilisée pour « analyser la surface des matériaux en les bombardant de rayons X extrêmement plats » (ne m'en demandez pas plus), le double vinyle explore sans la moindre once de monotonie la théorie sur des synthétiseurs et séquenceurs divers (MS20, SQ10...).

Au-delà de l'apparente sécheresse de la démarche, le producteur de Hambourg s'est une nouvelle fois fait grand plaisir à chipoter les touches et boutons dans tous les sens. Cosmique sans tomber dans la facilité étoilée de nombre de ses compatriotes, Kubin imprime toujours un second degré cher à mes oreilles, même si, par éclats malvenus, on sent la démarche se prendre les pieds dans le cablage (Total No. 1), la chaleur émise par les machines kubiniennes transperce les enceintes, tout le contraire en somme de Benge quand il se laisser aller dans la complaisance prise de tête de ses Twenty Systems en 2008. Car de vaines recherches qui donnent mal au bulbe, point de trace chez M. Kubin – et parfois on se marre jusqu'à l'os, façon Radioaktivität vs Conrad Schnitzler.

EN ECOUTE >>> Extraits

Felix Kubin : TXRF (It’s)
Edition : 2012.
CD / LP : 01/ Total No.1 02/ Total No.2 03/ Total No.3 04/ Total No.4 05/ Reflection No.5 06/ Reflection No.6 07/ Reflection No.7 08/ X-Ray No.8 09/ X-Ray No.9 10/ Fluorescene No.10
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Bruno Duplant : Slow Breath (B-boim, 2011) /Bruno Duplant, Paulo Chagas, David Sait : Late Winter/Early Spring (AudioTong, 2011)

bruno duplant slow breath

La pièce de musique que Bruno Duplant fait paraître sur le label de Radu Malfatti est justement dédiée au tromboniste. Réglant son pas sur celui du dédicataire, Duplant joue-là de mesure et de silences en se focalisant sur l’avènement et l’évanouissement d’une note. L’instrument choisi pour ce-faire est un cor, qu’augmente un peu d’électronique.

Un grave entame ce jeu d’apparitions et de disparitions : la présence « en soi » des notes convoquées alternant selon les nuances ou les directions qu’on leur donne – longueur et intensité varient ainsi, le ton peut changer, des souffles miniatures venir consolider le fil auquel Slow Breath est attaché, un parasite transformer la forme de l’espace où courent les vibrations. Au mitan, les rapprochements sont plus nombreux – deux notes peuvent même se gêner –, qui commandent à Duplant d'en revenir aux distances. Reprenant son ouvrage d’attente, le musicien persiste alors : le délitement en musique n’est pas l’affaire d’un temps retors à employer, plutôt la marque en négatif de tout ce que ce temps pourrait contenir.

Bruno Duplant : Slow Breath (B-boim / Metamkine)
Edition : 2011.
CD : 01/ Slow Breath
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



bruno duplant late winter

Sur Late Winter/Early Spring, Duplant revient à sa contrebasse. Epaisse, elle enveloppe le guzheng et le mélodica de David Sait, les clarinettes de Paulo Chagas – la collaboration Duplant / Chagas s’en trouvant fortifiée. Ici, le minimalisme dispute à l’agitation expressionniste un folk à amok infusant sur steppes blanches (Late Winter). Moins convaincante, Early Spring voit le trio faire d’interventions verticales une forêt où se confronter avec une estime paresseuse.

Bruno Duplant, Paulo Chagas, David Sait : Late Winter/Early Spring (AudioTong)
Edition : 2011.
Téléchargement : 01/ Late Winter 02/ Early Spring
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Graculus : Small Things (Whi Music, 2012)

graculus small things

Chez Richard Harding (guitare classique) et Phil Hargreaves (flûte ou saxophone soprano), on fait dans le très court : ici, trente-quatre improvisations dont les plus longues dépassent rarement les deux minutes.

Le duo de Liverpool fait de chaque pièce un essentiel ; accompli ici, trébuchant ailleurs puisque que tel est le pari. L’un étouffe ses cordes, l’autre étrangle son souffle. Tous les deux s’investissent dans un baroque déviant, frôlant mais n’ajustant jamais la dissonance espérée. Chaque mini-pièce est un colis sans adresse de livraison, un geste sans espoir de retour. Et au final, il faut bien reconnaître à ces trente-quatre cadences, dont on ne connaîtra rien du mouvement initial, un charme entêtant. Parfois envoûtant.

