Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Lydia Lunch, Philippe Petit : Twist of Fate (Monotype, 2010)

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C’est au film de Cronenberg, Crash, que l’inconscient collectif rattachera ce concert de Lydia Lunch et Philippe Petit. Des bruits évoquent des carambolages, des reverses énormes décorent les carcasses de milliers de rayures, des guitares y vont de leurs dérapages incontrôlés et des collages noise-addicts pansent les plaies mais les rouvrent.

Et il y a la voix de Lydia Lunch. Une voix qui minaude, s’époumone, crache des vers sexués… Lydia Lunch est votre pire cauchemar en même temps que la plus belle étreinte dont vous pouviez rêver. Mais attention, on ne touche qu’avec l’oreille : pièce ficelée d’un bondage sonore, vous, vous divaguez. Et vous filez la métaphore cinématographique : la bretelle David Lynch vous conduit à Julee Cruise. Lunch évoque en effet une Julee Cruise écorchée vive sur ce radical Twist of Fate, un canevas de chansons pop qui pend à un croc de boucher. 

Lydia Lunch, Philippe Petit : Twist of Fate (Monotype)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.
CD + DVD : 01/ Thirsty 02/ Play Dumb 03/ Twist of Fate 04/ Beautiful Bastard 05/ Oxygen 06/ Mysterious Disappearance 07/ Dream Drugs 08/ Louse
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Tristan Honsinger, Olaf Rupp : Stretto (FMP, 2010)

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Le duo de cordes que forment Tristan Honsinger et Olaf Rupp pose une question huit plages durant : Can You Imagine A Conversation Between A Table And A Chair ? Louanges à l’auditeur qui se posera alors la question de savoir qui, du violoncelliste ou du guitariste, fait la table, sachant que l’autre devra en conséquence « remplir » le rôle de chaise.

Faire fi des réponses même si la réflexion peut occuper les moments creux et les longueurs qu’on trouve ici ou là : non pas des blancs dans la conversation promise, mais des banalités que l’on s’échange sous couvert de politesse. Ceci n’empêchant pas le duo d’intéresser le plus souvent, notamment lorsque les instruments à cordes échappés de l’orchestre se proposent de faire autant de bruit que lui mais à deux seulement.

Les arpèges de Rupp dévalent alors à grande vitesse la pente dessinée par l’archet d’Honsinger et puis remontent sous les effets d’un gimmick porteur. Rupp jamais plus habile que lorsqu’il provoque et Honsinger jamais plus efficient que lorsqu’il tranquillise. Échevelées presque toutes, les miniatures jouent le contraste en forêt : quelques chants d’oiseaux font état d’une improvisation en extérieur en conséquence plus posée. Ici, l’archet feint l’aphonie et la guitare le retrait. En forêt le duo s’est donc retiré et impressionne davantage : pour être sur ses gardes en attendant que le conseillent les bruits du monde.

Tristan Honsinger, Olaf Rupp : Stretto (FMP / Instant Jazz)
Enregistrement : 2010. Edition : 2010.
CD : 01/ Can 02/ You 03/ Imagine 04/ A Conversation 05/ Between 06/ A Table 07/ And A 08/ Chair ?
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Irène Schweizer, Rüdiger Carl, Louis Moholo : Messer Und... (FMP, 2010)

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Le repos n’aura été que de courte durée : quelques minutes à peine de la piccolo flute de Rüdiger Carl avant que piano et batterie réintègrent le spectre convulsif qui couvre Messer und…

En concert (Moers, 19 mai 1975 / Graz, 17 novembre 1977) ou en studio (Berlin, 11 décembre 1975), l’élan est le même : battre le fer quand il est chaud, naître et renaître au convulsif, ne rien arrêter d’une furie démoniaque, continuer à vie et à mort ce combat sauvage, titanesque.

Fuyant le silence, héroïques dans la tourmente ; Irène Schweizer, Rüdiger Carl et Louis Moholo d’en remettre une couche dans ce vaste incendie qu’étaient alors les seventies.

Irène Schweizer, Rüdiger Carl, Louis Moholo : Messer Und… (FMP / Instant Jazz)
Enregistrement : 1975 & 1977. Edition : 2010.
CD : 01/ Messer 02/ Come-on-Bert 03/ Gondsi mitenant 04/ Conn-Conn 05/ Tuned Boots
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Schlippenbach Quartet : At Quartier Latin (FMP, 2010)

schlippenlatinsliSi, au disque, les quatre décennies d’aventures du Schlippenbach Trio sont pour le moins correctement documentées, les avatars du groupe, lorsqu’il a été étendu à un quartet (entre 1973 et 1983, par adjonction d’un bassiste – successivement Kowald puis Silva), n’ont comparativement laissé que peu d’enregistrements.

