Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Premier bruit Trente-six échosAu rapport : Festival Le Bruit de la MusiqueParution : le son du grisli #2
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

John Cage : Violin & Piano (MDG, 2010)

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Lorsqu'il compose les plus anciennes pièces pour piano et violon que CD comporte, John Cage a déjà fini d'étudier le bouddhisme zen auprès du professeur Deisetz Taitaro Suzuki (1945-1947). 1947, c'est le court Nocturne, dont le violoniste Andreas Seidel (membre éminent du Leipziger Streichquartett) et le pianiste Steffen Schleiermacher exacerbent l'impressionnisme magnifique ; 1950, c'est Six Melodies for Violin and Keyboard, que le duo interprète avec la grâce qu'il faut pour bien mêler orient et occident « musicals », minimalistiquement.

Les deux autres pièces du CD, John Cage les a prensé peu avant de disparaître et se dispensa de les noter sur partitions : Two, trente minutes que le silence revendique aux maigres accords de piano (le livret nous apprend que le piano a remplacé le shô, cet orgue de bouche japonais, qui devait accompagner le violon à l'origine). Le second Two, plus jeune de quelques semaines, met encore plus que son prédécesseur un drone (violon) et une expression ultra concentrée (piano) en rivalités. Pour finir, contre tout principe d'opposition zen, Seidel avalera Schleiermacher. Mais ceci n'est pas du fait de John Cage, qui écrit dans Pour les oiseaux : « Je cherché à laisser les sons aller où ils vont, et à les laisser être ce qu'ils sont. »

John Cage : Violin & Piano (MDG / Codaex)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01-06/ Six Melodies for Violin and Keyboard, for Josef and Anni Albers07/ Two (1991) 08/ Nocturne 09/ Two, for Ami Flammer and Martine Joste (1992)
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Duncan Heining : George Russell (Scarecrow Press, 2009)

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L’année dernière, George Russell disparaissait et paraissait aussi une biographie imposante lui étant consacrée. Signée Duncan Heining – travail de recherches mêlant interviews et lecture approfondie des témoignages plus tôt recueillis par le trompettiste Ian Carr, à qui l’ouvrage est aussi dédié.

Chronologique, le parcours : qui mène Russell de Cincinnati à Chicago (rencontre d’Earl Hines) et puis de Chicago à New York, où Russell arrive en 1945. Là, se faire une place d’arrangeur en bénéficiant du soutien de Max Roach et soigner Cubano-Be, Cubano-Bop pour le compte de Dizzy Gillespie. Théoricien, Russell explique bientôt son Lydian Concept des choses dans un livre (The Lydian Chromatic Concept of Tonal Organization) ; pianiste, il emmène ses propres formations sur scène ou en studio dès 1956 – The Jazz Workshop et Ezz-Thetics en guise de premiers conseils. Le reste, et bien rapidement : installation en Scandinavie en 1963, retour aux Etats-Unis pour enseigner au New England Conservatory de Boston sur invitation de Gunther Schuller et puis s’essayer à d’autres mélanges à la tête du Living Time Orchestra (jazz et rock, jazz et musique classique encore). Le reste, aussi, de tenir quelques fois de l’anecdote : prise de position de Russell contre le vide à trouver parfois dans ce qu’on appelait la New Thing – les plus vindicatifs représentants du style n’ayant pas eu le temps de noter l’importance de ce « parfois » présent dans la phrase.

Parce qu’il fait aussi entendre les voix récalcitrantes – les travaux théoriques de Russell ou ses habitudes de professeur rigoureux en ayant fait lever quelques-unes –, l’ouvrage d’Heining n’est pas qu’une hagiographie. Et puis, l’auteur aura pris soin d’ajouter à l’histoire une discographie élaborée, un long agenda de concerts donnés en formations multiples et une bibliographie dense. Ainsi le livre  est à la hauteur du sujet George Russell, musicien singulier et penseur hors-pair qui, comme Gil Evans, Teddy Charles ou Jimmy Giuffre, fit beaucoup pour faire bouger les lignes des partitions.

Duncan Heining : George Russell, The Story of an American Composer (Scarecrow Press)
Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Asher, Fourm : Selected Passages / Set.Grey (NonVisualObjects, 2010)

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Récemment, Asher a édité un disque en compagnie de Jason Kahn. Fourm, de son côté, a récemment partagé un disque avec Shinkei et Luigi Turra. Aujourd’hui, Asher et Fourm se partagent l’espace d’un disque.

