Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Sortir : Sonic Protest 2017Interview de Jacques OgerLe son du grisli sur Twitter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Bailey, Butcher, Robair : Scrutables (Weight of Wax, 2011)

grislables

Londres, Moat Studios, 3 mars 2000 : John Butcher (saxophones soprano & ténor) et Gino Robair (surfaces énergisées), de retour du Bluecoat de Liverpool où ils ont donné un concert – passé au disque chez Limited Sedition – la veille, retrouvent Derek Bailey (guitare)... A la fin du même mois, ce dernier sera avec le souffleur sur la scène du Vortex, devant les micros d'Emanem (Vortices & Angels)...

Les relations que Butcher entretient alors avec l'un et l'autre de ses partenaires remontent au début des années 90 : solides dès 1995 avec Bailey (dans Trio Playing, Incus), elles ont gagné, en perdurant, une étonnante dimension exploratoire avec Robair, comme le montre leur tout récent Apophenia.

L'interaction des trois musiciens, dans ses crépitements immédiats, semble relever de l'évidence et si l'instrumentarium peut évoquer le Spontaneaous Music Ensemble de 1994 (John Stevens, Roger Smith, John Butcher A New Distance), la qualité particulièrement électrique des échanges l'en distingue évidemment. Rauque, grouillante, la matière sonore est travaillée au plus près, simultanément étrillée, lacérée – Bailey miniaturiste fait aussi danser le fouet – ou ébranlée par les sourdes peaux vibrantes de Robair. Néanmoins, la musique ne s'épuise pas en simple ébullition vertigineuse, et plusieurs développements semblent la conduire vers des plateaux moins hirsutes, à la géologie sonore complexe.

Close combat, oui ! mais avec de grandes oreilles !

Derek Bailey, John Butcher, Gino Robair : Scrutables (Weight of Wax / Metamkine)
Enregistrement : 3 mars 2000. Edition : 2011.
CD : 01/ Almosthenics 02/ Teasing Needles 03/ Cosmetic Halo 04/ Excrescense 05/ Inkling 06/ Frangible 07/ Plugh 08/ Surprise Inspection
Guillaume Tarche © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Julius Hemphill : Raw Materials and Residuals (Black Saint, 1977)

rawgrisliandresiduals

Ce texte est extrait du premier volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

hemphill1

New York a marqué Julius Hemphill au fer rouge – le contraire, peut-être. Avant elle, il y eut Forth Worth pour la naissance (la ville a connu des antécédents : Ornette Coleman, John Carter) et St. Louis pour les premières collaborations d’importance (BAG épisode avec Oliver Lake et Hamiet Bluiett, futurs associés en World Saxophone Quartet).

New York n’est pas la ville où Hemphill enregistra pour la première fois. Ce n’est pas là qu’il donna les premières preuves de son usage modifié de l’alto : métamorphoses anguleuses et mutation qui en impose parmi les mille, déjà, commandées depuis et par le passage de Parker. Mais New York est l’endroit qui fera de quelques-uns de ses lofts un écrin de musiques créatives – bouquet de Wildflowers que rehausse le free jazz pensif d’Hemphill – dont Raw Materials & Residuals est une des perles inaltérables.

hemphill3
 
Au dos de Raw Materials & Residuals, la photographie de Giuseppe Pino montre Julius Hemphill devant une poignée de gratte-ciels. Cette photographie ancrerait ainsi un musicien épris, par association d’idées, de liberté. C’est que New York lui aura permis de vivre de ces expériences, notamment celle de mener à bien son association avec le violoncelliste Abdul Wadud (partenaire de tout temps) et le percussionniste Don Moye (passé lui aussi par le Black Artists Group).

L’œil va et vient du 33 tours en mouvement à la photographie : Hemphill est impassible mais les gratte-ciels ont soudain quelque chose de ceux du Delirious New York de Rem Koolhaas. Sur « C », l’alto passe élastique d’une note à l’autre, s’accroche aux cordes de Wadud, se relance sur cymbales ; sur « Long Rhythm », il construit sur les ruines d’un bop que l’on dira ancien, manie les dissonances et les vives découpes sur un swing qui n’est non pas démissionnaire mais seulement insolent.

hemphill2

Avec Wadud, le jeu de miroir prend corps. C’est ici une musique de chambre dérangée, là un mélange réfléchi d’impressionnisme éreinté (ce « Plateau » paysage élevé sur roulements de tambour) et de folklore sans cesse perturbé par une improvisation cette fois expressionniste (« G Song » évoquant les contes de John Carter, lui encore). Raw Materials & Residuals est justement au jazz (et même au free jazz) ce que Delirous New York est à la théorie de l’architecture : un assemblage déluré d’éléments historiques et de folles promesses d’avenir : d’impertinents conseils de relecture et un condensé d’expression haute.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Wols : Unframe (Pingipung, 2011)

wolsli

Le nom Wols tient d’une double origine. Alias du peintre allemand Alfred Otto WOLfgang Schulze, le patronyme du duo russe fait également référence à son passé techno. Aujourd’hui ralentie (SLOWed down en anglais), tout en demeurant marquée par le kick en 4/4, la conception mise en place par Evgeny Shchukin et Alexander Tochilkin s’inscrit aujourd’hui dans une veine davantage IDM – et oui, la bête Aphex Twin fait encore des émules.