Les deux concerts berlinois reproduits aujourd’hui – qui combinent la face B du vinyle Three Nails Left (février 1975) et l’intégralité du LP intitulé The Hidden Peak (janvier 1977) – permettent d’écouter Alexander von Schlippenbach (piano), Evan Parker (saxophones ténor & soprano), Paul Lovens (percussions) et Peter Kowald (contrebasse) dans des conditions satisfaisantes, tout en faisant un intéressant pendant au disque publié il y a une dizaine d’années par Atavistic, Hunting the Snake (septembre 1975).

Ecouter ou réécouter cette musique, trente-cinq ans après sa création, c’est aussi s’interroger sur sa réception à l’époque et remettre en cause la doxa de l’oncle qui, nostalgique, s’acharna à nous convaincre que, vraiment, l’âge d’or du free (branche teutonne) en Europe – ces seventies au milieu desquelles nous naissions, tandis que mouraient certains idéaux dudit tonton – « c’était super, pur & dur, politisé » et tout et tout... que la musique y était « libre & sauvage »…
 
Eh bien, je crains de ne pas entendre là le free « intransigeant, viril, destructeur », fantasmé par certains auditeurs vétérans (de ce qu’ils prenaient pour une guerre) mais, précisément, une musique qui tient par un équilibre de concessions (et pas un équilibre de la terreur sonique, héroïco-kaputt et sanglante), une œuvre de gentlemen à grandes oreilles, qui certes s’invente dans les opérations qui la réalisent, mais que travaillent de scrupuleux agencements de textures choisies et une délicate pensée des formes. Cette raffinerie raffinée, prenant à l’occasion l’allure d’une ébullition, agit comme la distillation des essences subtiles du jazz, annonçant ce que le groupe, en trio, poursuivrait : condensation, précipités…

Schlippenbach Quartet : At Quartier Latin (FMP / Instant jazz)
Enregistrement : 1975-1977. Edition : 2010.
CD : 01/ Black Holes 02/ Three Nails Left, for P.L. 03/ The Hidden Peak I 04/ The Hidden Peak II 05/ The Hidden Peak III 06/ The Hidden Peak IV 07/ The Hidden Peak V
Guillaume Tarche © Le son du grisli

fmpsliCe disque est l'un des douze (rééditions ou enregistrements inédits) de la boîte-rétrospective que publie ces jours-ci le label FMP. A l'intérieur, trouver aussi un grand livre de photographies et de textes (études, index de musiciens, catalogue...) qui finit de célébrer quarante années d'activités intenses.   

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Radu Malfatti, Stephan Wittwer : Und?... Plus (FMP, 2010)

malfasliAugmenté d’un Untitled? de quatorze minutes quatorze, UND? reparaît donc. Retour du deuxième enregistrement de la paire Radu Malfatti / Stephan Wittwer

Ce qui fait désormais cinq pièces-plages à trouver là, sur lesquelles un trombone et une guitare – tous accents attendus (pour ne pas dire conventionnels) modifiés – traînent en inventant sans cesse. Une guitare-foreuse agit en discrète avant qu’un trombone généreux déverse dans ses excavations des torrents de plaintes et d’invectives.

Tendues, les cordes délimitent ensuite les endroits recélant trouvailles, qui voleront pourtant en éclats à la demande de Malfatti. Ni dialogue, ni guitare, ni trombone désormais, mais dessus un épais rideau de fumée au dépôt merveilleux, que l’Untitled? en question dépossédera de son angoisse. Parce qu’il faut bien, un jour, prendre la peine d’expliquer les mystères.

Radu Malfatti, Stephan Wittwer : Und?... Plus (FMP / Instant Jazz)
Enregistrement : 14 février 1977. Réédition : 2010.
CD : 01/ Und? 02/ So 03/ ´Tis A Point 04/ Cotpotok (Still Valid) 05/ Untitled?
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

fmpsliCe disque est l'un des douze (rééditions ou enregistrements inédits) de la boîte-rétrospective que publie ces jours-ci le label FMP. A l'intérieur, trouver aussi un grand livre de photographies et de textes (études, index de musiciens, catalogue...) qui finit de célébrer quarante années d'activités intenses.   

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Globe Unity Orchestra : Baden-Baden '75 (FMP, 2010)

badensliEn 1975, le Globe Unity Orchestra & Guests d’Alexander von Schlippenbach c’était Enrico Rava, Manfred Schoof, Kenny Wheeler, Anthony Braxton, Peter Brötzmann, Rüdiger Carl, Gerd Dudek, Evan Parker, Michel Pilz, Günter Christmann, Albert Mangelsdorff, Paul Rutheford, Buschi Niebergall, Peter Kowald et Paul Lovens.

