Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Alva Noto, Ryuichi Sakamoto, Ensemble Modern : Utp (Raster Noton, 2009)

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Troisième projet commun à Carsten Nicolai et Ryuichi Sakamoto, Utp donne à entendre et à voir – le label Raster Noton ayant choisi de coupler ici CD et DVD – le couple donner un concert en compagnie de l’Ensemble Modern.

D’ordinaire appliqué à défendre de grands travaux de musique contemporaine, l’ensemble investit l’exercice au son de grands coups d’archets qu’il dépose sur un drone traînant, avant d’agir avec plus de discrétion lorsque Sakamoto ose quelques notes de piano sur un bip à la sonorité d’hier – musique électronique que le Japonais a toujours appréciée, élevée entre modernité et archaïsme.

Plus loin, des vignettes atmosphériques au discours mélodique évaporé défilent, comparent leurs mécaniques : notes à distance faisant toute confiance aux volutes porteuses du décorum de Broken Line 1 ; transport sur écho léger d’autres notes de piano et de pizzicatos rapides sur Broken Line 2 : Nicolai modelant, sans rien laisser paraître de ses intentions, la forme ultime de l’échange : sensible et assez vaste.

Alva Noto, Ryuichi Sakamoto, Ensemble Modern : Utp (Raster Noton / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ Attack Transition 02/  Grains 03/ Particle 1 04/ Transition 05/ Broken Line 1 06/ Plateaux 1 07/ Silence 08/ Particle 2 09/ Broken Line 2 10/ Plateaux 2 (End)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Gavin Bryars : Silva Caledonia (GBR, 2009)

gavin bryars silva caledonia

Consacrant en moins de six minutes tout l’attachement de Gavin Bryars aux pays baltes, Silva Caledonia impose à l’Estonian National Male Choir, conduit par Kaspars Putnins, de souffler lentement le chaud et le froid.

Sur une sélection d’illustrations de textes tirés de l’œuvre de deux poètes écossais (Edwin Morgan et George Bruce), Bryars ne s’embarrasse pas de lyrisme suspect et soulève avec une mesure rare des voix qui lui font face : sur l’air d’un folklore suranné soudain redécouvert (Memento) ou de la seule composition n’étant pas de lui (O Oriens, signé Toivo Tulev), ou sur les soubresauts causés par un chœur scindé en deux camps s’affrontant au rythme de manœuvres lentes (The Summons).

S’il lui arrive évidemment d’évoquer la musique de Grieg ou celle d’Arvo Pärt, Silva Caledonia profite aussi de la singularité de son auteur : contrebassiste ayant confié ici son rôle d'intervenant à Daniel Nix sur Ian In The Broch, danse dissonante mêlée aux faux-espoirs d’un gloria sauvage donnée en guise de conclusion grandiose.

Gavin Bryars : Silva Caledonia
GBR / Codaex
Edition : 2009.
CD : 01/ Farewell to St. Petersburg 02/ Memento 03/ Silva Caledonia 04/ O Oriens 05/ The Summons 06/ Ian The Broch
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Laurie Scott Baker: Gracility (Music Now - 2009)

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Avant d’animer en compagnie de Cornelius Cardew le People’s Liberation Music, l’australien Laurie Scott Baker commençait à défendre auprès de partenaires d’importance ses énigmatiques façons de composer.

Au nombre de ces musiciens qui donnèrent leur interprétation de notes jetées sur le papier ou de graphiques singuliers jouant le rôle d’intentions compositionnelles, trouver en 1969 auprès de Baker les guitaristes Derek Bailey et Keith Rowe et le contrebassiste Gavin Bryars, musiciens déchiffreurs qui mirent au jour Gracility, pièce d’expérimentation grave et traînante, musique de gamelan revue et corrigée à coups de cordes accrocheuses.

