Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Don Cherry: Live at Café Montmartre, vol. 2 (ESP - 2008)

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Suite et fin du Live at Café Montmartre, qui donne à entendre Don Cherry enregistré en 1966 aux côtés de Gato Barbieri, Karl Berger, Bo Stief et Aldo Romano.

Avec la même fougue et sur les quasi mêmes plaintes, le quintette sert la suite du répertoire qui servit à l’enregistrement, l’année précédente, de Complete Communion et Symphony for Improvisers, références produites par le label Blue Note. Comme pour diversifier l’exposé, Cherry adresse là un hommage à Ayler, son ancien camarade, et atteste de son intérêt croissant pour les musiques du monde : notamment brésilienne, sur l’interprétation, quand même bouleversée, d’Insensatez. Vingt ans plus tard, Don Cherry y reviendra avec Nana Vasconcelos au sein de Codona.

CD: 01/ Intro 02/ Orfeu Negro (Insensatez) 03/ Suite for Albert Ayler 04/ Spring is Here 05/ Remembrance 06/ Elephantasy 07/ Complete Communion >>> Don Cherry - Live at Café Montmartre, vol. 2 - 2008 (réédition) - ESP. Distribution Orkhêstra International.

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Musique Action: Défrichage sonore (Le mot et le reste - 2008)

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A l’occasion de la 25e édition du festival Musique Action, Henri Jules Julien interroge la pratique expérimentale d’une trentaine de participants et, en supplément, donne dans le détail la programmation des 25 éditions de Musique Action. 

Parmi les personnes interrogées : George Aperghis, Jean-François Pauvros, Daunik Lazro, Michel Doneda ou Xavier Charles, qui parlent d’interventions et de gestes, d’expression ou de contact à établir avec le public. Une autre fois, relire que cette démarche jugée parfois intellectualiste découle pour beaucoup de l’instinct (Lazro) ou des présupposés d’une situation (Martine Altenburger), voire, des promesses d’une apparition (Camel Zekri).

Complément apprécié au Blocks of Consciousness and the Unbroken Continuum, le livre balaye avec acuité l’objet sonore pas toujours identifiable de musiciens se baladant entre improvisation, musiques électroacoustique, pop et contemporaine, et qui ont pour point de convergence régulier la ville de Vandœuvre-lès-Nancy.

Henri Jules Julien - Musique Action : Défrichage sonore - 2008 - Le mot et le reste.

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Simon Wickham-Smith: Love & Lamentation (Pogus - 2008)

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D’anciens travaux abandonnés, de l’intérêt qu’il porte à l’ethnomusicologie et d’une obscure – pour ne pas dire obscurantiste – lecture de la Bible, Simon Wickham-Smith a fait Love and Lamentation, œuvre électroacoustique de traditions réinventées.

Puisqu’on y trouve des souffles longs propulsés en tubes et des collages maniaques, des motifs passés à l’envers et mille modifications sonores. Enfin, et surtout : un travail sur la voix. Qui montre Wickham-Smith s’appliquant à imposer des vitesses différentes à l’allure des récitations qu’il a glanées : ralentissement et accélération des bandes sur récitation latine ou message amoureux, et puis découpes, appositions d’effets déstabilisants, ou jeu de résonance pour psychédélisme tardif commandé par les redites.

L’Asie, enfin, qui point un peu partout : entre deux sonorités métalliques ou sur le drôle d’instrument à cordes entendu en conclusion de Love & Lamentation. Déconcertant, qui glisse un peu de jeu dans un exercice quelque fois abordé par un art contemporain avide d’expériences sonores.

CD: 01-05/ Love & Lamentation - Simon Wickham-Smith >>> Love & Lamentation - 2008 - Pogus. Distribution Metamkine.

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Joëlle Léandre: A voix basse (Musica Falsa - 2008)

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Dans A voix basse, à un Franck Médioni qu’elle a changé en scribe, Joëlle Léandre raconte tout, ou presque : son rapport à la contrebasse, son instrument, l’attachement d’une musicienne à la terre, son idée d’une improvisation qui ne s’apprend pas, ne s’improvise pas, n’interdit surtout pas l’erreur. Entre les lignes qui traitent de sa pratique musicale, des incartades sur le jazz ou le classique, des manières autres d’aborder l’instant, et beaucoup de voyages, de trajets la rapprochant de l’endroit du concert comme ils semblent l’éloigner, le temps de leur durée, du souci musical. Enfin, quelques colères : animées par la culture et ses institutions, ou par la place faite aux femmes dans la musique. Tout cela, évidemment, qui la motive.



