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Arthur Doyle : Alabama Feeling (AK-BA, 1978)

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Ce texte est extrait du troisième volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Dans un entretien datant de fin 1995, publié l’année suivante dans un numéro devenu rare de Discographie, Pierre Hemptinne interroge le saxophoniste Arthur Doyle à propos d’un de ses enregistrements de prison (il y fut détenu par erreur, en France, entre 1983 et 1988) : « La résistance est passée par ma tête et par mon sax comme du courant électrique, de manière positive. Ma musique est une tentative de résistance contre l’utilisation des échelles à huit notes et l’usage des accords conventionnels. J’essaye d’utiliser les sons et les couleurs retentissantes et destinées à l’âme, des notes qui sont plus grandes qu’un ton entier et plus petites qu’un demi. La musique que je fais expose à l’incarcération sociale, mais il faut être fort et croire en ce que l’on fait. » Quand on écoute l’opus ayant motivé l’interview dont ces propos sont extraits (un songbook rudimentaire et incroyablement poignant) il ne fait aucun doute qu’Arthur Doyle croit en ce qu’il fait (comme un Charles Gayle par exemple, avec qui il partage bien des points communs), et qu’il ne peut en envisager le résultat autrement qu’as serious as his life. Ce qu’Arthur Doyle confirme : « Ce qui est audible dans ma musique est peut-être issu du silence, mais d’un silence RETENTISSANT : la solitude provient du fait d’être enfermé et de vivre dans une société raciste. » 

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Dans un autre fanzine, Supersonic Jazz, Yves Botz, des Dust Brreders et Mesa Of The Lost Women, parlait de sa manière d’épuiser interminablement un son, d’un corps tout entier instrumentalisé par cette quête, ou encore de vaudou, tout en tissant des liens évidents avec Borbetomagus, l’écrivain Pierre Guyotat et le groupe japonais Gerigerogegege

Depuis que The Black Ark de Noah Howard (sur lequel figure Arthur Doyle) et Alabama Feeling ont été réédités, l’on en sait enfin plus sur l’homme, notamment grâce à Dan Warburton, critique et musicien ayant eu le privilège d’enregistrer avec le saxophoniste. 

Arthur Doyle, on l’aura compris, est originaire de l’Alabama, comme Sun Ra. Il a commencé par écouter Louis Armstrong et Duke Ellington dans l’orchestre de qui, à l’instar de son confrère Noah Howard, il a surtout remarqué Paul Gonsalves. En âge de jouer, Arthur Doyle s’illustra d’abord aux côtés de Donny Hataway et Gladys Knight avant qu’ils ne rencontrent le succès avec leurs hits soul. D’ailleurs, tout comme Albert Ayler et Frank Wright, Arthur Doyle a fait ses classes au contact du gospel et du rhythm’n’blues dont il propose finalement sa vision, écorchée et sauvagement paroxystique : ce que l’intéressé a lui-même défini comme ressortant d’une technique particulière et de son cru nommée « Voice-O-Phone », qu’on ne peut que comparer à ce que Rashaan Roland Kirk puis Dewey Redman mirent au point bien avant, ce qu’Arthur Doyle ignorait totalement – soit dit en passant. 

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Tout autant que The Black Ark (où, quels que soient les orientalismes que l’on ne manquera pas d’y percevoir, « l’Afrique incarne la maison première de la Terre Mère »), un trio constitué de Milford Graves, Hugh Glover, Arthur Doyle, et dont Bäbi constitue l’unique (et rarissime) témoignage phonographique, a tracé la voie des futurs combos de noise ouverts au free jazz. Parmi eux Borbetomagus au premier chef, mais aussi The Blue Humans, combo no wave au sein duquel Arthur Doyle s’est illustré dès décembre 1978 au Max’s Kansas City à New York, parallèlement à la sortie d’Alabama Feeling. Au sein de ce groupe piloté par le guitariste Rudolph Grey, Arthur Doyle devait croiser le fer avec le batteur Beaver Harris, et même occasionnellement avec le génial Rashied Shinan, présent sur Alabama Feeling et sur l’hyper-free Black Beings de Frank Lowe – ce n’est évidemment pas une coïncidence. Quelque soit le contexte, Arthur Doyle s’acharne toujours à d’infernales glossolalies, sans amortissement possible, incarnant comme nul autre l’homme primitif, à force de vociférations et d’allégresse ravageuse. 