Plus loin, les deux courts mouvements de Pibroch soumettent Evan Parker, seul, à l’idée de phrases mélodiques répétées au point de faire bientôt naître des résidus qu’il faudra intégrer au discours : avec tact, le soprano se plie à un exercice qui le change. En compagnie de Jamie Muir (percussions) et de John Tilbury (orgue), Baker sert ensuite Bass Chants & Cues, qui rappelle les travaux de Terry Riley avant d’évoquer un morceau de krautrock égaré en terre anglaise quand, pour terminer, le même défend en membre du Scratch Orchestra une autre composition devant beaucoup à la même influence : Circle Piece. Voilà donc pour les archives imposantes d’un compositeur qui collabora par la suite avec Robert Wyatt et faisait paraître l’année dernière Liquid Metal Dreaming.

CD1: 01/ Gracility 02/ Changing Light 03/ Port of London Atmos 04/ Camden Sunday Afternoon 05/ Breathing of the City 06/ The Northern Line 07/ Keithrowe Airport 08/ Microphonic 09/ Sweat & Tears 10/ Who Was That 11/ Pibroch 1926 12/ Pibroch The Call - CD2: 01/ Bass Chants & Cues 02/ Jackdaws Ascending 03/ Wurlitzer Ramayana 04/ Baby Binson Sonar 05/ River Thames AM 06/ Goldsmiths (Driving) 07/ Rotherhithe Approach 08/ Futurama Ascends 09/ Bubble & Squeak SE10/ Music Hall Tripping 11/ The Scream 12/ Coo-ee (Echorec) 13/ Winged Dove 14/ Circle Piece 15/ Degrees 16/ Degrees 17/ 180 Degrees 18/ 360 Degrees >>> Laurie Scott Baker - Gracility - 2009 - Music Now.

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Sydney Pimmon: Smudge Another Yesterday (Preservation - 2009)

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Une autre fois sous le pseudonyme de Sydney Pimmon, Paul Gough signe un ouvrage d’une musique électronique opaque : Smudge Another Yesterday, masterisé par le guitariste Giuseppe Ielasi

Huit pièces, qui révèlent dans le meilleur des cas une ambient vaporeuse, obsédée par les voix : Come Join the Choir Invisible ! en appelant autant aux travaux de Krzysztof Penderecki qu’au souffle continu de Jacques Coursil ; Don’t Remember, chant de Kazumi à l’inquiétude balbutiante ; It Will Never Snow in Sydney, voix factice évoquant davantage le theremin de Clara Rockmore.

Lorsqu’il se montre moins préoccupé par des voix qui pourtant l’obsèdent, Pimmon monte les uns contre les autres bourdons tremblants et nappes sonores au grain rugueux (Evil Household Ceremony, Hidden), ou se satisfait de pseudo-paysages à l’éthéré plus naïf (Dervieux, Oh Whollsee). Une fin en champs magnétiques mis à mal par quelques mélodies, et Smudge Another Yesterday s’efface en distingué.

CD: 01/ Come Join the Choir Invisible ! 02/ Evil Household Ceremony 03/ It Will Never Sniw in Sydney 04/ Don’t Remember 05/ Hidden 06/ Dervieux 07/ Oh Whollsee 08/ Some Days Are Tones >>> Sydney Pimmon - Smudge Another Yesterday - 2009 - Preservation.

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Les diaboliques: Jubilee Concert (Intakt - 2009)

lesdiabosliques

En 2006 à Zurich, la pianiste Irène Schweizer invitait Maggie Nicols (chant) et Joëlle Léandre (contrebasse, chant) à fêter avec elle le vingtième anniversaire du label Intakt. Les diaboliques ainsi reformées, de profiter aussi de sa vingtaine d’années d’existence et de création.

S’il n’avait été filmé par Jürg et Marianne Rufer, l’événement aurait beaucoup perdu : concert déjà intense qui imbrique dans l’allégresse de multiples langages (accents monkiens de Schweizer, folies contemporaines de Léandre et constructions fantasques ou exercices de style de Nicols), Jubilee Concert profite en effet de ses images. Car, souvent, la grande représentation prend des airs de théâtre halluciné, pour le bien duquel le trio manie le grotesque avec une élégance hors-norme.