Joëlle Léandre, Franck Medioni - A voix basse - 2008 - Musica Falsa.

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Alexander von Schlippenbach: Gold Is Where You Find It (Intakt - 2008)

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Suite des aventures du Schlippenbach Trio, Gold Is Where You Find It scelle l’entente et découvre au passage de nouvelles possibilités, offertes par quelques années d’efforts qui auront forgé la maîtrise. 

A Baden-Baden, fin 2007, Schlippenbach, Evan Parker et Paul Lovens remirent donc l'ouvrage sur le métier, de progressions difficiles sur lesquelles s’entendre mieux qu’ailleurs (ZDWA) en ruades attendues mais toujours supérieures (Three in One). Différents, quelques morceaux d’abstraction conseillent aux musiciens l’installation inquiète d’une atmosphère à qui l’on refuse tout développement (K. SP), ou la mise en place lente d’une entente tripartite gagnée par la vitesse (Gold Is Where You Find It). Définitif, si les 35 ans du Schlippenbach Trio ne promettaient pas d’en prendre encore et de s’affiner.

CD: 01/ ZDWA 02/ Happy Flapping 03/ Amorpha 04/ Gold Is Where You Find It 05/ K. SP 06/ Monkey’s Fist 07/ Lekko 08/ Cloudburst 09/ Three in One 10/ The Bells of St. K >>> Alexander von Schlippenbach - Gold Is Where You Find It - 2008 - Intakt Records. Distribution Orkhêstra International.

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Offonoff: Clash (Smalltown Superjazz - 2008)

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De la rencontre de Terrie Ex, Paal Nilssen-Love et Massimo Pupillo (Zu) est né fin 2006 Offonoff. Avec Clash, le trio pose les bases de sa musique récréative et bruitiste.

Lorsqu'Ex s’acharne sur un accord de guitare, Pupillo l’imite pour finir d'introduire une progression de rock sauvage naturellement régénérée par les incartades brutes des musicien ; que Nilssen-Love décide de l’allure expéditive qui finira d’imposer l’hirsute exposition des bruits et voici Offonoff trouvant son impeccable rythme de croisière : de cordes indélicates subissant les effets de pédales ou les décharges électriques d’un appareillage que l’on voudrait douteux, le trio fait alors son lot, qu’il enfonce rapidement sous les coups de basse et de batterie, les plaintes aigues assez rares, seulement décoratives.

A la suite de The Ex, profitant des possibilités offertes par le jeu de Nilssen-Love et gonflé par le soutien d’un membre de Zu, Offonoff a peu de mal à persuader de sa raison de jouer, qui ajoute aux bruits la particularité d’un son.   

CD: 01/ Rabbit Punch 02/ Calls 03/ Kicking Stones 04/ Bone Meat 05/ Clash >>> Offonoff - Clash - 2008 - Smalltown Superjazz. Distribution Differ-ant.

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By Any Means: Live at Crescendo (Ayler Records - 2008)

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Sous le nom de By Any Means se cache une collaboration qui commence à dater (celle de Charles Gayle, William Parker et Rashied Ali) mais qui donnait, en octobre 2007 à  Norrköping, d’irrévocables preuves de fraîcheur. 

Courant sur deux disques, Live at Crescendo amorce un fantasme de blues sur lequel traîne l’alto de Gayle (Zero Blues), qui se retire souvent pour écouter ses partenaires et méditer sur l’importance du partage en musique. Revenu pour rendre une mélodie dérivant sous les improvisations disjointes (We Three), le trio gère ensuite quelques moments chaotiques avec un savoir-faire remarquable : Straight Ahead Steps et Peace Inside, sous les invectives d’Ali.

