Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Peter Brötzmann Graphic WorksAu rapport : Rock In Opposition XParution : Du piano-épave de Ross Bolleter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

TankJ : Puissance 36KW (Bloc Thyristors, 2010)

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Tankj va la cruche à l’eau… Non, ce n’est pas qu’on n’oserait pas, c’est plutôt qu’on ne pourrait pas se le permettre. Car même après avoir écouté plusieurs fois Puissance 36KW de Tankj (cette fois : Chicco Gramaglia au trombone et Arnaud Rivière à l’électrophone et aux tables, Titus Oppmann à la contrebasse et Jean-Noël Cognard à la batterie), on n’en est pas fatigué.

Car ce serait comme se lasser de mauvaises humeurs (mauvaises mais formidables) et nier que certaines d'entre elles font beaucoup de bien. La fureur de ce disque est à leur image : les musiciens se battent et il pleut des coups durs. Le trombone se plaint et la batterie s’acharne. Les larsens de Rivière font tâche dans le free rock mais les taches sont belles et le free rock en sort vainqueur.

En vérité, Tankj est une fanfare dont les membres s’éparpillent au moindre coup de sifflet (comprendre : au moindre larsen). Lorsqu’ils se retrouvent, ils s’affrontent jusqu’à ce que retentisse un nouveau coup de sifflet : ces sauvages respectent au moins ce code-là.

Tankj : Puissance 36KW (Bloc Thyristors / Metamkine)
Enregistrement : 2007. Edition : 2010.
LP : Puissance 36KW
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Frank Gratkowski, Hamid Drake, Commitment, Cecil Taylor, Rudresh Mahanthappa, Marty Ehrlich, William Parker

jazzexpeditives

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Frank Gratkowski, Hamid Drake : s/t (Valid, 2010)
Quatre improvisations signées Frank Gratkoswki (saxophones, clarinettes) et Hamid Drake (batterie). D’une instabilité travaillée, le premier peut d’abord faire passer le second pour un conservateur agissant. Mais bientôt, c’est le second que l’on remercie de ne pas donner dans la surenchère au contact d’un premier faisant maintenant figure de féticheur sans grandes idées.

Commitmentsli

Commitment : The Complete Recordings 1981/1983 (NoBusiness, 2010)
Faisant beaucoup pour les archives William Parker, le label NoBusiness saluait hier l’implication du contrebassiste en Muntu et aujourd’hui son travail en Commitment – là, trois partenaires : Will Connell (flûte, saxophone alto et clarinette basse), Jason Kao Hwang (violon) et Takeshi Zen Matsuura (batterie). En studio à New York ou en concert en Allemagne, entendre le quartette passer de free bop vaillant en morceaux d’atmosphères quelques fois factices. Document nécessaire à tout amateur de Parker, ce double-disque en est un autre qui célèbre l’invention exacerbée de Hwang.

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Dominic Duval, Cecil Taylor : The Last Dance (Cadence Jazz, 2009)
En deux disques, The Last Dance revient sur une rencontre datant de 2003 : celle de Cecil Taylor et de Dominic Duval au San Francisco Jazz Festival. Sur le premier disque, malgré quelques moments d’interaction louable, Duval semble courir derrière Taylor et, par moment même, perdu parmi les clusters. Sur le second, les deux hommes parviennent à s’entendre en combinant graves anguleux et grincements d’archet pour ne plus créer ensuite qu’avec une ferveur irrésistible.

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Rudresh Mahanthappa, Bunky Green : Apex (Pi, 2010)
Après Steve Lehman, c’est au tour de Bunky Green de jouer l’alter-alto de Rudresh Mahanthappa. Sur Apex, l’association – portée par une section rythmique composée de Jason Moran (piano), François Moutin (contrebasse) et Jack DeJohnette ou Damion Reid (batterie) – respecte tous les codes : ici ceux d’un free de bon ton, là ceux d’une ballade mièvre, ailleurs ceux d’un post bop inutile. D’unissons en entrelacs, Mahanthappa et Green peinent à se montrer à la hauteur : des promesses du premier et de l’histoire du second.

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Marty Ehrlich : Fables (Tzadik, 2010)
En conteur de Fables, le clarinettiste Marty Ehrlich donne dans la mélodie mélancolique. Servi par des orchestrations au moins originales, le disque consigne l’existence d’une musique de chambre lorgnant du côté de la bande-originale de film. Non pas désagréable mais sage quand ce n’est pas mielleux.

