Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Christian Wolfarth : Acoustic Solo Percussion Vol. 4 (Hiddenbell, 2011)

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Ça y est ! Avec ce nouveau 45-tours (portant les faces G et H du projet), le percussionniste suisse Christian Wolfarth clôt la tétralogie solo qu’il a distillée ces dernières années… et promet la prochaine publication d’un double disque compact reproduisant l’intégralité de la série, accompagnée de remixes réalisés par quelques amis…

Le format privilégié ici a ses avantages : chaque pièce y gagne une indépendance particulière tout en répondant, avers contre revers, à celle qui occupe « l’autre côté ». Ainsi froisse-t-on dans la Cabin n°9 de frémissantes cymbales, peuplées de rythmes, ferroviaires & tibétaines, qui laissent un halo, une traînée d’ondes dans l’air, tandis que, sur Well Educated Society, tout un monde s’élève, dans son espace, son extension, sous la mèche d’un archet rêche, et s’évanouit en un lent fondu. Beau travail !

Christian Wolfarth : Acoustic Solo Percussion Vol. 4 (Hiddenbell / Metamkine)
Edition : 2011.
45 tours : G/ Cabin n°9 H/ Well Educated Society
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Bettina Wenzel : Mumbai Diary (GruenRekorder, 2010)

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Les field recordings invitent souvent à faire une expérience étrange, celle du souvenir partagé, quelques fois réinventé, d'un moment très personnel que l'on vous raconte à la fois en gros et en détails. Mais les field recordings peuvent aussi servir de tuteur à la croissance d'un chant intérieur. C'est le cas sur Mumbai Diary, un carnet de voyage de la vocaliste Bettina Wenzel.

Qui ouvre ce Journal de Bombay doit s'attendre à rencontrer du monde. La ville foisonne et rugit : les deux roues y circulent dans tous les sens comme les chants que Wenzel arrache de ses entrailles, les festivités sont légions, que les bruits de gorge de l'Allemande parasitent ou perturbent. Si on peut penser de temps à autre à Meredith Monk ou Sainkho Namtchylak, on est bien obligé de constater qu'au dos de sa carte postale, Wenzel se raconte comme personne d'autre. Parce qu'elle n'est pas venue jusqu'en Inde pour collecter des sons exotiques. Elle y est venue pour témoigner de sa propre existence, pour comparer les voies de création qu'elle emprunte au quotidien aux routes sinueuses de terrains inconnus.

Bettina Wenzel : Mumbai Diary (GruenRekorder / Metamkine)
Edition : 2010.
CD : 01/ Electric Cricket 02/ Crowded 03/ The Day Before Yesterday 04/ Long Hours 05/ Back Courtyard 06/ Both Sides 07/ Scraping Ice in June 08/ Downfall 09/ Solo
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Lee Ranaldo : Outside My Window The City Is Never Silent: A Bestiary (Chocolate Monk, 2002)

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Créé pour une radio belge en 2000, Outside My Window The City Is Never Silent: A Bestiary est un récit étrange, qui mêle les voix de Charles Bukowski, Raymond Carver, Thurston Moore, Kim Gordon, et alia, et les expérimentations sonores de Lee Ranaldo à la guitare. Niveaux, couches, trames, souffle et souffles des voix, vibrations des guitares, extractions diverses compressées, et sabotées, qui se croisent, semblent se parler, et dont on ne sait pas toujours s’ils se parlent effectivement où s’ils se trouvent simplement réunis — pour une demi-heure. C’est ce sentiment d’indétermination, et d’étrangeté, qui s’impose, comme l’impression qu’on peut en effet avoir en ne regardant pas, mais en écoutant ce qui se passe à sa fenêtre.

La ville n’est jamais silencieuse.

La pertinence de Lee Ranaldo n’est pas dans ce truisme, mais dans le bestiaire, ou dans le fait de n’avoir pas fait de ce truisme — qui est d’abord une vérité — un truisme sonore (comme s’il avait simplement enregistré des sons à sa fenêtre, par exemple) ; mais une vérité musicale. En rapprochant des sons, des voix, en les mixant, et en les remixant, en les associant dans une narration dont on devine en suivant son fil qu’elle ne va nulle part sinon là où va généralement une conversation : nulle part. C’est-à-dire partout entre ceux qui la tiennent ; et surtout : qui les change finalement. Une théorie à l’état brut, en train de prendre forme, une théorie de sons, de sonorités, d’intentions, d’atmosphères, et la théorie musicale de ces sons, de ces sonorités, de ces intentions, et de ces atmosphères. La théorie musicale de la théorie des sons qui défilent présents à la mémoire, comme à la fenêtre — de Lee Ranaldo.