S’il serait présomptueux de marquer du sceau du génie les quatorze tracks d'Unframe (à commencer par le morceau-titre), l’ensemble demeure de très belle facture. Au-delà de quelques scories mineures (le spoken word sur Geek Rudohop), quelques traits de bravoure ponctuent de belle manière l’objet. Hommage dynamique aux Boards of Canada (Justma, Fractals…) ou à la techno berlinoise (le très réussi Liquid Meets Discrete), effets liquides cosmiques à la Leila (Bathyscaphe Finds A Music Box) ou dub jazz à la Abraxa (Hereinafter), les occasions de se pâmer ne manquent pas.

Wols : Unframe (Pingipung - Kompakt / Amazon)
Edition : 2011.
CD / LP / Téléchargement : 01/ Unframe 02/ Araamu's Army Vs Our Sneakers 03/ Geek Rudohop 04/ Justma 05/ Liquid Meets Discrete 06/ Bathyscape Finds A Music Box 07/ Fractals Chaos Power Laws 08/ Hereinafter 09/ Damage (Rework) 10/ Half Ain't Enough 11/ Taluppa Kids 12/ Subland Hike 13/ International 14/ Shiny Headway Endrhyme
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Rob Brown : Unknown Skies (Rogue Art, 2011)

unknowngrisli

D’un duo serré entre alto et tambours et se comprimant jusqu’à l’étreinte (Bounce Back) en passant par ce jazz qu’on improvise et maltraite sans restriction (Temerity), nous retiendrons de Rob Brown (saxophone alto), Craig Taborn (piano) et Nasheet Waits (batterie), une science exacte du mouvement.

Si les deux premières plages pâtissent en fin de parcours d’un retour aux thèmes initiaux, se doit d’être mise en évidence la fluidité des compositions du saxophoniste. Rien ici pour évoquer un possible catalogage de formes préméditées mais, au contraire, l’évolution logique de ces mêmes formes en un  processus naturel, invisiblement rigoureux. Ainsi les libres spirales d’alto, les clusters du pianiste, les inquiétudes ouvertes de certains thèmes, les divers solos et duos, les surgissements et diverses transformations imprévues (le blues anxieux d’Unknow Skies soudain transfiguré en lente procession) ne cassent jamais la belle marche de cette musique. Car ces trois-là élargissent le cercle sans réserve et avec un maximum d’authenticité. Et ce, toujours.

Rob Brown Trio : Unknown Skies (Rogue Art)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011
CD : 01/ A Fine Line 02/ Unknown Skies 03/ Bounce Back 04/ The Upshot 05/ Temerity
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Agustí Fernández : El laberint de la memoria (Mbari, 2011)

labirinsli

Et ainsi, le projet bifurqua. De ce solo de piano devant évoquer la musique classique espagnole du XXème siècle ne subsistent que quelques lointains échos. Des échos d’échos se plait à souligner le pianiste.

Et ainsi, la déambulation est claire, belle, sans aspérité. Le chant profond ne se dévoile pas, tout juste se frôle. Le surgissement n’est pas de mise. On ne cherche pas le souffle épique, la déchirure de l’âme mais on entend, ici, tout ce qui fait la singularité du pianiste : la résonance, les silences, la respiration, l’intégrité, l’escapade et le vagabondage, la présence et la disparition. On dira tout l’attrait de ces boréales clartés (Joan i Joana), de ces mémoires bousculées (El laberint de la memoria), de ce piano faussement préparé (Pluja sorda), de cette obsession sans cesse renouvelée (Catedral) et on conclura ainsi : El laberint de la memoria est bel est bien le digne successeur de Camallera, précèdent opus solo du tendre Agustí Fernández.