En dépit d’absences en rapport avec un destin hors du commun, Arthur Doyle réussira à rencontrer des musiciens aussi intéressants qu’Alan Silva, Sunny Murray, Thurston Moore, Tom Surgal, Barre Phillips, Keiji Haino et même Takashi Mizutani, guitariste du groupe psychédélique culte nippon Les Rallizes Denudés

Alabama Feeling est l’un des très grands disques sauvages du free : avec Black Beings de Frank Lowe, Machine Gun de Peter Brötzmann, les solos de Kaoru Abe, Spiritual Unity d’Albert Ayler, le triple album du Celestrial Communication Orchestra édité par BYG, l’Olatunji Concert de Trane, les inédits tardivement exhumés de Juma Sultan, le double LP du Jazz Composers’ Orchestra de Mike Mantler avec Cecil Taylor et Pharoah Sanders, Marzette Watts And Company et Bäbi de Milford Graves. Paul Flaherty avec Chris Corsano et C. Spencer Yeh, voire le Tight Meat Duo, reprendront le flambeau à leur manière.

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Erb & Lonberg-Holm Erb Expéditives

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erb_lonberg_holm_sackChristoph Erb, Fred Lonberg-Holm, Jason Roebke, Frank RosalySack (Veto, 2011)
Le 2 mai 2011 à Chicago, Christoph Erb embouchait saxophone ténor et clarinette basse en grande compagnie : Fred Lonberg-Holm (violoncelle et guitare), Jason Roebke (contrebasse) et Frank Rosaly (batterie, électronique). Le groupe investit le domaine d’une improvisation aux tensions vives où fleurissent les références (jazz, minimalisme, noise…). Erb brille lorsqu’il répète un motif et le fait vriller, Lonberg-Holm lorsqu’il exalte le collectif, à coups d’archet ou de médiator.

erb_aloneChristoph Erb : Alone (Veto, 2011)
A Chicago déjà, Erb enregistrait un peu plus tôt Alone. Au ténor et à la clarinette basse, enregistrant parfois plusieurs fois pour une même plage, il s’adonnait à l’exercice en solitaire en expressionniste. Dans les pas d’Evan Parker au ténor (évocation de Chicago Solo, que publia Okka Disk), Erb invente dans le même temps qu’il vibrionne, voire s’affole : à bout de souffle, il envisagera encore l’instrument en l’astiquant.

erb_lonbergChristoph Erb, Fred Lonberg-Holm : Screw and Straw (Veto, 2012)
La clarinette basse est remontée, l’archet la contre avant de l’agacer davantage : les premières minutes de Screw and Straw, duo improvisé le 23 juin 2011, peignent Erb et Lonberg-Holm en querelleurs inquiets des coups qu’ils pourraient prendre. Plus loin, Lonberg-Holm passe à la guitare et part à l’assaut des répétitions du clarinettiste. L’opposition, dans un brouillard électronique, finit par impressionner – sur le neuvième temps notamment.

