Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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John Berndt : The Private Language Problem (Abstract on Black, 2008)

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Sous-titré New electro-acoustic compositions, 2001-2005 pour raisons évidentes, The Private Language Problem de John Berndt réunit quelques épreuves diverses et presque toutes convaincantes : morceau sur lequel se développe un larsen selon les effets de chocs minuscules, pièce aux charmes dérangeants née de luttes sourdes de claviers, amas d’aigus et de sifflements sublimés ou constructions inattendues élaborées sur de simples glissements de cordes de guitare folk ou d’un lot de courbes inquiètes sorties d’autres claviers. Et le refus d’une abstraction minimaliste d’en revenir toujours aux mêmes gestes.

 

John Berndt : The Private Language Problem (Abstract on Black)
Edition : 2008.
CD : 01/ Grace 02/ Dry 03/ Enough Pain 04/ Sound of Madness 05/ For Lois Verk 06/ Evolutionary Biology Determining The Possibility of its Own Conceptualization 07/ Dragon Paths 08/ Older Now
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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John Surman, Howard Moody: Rain on The Window (ECM - 2008)

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Dans une église d'Oslo, le saxophoniste John Surman enregistrait récemment Rain on The Window avec l'organiste Howard Moody. S'il fait figure de curiosité musicale et parvient parfois à convaincre sur des pièces d'une concentration discrète bousculée par un intérêt pour le folklore nordique, le disque distille sur son ensemble un ennui profond. Presque partout, l'habileté de Surman au soprano et au baryton étouffe sous un lyrisme exagéré qui finit par rendre l'office interminable.

CD: 01/ Circum I 02/ Stained Glass 03/ The Old Dutch 04/ Dancing in The Loft 05/ Step Lively ! 06/ Stone Ground 07/ Tierce 08/ Circum II 09/ Rain on The Window 10/ Dark Reeds 11/ O Waly Waly 12/ A Spring Wedding 13/ I'm Troubled in Mind 14/ On The Go 15/ Pax Vobiscum >>> John Surman, Howard Moody - Rain on The Window - 2008 - ECM. Distribution Universal.

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Maryanne Amacher : Sound Characters, Vol. 2 (Tzadik, 2008)

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Ancienne élève de George Rochberg et Karlheinz Stockhausen ayant collaboré avec John Cage, Maryanne Amacher (1938-2009) poursuivait récemment ses travaux de musique au cœur de la pyramide du soleil de Teotihuacan à Mexico.

Là, scientifiquement surveillée, elle cherchait à mettre la main sur des sonorités inédites avec lesquelles bâtir ensuite une sculpture sonore capable de raconter l’histoire des pierres environnantes. De drones insatiables en chocs métalliques capturés, de râles inquiétants en traînes actives et agissant, Amacher collecte des propositions qui auront à raconter selon le degré d’ouverture de qui l’écoute, et sauront plus largement plaire à ceux qui se contenteront de l’entendre.

Maryanne Amacher : Sound Characters, Vol. 2 (Tzadik / Orkhêstra International)
Edition : 2008.
CD : 01/ Teo ! Part 1 02/ Teo! Part 2 03/ Teo ! Part 3 04/ Teo! Part 4
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Abdelhaï Bennani: There Starts the Future (Ayler Records - 2008)

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Saxophoniste ténor entendu souvent auprès d’Alan Silva, Abdelhaï Bennani improvisait en juin 2007 aux côtés de deux autres de ses partenaires réguliers – le contrebassiste Benjamin Duboc et le batteur Edward PerraudThere Starts the Future.

Deux grandes pièces, alors : In the Beginning Was The Light, improvisation intense additionnant ses couleurs par touches épaisses et menée de front en ouverture et fermeture, puis I Had a Dream, sur laquelle le saxophoniste geint davantage sur les coups secs de Perraud avant de faire un retour au grave pour mieux dialoguer sur contrastes avec l’archet de Duboc. Plus calme d’apparence, le second titre dévoile pourtant un lot d’espérances sourdes qui, une fois repérées, se font aussi saillantes qu’est implacable l’ensemble de la rencontre.