Agustí Fernández : El laberint de la memoria (Mbari Musica / Instant Jazz
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Joan i Joana 02/ Aparicio i desaparicions 03/ El laberint de la memoria 04/ El pinzell del Perico 05/ Tonada 06/ Pluja sorda 07/ Porta der Mar 08/ Flamarades 09/ Catedral 10/ La processo 11/ L’esmolador 12/ Evanescent 13/ Preludi 14/ El final es el començament
Luc Bouquet © Le son du grisli 

meteo11Agustí Fernández jouera à Mulhouse ce 27 août, dans le cadre du festival Météo, aux côtés de Barry Guy et Ramon Lopez.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Tatsuya Nakatani : Abiogenesis (H&H, 2010)

abiogegrislis

Dix-huit pièces sans nom, datées de 2009, ont été assemblées sur Abiogenesis par Tatsuya Nakatani. Dix-huit pièces au fil desquelles le percussionniste construit un recueil pertinent d’airs chantants ou sinon percutants.

Ainsi fait-il à l’archet siffler cymbales et cloches sur une rumeur grave pour découper ensuite dans l’espace qu’il occupe des morceaux d’étoffes claires que l’on ne soupçonnait pas. Ailleurs encore, c’est un bric-à-brac fantastique que Nakatani retourne, une tempête qu’il commande sans autre intention que le jeu – la trouvaille, peut-être –, des râles qu’il élève patiemment sur cadres ou dans l’urgence sur éléments de bois. L'art est savant sans y paraître. Le recueil en question est donc impressionnant.  

Tatsuya Nakatani : Abiogenesis (H&H / Metamkine)
Enregistrement : septembre 2009. Edition : 2010.
CD : 01-18/ Abiogenesis
Guillame Belhomme © Le son du grisli

meteo11Tatsuya Nakatani jouera à Mulhouse le 27 août, dans le cadre du festival Météo, en duo avec Michel Doneda (occasion d'aller relire la chronique de leur White Stone Black Lamp).

Commentaires [0] - Permalien [#]

Thomas Lehn, Marcus Schmickler : Live Double Séance (Mego, 2011)

LiveDoubleGrisli

Je me souviens de Thomas Lehn, au synthétiseur, et Marcus Schmickler, à l’ordinateur, avec Keith Rowe et Toshimaru Nakamura sur le label Erstwhile, mais j’ignorais le reste de leur collaboration née fin 1998 de leur rencontre dans MIMEO (Discogs parle de trois disques en duo avant ce Live Double Séance).

Sorti sous format LP et accompagné d’un DVD, cette captation de concert a un arrière-gout d’avant-garde d’hier (vous suivez ?) mais conserve un charme patent. Après s’être détachée de référents rythmiques, l’électronique du duo s'invente autant dans les rivalités que dans les conciliations. Leurs accélérations et décélérations d’engins de science-fiction et leurs sonorités d’un autre âge n’empêchent pas Lehn et Schmickler de faire des découvertes qui détonnent. En bataillant – attention : tous les coups sont permis ! –, le duo menace tout sauf notre curiosité et notre intérêt…

Thomas Lehn, Marcus Schmickler : Live Double Séance [Antaa Kalojen Uida] (Mego / Metamkine)
Enregistrement : 14 novembre 2010. Edition : 2011.
LP : Live Double Séance [Antaa Kalojen Uida]
Pierre Cécile © Le son du grisli

meteo11Thomas Lehn jouera à Mulhouse le 26 août, dans le cadre du festival Météo, en 6IX avec Dorothea Schurch, Jacques Demierre, Urs Leimgruber, Okkyung Lee et Roger Turner.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Soldier of the Road. A Portrait of Peter Brötzmann (Cinésolo, 2011)

soldiersli

Saluant le soixante-dixième anniversaire de Peter Brötzmann, ce documentaire de plus de 90 minutes (augmentées d'une heure d'interviews complémentaires – avec Evan Parker, Han Bennink, Fred Van Hove, Michael Wertmüller, Jost Gebers, Brötzmann – et d'extraits de concerts principalement captés courant 2009 : le Chicago Tentet, le trio d'anches Sonore avec Gustafsson et Vandermark, le quartet avec McPhee, Kessler et Zerang) est servi par une image, un son et un montage impeccables que l'on doit à Bernard Josse ; il se bâtit autour d'entretiens menés par le journaliste & photographe Gérard Rouy – certainement le meilleur connaisseur en la matière – que viennent ponctuer archives historiques, témoignages, séquences de concerts, scènes au jardin, à l'atelier, à l'hôtel ou dans la nature.