lonberg_zarzutzkiFred Lonberg-Holm, Aaron Zarzutzki : Feminization of the Tassel (Peira, 2011)
Si cette rencontre Fred Lonberg-Holm / Aaron Zarzutzki commence chichement, elle saura prendre de la hauteur. Lancé par des machines expressives (le violoncelle en est une, ce « no-input turntable » une autre), raclements et tiraillements s’entendent sur une improvisation éclatée à en devenir singulière : certes parfois creuse, mais encourageante (qu’il faudra creuser, donc)…

lonberg_stridFred Lonberg-Holm, Raymond Strid : Discus and Plumbing (Peira, 2012)
Autre référence Peira,  cette improvisation (non datée) oppose Lonberg-Holm à Raymond Strid. Le batteur, qui a appris à plus d’un musicien de quoi retourne le respect, oblige l’archet à plus de concentration. Contrant les coups secs et prenant appui sur les résonances, Lonberg-Holm élabore attaques franches et mouvements de fuite qui font de ces conversations de sensibles  échanges. Aux frileux : les coups pleuvent.

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Ernesto Diaz-Infante : Emilio (Kendra Steiner, 2011)

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En hommage à son oncle, qui souffrit de démence, Ernesto Diaz-Infante interroge, par sa musique, la place de la normalité dans la société.

Cela peut sembler être un grand projet, mais Emilio (32 parties au total) tient le coup. Sa musique atmosphérique (bols chantants) est bousculée par les sautes d’humeur (guitare à douze cordes, tanpura) et les loops ressenties. Diaz-Infante utilise toujours ses instruments en percussionniste, il frappe et il attend que les cordes lui répondent. Ses décharges électriques, elles, affichent de beaux résultats. Emilio, c’est un peu Eugene Chadbourne qui rencontre Ian Masters… C’est pourquoi je ne peux que le conseiller vivement.

Ernesto Diaz-Infante : Emilio (Kendra Steiner)
Enregistrement : 2011. Edition : 2011.
01-32/ Emilio I-Emilio XXXII
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Jean-Luc Petit, Mathias Pontevia : PHA (Petit label, 2011)

petit pontevia pha

Après avoir craquelé l’unisson et s’être désunis (l’option de ne distinguer qu’un seul instrument par canal n’est sans doute pas étrangère à cette sensation de division), le ténor (maintenant baryton) de Jean-Luc Petit et la batterie horizontale de Mathias Pontevia réintègrent le foyer de la résonnance.

Activant le circulaire ou kidnappant la secousse, jouant du tonnerre lointain et des frôlements de souffle, batteur et saxophoniste gardent en mémoire les horizons à ne pas enfreindre. Soit, garder le cap d’une improvisation tendue et intense (magnifique diversité des timbres de Pontevia) en ne tenaillant jamais une expression toujours renouvelée.

Jean-Luc Petit, Mathias Pontevia : PHA (Petit label)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ PHA 02/ Le tube, le câble 03/ Musique gluturale 04/ Il touche, il crache, il renifle 05/ Supraphonic
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Galina Ustvolskaya : Piano Sonatas (Col Legno, 2012)

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On a beau préférer le noir de l’édition originale au bleu de la réédition, on n’en est pas moins heureux de retrouver les sonates pour piano de Galina Ustvolskaya, interprétées par Markus Hinterhäuser.

Bien sûr, j’ai encore – je veux dire, comme hier – l’impression de me faire réprimander par un piano quand mon attention faiblit un peu, quand je laisse aller mon oreille ailleurs que vers les notes que le piano m’envoie. Je présente alors mes excuses et me reconcentre : tiens, cette sonate ressemble à une étude, mais l’imagination de Ustvolskaya la transforme en mélodie douce ou en moment de tension.

Ma concentration, toujours elle, me fait suivre le balancement des accords ou m’invite à fredonner un air qui ressemble à du Satie mais qui tombe du bout des doigts d’Hinterhäuser. Jusqu’à la sixième sonate, j’ai donc obéis. Pourtant, cette sonate gronde plus qu’aucune autre. Je m’explique, je prouve mon attention, qui est accompagnée d’un beau plaisir. C’est alors que le silence gagne du terrain et soumet l’instrument, l’instrumentiste, puis le compositeur. Après quoi on ne se souvient que de la légèreté des pièces de Galina.