C’était Maranao, composition d’Enrico Rava : un fracas collectif, des cuivres en ébullition, un enfer en décomposition. Un riff émergeant de la masse et ce n’est plus le GUO mais le Brotherhood of Breath. C’était aussi U-487, composition d’Anthony Braxton : une marche qui ouvre et referme l’œuvre, des percées solitaires (l’élan percussif de Schlippenbach, les matières vibrantes de Lovens), des terres blessées d’orgueil et de flammes.

Mais il y avait aussi Jahrmarkt de Peter Kowald : de l’alarme et de l’effroi, des aigus perçants, des mélodies qui s’enchâssent (Straight No Chaser, l’Internationale, La Paloma) avant le retour aux sauvageries collectives. Il y avait également Hanebüchen du leader : des frissons de cuivres, des crescendos sans fin, une flûte qui garde le cap et un jazz qui résiste tant bien que mal aux assauts de cuivres déchaînés.

Et c’était enfin The Forge, autre composition de Schlippenbach : une texture syncopée vite dessoudée ; visite approfondie – guides idéaux – de l’enfer le plus profond. En 1975, le GUO c’était cela. Et ce cela n’était pas rien.

Globe Unity Orchestra : Baden-Baden ’75 (FMP / Instant Jazz)
Enregistrement : 1975. Edition : 2010.   
CD : 01/ Maranao 02/ U-487 03/ Jahmarkt 04/ Hanebüchen 05/ The Forge
Luc Bouquet © Le son du grisli

fmpsliCe disque est l'un des douze (rééditions ou enregistrements inédits) de la boîte-rétrospective que publie ces jours-ci le label FMP. A l'intérieur, trouver aussi un grand livre de photographies et de textes (études, index de musiciens, catalogue...) qui finit de célébrer quarante années d'activités intenses.   

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Steve Lacy : In Berlin (FMP, 2010)

lacyberlinsliCompte tenu du fait que ce disque est publié dans le cadre de la vaste rétrospective historique d’un éditeur phonographique, on comprendra que ledit label ait complété (ou « chargé ») la réédition du splendide LP solo de 1975, Stabs (dont l’ordre des faces est ici inversé), par la moitié – mais seulement… on le déplorera – d’un autre beau vinyle, Follies (1977)… Sans doute est-il vain d’ergoter car, somme toute, ce document a le mérite de présenter les deux faces essentielles de l’activité lacyenne durant ces très fructueuses « scratching seventies » : le solo (depuis le fameux concert d’Avignon, en 1972) et le quintet – que forment, autour de Steve Lacy (saxophone soprano), Steve Potts (saxophones alto), Irène Aebi (violoncelle), Kent Carter (contrebasse) et Oliver Johnson (batterie).

Impeccablement réfléchi et aussi complexe que la compression d’ouvre-boîtes (angles & réitérations) qui orne la couverture du disque, le programme solitaire que le sopraniste déroule fait alterner plages pensives, broderies de haute altitude et séquences maniaques qui, à bout de permutations géométriques et d’épuisements combinatoires, jusqu’au growl parfois, délivrent un lyrisme unique, refroidi et profondément humain, porté par une extraordinaire sonorité. Grand solo.

Plus débridé, le quintet ne sacrifie pas sa puissance vrombissante (la pochette d’époque, un dessin d’Antoine Nicoglou, présentait un groupe bien allumé – au milieu d’un sacré bestiaire, Lacy, braguette ouverte, faisant se lever les lames du parquet !) à la lourdeur : contrebasse & violoncelle, s’ils fondent le microcosme harmonique d’Esteem, dégagent sur Follies une pneumatique originale (bounce propulsif & bourdons arco) sur laquelle Potts & Lacy peuvent faire jouer leurs ressorts dramatiques respectifs (spirales, dérapages, abeilles, surf)…

Steve Lacy : In Berlin (FMP / Instant Jazz)
Enregistrement : 1975/1977. Réédition : 2010.
CD : STABS (solo) : 01/ Cloudy 02/ Moon 03/ Stabs 04/ No Baby 05/ Deadline 06/ Coastline 07/ The Duck – FOLLIES (quintet) : 08/ Esteem 09/ Follies
Guillaume Tarche © Le son du grisli

fmpsli

Ce disque est l'un des douze (rééditions ou enregistrements inédits) de la boîte-rétrospective que publie ces jours-ci le label FMP. A l'intérieur, trouver aussi un grand livre de photographies et de textes (études, index de musiciens, catalogue...) qui finit de célébrer quarante années d'activités intenses.   