Après quoi, Parker relance la machine au son d’un gimmick porteur (Machu Pichu), derrière lequel tout pourrait redescendre, si les trois hommes n'étaient pas insatiables : plaintes de Gayle modifiées selon les mouvements d’un corps secoué sans doute par les courants que provoque la section rythmique (Cry Nu). Par vagues successives et changeantes, Gayle, Parker et Ali, ont ainsi une autre fois attesté de leur jeunesse.

CD1: 01/ Introduction 02/ Zero Blues 03/ Hearts Joy 04/ We Three 05/ Different Stuff 06/ Love One Another 07/ Straight Ahead Steps - CD2: 01/ Peace Inside 02/ Machu Pichu 03/ Cry Nu 04/ Eternal Voice 05/ No Sorrow >>> By Any Means - Live at Crescendo - 2008 - Ayler Records. Distribution Orkhêstra International.

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Roland Baggenaes: Jazz Greats Speak (Scarecrow Press - 2008)

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Professeur de musique ayant officié en tant que journaliste entre 1972 et 1987 pour le compte de la revue canadienne Coda, Roland Baggenaes rassemble dans Jazz Greats Speaks 17 interviews qui semblaient manquer.

Essentiellement parce qu'accordées par des musiciens qui, s'ils sont importants, ont été trop rarement interrogés. A côté des exceptions que sont Lee Konitz, Mary Lou Williams, Jackie McLean, Mal Waldron ou Dexter Gordon, voir alors apparaître John Tchicai, Sahib Shihab, Warne Marsh, Benny Waters ou Stanley Clarke, qui reviennent tous, comme convenu, sur leurs parcours, leurs collaborations, et éclairent leur pratique du jazz sans rien négliger de ses effets sur leur façon de vivre.



Roland Baggenaes - Jazz Greats Speak, Interview with Master Musicians - 2008 - Scarecrow Press.

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Steve Lacy: The Forest and The Zoo (ESP - 2008)

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Steve Lacy, Enrico Rava, Johnny Dyani, Louis Moholo : quartette rangé sous le nom de Lacy, enregistré ici en Argentine peu de temps avant sa dissolution. Vendu par le saxophoniste à Bernard Stollman, l’enregistrement est la seule référence ESP de la discographie de Lacy.

Excellente, autant que peuvent l’assurer les musiciens qu’elle donne à entendre : la paire Dyani / Moholo, expansive, enveloppant les improvisations de ses sautes d’humeur discrètes autant qu’implacables ; le duo Lacy / Rava, jouant des paraphrases et des envolées free, de dialogues amusés mariant les progressions à étages du soprano et la luxuriance de chacune des trouvailles de la trompette.

L’émulation portée haut sur deux improvisations qui rompent sous les coups d’éclats de musiciens habiles et en verve, qui commandait forcément la réédition.

Steve Lacy : The Forest and the Zoo (ESP Disk / Orkhêstra International)
Réédtion : 2008.
CD : 01/ Forest 02/ Zoo
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ron Carter: Dear Miles (Blue Note - 2007)

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Dès 1963, et pour cinq ans, Ron Carter a été le contrebassiste du quintette de Miles Davis aux côtés de Wayne Shorter, Herbie Hancock et Tony Williams. Aujourd'hui, le voici adresssant son hommage au trompettiste, projet qu’il aura longtemps repoussé, attendant d’être certain des dispositions de sa formation à le mener à bien.

Au programme : quelques standards chers à Davis, deux thèmes originaux et une reprise de As Time Goes By. Plus efficace qu’audacieux, le quartette sert avec passion le bop enlevé de Seven Steps to Heaven, impose, fougueux, les thèmes de Gone de Gil Evans et de Bag’s Groove de Milt Jackson, pour enfin appliquer des arrangements plus sophistiqués à My Funny Valentine et Stella by Starlight. Percutant et sans artifices, Ron Carter convainc de la justesse de l’affection qui l’anime, et parvient, malgré quelques politesses, à éviter les écueils de la commémoration consensuelle.

CD: 01/ Gone 02/ Sveen Steps to Heaven 03/ My Funny Valentine 04/ Bag's Groove 05/ Someday My Prince Will Come 06/ Cut and Paste 07/ Stella by Starlight 08/ As Time Goes By 09/ Bye Bye Blackbird 10/ 595 >>> Ron Carter - Dear Miles - 2007 - Blue Note. Distribution EMI.

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