Lee Ranaldo : Outside My Window The City Is Never Silent: A Bestiary (Chocolate Monk / Hell’s Half Halo)
Edition : 2002.
LP : Outside My Window The City Is Never Silent: A Bestiary
Jérôme Orsoni © Le son du grisli

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Michel Pilz, Jean-Noël Cognard : Binôme (Bloc Thyristors, 2010)

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En 1984, Jean-Noël Cognard rencontra Michel Pilz dans le public venu entendre le quartette de Peter Brötzmann au Théâtre Dunois. De la rencontre naîtront deux échanges enregistrés et maintenant consignés sur Binôme vinyle.

Retenue obligatoire du batteur à l’initiative de la rencontre et voici la clarinette attirée en rouleaux. Habitué des profondeurs, Pilz trouve là un nouveau prétexte à l’excavation de splendeurs graves : d’épaisse et intense facture, les notes de clarinette claquent sur la ponctuation habile de Cognard à l’affût (qui encadre ou taquine à force de coups défaits) quand elles ne sont pas portées haut par un déhanchement commandé sur toms basse. Ainsi va cette captivante histoire de graves et le souvenir d’un ancien partage.

Michel Pilz, Jean-Noël Cognard : Binôme (Bloc Thyristors / Metamkine)
Enregistrement : 1984. Edition : 2010.
LP : A/ 28, rue Dunois B/ 52, allée La Fontaine
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Michael Gregory Jackson : Clarity (ESP, 2010)

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Contemporains et frères, le Song of Humanity de Wadada Leo Smith et le Clarity de Michael Gregory Jackson ne peuvent pas tout expliquer quant à la singularité des ces disques, publiés tous les deux en 1976.

Pour le guitariste Michael Gregory Jackson, la présence d’un Wadada Leo Smith qu’il admire plus que tout, ne peut qu'être inspirante. De même, le couple David Murray Oliver Lake (ce dernier participant, par ailleurs, au Song of Humanity de Smith) n’est sans doute pas pour rien dans la réussite de ce disque.

Clarity n’est en aucun cas le fourre-tout carte de visite que certains ont cru voir à sa sortie. Si MG Jackson visite quelques chantiers déjà bien avancés (un free éclaté, un folk pas encore estampillé avant, des cadres contemporains, des structures en contrepoint), c’est qu’il est tout cela à la fois. Il est celui qui frôle la dissonance. Il est celui qui avance ses arpèges avec une clarté absolue. Il est celui qui agence ses thèmes en des unissons intrépides (Oliver Lake, Ab Bb 1-7-3°). Il est surtout, ici, celui qui ose avec naturel et décontraction. Un disque bien trop court mais tellement riche de sensations.

Michael Gregory Jackson : Clarity (ESP / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1976. Edition : 2010.
CD : 01/ Clarity 02/ A View of This Life 03/ Oliver Lake 04/ Prelueionti 05/ Ballad 06/ Clarity (4) 07/ Ab Bb 1-7-3° 08/ Iomi
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Belong : Common Era (Kranky, 2011)

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Sur le site du label Kranky, on apprend que le duo que forment Michael Jones & Turk Dietrich a pris un peu de temps pour travailler son son. On comprend aussi que Belong est retourné à des chansons pop dont les couplets (chantés) sont rendus flous par l’usage de nombreuses pédales de guitares.

Tenter de décrire les chansons de Belong, ce serait un peu comme détailler le visage d’une femme inconnue aperçue à l’autre bout d’une rue par un jour de crachin. Elle aurait forcément les traits de cette autre qui apparaît sur la pochette noir & blanc du disque (je veux dire qu'elle correspondrait aux indices que le groupe a bien voulu nous donner).

Musicalement, ce serait la nette influence de groupes des années 90 (Boo Radleys, Stereolab, Pale Saints, My Bloody Valentine) et de temps à autre un parfum de terrible paradis perdu qui vous enivre à coup de beatbox (Joy Division). Toutes ces références marquent fantastiquement la musique de Belong, moins atmosphérique aujourd’hui qu’hier, mais toujours aussi radio-active.