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Peter Kowald : Was Da Ist (Live) (FMP, 2010)

wadasliParmi les enregistrements inédits de la rétrospective FMP, trouver Was Da Ist, solo de Peter Kowald, enregistré en 2000 devant public.

Un solo de contrebasse, donc, que l’archet fait chanter de diverses façons : élans baroques, réminiscences gnawa, harmoniques psalmodiant dans les marges, vocalisations expressives (qu’un chant de gorge pourra doubler), inspections mécaniques, dérapages dispendieux… Qu’il progresse sur une corde ou s’emporte sur plusieurs, Kowald joue des contrastes, souffle le chaud et le froid, ose une danse fanfaronne loin de la note d’origine mais qui y reviendra, hors d’haleine mais remuant encore sous l’effet de la bravade.

Lorsque le contrebassiste élève ses notes en troupeaux, l’heure est à la transhumance et leurs pas résonnent d’un bout à l’autre de l’instrument. Ailleurs encore, ce sont des chants qu’il va chercher au fond de sa contrebasse et qui attestent de l’existence de populations inconnues : Was Da Ist peut ainsi se donner des airs d’enregistrement Ocora. Un autre pas de deux, une déconstruction sauvage, des attaques forçant l’objet contrebasse autant que le respect, et puis une dernière note vers laquelle le musicien retourne sans cesse pour enfin ne plus la quitter : à ce qui est là, Peter Kowald tient.

Peter Kowald : Was Da Ist (FMP / Instant Jazz)
Enregistrement : 2000. Edition : 2010.
CD : 01-07/ Part A – Part G
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

fmpsli

Ce disque est l'un des douze (rééditions ou enregistrements inédits) de la boîte-rétrospective que publie ces jours-ci le label FMP. A l'intérieur, trouver aussi un grand livre de photographies et de textes (études, index de musiciens, catalogue...) qui finit de célébrer quarante années d'activités intenses.   

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Peter Brötzmann : Solo (FMP, 2010)

solotzmannsliEn 1976, il y avait encore deux faces. Deux faces pour un seul Peter Brötzmann. Brötzmann, le brise-tympan, ici, fidèle à sa réputation de convulsif né. Brötzmann ou l’homme sans murmure. Celui des cris et des foudres. Brötzmann ou l’effroi des langages. Peter Brötzmann ou la turbulence à l’état pur.

En clarinettes doublées, en saxophone très basse, en alto égosillé, en ténor rugueux ou en piano imprévu, et toujours en solitaire, Brötzmann imagine des folklores improbables et les peint d’une dureté exemplaire. Gargarismes à vif, traits saillants répétés jusqu’à l’obsession, tentatives échouées de tendresse, voici Peter Brötzmann tel qu’en lui-même : fort en gueule et en souffle.

Peter Brötzmann : Solo (FMP / Instant Jazz)
Enregistrement  : 1976. Réédition : 2010.
CD : 01/ Brunches 02/ Two Birds in a Feather 03/ Piece for Two Clarinets 04/ Volke in Hosen 05/ Der Grieche 06/ Blue Balls 07/ Scrambag 08/ Piece for Two Clarinets 09/ Humpty Dumpty 10/ Jack-in-the-box 11/ Twee(D)Didum 12/ Eine kleine marschmusik
Luc Bouquet © Le son du grisli

fmpsli

Ce disque est l'un des douze (rééditions ou enregistrements inédits) de la boîte-rétrospective que publie ces jours-ci le label FMP. A l'intérieur, trouver aussi un grand livre de photographies et de textes (études, index de musiciens, catalogue...) qui finit de célébrer quarante années d'activités intenses.   

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Smegma : Mirage (Important, 2010)

smegma mirage

Sous le tendre nom de Smegma, un collectif de musiciens s’agite sur la Côte Ouest américaine depuis 1973. Malgré quelques tonnes de disques et cassettes édités au compte-goutte, poilus résistants et nouvelles recrues travaillaient encore récemment à un Mirage qui redit une implication franche en faveur d’un rock expérimental, c'est-à-dire : désaxé, bruitiste, provocateur, ingénieux, sauvage… En d’autres termes, tout ce que le rock devrait savoir être encore ; tout ce que Smegma pleure avec vigueur et brio.

Smegma : Mirage (Important)
Edition : 2010.
CD : 01/ World of My Own 02/ Mirage 03/ F-85 Turborocket 04/ Oh Yeh 05/ That Party of Wales 06/ Quiet On The Set Rioux I
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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