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Tommy Meier : The Master and the Rain (Intakt, 2010)
En 2007, sortait sur Intakt le mièvre Root Down. Trois ans plus tard, au tour de The Master and the Rain, disque composé d’extraits de concerts qui prouve que Tommy Meier (saxophone ténor, clarinette basse) pouvait faire mieux. En grand orchestre – présences d’Irène Schweizer, Russ Johnson, Co Streiff ou encore Trixa Arnold aux tourne-disques –, il s’inspire d’Andrew Hill, Femi Kuti ou Chris McGregor, pour édifier des pièces hétéroclites qui sont, au choix : intelligentes, maladroites ou indigestes.

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William Parker : Uncle Joe’s Spirit House (AUM Fidelity, 2010)
Où l’on retrouve William Parker à la tête d’un « organ quartet » dans lequel Cooper-Moore est à l’orgue, Darryl Foster au saxophone ténor et Gerald Cleaver à la batterie. Où l’on s’ennuie ferme, aussi, au son d’une soul sans grande identité qui laisse peu de place au savoir-faire des musiciens. Pour le son de Foster, peut-être ?

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Morton Feldman, Louis Goldstein : For Bunita Marcus (Nuscope, 2010)

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This has been my favorite CD for the last few months. I listen to it before I go to sleep or in the morning or when I need to relax or on my Ipod as I  walk the hills and parks of San Francisco. It is comforting, meditative music – that sets the bar for me as far as this type of music goes.

I've never quite heard anything that successfully suspends time like this... Solo piano notes ring with overtones. Tactile. Quiet. Soft. Slow. Ideally, listened to at a low level. If I close my eyes, a mosaic of patterns flow and unfold. If I had only one choice of music to take with me to a sensory deprivation tank, this would be it.

Morton Feldman, Louis Goldstein : For Bunita Marcus (Nuscope)
Edition : 2010.
CD : 01/ For Bunita Marcus
Ernesto Diaz-Infante © Le son du grisli

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Ernesto Diaz-Infante est guitariste. Il s’est récemment fait entendre aux côtés de Gino Robair, Ernesto Rodrigues et Manuel Mota, sur Our Faceless Empire.

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Jo Thomas : Alpha (Entracte, 2010)

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45 tours sur la face A. 33 tours sur la face B. Cet Alpha est fait comme ça, c’est sa première originalité.

Citons maintenant les autres originalités de ce disque : il est le premier de Jo Thomas, Londonienne qui aime la voix et l’électroacoustique foutraque ; et il est le dépositaire d’une esthétique qui n’appartient qu’à sa créatrice. Ce qui fait trois originalités qui craquent sous le vinyle et vous emmènent dans un univers à la Tetris. Au-dessus de vous, les formes géométriques nés de crashs, larsens, buzzs, ou souffles, commencent à vous inquiéter. Elles avancent à pas comptés que vous pouvez décider de précipiter ou de ralentir : il suffit pour cela de changer de vitesse à votre tour. 33 tours sur la face A. 45 tours sur la face B. Ludique et délectable.

Jo Thomas : Alpha (Entracte)
Edition : 2010.
LP
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Louise Jensen : You Look Like Your Mother... (Peacock, 2010)

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De Louise Dam Eckhardt Jensen, il faut croire qu’on ne savait rien avant que paraisse ce disque sur lequel elle donne et la voix et du saxophone alto : You Look Like Your Mother, Would You Like More Sauce ?

Une carte de visite en (treize) pièces : improvisations farouches (traité d’emportement progressif sur SØS ou chanson dissonante sur air et texte qu’est A Poem in Danish About People and Dots), instrumentaux fantasques (mélanges étourdissants de My Origin), voire iconoclastes (I Don’t Like Rottweilers). Pour Jensen, il s’agit non d’une manière de faire mais d’une attitude à avoir : hétéroclite, justifiable ou non, pugnace toujours et puis impérieuse, celle-ci. Treize fois de suite, elle mêle à son jeu à l’instrument une lassitude feinte pour mieux travailler dans l'ombre à un matelas de sons épais au creux desquels déposer ses excès de frivolité.

Louise D.E. Jensen : You Look Like Your Mother, Would You Like More Sauce? (Peacock Recordings)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ SØS 02/ My Origin 03/ Worrisome Jensen 04/ I Don’t Like Rottweilers 05/ The 1st Mailroom Supervisor 06/ The 2nd Mailroom Supervisor 07/ Texan Sisters 08/ Scandinavian Fashion Hipster Snobs 09/ Madsen og Jensen 10/ You Always Have Practise to Do on A Mouthpiece 11/ A Poem in Danish About People and Dots 12/ South Jutland Hillbilly 13/ Bonus
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Thomas Tilly (Tô) : Cables & Signs (Fissür, 2010)

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Ce qu’il y a de merveilleux avec les field recordings c’est qu’ils ne sont pas faits pour donner un exemple de variété / vérité du monde ni même pour très humblement acter des bruits de la nature. Souvent, les field recordings dévoilent ce que le collectionneur qui les a récoltés a à l’intérieur, même lorsque celui-ci ne touche presque à rien.