Belong : Common Era (Kranky / Amazon)
Edition : 2011.
CD : 01/ Come See 02/ Never Came Close 03/ A Walk 04/ Perfect Life 05/ Keep Still 06/ Different Heart 07/ Make Me return 08/ Common Era 09/ Very Careful
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Alexander Frangenheim, Joe Morris, Mark Dresser, Joëlle Léandre : Contrebasses Expéditives

bassegrislis

Alexander_Frangenheim

Alexander Frangenheim : The Knife Again (Creative Sources, 2010)
Enregistré en 2006, The Knife Again démontre l’intransigeance avec laquelle la pratique instrumentale d’Alexander Frangenheim ne se refuse rien. Frappes romantiques, archet tranchant ou enveloppant, pizzicatos découpant reliefs ou accaparant à force de graves… Souvent, la contrebasse est déformante et les gestes, plus encore, d’un leste valeureux.

morris_sensorJoe Morris : Sensor (NoBusiness, 2010)
Le 13 février 2010, Joe Morris enregistrait Sensor seul à la contrebasse. Du premier au septième titre, la divagation du musicien – qui pourrait bien attester de l’évolution de sa technique à l’instrument – se fait accepter sans se montrer capable de captiver jamais, accusant même ici quelques longueurs. A tel point que Sensor passe parfois pour un exercice que l’on enregistre et qui fera l’affaire : celle d’un disque de plus que la sympathie que l’on a pour Morris nous convainc d’écouter jusqu’au bout sans que l’on puisse chasser de notre esprit cette question évidente : est-ce qu’est encore capable de plaire ce qui intéresse aussi peu ?

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Achim Kaufmann, Mark Dresser, Harris Eisenstadt : Starmelodics (Nuscope, 2010)
Steinway B, tel est le modèle du piano avec lequel Achim Kaufmann alourdit les improvisations et compositions de Starmelodics. Parmi ces dernières, compter une introduction signée Dresser qu’il défend d’un archet leste. Compter aussi Vancouver, sorte d’Hat and Beard à la progression empêchée par Harris Eisenstadt, et sur lequel le trio tourne joliment en rond – Kaufmann y compris, comme quoi…

DeepTones

Mark Dresser : Deep Tones for Peace (Kadima, 2010)
Un disque et un film reviennent sur un projet que le même Dresser enregistra en 2009 auprès d’autres contrebassistes que lui – entre autres Barre Phillips, Jean-Claude Jones, Bert Turetezky à Tel Aviv ; Trevor Dunn, Henry Grimes ou Rufus Reid à New York. Sur disque, les archets servent une composition répétitive, voire minimale, aux lignes d’horizon confondues. Le film, signé Christine Baudillon, dévoile sous couvert de making-off quelques secrets d’un projet œcuménique que ses qualités défendent contre les effets d'un simple all-stars anecdotique.

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Mark Dresser : Guts (Kadima, 2010)
Troisième enregistrement solo de Dresser, Guts dépeint – sur disque et film là encore – le contrebassiste en profiteur de multiples pratiques étendues. Frottements, grattements, vives attaques, silences révélateurs, font ainsi naître une suite de drones et de polyphonies superbes. Sur le DVD, Dresser s’explique sur la nature de ce qu’il appelle ses « explorations », dit son amour des harmoniques dont il tire inspiration et son goût affirmé pour l’univers de sons qu’il habite.

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Joëlle Léandre : Tentet & Trio (Leo, 2011)
Deux disques couplés par Leo donnent à entendre Joëlle Léandre à la tête d’autant de formations : tentette du nom de Can You Hear Me? (présences de Burkhard Stangl à la guitare, de Lorenz Rabb à la trompette…) et trio dans lequel trouver John Tilbury au piano et Kevin Norton aux percussions. En grande compagnie, Léandre fait bouillir quelques cordes avant de lever une armée d’archets en déroute, soigne une composition aux chaos charmants et, parfois, aux fioritures sentimentales. En trio, elle investit avec plus de retenue un monde flottant (influence Tilbury) avant que ses partenaires la suivent sur une improvisation de forme plus classique qui précède un final aux impressionnantes suspensions sonores.

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Léandre, Mitchell, Van Der Schyff : Before After (Rogue Art, 2011)
Sans attendre, les instruments de Joëlle Léandre (contrebasse et voix), Nicole Mitchell (flûte et voix) et Dylan Van Der Schyff (batterie), se mêlent sauvagement sur Before After. Sur terrain incantatoire, le trio d’obsessionnels accordés répète des morceaux de mélodies et puis l’archet glisse, s’impose grandiloquent à force de graves, s’octroie quelques échappées en compagnie d’une flûtiste virevoltant ou d’un percussionniste subtil. Redire donc que le trio sied à Joëlle Léandre.

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Keefe Jackson : Seeing You See (Clean Feed, 2010)

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Toujours chez Keefe Jackson ces petits appels-apports ayleriens qui ne sont pas pour rien dans la réussite de cet enregistrement. Certes, des petites choses, pas nécessairement audibles pour un non-initié, mais démontrant l’implication d’un musicien en recherche d’un ailleurs à (re)conquérir. A cet égard, Seeing You See ne me fera pas mentir.