Graculus : Small Things (Whi Music)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD / Téléchargement : 01/ Petrus 02/ After Rotation 03/ The Star Pirates 04/ Slug Fury 05/ Fairy Rant 06/ Raptor 07/ Stray Song 08/ Sapient Gnu Oil 09/ Spontaneous Scar Tissue 10/ Ring 11/ He Plunge Southerly 12/ Apostrophe 13/ She Can Resist 14/ The Truant Pastor 15/ Past Life 16/ Past Life 17/ Pale Cotton 17/ Spirit Train 18/ Song of Transit 19/ Pins, Prongs, Cogs, Nails 20/ Suctionstory 21/ Pristine 22/ Runic 23/ FireSpy 24/ Roast Gopher 25/ To the Tiger Station 26/ Spine 27/ Rain-Panic 28/ A Rusty Nail 29/ Ghost Photographic 30/ Soil Trophy 31/ Autoerotic 32/ The Lost Pyre 33/ Things Nautical 34/ Scintillate
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Foxes Fox : Live at the Vortex (Psi, 2012)

foxes fox live at the vortex

C'est en studio, à l'été 1999 d'abord (pour Foxes Fox, Emanem), peu après la formation « accidentelle » du groupe – par adjonction de Steve Beresford (piano) au trio d'Evan Parker (aujourd'hui au seul ténor), John Edwards (contrebasse) et Louis Moholo (batterie) – à l'automne 2004 ensuite (avec Naan tso, Psi), que les quatre musiciens avaient jusqu'alors enregistré, et il est particulièrement heureux que les micros de Steve Lowe les aient enfin saisis sur scène pour leur troisième disque, tant leur équipe semble adaptée à ce terrain.

La qualité toute orageuse du son que le quartet développe dès les premiers instants est électrisante et rend ce concert au Vortex passionnant. Remous brassés d'Edwards ; clavier insaisissable ou charpenteur ; batterie bruissante et tendue, explosible ; ténor rauque, sanglier à la hure hirsute. De front, une manière martiale, embrasée, propulsive. S'y complaire aboutirait à une complète combustion (et de l'invention et de notre attention) : il faut combiner, composer, et la quarantaine de minutes du premier set suffit, avec ses vrais moments de bravoure, à l'extraction d'un free rugueux auquel on pouvait certes s'attendre... mais auquel on ne peut se soustraire.

L'arrivée de Kenny Wheeler (trompette et bugle) sur les planches, pour quarante autres minutes, permet de rebattre un peu les cartes. Ses sinuosités ouvrent des perspectives et suggèrent d'autres climats : l'horizon y gagne éclaircissement, répartition, profondeur de plans, et les échanges se renouvellent en conséquence – jusqu'à un certain lyrisme. Que demander de plus ?

Foxes Fox : Live at the Vortex (Psi / Orkhêstra International)
Edition : 2012.
CD : 01/ Foxes Set 1 02/ Foxes Set 2 03/ Foxes Set 3
Guillaume Tarche © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Kenneth Terroade : Love Rejoice (BYG Actuel, 1969)

Ce texte est extrait du dernier des quatre fanzines Free Fight. Retrouvez l'intégrale Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

kenneth terroade love rejoice

Love Rejoice est la vingt-deuxième référence de la mythique série « Actuel » du label BYG lancé en 1969. Une année fertile, symptomatique d’un certain bouillonnement révélé par l’historique festival Panafricain d’Alger, mais aussi par celui d’Amougies, où rock progressif et free jazz partagèrent la même scène. La contestation visait alors l’ordre établi comme toute forme de hiérarchie et d’autoritarisme. A Paris, quelques mois après les événements de mai 1968, le jazz s’en fit écho.

Parmi toutes les galettes BYG, dont beaucoup ont fini par devenir cultes, Love Rejoice ne fait pas partie de celles que l’Histoire a retenues – pas plus d’ailleurs que celles signées par Acting Trio ou Claude Delcloo. En guise de préambule pourtant, sur la pochette, Jean-Max Michel du magazine Actuel insistait : « Ce disque marque le commencement d’une nouvelle ère dans la nouvelle musique en France. » Absence de nuances et lourdeur de tels propos laissent songeur… Car honnêtement, aussi bon soit Love Rejoice, celui-ci appartient sans ambigüité possible à une esthétique balisée bien avant sa parution, en France y compris, si l’on veut bien considérer le travail de François Tusques, d’ailleurs ici présent au piano. Ce n’était pas lui rendre service que d’en faire par avance une sorte de Something Else!!! qu’il n’est évidemment pas.