Galina Ustvolskaya : Piano Sonatas (Col Legno)
Enregistrement : 1998. Réédition : 2012.
CD : 01-06/ Sonata No. 1 - Sonata No. 6
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Sean Baxter : Solo for Drumkit Improvisations (Bocian Records, 2011)

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Edité par Bocian, label ayant déjà produit Metal/Flesh, Solo for Drumkit Improvisations donne à entendre Sean Baxter redoubler de présence.

Non parce que le percussionniste y profite de plus d’espace, mais parce qu’il creuse avec force à un endroit qu’il avait déjà fouillé : improvisation abstraite nourrie de crépitements et de cliquetis qui provoquent en elle des désirs d’épaisseur. Passant au tamis les possibilités de ses éléments de batterie, Baxter préside alors à la transformation ; veillant au grain de sable, il considère la durée de ses interventions avec une régularité et une inventivité égales. Son art est subtil, qui dit que le nom de Sean Baxter a été omis de la courte liste dressée ici des percussionnistes ayant œuvré seul et récemment à changer tous rythmes en étonnants paysages.

Sean Baxter : Solo for Drumkit Improvisations (Bocian Records / Metamkine)
Edition : 2011.
LP : A1/ Plates A2/ Woklids A3/ Chopsticks A4/ Junk – B1/ Hands B2/ Harmonics B3/ Windchimes  B4/ Brushes
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Henri Roger, Bruno Tocanne : Remedios la belle (Petit label, 2011)

henri roger bruno tocanne remedios la belle

Distincte, franche, nette est la batterie de Bruno Tocanne. La résonance n’est pas de pacotille mais le moteur essentiel du jeu décontractant du percussionniste. Les cymbales scintillent, les baguettes rebondissent. Le flux n’est pas d’étouffement ou d’éparpillement mais de distinction. Le recours au rythme n’est qu’éphémère et, à celui-ci, Tocanne préfère toujours un ample et structurant mouvement.

Tantôt pianiste, tantôt guitariste, Henri Roger pose les bases d’une harmonie qu’il souhaite – et obtient – homogène et parfaitement adaptée au jeu de son partenaire. Au piano, l’extravagance est frôlée mais jamais dissipée. A la guitare, les tentations sont de l’ordre de l’opaque et du retranchement, et de fait, passionnent nettement moins. Malgré ce tout petit bémol, ce duo résulte soutenu, fraternel, évident.



Bruno Tocanne, Henri Roger : Remedios la belle (Petit label)
Enregistrement : 2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Remedios la belle 02/ Melquiades 03/ Rebecca 04/ Aureliano segundo 05/ La bananeraie 06/ Macondo 07/ Ursula 08/ Les 17 Aureliano 09/ Aracataca 10/ Pilar ternera 11/ Mr. Herbert & Mr. Brown 12/ Amaranta 13/ Mauricio Babilonia 14/ José Arcadio segundo
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Peter Brötzmann, John Edwards, Steve Noble : ...the worse the better (OTO roku, 2012)

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Tout de suite, l’urgence de dire. Le son de saxophone de Brötzmann, à la puissance toujours aussi surprenante, à la sonorité droite, nette, tranchante. La contrebasse frottée à l’archet, comme une mélopée, un mantra précipité et la batterie qui tantôt précède, tantôt poursuit le saxophone.

Trois hommes et une musique de lave qui dégringole à toute vitesse le pan d’un volcan. N’a-t-on déjà tout dit, en pareille formule ? Finalement non. Comme souvent avec Brötzmann le miracle opère, et ce sont certains détails qui font la différence. Au pire de la tempête, au meilleur de la vitesse, le cap demeure musical, les trois hommes gardent le souci d’être inventifs et en interaction. Dix minutes ont passé, et le ciel se dégage. La batterie de John Edwards et la contrebasse de Steve Noble se retrouvent seules, et ne tardent guère à rejoindre les voies précédemment explorées, et retrouver ainsi en chemin le saxophone ténor de Brötzmann qui n’a rien perdu en intensité. Tout au plus a-t-il repris son souffle, pour mieux raviver les braises. Et tout emporter sur son passage.

