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Olivier Benoit : Serendipity (Circum-Disc, 2011)

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Le site du label Circum-Disc raconte à propos du guitariste Olivier Benoit : En solo, il développe un vocabulaire timbral large, bien qu’il n’utilise que très peu d’ustensiles et très peu d’effets. Car il concentre ses recherches sur les propriétés intrinsèques de l’instrument, transformant celui-ci en une plaque ultrasensible, en quête d’une maîtrise et une précision toujours plus grandes. La musique, bien que faite de larsens très contrôlés, de sons bruts, de frottements de silence, d’immobilité, de tensions ou au contraire de relâchements, de rapidité extrême, ne se veut pas une musique « d’effets », ni un « catalogue de sons ».

Pour une fois qu’une présentation ne ment pas, je pourrais me contenter de ce copier-coller pour évoquer ces trois solos de guitare. Mais je voudrais chercher à savoir ce qu’il faut entendre par « frottements de silence ». Interloqué, j’ai tendu l’oreille : j’entends bien les larsens que Benoit dompte avec une gestuelle travaillée, un spectre sonore large où se rencontrent les notes électriques et les bruits provocateurs (des petits coups donnés sur un micro, le ronronnement de l’ampli, des chutes de câble…), un chaos musical conduit à la baguette en milieu de CD… Tout ça est rondement mené, mais ce silence frotté ?

Ce qu’Olivier Benoit frotte, sur le dernière piste, ce sont les cordes, avec une main gauche qui choisit de faire chanter la guitare dans les aigus. Après quoi, c’est encore un grondement ravageur. Après, c’est un solo découpé : Benoit la tête basse et penché vers l’avant comme doit être tout bon guitare-anti-héros. Si mes écoutes m’ont conquis à chaque fois – un léger bémol : certaines notes trop claires jurent avec le caractère insaisissable du disque pris dans son entier –, je n’y ai pas entendu de « frottements de silence ». Voilà qui est rassurant. Ou bien ce silence qu’il est possible de frotter est l’espace dans lequel Olivier Benoit agit ? Il est l’atmosphère qu’il remue et trouble afin de lui faire perdre de son uniformité ? Dans un cas comme dans un autre, qu’Olivier Benoit continue de frotter !

Olivier Benoit : Serendipity (Circum Disc)
Edition : 2011.
CD : 01-03/ Serendipity
Pierre Cécile © Le son du grisli



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