C’est le cas avec Thomas Tilly (). Au château de Sauzay, il a chaussé des bottes puis a pris l’eau pour enregistrer des bestioles et des plantes. Sait-il au moins les noms des unes et des autres ? Pas sûr. Mais peut-être ; l’important n’est pas là mais plutôt dans ces crépitements plus ou moins rapides, ces mouvements imperceptibles à l’œil nu mais audible si tant est qu’on transporte avec soi le bon matériel amphibie. Après, les enregistrements seront agencés de manière à ce qu’ils formeront un CD agréable à l'écoute : les microcosmes y forment un orchestre que Thomas Tilly dirige (ne dit-il pas qu’il envisage ces captations comme des pièces de musique à part entière ?). Est-ce qu’un grouillement, un ronflement ou une déglutition d’insecte fait partie de la partition ? Et quid des effets sur une herbe ou une tige des mouvements du soleil ? La seule chose sûre, ici, c’est que la symphonie de Cables & Signs vaut bien une messe humaine.

Thomas Tilly / Tô : Cables & Signs (Ten Underwater Field Recordings) (Fissür / Metamkine)
Edition : 2010.
CD : 01-10/ Cables & Signs (Ten Underwater Field Recordings)
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Ap'strophe : Corgroc (Another Timbre, 2010)

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Que ceux et celles qui n’aiment dans la peinture de paysages que les aplats épais quittent la salle d’exposition. Car si Ap’strophe en remet une couche, c’est dans la finesse, l’ellipse, l’effleurement...

Ferran Fages intervient pourtant à la guitare et Dimitra Lazaridou-Chatzigoga à la cithare. De quoi faire beaucoup avec des cordes pincées ou frappées, des attaques sur un corps en bois ou sur des mécaniques de métal. A la place il y a Spring et Is Like a Perhaps Hand (faut-il lire « Spring Is Like a Perhaps Hand » ?). C’est à dire qu’il y a un drone qui siffle et le jeu bizarre de cordes distendues. Il y a aussi des grincements (le bois) et des mouvements de plaques (le métal). Et sous l’effet de la surprise le tout procure de drôles de sensations qui font qu’on se demande si le duo n’avait pas surréastylistiquement raison : le printemps serait peut être comme une main.


Ap'strophe, Corgroc (extrait).

Ap’strophe : Corgroc (Another Timbre)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Spring 02/ Is Like a Perhapd Hand
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Eric Lunde, Kommissar Hjuler : Separture / Grundordnung-Unterschrank-Scooter (MNDR, 2010)

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A l’annonce de la rencontre entre Eric Lunde et Kommissar Hjuler, on pouvait craindre le combat de trop : celui de deux fureurs opposées amenées à traîner derrière elles leurs bruits hétéroclites ; celui de deux artistes en tous genres dont les travaux sonores se nourrissent d’éléments d’un concret affirmé. 

Or, sur le disque qu’ils se partagent, Eric Lunde et Kommisar Hjuler démontrent l’un après l’autre d’attentions plutôt délicates : le premier en ensevelissant sous les grondements un vieux disque rayé puis en ménageant l’auditeur au son de folles trouvailles bruitiste (qu’un air de folk, irlandais peut-être, anéantira) ; le second en consacrant une face entière à un vieux document qu’il refaçonne et dont la nature est faite pour nous échapper (enregistrement d’une leçon de conduite de tramway, peut-être : une présence donne des indications quand une autre accélère puis ralentit, accélère puis ralentit…). La contre-attaque est inattendue et même ingénieuse.

Eric Lunde, Kommissar Hjuler : Separture / Grundordnung-Unterschrank-Scooter (MNDR, 2010)
Edition : 2010.
LP : A/ Eric Lunde : Separture B/ Kommissar Hjuler : Grundordnung-Unterschrank-Scooter
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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David S. Ware : Onecept (AUM Fidelity, 2010)

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Instruments qu’il avait déjà utilisés à la toute fin des eighties pour les enregistrements de Passage to Music et Great Bliss I & II (il jouait alors aussi – et superbement – de la flûte) et qu’il retrouva l’an dernier pour un solo enlevé (Saturnian I – Aum), stritch et saxello refont leur apparition dans l’univers de David Spencer Ware.