CD: 01/ In the Beginning was the Night 02/ I Had a Dream >>> Abdelhaï Bennani Trio - There Starts the Future - 2008 - Ayler Records. Distribution Orkhêstra International.

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Gunter Hampel: Music from Europe (ESP - 2008)

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Enregistré en 1966, Music from Europe revient sur l’art inspiré d’un quartette emmené par les multi instrumentistes Gunter Hampel (vibraphone, clarinette basse, flûte) et Willem Breuker (clarinettes et saxophones).

Dans les pas d’Eric Dolphy – qu’il rencontra en Allemagne et à qui il dédicace le deuxième titre de ce disque –, Hampel bouleverse beaucoup les usages traditionnels du jazz (sur Assemblage, notamment, grande pièce d’improvisation tourmentée élevée sur un air rappelant celui de Lonely Woman) pour en revenir ailleurs au cadre d’un bop animé d’une envie farouche d’en découdre aussi : Heroicredolphysiognomystery introduit par les percussions emblématiques de Pierre Courbois et sur lequel Hampel et Breuker s’opposeront merveilleusement à la flûte et à la clarinette basse.

Pour conclure, Make Love Not War to Everybody impose aux recommandations faites aux musiciens par Hampel de suivre une autre voie : celle d’une inspiration traînante qui change de la démonstration tapageuse sans rien perdre de sa force de frappe.

CD: 01/ Assemblage 02/ Heroicredolphysiognomystery 03/ Make Love Not War to Everybody >>> Gunter Hampel - Music from Europe - 2008 (réédition) - ESP Disk. Distribution Orkhêstra International.

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Braxton, Graves, Parker: Beyond Quantum (Tzadik - 2008)

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Certaines rencontres n’ont pas besoin qu’on commente leurs œuvres. Quand même, à propos de Beyond Quantum, enregistré par Anthony Braxton, William Parker et Milford Graves : cinq rencontres, et l’échange radical, l’improvisation réfléchie ou la spontanéité savante. Dire, là aussi, que rien ne vaut l’écoute.

Pour gâcher un peu l’entente exceptionnelle, Tzadik a bien osé une tentative : mettre  Bill Laswell dans les pattes du trio. Or, se retenant d’énoncer toute directive puisqu'en charge seulement de l’enregistrement, celui-ci ne peut rien : Beyond Quantum est une réussite, forcément. 

CD: 01/ First Meeting 02/ Second Meeting 03/ Third Meeting 04/ Fourth Meeting 05/ Fifth Meeting >>> Anthony Braxton, William Parker, Milford Graves - Beyond Quantum - 2008 - Tzadik. Distribution Orkhêstra International.

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Odean Pope: Plant Life (Porter - 2008)

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Connu pour avoir longtemps été associé à Max Roach – et aussi avoir cherché à mettre au jour un post-bop moins réactionnaire que de rigueur –, le saxophoniste Odean Pope démontre sur Plant Life qu’il sait, avec l’aide de partenaires brillants, aller voir au-delà de ses préoccupations personnelles.

Aux côtés du contrebassiste Lee Smith et du batteur Sunny Murray, Pope enregistrait en début d’année huit titres, parmi lesquels Two Dreams, dont la mélodie légère citée en ouverture ne résistera pas longtemps aux dérives improvisées : coups expiatoires sur cymbales contre ténor rappelant celui d’Ornette Coleman. De solos introspectifs (Thoughts) en déstructurations obligées par sa compagnie (Happiness Tears et son lot d’insistances sur quelques phrases à peine écloses), Pope en démontre assez – décevant seulement sur Scorpio Twins pour y manquer un peu de folie – pour susciter chez l’auditeur l’envie d’aller le réentendre ailleurs : chez Roach ou auprès de Dave Burrell.


Odean Pope, Happiness Tears (extrait). Courtesy of Porter Records.