Au fil du déroulement biographique & thématique de ce film, s'élabore le portrait d'un musicien (et peintre de valeur !) d'une vraie modestie et d'une belle lucidité ; son regard rétrospectif sur les années 68, par exemple, est édifiant : Brötzmann explique que la réception de la musique improvisée y était difficile, les avant-gardes politiques de l'époque préférant Joan Baez au free « trop élitiste » (le récit de l'épisode où le futur libéral-libertaire vert Cohn-Bendit s'oppose à la tenue d'un concert vaut le coup...). La question politique est intelligemment prise en compte, sans emphase inutile, et si la pensée peut être « globale » (lorsque s'anime Evan Parker contre le rouleau niveleur de l'Europe bureaucratique et normalisatrice), l'action sait se faire « locale » (Brötzmann s'envisageant comme simple fédérateur de collectifs, manières de micro-sociétés temporaires). La dimension historique et spécifiquement allemande se voit également abordée de façon fort pertinente, qu'il s'agisse du désir de rompre avec le passé, du souvenir des années 45-50 (qui m'a ramené à certaines des plus belles pages de Günter Grass) ou de l'enracinement à Wuppertal (dont Wenders filma lui aussi le tramway suspendu dans son hommage à Pina Bausch).

On comprend vite, devant ce très beau documentaire, que si son titre – Soldier of the Road – peut attirer certains amateurs de clichés sur « le free teuton et guerrier », il est à entendre bien différemment (Parker en glisse d'ailleurs l'explication dans son intervention, et l'on pourra se rappeler que le film de Laurence Petit-Jouvet sur Kowald s'intitulait Off the Road...) : chemineau, arpenteur du monde, « forçat » d'une route qu'il envisage dans sa continuité, Peter Brötzmann a quelque chose aussi du Wanderer.

Bernard Josse, Gérard Rouy : Soldier of the Road. A Portrait of Peter Brötzmann (Cinésolo / Instant Jazz
Edition : 2011.
DVD.
Guillaume Tarche © Le son du grisli

meteo11Soldier of the Road sera diffusé le jeudi 25 août au cinéma le Palace, Mulhouse, dans le cadre du festival Météo. Entrée libre sur réservation.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Reed Trio : Last Train to the First Station (Kilogram, 2011)

lastgrislitothefirstgrisli

Profitant d’un concert à Gdansk, Ken Vandermark consigne en Last train to the First Station son entente avec deux épais souffleurs de Pologne qu’il emploie notamment en Resonance : Mikolaj Trzaska (saxophones alto et baryton, clarinette basse) et Waclaw Zimpel (clarinette, clarinette basse et tarogato).

Au ténor, au baryton et à la clarinette, Vandermark conduit là des pièces indolentes qui changent au gré des combinaisons qui les inventent : de rondos impétueux en miniatures free, d’improvisations invertébrées en stances quiètes, le trio compose un ouvrage étonnant de musique de chambre aux références éclatées. Une alternative quasi minimaliste aux grands travaux de Resonance.

Reed Trio : Last Train to the First Station (Kilogram / Instant Jazz)
Enregistrement : 27 avril 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ When Tulips Were Gold 02/ In Between Chairs 03/ Sitting on Warm Stone 04/ Crossroads and Cosmic Ray 05/ Anthology Moves 06/ Two Man Talk Trough a Wind 07/ The Distance That Becomes Y 08/ Bed of Brass 09/ It’s Here and It’s Gone 10/ All the Glasses Were Upside 11/ The Wates Sea
Guillaume Belhomme © le son du grisli

meteo11Ken Vandermark jouera à Mulhouse le 25 août, dans le cadre du festival Météo, au sein du Brass Unbound qui accompagnera The Ex sur scène. 

Commentaires [0] - Permalien [#]

Jean-Sébastien Mariage, David Chiesa : Oort (Creative Sources, 2011)

oortsli

Jean-Sébastien Mariage (guitariste échappé d’Hubbub) et David Chiesa (contrebassiste entendu auprès de Jean-Luc Guionnet, Xavier Charles ou Daunik Lazro) s’essayaient récemment au dialogue improvisé pour le baptiser ensuite Oort.

Sur cet Oort en cinq temps, trouver un concours de gestes mesurés conclu sur commande d’un archet grave composant une jolie pièce (la première) d’indécisions en partage. D’autres discrétions agissent ensuite : cordes de guitares effleurées quand la contrebasse s’adonne aux circonvolutions ou accoucheuses d’arpèges quand plus épaisses qu’elles chantent leur satisfaction d’être fouettées. En filigrane, il y a enfin ce soupçon de folk qui donne à Oort une autre saveur encore.

Jean-Sébastien Mariage, David Chiesa : Oort (Creative Sources / Metamkine)
Edition : 2011.
CD : 01-05/ Oort
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

meteo11

David Chiesa jouera à Mulhouse le 25 août, dans le cadre du festival Météo, en compagnie du violoniste Mathieu Werchowski.

Commentaires [0] - Permalien [#]

>