Arrivé à bout de course d’un quartet cadenassé par le jeu monocorde de Guillermo Brown, le saxophoniste retrouve avec cet Onecept toute l’intensité et la générosité de son souffle. Warren Smith, tantôt aux timbales et gongs, tantôt à la batterie est un batteur d’écoute, d’imagination et de relance. William Parker semble retrouvé, juvénile, jouant la complicité (Vata) ou l’éloignement (Desire Worlds) avec un égal bonheur. C’est qu’ici, l’équilibre est de tous les instants. La soif est toujours de dissonance et de continuum (Desire Worlds où le saxello de Ware évoque plus l’intensité brûlante d’un Ayler que les loopings cerclés d’un Kirk, autre familier du saxello) et à travers ces neuf plages improvisées (là-aussi : une nouveauté chez Ware) d’autres rebonds émergent : les sombres déchirures timbales-contrebasse, la fluidité toute naturelle du saxophoniste moins convulsif que d’ordinaire et cette entente magnifique, porteuse, ici des espoirs les plus fous.


David S. Ware, Wheel of Life (extrait).


David S. Ware, Vata (extrait). Courtesy of AUM Fidelity.

David S. Ware : Onecept (Aum Fidelity / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009.  Edition : 2010.
CD : 01/ Book of Krittika 02/ Wheel of Life 03/ Celestial 04/ Desire Worlds 05/ Astral Earth 06/ Savaka 07/ Bardo 08/ Anagami 09/ Vata
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Contre-chronique : Confusion bleue

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First of all, I would like to thank for this great opportunity to make a personal response to the review of my album Confusion Bleue (Soul Note, 2010) by Luc Bouquet.  I also need to thank for the honest opinion expressed in this review. I welcome differences opinions, because that’s how one learns about his/her weakness. 

Having said that… As one can easily imagine, I disagree with most of the points raised in this review.  But please know… this is NOT an emotional response!  This is partially because (as a contributor for the Japanese magazine JAZZ TOKYO) I have reviewed some albums pretty negatively as well. I strongly believe in the freedom of opinion, and so of course, there is NO emotional grand for me to react to this less-than-positive review by Luc Bouquet.

In any case, I would like to clarify a few things below… But let’s start from one point I share with this reviewer: I totally agree with the opinion regarding Ross Bonadonna who contributed enormously to Confusion bleue and another album of mine Hommage an Klaus Kinski (Soul Note, 2007).   Ross is to me the best kept secret of the fertile avant-garde/ experimental music scene of NYC.  Despite his enormous talent, Ross is a modest person – likely the reason he has somehow managed to avoid getting a spotlight in his long musical career. But he is clearly one of the very talents needs to be heard by creative listeners.

But this appears to be the only thing Bouquet and myself agree for Confusion Bleue. For example, even though the reviewer points out the lack of direction, I am confident that the improvisation presented in this album had clear direction – actually had multiple directions UNLIKE most of so called ‘free improvisation’. The reviewer may have meant that the music lost ‘focus’ or ‘concentration’… But I do not believe this is the case. And actually, the band managed to achieve a great deal of musical concentrations throughout this album.

My main problem of most of FULLY improvised music is the monotonic nature of many performances. Or let’s say SINGLE-direction. And for experienced listeners, there is no need to present examples on this. I am not denying the value of such approach, and there are many (monotonic) free improvisations I admire (especially the ones by Euro masters, including Bailey, Portal, Parker, Favre, AMM, Centazzo, Guy, Schlippenbach and Riley).  But my musical influences and interests are broader, and my goal is to go “beyond free”… I believe this multi-directional approach – successfully accomplished in this album (my opinion) –  is one of the ways to achieve this goal. 

I am also honestly very happy about the rendition of Blue in Green presented in this album. In fact, this was the first time I managed to realize my vision of standard playing – loose but structured spontaneous improvisation with over all respects to the melody and harmony. And guessing from the many positive reviews of Confusion Bleue published at various international media, I am happy to report that my above opinions are clearly shared by others. But of course, every creative listener (including critic) needs to have her/his opinions, just like every creative musician should also have her/his own. But no opinion is free from one’s subjective perception or ‘taste’.  And as Bouquet concluded his review, the above disagreements appear to be largely due to a matter of personal ‘tastes’.

I am suspecting that he clearly did not like my preferences of sweet/romantic melodies. I had a similar experience with the famed avant-producer Leo Feigin (of Leo Records). While Leo gave very encouraging comments on New York Moments (Konnex, 2007) – the least ‘romantic’ album of my releases, he has told me several times that I am making a mistake by melding the syrupy romanticism with avant-garde ethic. But if I disclose that Jean-Jacques Goldman (!!!) was one of my musical heroes during my high school years in Japan (before I moved to the US for college) … A good French listener would understand that I am as Leo correctly described “incurable romantic”.

So please give it a try to my music, ONLY if you are curious of how an incurable romantic handles avant-garde!!  You can listen (streamed) to the entire album of Confusion Bleue here. Thank you very much for the attention!

Nobu Stowe

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