TERROADE1

Pareilles prétentions expliqueraient-elles les attaques dont il fut l’objet à l’époque, jusqu’à représenter, pour quelques critiques tout du moins, l’idée qu’on pouvait se faire d’un jazz certes libéré, mais pas franchement libre. Jean-Max Michel, à nouveau : « Ce disque n’a pas été préparé. Les thèmes de Kenneth Terroade et Ronnie Beer ont été écrits spécialement pour la séance et déchiffrés « sur le tas ». Cela permet à l’enregistrement de conserver tout son caractère de spontanéité, indispensable à l’élaboration d’une telle musique. » Pourquoi pas ? La méthode avait été préalablement expérimentée aux Etats-Unis, et les disques ESP offrirent la preuve qu’elle était capable de porter ses fruits : les musiciens peuvent s’occuper de tout, le producteur ne se chargeant que de la logistique, sans que cela soit forcément préjudiciable. Une politique qu’annonçait déjà, à sa manière, Blue Note, avec ses disques au personnel modulable à l’envi, parfois peu préparé (et aux résultats certes variables).

Quoiqu’il en soit, Kenneth Terroade (ici secondé par Ronnie Beer, Evan Chandley, François Tusques, Beb Guérin, Earl Freeman, Claude Delcloo) allait devenir une cible privilégiée de ceux qui commençaient alors de questionner le free après en avoir soutenu l’émergence. Dans Jazz Magazine, au moment de sa sortie, Love Rejoice ne récolta qu’un 5/10 bien sévère. Et Alain Gerber d’argumenter : « Après cinq ans de cogitations houleuses, on commence d’entrevoir pourquoi, comment et dans quels buts est produit le jazz libertaire. On commence aussi à faire le départ entre ceux qui ont authentiquement constitué les nouvelles formes – Ayler, Shepp, Cherry, Sanders, Taylor, Coleman, Coltrane – et les autres dont la « spontanéité », comme par hasard, s’exprime selon des modèles suggérés par les premiers. C’est là leur erreur et celle d’un certain free jazz « bis » proliférant en ce moment et marquant la clôture d’un jazz véritablement free. Le statut idéologique dont on pare une musique (plus ou moins arbitrairement mais c’est une autre histoire) ne fait rien à l’affaire : bourgeois ou révolutionnaire, le jeune musicien, ne serait-ce que par souci d’efficacité, doit faire ses classes. On peut se demander si cette expérience valait d’être enregistrée. »

TERROADE2

Que dire ? Que Kenneth Terroade avait bel et bien fait ses classes auprès des musiciens britanniques qu’il rencontra à Londres, et parmi lesquels Chris McGregor ou John Stevens. Et qu’ensuite il fit partie d’une des formations de Sunny Murray, sans conteste un batteur révolutionnaire, tout comme John Stevens d’ailleurs. Idem pour Ronnie Beer à quelques détails près (Evan Chandley – à l’époque – étant par contre le moins connu du lot). Certes ces musiciens sont des seconds couteaux du free, mais qu’en aurait-il été sans eux ? Sans cette marge qu’ils incarnaient de leur indubitable engagement ? Ne peut-on apprécier d’un même élan le cinéma des Straub ET le « bis » d’un José Bénazéraf, d’un Jesus Franco ou d’un Jean Rollin ? Bien évidemment OUI, même si Rollin ne possède ni la virtuosité des Straub ni leur sens de l’analyse.

Kenneth Terroade et ses amis, pour revenir à eux (François Tusques et Beb Guérin ne furent cependant pas visés par les attaques d’Alain Gerber), se bornèrent probablement au rejet d’un ensemble de conventions nées de l’exploitation commerciale du jazz, sans autre objectif que d’en jouir dans l’urgence de l’instant. Rien de mal, ni de futile à tenter l’expérience une énième fois. Finalement, par une des ces surprises que l’Histoire se plaît régulièrement à réserver, cette musique a fini par nourrir l’underground noise des années 1990 et 2000, dont certains représentants la reconnaissent séminale. Comme quoi cet enregistrement valait d’être réalisé. Et même si Varèse l’aurait certainement qualifié de « pompe à merde » (alors qu’un Bach l’aurait condamné comme « crierie » à la « monotonie diabolique »), il vaut d’être réécouté pour ce qu’il offre de beautés convulsives accouchées sans préméditation.

TERROADE3

Commentaires [0] - Permalien [#]

Sonore : Cafe Oto/London (Trost, 2011)

sonore_cafe_oto

Peter Brötzmann et deux disciples accomplis ayant trouvé dans la nuance leur propre voix – Ken Vandermark et Mats Gustafsson –, voilà l’association qu’est Sonore. Selon les formules et les instruments choisis (saxophone baryton pour Gustafsson, ténor et clarinette pour Vandermark, ténor, alto, clarinette et tarogato pour Brötzmann), le trio attestait son entente le 20 avril 2011 à Londres.

Le propos musical – trois pièces écrites par chacun des intervenants et une improvisation – est souvent, vue l’épaisseur des souffleurs, de collisions. Mais les dérapages sont nombreux, qui emportent les musiciens d’écarts bravaches en concours de chants caverneux, de constructions que les musiciens élèvent tout en se faisant la courte-échelle en longs tunnels encombrés. Le free bougerait encore ; bien plus, il est entier.