Alors, sur l’air de déconstructions improvisées ou d’hymnes patentés, les trois femmes pensent, grondent et pleurent, s’emportent toujours, se cherchent sans arrêt, et puis : édifient une relecture grandiose d’All Alone (Irving Berlin) avant de supplier qu’on les jette en pâture : Maggie Nicols à lunettes noires et tee-shirt orange requérant « Dip Me in Chocolate and Throw Me to the Lesbians ». L’essentiel aura été dit ; aller voir ce film tient de la priorité.

DVD: 01/ Intro 02/ Jubilation I 03/ Jubilation II 04/ Jubilation III 05/ All Alone 06/ Interference 07/ Dip Me in Chocolate and Throw Me to the Lesbians 08/ Jubilation IV >>> Les diaboliques - Jubilee Concert - 2009 - Intakt. Distribution Orkhêstra International.

Irène Schweizer déjà sur grisli
Berne Concert (Intakt - 2009)
First Choice (Intakt - 2006)
Portrait (Intakt - 2005)
Live at Taktlos (Intakt - 2005)

Joëlle Léandre déjà sur grisli
Basse-continue (Hors-Oeil - 2008)
Out of Nowhere (Ambiances magnétiques - 2008)
Kor (Leo Records - 2008)
The Stone Quartet (DMG - 2008)
A voix basse (Musica Falsa - 2008)
Winter in New York (Leo Records - 2007)
9 Moments (Red Toucan - 2007)
At the Le Mans Jazz Festival (Leo Records - 2006)
Face It! (Leo Records - 2005)
Fire Dance (Red Toucan - 2005)

Maggie Nicols déjà sur grisli
At the Le Mans Jazz Festival (Leo Records - 2006)
Live at Taktlos (Intakt - 2005)

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Christof Kurzmann, Burkhard Stangl : Neuschnee (Erstwhile, 2009)

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Sorti de The Magic I.D., Christof Kurzmann redonne une actualité au duo qu’il forme avec le guitariste, pianiste, vibraphoniste et chanteur Burkhard Stangl, sorti, lui, de Polwechsel. Et Neuschnee, de mettre au jour le curieux rapport des deux hommes au format chanson.

L’électroacoustique pour tout langage, ils abordent le domaine en originaux tourmentés : traînant de longs morceaux sur lesquels on trouve field recordings, ébauches de travaux minimalistes, perturbations sonores et instrumentations démembrées, au rythme d’un vague à l’âme cher jadis à Gastr Del Sol – voix et guitares de Stangl rappelant plusieurs fois celles de David Grubbs.

La lassitude pas assez affirmée pour refuser de créer encore, Kurzmann et Stangl élaborent enfin Gredler, grande pièce de musique dissonante élevée sur boucle, puis Song Songs, au texte nourri de titres de chansons célèbres empruntés à Nick Cave ou à Cole Porter, aux Carpenters ou aux Beatles, histoire de combler de références leur forme singulière de chanson expérimentale.

CD: 01/ Las Hijas de Nieve 02/ In The Global Snow of Things 03/ Gredler 04/ Homeless Dogs 05/ Song Songs >>> Christof Kurzmann, Burkhard Stangl - Neuschnee - 2009 - Erstwhile. Distribution Orkhêstra International.

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Anthony Braxton: Seven Compositions (Trio) 89 (HatOLOGY - 2009)

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Enregistré en 1989 à la Maison de la culture d’Amiens, Seven Compositions présente Anthony Braxton aller et venir entre saxophones, clarinette et flûte, aux côtés du contrebassiste Adelhard Roidinger et du batteur Tony Oxley.