CD: 01/ Two Dreams Part 1 02/ Happiness Tears 03/ Plant Life 04/ I Want to Talk About You 05/ Scorpio Twins 06/ Thoughts 07/ Multiphonic 08/ Two Dreams Part 2 >>> Odean Pope with Sunny Murray & Lee Smith - Plant Life - 2008 - Porter Records.

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Akiyama, Taxt, Lønning, Reinertsen: Varianter av døde trær (Sofa - 2008)

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Depuis quelques mois, le label Sofa semble repositionner son propos : jadis dévoué à une pratique improvisée abstraite (et déjà recommandable), le voici intéressé aujourd’hui par l’édification d’univers parallèles aux atmosphères chargées.

Pour donner suite au North of the North de Marc Pichelin, voici donc Varianter av døde trær, collection de vignettes sonores signées Tetuzi Akiyama (guitares), Martin Taxt (tuba), Eivind Lønning (trompette) et Espen Reinertsen (saxophone ténor et flûte) : propositions de musique d’ameublement déroutante, étrange pour être en perpétuel mouvement. Guitare défaite en avant, les instruments commandent ainsi de longs développements pour échapper aux silences lourds, s’imposent entre ceux-là puis échafaudent une élévation de notes courtes rattrapées par les drones. Lent, dérivant et bientôt installé.

CD:  01/ Tverrsnitt av fuge 02/ Poem uten tyngdekraft 03/ Tekno 04/ Tsumabiki 05/ Ti mørke innfallslodd 06/ Trommeltoner 07/ Salme på vandring 08/ Tekno 09/ Tverrsnitt av fuge 10/ Poem uten tyngdekraft 11/ Tekno 12/ Tsumabiki 13/ Ti mørke innfallslodd 14/ Ultradypt felt 15/ Tverrsnitt av fuge >>> Akiyama, Taxt, Lønning, Reinertsen - Varianter av døde trær - 2008 - Sofa Music. Distribution Metamkine.

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John Hudak : On and On (Presto!?, 2008)

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Sur On and On, John Hudak élabore sur une heure et dix minutes une série de constructions incommodes au moyen d'une guitare dont il modifiera la sonorité sur ordinateur : se chevauchant d’abord, les notes perdent en netteté, abdiquent face aux pratiques expérimentales avant de revenir, plus longues, Hudak jouant des résonances ou de l’intensité avec laquelle accrocher ses cordes. Ailleurs, quelques coups secs et des notes étouffées finissent de remplir cette pièce enivrante.

John Hudak : On and On (Presto!? / Metamkine)
Edition : 2008.
CD : 01/ On and On
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Bernard Santacruz: Lenox Avenue (Rude Awakening - 2008)

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Depuis Oscar Pettiford, la contrebasse a vu défiler une série de têtes emblématiques – de Mingus à William Parker en passant par Peter Kowald, Barre Phillips et Joëlle Léandre – qui auraient pu refroidir les ardeurs de contrebassistes neufs pour qui se contenter d’une place établie en section rythmique semblait difficile.

L’exercice du solo, d’être pourtant encore investi régulièrement, sous couvert d’expériences (pour Fred Lonberg-Holm ou, récemment, John Eckhardt) ou de laisser-aller à quelques figures libres, comme c’est le cas pour Bernard Santacruz. Sur Lenox Avenue, celui-ci passe quarante minutes durant de gimmicks incertains en propositions mélodiques timides, d’évocations baroques en grattements récréatifs, d’impressions atmosphériques en confessions d’archet récalcitrant. Plus inspiré quand il navigue à vue que lorsqu’il s’impose un cadre formaté, Santacruz parvient à faire de Lenox Avenue l'exposé convaincant d'une pratique instrumentale changeante et heureuse. 

CD: 01/ Lenox Avenue 02/ Nadja S. 03/ Koniec 04/ Nanna d'amore 05/ Léo S. 06/ Frank L. 07/ Boni 08/ Hami S. 09/ Dance 10/ Fugue 11/ Alice S. 12/ White Horses >>> Bernard Santacruz - Lenox Avenue - 2008 - Rude Awakening.

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