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Le son du grisli : la revue

Théo Lessour : Berlin Sampler (Ollendorff & Desseins, 2009)

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Il faut se méfier des gens qui savent tout, des spécialistes qui n’en sont pas. Ne connaissant pas Théo Lessour, je l’ai soupçonné (à tord, disons-le tout de suite) d’être de ces faux avertis lorsqu’est arrivé ce livre, Berlin Sampler, qui a pour objectif de traiter en 400 pages (dont on peut télécharger ici les 19 premières) des liens qui unissent Berlin à toutes sortes de musique, que Lessour classe en quatre grandes catégories : E-Musik (musique savante), U-Musik (divertissement / chanson / pop), A-Musik (courants alternatifs) et Techno (techno).

Grâce à cette classification, des allusions qui partent dans tous les sens n’entament pas la solidité de l’ensemble : le livre tient plutôt la route, de son évocation d’Arnold Schönberg à celle de Ricardo Villalobos. Dans le dédale des rues, on croise Alban Berg ou Nina Hagen, Lou Reed ou Blixa Bargeld, Nick Cave (période Birthday Party), des bands de punks et des groupes krautrock et bien sûr Einstürzende Neubauten (le groupe est d'ailleurs privilégié par Lessour). De temps en temps, la ballade est charmante (encore qu’il faut avoir un minimum de culture dans le domaine, la vulgarisation n’étant pas forcément l’affaire de ce livre) mais de temps en temps aussi le promeneur tombe sur des impasses : quasiment rien sur la musique électroacoustique de ces dix dernières années et très peu d’espace réservé au free jazz de Peter Brötzmann, par exemple. 

C’est pourquoi (encore qu'il me faut préciser qu''il ne s'agit pas de jeter l'eau du bain avec le bébé : puisque de beaux passages sont consacrés à la musique classique, au rock et à la techno, même si ils peuvent faire figure de simples résumés de travaux plus précis), il arrive souvent que le lecteur / promeneur perde ses repères, et divague parmi une architecture d’où son regard se détache. Le sujet (l’idée est pourtant belle et promise à d'autres volumes) était peut être trop vaste pour être traité par une seule et unique personne, fut-elle vraiment avertie…

Théo Lessour : Berlin Sampler (Ollendorff & Desseins)
Edition : 2009.
Pierre Cécile © Le son du grisli



Commentaires sur Théo Lessour : Berlin Sampler (Ollendorff & Desseins, 2009)

  • En sus

    Je ne me permettrais qu'une seule remarque : il ne s'agissait certainement pas d'être spécialiste de tout, la musique à besoin de tout sauf d'experts (façon Jacques Attali).
    Nous avons à dessein envoyé une seule personne au "turbin" car nous considérons ce genre de livre comme des explorations. Burton partait seul en Afrique (avec une équipe logistique quand même). C'est à peu près similaire. Théo est parti seul et a dû défricher pour nous des territoires en grande partie inconnus. Nous les ouvrir. A nous de les approfondir. C'est le sens d'un "guide" ou d'un "Sampler" comme nous les avons nommés. Apprendre, transmettre. Montrer aussi la quête elle-même. Pas tout prémacher dans un format déjà vu (du type LE spécialiste certifié ISO de la musique allemande vous présente...).


    L'éditeur défend son livre parce qu'il trouve que le critique a peut être été un peu rapide dans son travail de critique. Et que son bouquin méritait mieux. Vraiment. L'éditeur encore jeune éditeur est cela dit peut-être un peu trop sensible.


    Une interview sur ces questions entre l'auteur et l'éditeur :
    http://www.berlin-sampler.fr/interview.html

    Une autre pour le magazine Trax :
    http://www.berlin-sampler.fr/TRAX-MARS10-INTERVW.pdf

    G.

    Posté par Guillaume, mardi 30 mars 2010 à 18:19 | | Répondre