Le long des 38 minutes que dure l’unique titre qui occupe la totalité de …the worse the better, l’imagination jamais ne faiblira. Emballements et accalmies se succèderont, et les feux du free jazz se teinteront tantôt de la moiteur des rives du Mississipi, de la mélancolie des Balkans, de l’ombre portée des lofts new yorkais. Toujours, il semblera épouser les grondements de la terre. Ces trois-là, en janvier 2010, jouèrent pour la première fois ensemble au Café Oto à Londres et offrent aujourd’hui au label OTO Roku une première référence fracassante.

EN ECOUTE >>> ...the worse the better

Peter Brötzmann, Steve Noble, John Edwards : …the worse the better (OTO roku / Instant Jazz)
Enregistrement : Janvier 2010. Edition : 2012.
LP : 01/ … the worse the better
Pierre Lemarchand @ Le son du grisli

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XYZ : La formule XYZ (&, 2011)

xyz la formule xyz

Ils avaient déjà joué avec Kim Myrh (Disparition de l’usine éphémère), les voici réunis pour mettre au jour une formule éponyme (XYZ). On parle à son sujet de musique post-industrielle, d’improvisation électroacoustique qui partirait dans tous les sens. Et force est de constater qu’il y a de ça chez Pierre-Yves Martel (feedback, static), Martin Tétreault (pick-up, equalizer) et Philippe Lauzier (saxophone soprano, clarinette basse, ampli préparé).

On passe près d’un chantier extraordinaire, des plaques de métal sont travaillées par des appareils trépidants qui s’enrayent. Derrière, il y a ce jardin où nous berce une cascade (le soprano se sert de sa rumeur comme d’un tremplin). On sort alors par une autre porte, et c’est un installation qui nous accueille : des machines à coudre trépignent guidées par le commandement de Lauzier. Cette fin d’alphabet est poétique, au point qu’on se contentera à présent comme le trio d'un alphabet de trois lettres !

XYZ (Pierre-Yves Martel, Martin Tétreault, Philippe Lauzier) : La formule XYZ (& Records)
Enregistrement : septembre-décembre 2010. Edition : 2011.
CD :  01/ x = R (z) 02/ z = (aZ + b) / (cZ + d)  03/ (x + yi) i = - y + xi 04/ z - a = K (Z - a) 05/ xx’ - yy’ + (xy’ + yx) i 06/ y = cZ + d 07/ z = (a/c) + (bc - ad) (z’/c) 08/ X + X’i = x
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Tomek Chołoniewski: Un (Mathka, 2011)

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Un = cinq courtes étapes au fil desquelles Tomek Chołoniewski explique de quoi retourne son art de la percussion. L’ensemble n’atteint pas la vingtaine de minutes, mais la concision procure un charme à l’exercice : les éléments de bois et de cuivre y évoluent en roue libre et inventent cent schémas dans l’urgence ; la résonance des frappes étoffe les paysages ; la voix du musicien peut engager une lutte avec les instruments qu’il agite.

Sur un tambour – alors que Chołoniewski pense la plupart du temps sa musique en percussionniste briseur de rythmes –, une allure peut s’imposer : des coups de baguettes sont passés en machine pour qu’une caisse claire ou une cloche perde de leur naturel. A l’heure où quelques esprits frappeurs (Jason Kahn, Fritz Hauser, Will Guthrie…) sortent des solos d’envergure, Tomek Chołoniewski passe une tête et laisse entendre qu'il faudra compter avec lui.

EN ECOUTE >>> ici

Tomek Chołoniewski: Un (Mathka)
Enregistrement : 16 octobre 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Unit 02/ Untitled 03/ Untilted 04/ United 05/ Unlitted
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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