Sonore : Cafe Oto/London (Trost / Souffle Continu)
Enregistrement : 20 avril 2011. Edition : 2011.
CD / LP : 01/ Fragments for an Endgame 02/ (I Was Arranging Her) Arms 03/ Le chien eprdu 04/ OTO
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

NHK.Koyxen : Dance Classics Vol. 1 (PAN, 2012)

nhk koyxen dance classics 1

Producteur aux innombrables pseudonymes (NHK, NHKyx, Koyxen...), Kouhei Matsunaga nous offre, le titre est suffisamment explicite, une sélection très vivace de ses divagations dancefloor. Largement à l'ouest de ses œuvres noise ou abstraites, notamment les morceaux basés sur Henri Chopin qu'il avait écrites pour la WDR de Cologne, l'artiste japonais évite, c'est très heureux, le piège de la monotonie kilométrique en 4/4 sur les onze pistes de Dance Classics Vol. 1 – dont plusieurs sont de simples transitions de moins d'une minute.

A vrai dire, l'ensemble est vachement fun tout en oubliant de nous prendre pour des veaux parqués au Blue Disco Club de Gueugnon – oui, celui entre l'Intermarché et Flunch. Variés et efficaces sans jamais franchir le seuil de la putasserie from Ibiza (think Berlin meets Osaka), les rythmes syncopés de NHK'Koyxen s'inscrustent avec bonheur entre techno dub(step) et video games experiences, voire électro-pop de traviole où ne manque qu'une ligne vocale black soul genre Shara Nelson. La bête s'intutulant Volume 1, ne reste plus qu'à espérer un second volet du même tonneau, celui-ci n'est pas des Danaïdes.

NHK.Koyxen : Dance Classics Vol. 1 (PAN)
Edition : 2012
LP : A1/ 587 A2/ 57 A3/ 476 A4/ 568_491 A5/ 638 A6/ 625 B1/ 521 B2/ 530 B3/ 55 B4/ 572_2 B5/614
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Jimmy Halperin, Dominic Duval : Changing Tranes (CIMP, 2012)

jimmy halperin dominic duval changing tranes

Un an après Music of John Coltrane (NoBusiness) mais sans Brian Willson, Jimmy Halperin et Dominic Duval retrouvent le repertoire de John Coltrane, période Atlantic.

Bonne conseillère, l’intimité du duo offre aux thèmes de Coltrane une fraîcheur bienvenue et désagrège le drama coltranien au profit d’une conversation étendue. D’une robuste contrebasse et d’un saxophone faussement timide, l’une et l’autre en plein cœur (Lazy Bird, Like Sonny) ou en périphérie des thèmes de Coltrane (Changes on Spiral, Central Park West Changes), émergent vivacité et implication, générosité et légèreté. Un délestage en quelque sorte.

Jimmy Halperin, Dominic Duval : Changing Tranes (CIMP)
Enregistrement : 2009. Edition : 2012.
CD : 01/ Changes on Spiral 02/ Lazy Bird 03/ For Heaven’s Sake Variations 04/ Syeeda’s Song Flute 05/ Central Park West Changes 06/ Countdown 07/ G.S. 3/4 08/ Moment’s Notice 09/ Like Sonny
Luc Bouquet © Le son du grisli

john coltrane luc bouquet lenka lente

Commentaires [0] - Permalien [#]

Joachim Montessuis : Chapel Perilous (Fragment Factory, 2012)

joachim montessuis chapel perilous

La bataille est rangée, que Joachim Montessuis a décidé de livrer à son propre corps ; qui se joue entre molaires et incisives d’abord, avant de gagner le pharynx puis la trachée. Ce sont donc des bruits de bouche, des cris étouffés, des sifflements, des injections et des projections, qui ouvrent Chapel Perilous, vingt-trois pièces sonores (enregistrées entre 2005 et 2011) qui pourraient n’en faire qu’une.

Ce flot de vacarme que Montessuis s’inocule en frénétique le retourne bientôt : engouffrés, les bruits s’installent sur organes et prolifèrent ; sous la peau, les plus aigus imaginent refaire surface. A corps perdu, le vocaliste tente de camoufler les premiers renflements, se contorsionne en conséquence et produit d’autres bruits – qui peuvent tenir du flageolet comme de l’expérimentation noise. Mais bientôt, l'homme abdique : son chant de souffrances aura été fantastique, au son duquel il a rampé jusqu’à la chapelle qu'il s'était choisie pour destination.  

EN ECOUTE >>> Chapel Perilous (extrait)

Joachim Montessuis :  Chapel Perilous (Fragment Factory)
Enregistrement : 2005-2011. Edition : 2012.
LP : Chapel Perilous
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

>