L’association, de s’occuper de trois combinaisons musicales requérant sept compositions (quatre signées Braxton, une autre Oxley, la dernière étant All The Things You Are de Jerome Kern). Entre les reliefs tranchants de la première (les coups secs du batteur portant haut le soprano expectorant) et les phrases précipitées à la clarinette de la dernière, trouver l’étrange ouvrage né du rapprochement de pièces de Kern, Braxton et Oxley : bop clinquant bientôt mis à mal par toutes déviances instrumentales – alto et puis flûte, éboulement percussif et archet vindicatif –, croulant enfin sous les coups d’un free expiatoire. Définitif.

CD: 01/ Compositions 40D & 40C (+63) 02/ All The Things You Are - The Angular Apron - Composition 6A 03/ Compositions 40J & 110A (+108B + 69J) >>> Anthony Braxton - Seven Compositions (Trio) 89 - 2009 (réédition) - HatOLOGY. Distribution Harmonia Mundi.

Anthony Braxton déjà sur grisli
Standards (Brussels) 2006 (Amirani - 2008)
Toronto (duets) 2007 (Barnyard - 2008)
Quartet (Moscow) 2008 Composition 367b (Leo Records - 2008)
Beyond Quantum (Tzadik - 2008)
Nine Compositions (Rastascan - 2007)
(Yoshi’s) 1997 Vol. 4 (Leo Records - 2007)
Duets I 1995 (Clean Feed - 2007)
Solo Willisau (Intakt - 2007)
Solo (Pisa) 1982 (Leo Records - 2007)
Performance (Quartet) 1979 (HatOLOGY - 2007)
Charlie Parker Project (HatOLOGY - 2005)
Shadow Company (Emanem - 2005)
Live at The Royal Festival Hall (Leo - 2005)
Saturn, Conjunct the Grand Canyon in a Sweet Embrace (Pi Recordings - 2004)

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Musique pour statues menhirs (Arbouse - 2009)

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Pour sortir un peu les statues menhirs du musée archéologique de Rodez de leur environnement maintenant quotidien, le label Arbouse invita une vingtaine de musiciens à leur composer d’autres paysages, enfermés sur deux disques. 

Inaugurant les travaux, Christian Fennesz peint une musique d’éveil à la masse imposante, oscillations adéquates au transport délicat requis par des pièces de taille et toise sous laquelle devront passer les autres intervenants. Parmi ceux-là, quelques figures capables d’accorder avec pertinence leur singularité au propos du jour (David Daniell, Benoît Pioulard, Sylvain Chauveau, Jasper TX), d’autres répétant leurs façons de faire (Mapstation, Mira Calix, Astrïd), tandis que quelques derniers s'égarent en individualistes grossiers (Parlour, Greg Davis, Melodium, Vs_price) et, par là même, scellent encore davantage les statues au sol de béton du Musée Fenaille.

Malgré eux, Musique pour statues menhirs parvient dans son ensemble à profiter des charmes d’une ambient réconciliatrice à laquelle se seront appliquées les postures changeantes d’adeptes de folk, de pop, d’electronica ou d’expérimentations légères.

CD1: 01/ Christian Fennesz, Sundial 02/ Rafael Anton Irisarri, Still 03/ Parlour, A Permanent Might 04/ David Daniell, Pillar 05/ www.lowman, Excerpt 2/3 06/ Serafina Steer, I Guess This Is Yours That You 07/ Benoit Pioulard, Je resterai ici tandis que 08/ John Hughes, BC Drone 09/ Astrïd, High Blues 10/ Zelienople, The Light No One Knows - CD2: 01/ Sylvain Chauveau, La chanson des pierres 02/ Jefre Cantu-Ledesma, The Iron Age 03/ Greg Davis, All Things Change 04/ Schneider TM, Statues Menhirs TM 05/ Orla Wren, The Climbing Rope 06/ Mapstation, Les tailleurs de pierre 07/ Melodium, Filitosa 08/ Mira Calix, In A Stony Place 09/ Nathan Bell, Portrait of An Ice Age 10/ VS_price, Arénite 11/ Jasper TX, Open Field >>> Musiques pour statues menhirs - 2009 - Arbouse Recordings.