C’est Asher qu’on y entend en premier, avec Selected Passages (les passages sont cinq en tout). On a l’impression d’y entendre des billes de fer minuscules rebondissant sur des caisses-claires : leur rebond est provoqué par une petite note de piano, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Peu à peu, le silence mange la musique d’Asher ou retient son envie d’en faire, et c’est en se laissant faire qu’il parvient à chanter ce qu’il s’était promis de chanter : l’hiver et le vent.

Peut-être parce qu’il passe après, Fourm a plus de mal à convaincre de son Set.Grey. L’impression, cette fois, d’entendre un vocoder miniature faire tout pour qu’on l’entende entre des notes graves très effacées et des notes aigues sans enjeu. Quand l’un confirme, l’autre déçoit pourrait être la conclusion de cette chronique – c’est bien la conclusion, en fait…

Asher, Fourm : Selected Passages / Set.Grey (NonVisualObjects)
Edition : 2010.
CD : 01-05/ Asher : Selected Passages 06-07/ FOURM : Set.Grey
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Harris Eisenstadt : Canada Day (Clean Feed, 2009)

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Ici, une indiscutable esthétique Blue Note. Mais quid de l’énergie, de l’originalité, du tranchant, de la conviction des originaux ?  Parfois, ailleurs, quelques décalages made in M’Base (Halifax, Kategeeper). Et puis, souvent, un jazz qui frôle le convenu et le cliché (le duo saxophone-batterie in Keep Casting Rods).

D’un quintet dont on attendait beaucoup, que retenir ? Les brouillages et souffles embrasés de Nate Wooley, un chorus de ténor inspiré de Matt Bauder (After an Outdoor Bath), la belle distance que s’impose le vibraphoniste Chris Dingman, la parfaite interaction du couple Eivind OpsvikHarris Eisenstadt ? Voici une réponse évidente. Mais la sage construction des compositions du batteur, son application extrême et cette empoisonnante sensation de déjà-vu ferme bien des portes. Et en premier lieu, celle du plaisir d’écoute. On l’aura compris : pour le vertige, on repassera.

Harris Eisenstadt : Canada Day (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008- 2009. Edition : 2009.
CD : 01/ Don’t Gild the Lilly 02/ Halifax 03/ After an Outdoor Bath 04/ And When to Come Back 05/ Keep Casting Rods 06/ Kategeeper 07/ Ups & Downs 08/ Every Day is Canada Day
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Dan Fröberg : At Dawn We All Fall DOwn the Stairs (iDEAL, 2009)

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Ignorer une existence comme celle de Dan Fröberg lorsque l'on s’intéresse aux musiques inventives, ce serait lui faire comprendre qu’il s’est donné beaucoup de mal pour pas grand-chose. Or l'ignorer semble impossible si l'on prend par exemple en compte ces deux disques d'un coffret sorti sur iDEAL et à côté desquels on aurait bien pu passer.

Sur le premier CD, At Dawn We All Fall Down the Stairs, des enregistrements environnementaux (des cris de femmes et des voix de fous qui seront transformés en des chants diaphanes) et des notes provenant d’instruments en verre se rassemblent sur une sorte de drone fébrile. Après cela, une deuxième pièce colle un orchestre sous un grand morceau de ruban sonore adhésif pour une expérience étouffante et énigmatique. Si le second CD, The Existence of Do-Ti-La-So-Fa-Mi-Re-Do is Everything!, est moins original, il n’en reste pas moins passionnant. On y trouve encore des enregistrements environnementaux et une improvisation menée sur un orgue d’église (plusieurs prises de cet orgue feront bugger la machine). Sur la longueur, l’amas de bruits et d’échos tourne de plus en plus et l’auditeur se transforme en satellite. Ce qui est à la fois une sensation curieuse et inhabituelle.

Dan Fröberg : At Dawn We All Fall Down the Stairs (iDEAL / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ At Dawn We All Fall Down the Stairs 02/ Hat Down Wee Owl Foul Drown Death Stares

Dan Fröberg : The Existence of Do-Ti-La-So-Fa-Mi-Re-Do Is Everything! (iDEAL / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ The Existence of Do-Ti-La-So-Fa-Mi-Re-Do Is Everything!
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Oren Ambarchi, Jim O’Rourke, Keiji Haino : Tima Formosa (Black Truffle, 2010)

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La rencontre d’Ambarchi, O’Rourke et Haino ne peut être qualifiée de lumineuse, charmante ou sympathique, ce qui n’étonnera guère les amateurs de ces trois figures majeures de la musique d’aujourd’hui. Ici, la musique se fait sombre, obsédante et atmosphérique. Surtout, elle semble toucher à quelque chose d’essentiel, que les mots pourraient difficilement décrire.