Alors que Jeb Bishop semblait avoir pris le dessus sur son compagnon, Jackson se fend d’un solo électrique, évitant tout appui, tant rythmique qu’harmonique. Prise de risque que s’autorise un saxophoniste (clarinettiste crépusculaire sur Eff-Time, Since Then & Close) soucieux de ne plus jamais reproduire les phrasés d’école.

Il peut, ici, dans ce strict cadre (bop ouvert, free extensible), compter sur la maîtrise absolue de ses partenaires (Jeb Bishop, Jason Roebke, Noritaka Tanaka) de la windy city. Le pourra-t-il si l’aventure se précise plus périphérique, plus éclatée comme le suggère l’inaccompli Since Then ? A suivre donc…

Keefe Jackson : Seeing You See (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/Maker 02/ If You Were 03/ Put My Finger on It 04/ How-a-Low 05/ Eff-Time 06/ Seeing You See 07/ Turns to Every Thing 08/ Since Then 09/ Word Made Fresh 10/ Close
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Yoni Silver : Peep Holes (Creative Sources, 2010)

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Qui est Yoni Silver ? Un clarinettiste basse qui aime les jeux de mots alors que son jeu est tout en arabesques ciselées ? Sur Peep Holes, il s’autoportraitise en solitaire de Tel Aviv qui souffle dans un roseau…

Le triptyque (on ne croit pas longtemps au mensonge cinétique de la pochette du disque) est fait de traits fins qui vont grossissant. Peu à peu une silhouette se dessine, Silver reprend sa respiration, engage son souffle circulaire dans un univers à la Folon. Tout s’enchaîne là naturellement, les couches sonores qui se succèdent et leurs dégradés sont d’épure et de pures merveilles. On y voit plus clair, à la fin de Peep Holes : sur l’art sonore et sur l’identité de Yoni Silver, clarinettiste qu’on ne demande qu’à réentendre.


Yoni Silver : Peep Holes (Creative Sources / Metamkine)
CD : 01/ Peep Holes 02/ Please Hold 03/ Peat Hog.
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.
Héctor Cabrero © le son du grisli

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Brassier, Guionnet, Murayama, Mattin : Idioms and Idiots (WMO/R, 2010)

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Enregistré au NPAI Festival de 2008, Idioms and Idiots – projet de Jean-Luc Guionnet, Mattin, Seijiro Murayama et Ray Brassier – est de ces disques dont il faut expliquer les causes, croit-on comprendre. Dans un livret, les musiciens s’expliquent – ces explications peuvent aussi être trouvées .

Ici donc, on parle de musique (non-idiomatic de Derek Bailey) et de philosophie (non-philosophie de François Laruelle) pour en appeler aux conséquences du contact recommandé d’un vocabulaire arrêté (musique dans son acception courante) et de pratiques « rebelles » (improvisation en trois actes). D’autres conflits peuvent naître malgré tout : Brassier en philosophe inquiet de langage musical invité par un trio d’improvisateurs complices poussant ceux-là mêmes à tout refuser en bloc, encore plus qu’à leur habitude. Ainsi, le droit de réponse peut accoucher d’une non-intervention et le désir de dire peut conseiller aux musiciens l’option d’une fuite silencieuse. Pour faire plus vite encore, disons que le duel Activity / Passivity n’a qu’un but avoué et qu’il promet même, baptisé « clinical violence ».

Musicalement, maintenant ? « Non-musicalement », peut-être ? La mise en place tient d’un supplice de la goutte d’eau aux charmes évidents : peaux frottées puis cordes défaites avant ce cri inattendu ; place donc accordée aux mots s’ils saturent, s’ils peuvent donner un peu de fond aux cris multipliés sur le ronronnement « clinique » en effet de machines qui n’en sont pas. Le troisième acte célèbre longtemps une note de guitare et le roulement à billes d’une autre mécanique qui finira par avaler l’un de ses concepteurs – le dernier cri de Mattin est féroce et met un son sur son expérience d’homme broyé net.

Là se termine la pièce d’un théâtre philosophique fait d’accords de guitare lasse, de couacs d’altiste, de silences et de bourdons commandés sur caisses plus ou moins claires, et de vociférations saturant ; la démarche est libre et les questions, sait-on jamais, posées seulement ensuite ?  L’esthétique a changé il y a longtemps déjà la forme des beaux-arts, la « non-philosophie » n’a plus qu’à s’occuper de celui de la « non-musique » : le résultat pourrait-il être étrangement musical ? 

Ray Brassier, Jean-Luc Guionnet, Seijiro Murayama, Mattin : Idioms and Idiots (w.m.o/r35 / Metamkine)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01-03. Idioms and Idiots
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Jean-Luc Guionnet improvisera demain, dimanche 20 mars, à Paris, en compagnie cette fois du contrebassiste Benjamin Duboc. Pour information ou réservation, contacter Bertrand Gastaut.

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