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Guionnet, La Casa, Samartzis : Soleil d’artifice (Swarming, 2009)

guionnet la casa samartzis soleil d'artifice

Enregistré en studio, Soleil d’artifice est la trace laissée sur disque de l’association Jean-Luc Guionnet (saxophone alto) / Eric La Casa (microphones, laptop et enregistrements) / Philip Samartzis (électronique, laptop, field recordings), entendue en Europe en 2007.

En compagnie de l’Australien – qui s’occupa aussi de mixer l’enregistrement –, Guionnet et La Casa réinterrogent l’espace, le temps et la forme à donner à la dualité. Au son de sirènes, de grésillements, de chuchotements et d’aigus perçants, les trois hommes bâtissent un édifice de grisailles enfermant l’entente de sons préenregistrés et de pratiques instrumentales inventant sur l’instant. Bientôt, l’alto insiste pour se libérer de la forme jusque-là donnée à l’ensemble, se balance entre deux notes puis en répète une seule, de moins en moins inquiet d’aller voir ailleurs qu’à l’endroit indiqué : Soleil d’artifice dans lequel il finit par se fondre pour mieux en intensifier la flamme.

« J’aurai vécu dans le soleil. J’ai connu dans ce monde un bonheur infini. Certains soirs, le bruit de la pluie me procurait une jouissance indicible car il était la chanson que faisait ma vie pour résonner dans les profondeurs du temps qui me donnait tout. » Joë Bousquet, Traduit du silence, extrait cité dans Le bruit de fond, texte de Jean-Luc Guionnet.

Jean-Luc Guionnet, Eric La Casa, Philip Samartzis : Soleil d’artifice (Swarming / Metamkine)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009.
CD: 01/ Part 1 02/ Part 2 03/ Part 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Keith Tippett: A Loose Kite In A Gentle Wind Floating with Only My Will for An Anchor (Ogun - 2009)

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Sur scène à l’automne 1984, le pianiste Keith Tippett conduisait un septette aux membres choisis (Larry Stabins, Elton Dean et Mark Charig aux saxophones et cornet, Nick Evans au trombone, Paul Rogers à la contrebasse, Tony Levin aux percussions). L’ensemble, à réentendre aujourd’hui sur la réédition d’A Loose Kite In A Gentle Wind Floating with Only My Will for An Anchor.

Inspiré par un texte signé Maya Angelou, Tippett composa une œuvre en quatre parties souvent rattrapée par une improvisation abrasive : de l’unisson bon enfant qui ouvre l’enregistrement, les saxophonistes s’éloignent rapidement pour confronter des individualités perturbatrices que le pianiste accueille avec bienveillance. A force de commander des changements d’atmosphères, Tippett peut se laisser aller ici à un lyrisme obséquieux, là à une facilité d’exécution par trop légère, et puis investir une progression à la noirceur revigorante – aller entendre l’étrange évolution de la deuxième partie du titre principal. Partout, ensuite, le pianiste se voit remercié pour la confiance qu’il fait à ses partenaires, jusqu’à la dernière seconde de Dedicated to Mingus, conclusion lancée au son d’une valse dingue sur laquelle il fait sienne la folie persuasive d’un contrebassiste fait modèle.

CD: 01-04/ A Loose Kite In A Gentle Wind Floating with Only My Will for An Anchor 05/ Dedicated to Mingus >>> Keith Tippett - A Loose Kite In A Gentle Wind Floating with Only My Will for An Anchor - 2009 - Ogun. Distribution Orkhêstra International.

Keith Tippett déjà sur grisli
Live at Le Mans (Red Eye - 2007)
Viva la black Live at Ruvo (Ogun - 2006)

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