Le disque, issu de l’enregistrement d’un concert à Kitakyushu au Japon, est composé d’une seule longue suite découpée en trois chapitres. Débutant avec un silence lourd de promesses, un sous-bassement tout en drone et interjections de sons aux textures granuleuses va servir d’écrin aux incantations de Keiji Haino, ici tout à fait investi dans son rôle de sorcier mystique. La deuxième plage, transitoire et dévolue essentiellement à la voix du Japonais, laisse vite place à une ambiance plus orageuse où des hurlements rauques rivalisent d’intensité avec des explosions de guitare. Quand la beauté naît de l’effroi et de l’étrangeté…

Oren Ambarchi, Jim O’Rourke, Keiji Haino : Tima Formosa (Black Truffle / Metamkine)
Enregistrement : janvier 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Tima Formosa 1 02/ Tima Formosa 2 03/ Tima Formosa 3
Jean Dezert © Le son du grisli

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Frank Rothkamm : Birth of Primary Cinema from the Spirit of Sound (Flux, 2010)

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Il est recommandé d’aller faire un tour sur le foisonnant site internet de Frank Rothkamm pour en apprendre sur ce DVD, et même pour se le faire expliquer. Troisième partie d’une « Tetralogy » pouvant présenter deux films distincts : on l’aura compris, l’objet est conceptuel et son visionnage persiste.

Douze chapitres. Autant d’arrêts sur images et d’illustrations sonores qui vous avec ou contre, cela aussi dépend des fois... Une caméra posée au sol montre par exemple un détail de rue mais le son est en complet décalage ; une autre caméra fixe pour toujours un immeuble dans la nuit mais les rires qu’on entend sont ceux d’enfants jouant dans une cour de récréation. Quelques fois, ce sont de simples cliquetis qui font office d’habillage sonore, d’autres fois une discussion entre deux artistes ou une composition qui fait intervenir un vibraphone irréel jouera le même rôle.

Une autre image encore montre un boulevard immense (la ville américaine obsède Rothkamm, on l’aura compris) alors que l’on entend le bruit du vent. Tout à coup, on dirait – et je ne sais toujours pas si cela tient d’une illusion d’optique ou même d'une illusion sonore – que l’image ondule. On sent alors qu’il se passe quelque chose. Impossible de continuer à être dubitatif : sous ses airs de composition audiovisuelle un peu facile, Birth of Primary Cinema from the Spirit of Sound a menti avant de se révéler en Ode envoûtante dédiée à la musique du monde figé.

Frank Rothkamm : Birth of Primary Cinema from the Spirit of Sound (Flux)
Edition : 2010.
DVD : 01/ Am 02/ Telsa 03/ Glockenspiel 04/ Bahaus 05/ Park 06/ Meister 07/ Autobahn 08/ Signal 09/ Not 10/ Alpenglow 11/ Serenade 12/ Rosa
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Luc Ferrari : Didascalies 2 (Sub Rosa, 2010)

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La musique de Luc Ferrari serait-elle la même si celui-ci n’avait cessé de cultiver – d’accroître, peut-être même – sans cesse la distance entre les formes ingénieuses nées de sa démarche musicale et le sérieux que l'on attend d'ordinaire d'un compositeur de musique contemporaine. Au dos de Didascalies 2, un texte est signé Ferrari : « L'autre jour, j'ai trouvé dans un dossier de 1993 une partition pour 2 pianos qui s'appelait "revenir à la note de départ". J'ai donc décidé d'en faire une nouvelle composition sans en changer une note, d'ailleurs il y en avait très peu. Ce qui m'arrangeait bien. Alors j'ai appelé ça Didascalies 2 en souvenir de ce que j'ai fait l'année dernière : une pièce pour piano et alto qui s'appelait Didascalies tout court. Didascalies tout court se jouait sur 2 notes, une pour piano et la même pour alto et avait un caractère obsessionnel. Très très obsessioooooonnel !!!! »

La partition retrouvée pourrait donc donner, selon les conseils du compositeur lui-même, un chef d’œuvre en deux parties : double mouvement de nébuleuse composée d’un drone sorti d’un premier piano à force de coups portés sur une touche unique et puis de l’air déboussolé que prend ou se donne un second piano et puis enfin de l’intervention d’un violon (qui pourrait ne pas être un violon, nous dit la partition) : piano et violon dansant maintenant sur le drone, agissant et chantant avec lui et qui plus est de belle manière. Car si l’auteur de la pièce a le droit de l’évoquer avec légèreté, les interprètes que sont Jean-Philippe Collard-Neven, Claude Berset et Vincent Royer, s’y refusent évidemment : à raison et même en élégants. Appliqués, ils servent et peaufinent (de générale en création posthume) la folie inédite de Luc Ferrari dans le même temps qu'ils célèbrent son savoir-faire d'auteur incontournable de compositions en marges.

