Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Au rapport : Kent Carter à BerlinSpéciale Agitation FrIIteEn librairie : Eric Dolphy de Guillaume Belhomme
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Yoshi Wada: The Appointed Cloud (EM Records - 2008)

WadaAppointedgrisli

Après avoir s’être occupé de Lament For The Rise and Fall of The Elephantine Crocodile, EM Records réédite le troisième disque de Yoshi Wada – musicien ayant fait quelques voyages afin d’étudier avec LaMonte Young ou Pandit Pran Nath et intervenant depuis au moyen d’instruments qu’il invente.

The Appointed Cloud, de donner ainsi à entendre un exemplaire unique d’orgue imposant aux côtés de percussions et de trois cornemuses, dont celle de Wada. Quatre musiciens, donc, en charge des réponses à apporter aux caprices de la machine : d’une musique de gamelan désossée seyant à une atmosphère de fin de monde, s’extirpe un bourdon, puis plusieurs. Pièce improvisée de psychédélisme expérimental bientôt mise à mal par le grondement des tambours, qui inviteront – après avoir cédé à un minimalisme d’avant tempête – les musiciens à tout ensevelir sous un pandémonium d’exception.

CD: 01/ The Appointed Cloud >>> Yoshi Wada - The Appointed Cloud - 2008 (réédition) - EM Records. Distribution Metamkine.

Commentaires [0] - Permalien [#]

L'oreille du voyageur. Nicolas Bouvier de Genève à Tokyo (Editions Zoé - 2008)

grisbouvier

Dans l'Usage du monde, son plus célèbre livre, l'écrivain en perpétuel voyage qu'était Nicolas Bouvier  parle de la musique comme d'un « sésame pour l'étranger : s'il l'aime, il aura des amis. S'il l'enregistre, tout le monde, même la police, s'emploiera à lui racoler des musiciens ». Alors, loin de sa Suisse natale, Bouvier use de son Nagra, heureux d'enregistrer ces peuples qui prennent un malin plaisir à bousculer les règles de la musique sérieuse et ordonnée que lui avait imposée son éducation bourgeoise : airs tziganes, polyphonies bulgares, folklores inespérés ou musique traditionnelle japonaise.

Rendant hommage à cette soif de musiques, L'oreille du voyageur, Nicolas Bouvier de Genève à Tokyo en consigne dans le même temps des preuves éparses : dans le livre, les précisions de musicologues au sujet des musiques lointaines que goûtait l'écrivain, la reproductions de quelques-unes de ses photographies – musiciens japonais ou afghans –, de notes furtives et de transcriptions de mélodies auxquelles il faut refuser le caractère insaisissable pour qu'elles puissent investir le champ des souvenirs ; dans un CD qui l'accompagne, l'intégralité d'une émission que lui avait consacrée la Radio Suisse Romande dans laquelle Bouvier évoque quelques vieux airs français autant que la musique du Turkestan chinois.

Passant au fil des témoignages de Belgrade à Kyoto, le lecteur suit le parcours d'un voyageur d'exception, en marche non pour conquérir ni profiter mais pour découvrir avec humilité : comptant pour cela sur une musique faite langage et outil de partage, qui l'intéresse davantage encore que l'écriture, les mots ayant déjà, écrira-t-il, « traîné partout ». Vérité qui n'empêche ceux des auteurs de L'oreille du voyageur de tourner joliment autour de Nicolas Bouvier avant que le silence – auquel l'écrivain, comme tout amateur véritable de musique, vouait un autre culte, écrit Anne-Marie Jaton – reprenne immanquablement le dessus.

Livre: Collectif (Projet initié par Hervé Guyader, textes de Laurent Aubert, Anne Marie Jaton, Nadine Laporte et Henri Lecomte) - L'oreille du voyageur. Nicolas Bouvier de Genève à Tokyo - 2008 - Editions Zoé. Distribution Harmonia Mundi.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Pit er Pat: High Time (Thrill Jockey - 2008)

piterhighgrisli

Depuis la sortie du dernier album de Pit er Pat, serait-il possible d'envisager que rien n'a avancé ? voire, que la médiocrité sur laquelle s'accordaient déjà les groupes pop sensés – et ensensés partout pour cela – ne rien lui sacrifier, est devenue plus qu'un lieu commun : le seul but à atteindre.

Depuis la sortie du dernier album de Pit er Pat, Pit er Pat lui même n'a guère avancé : avec High Time, redit les éléments d'une esthétique défendue plus tôt, qui a le rare mérite d'assumer une pratique instrumentale soupçonnable, voire, de compter sur sa gestuelle branlante pour s'en sortir vraiment. Pas de poses indépendantes prises comme les autres pour faire passer un non message, mais plutôt un véritable porté par quelques obsessions, de celles, rares, qui n'ont rien à craindre de l'absence de public.

Alors, Pit er Pat rejoue son folk angoissé et ses comptines sombres, tente d'aller voir ailleurs qu'en ses folies répétitives mais, sans y croire, se trompe et juge bon d'en garder la preuve, de la consigner sur disque ; et puis, anéantit en une rengaine à peine la morgue nihiliste d'une armée de post-rockeux hésitant où l'insolence bien trempée mais à vendre quand même de groupes minuscules, toutes provenances confondues, qui défilent, les uns après les autres, satisfaits de leur sort de produit du jour. La chronique d'High Time pourrait être la même que celle de Pyramids, il suffirait de changer les titres de chansons mis entre parenthèses. Et la conclusion, d'être la même aussi : y arriver.

CD: 01/ O in Vs etc. 02/ Evacuation Days 03/ Omen 04/ My Darkers 05/ Copper Pennies 06/ The Cairo Shuffle 07/ Creation Stepper 08/ Trod-a-Long 09/ The Good Morning Song >>> Pit er Pat - High Time - 2008 - Thrill Jockey.

Commentaires [0] - Permalien [#]

>