Luc Ferrari : Didascalies 2 (Sub Rosa / Quatermass / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
LP : A/ Didascalies 2 : La générale jouée devant Brunhild le 24.10.08 B/ Didascalies 2 : La création mondiale posthume du 25.10.08
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Steve Lacy : November (Intakt, 2010)

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Si, malheureusement, les détails déchirants et bien audibles – souffle, voix, doigts, embouchure – ne manquent pas dans ce concert zurichois de novembre 2003 (d’abord fragile puis trouvant dans son espace même de nouvelles forces), ce n’est pas d’eux qu’il tire sa grandeur, ni du fait qu’il s’agisse du « dernier » solo de Steve Lacy (saxophone soprano)…

Cette précision morbide me semble d’ailleurs erronée : on voudra bien reconnaître que c’est au début des années 70 (1971 pour Lapis, en studio, chez Saravah ; 1972 pour un fameux live avignonnais, chez Emanem) que le sopraniste a commencé à déposer ses calligraphies solitaires, mais rien ne me convaincra – pas même la date du 4 juin 2004 – de la moindre cessation de cette activité essentielle, poétique, visant à désencombrer le monde. Ne peut-on encore l’entendre, chaque jour, dans l’ordonnancement d’une architecture ou d’une plantation de jeunes bouleaux, dans la disposition d’objets sur une table ?

Quant à appréhender cet enregistrement sous l’angle du contenu récapitulatif ou « programmatique » de la sélection des pièces (une lecture biographique et érudite de leur puzzle en est possible… mais qu’apprend-elle finalement ?), cela ne semble en offrir qu’une approche encore trop littérale.

En forme de méditation, le concert est porté par un pouls, un tempo général très intimement organique et accordé à l’énergie, ou à la faiblesse, du moment ; s’y déploie, par le subtil ressassement, à diverses échelles (parfois jusqu’à l’hypnose), par le léger déplacement, tout l’art lacyen ; ayant plus que tout autre trait au Temps, il est parvenu à subvertir la chronologie et à s’y soustraire : chaque composition y ménage une fenêtre, un trou, fait accéder à une dimension neuve.

Le coup de pinceau a beau s’alléger, Lacy, esprit vif, n’en reste pas moins d’une dignité bouleversante, à l’approche d’une autre temporalité.

Steve Lacy : November (Intakt / Orkhêstra International)
Enregistrement : 29 novembre 2003. Edition : 2010.
CD : 01/ The Crust 02/ Moms 03/ Tina’s Tune 04/ The Door 05/  Blues for Aida 06/ The Hoot 07/ The New Duck 08/ The Rent 09/ The Whammies 10/ Reflections
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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John Zorn, Fred Frith : Late Works (Tzadik, 2010)

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Il y a longtemps que John Zorn et Fred Frith se tutoient, se mesurent, se cherchent, etc. Faisant fi de ce long temps là, John Zorn et Fred Frith se surpassent sur Late Works, ce qui était aussi espéré qu'inattendu.

Une guitare électrique (Frith) et un saxophone alto (Zorn) réunis pour faire naître des rythmiques technoïdes, des effets sonores impressionnants, des moments de calme auxquels on ne croit pas longtemps (la mélodie de western de The Fourth Mind est peut-être la seule exception à la règle) et des duos des duos des duos fous à faire pâlir le plus frappé des rockeurs (vraiment frappé ou faisant mine de l'être) excentriques. Late Works est donc un superbe disque : non pas de jazz mais de rock mal dans ses baskets, et d'improvisation mal dans son rock. Le bâtard nec plus ultra, quoi !

John Zorn, Fred Frith : Late Works (Tzadik / Orkhêstra International)
Edition : 2010.
CD : 01/ Foetid Ceremony 02/ Mosquito Slats 03/ Horse Rehab 04/ Legend of the Small 05/ Baffle Hats 06/ Movement of Harried Angels 07/ The Fourth Mind 08/ Creature Comforts 09/ Slow Lattice 10/ Ankle Time
Pierre Cécile © Le son du grisli

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