Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Sonic Youth: Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui (SYR - 2006)

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En hommage au réalisateur Stan Brakhage, Sonic Youth et le percussionniste Tim Barnes improvisaient, le 12 avril 2003, l’accompagnement quasi idéal de la projection d’une sélection d’œuvres cinématographiques exigeantes.

Inaugurée par les répétitions d’un piano jouet, la bande-son tire rapidement parti de la mise en abîme des interventions. Réverbérations et oscillations, guitares peu intrusives, larsens raisonnables, tout est d’abord soumis aux manières du percussionniste. Jusqu’à ce qu’un cadre rythmique légitime apparaisse, et accueille impromptus et habitudes des solistes (guitares rendant leur millionième harmonique). Affable, la première partie aura couru au son d’un rock bruitiste et downtempo, engagé, pour finir, sur la voie d’une marche titubante et charmeuse.

Moins saisissable formellement, la deuxième partie de l’improvisation – la plus courte - mêle les mots rapportés sous saturation par Kim Gordon aux lavis sombres de guitares sous effets divers. L’intervention d’une grosse caisse ferme le dialogue, et fait le pont vers l’ultime tentative de résoudre l’équation interrogeant la composition instantanée et le noir et blanc des images.

Les notes passées à travers filtres tiennent alors la dragée haute aux interventions brutes, qui devront jouer d’une plus grande nervosité pour se faire entendre encore. Aux cordes torturées on ajoute les attaques sourdes et convulsives de la section rythmique avant d’allumer un poste de radio, d’où sortent les voix qui annoncent le moment irrémédiable du chaos. Grave, rien ne l’empêche d’être gonflé encore, sur les encouragements d’une batterie qui enfonce toujours plus profond une musique industrielle et sauvage.

Dernier enregistrement en date autoproduit par Sonic Youth, Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui est aussi un tour de force : celui effectué par un groupe qui a mille fois servi la posture improvisée tout en étant capable encore – quelle qu’en soit la cause : présence de Tim Barnes, joie de se plier aux règles d'un exercice particulier ou inspiration faste – d’offrir un peu d’inédit à sa maîtrise consommée.

CD: 01/ - 02/ - 03/ -

Sonic Youth - Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui - 2006 - SYR. Distribution Differ-ant.

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Nathan Michel: Trebly (Mr. Mutt - 2003)

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Après avoir fabriqué 2 albums pour le compte du label Tigerbeat, Nathan Michel profitait de quelques concerts pour agencer Trebly, projet destiné ensuite à venir grossir les rangs d’une série limitée (200 exemplaires) que le label Mr. Mutt consacre aux enregistrements en public.

Sur l’imbrication répétitive d’échantillons électroniques, Michel donne avec emphase dans le déballage sonore : samples, timbres variés, et incrustations artificielles non identifiables rivalisant - sur les 3 Subtonic, notamment - au son d’une ambient déstructurée ou d’une construction rythmique presque groove.

Imposant à ses arrangements la nécessité de notes intrusives, courtes et interférant étrangement dans la mesure (Friendship House), Michel peut aussi donner dans la pièce rythmique déjantée, inaugurée par l’accompagnement programmé d’un orgue ancien, fleurie bientôt par d’autres tentatives de découpes ludiques et confondantes (Tonic).

Non content d’avoir donné à entendre 5 piècettes efficaces, Michel envahit pour finir un champ plus expérimental, fait de nappes sonores disposées sous une pluie de percussions légères. Assez bancal, jouant des réverbérations et des boucles formatives, Terrace Club brouille malheureusement le propos tenu jusque là. Sans pour autant annuler les effets remarquables disséminés plus tôt.

CD: 01/ Subtonic – New York City 02/ Tonic – New York City 03/ Subtonic – New York City 04/ Friendship House – Philadelphia 05/ Subtonic – New York City 06/ Terrace Club - Princeton

Nathan Michel - Trebly - 2003 - Mr. Mutt Records. Import.

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Hamid Drake, Assif Tsahar: Live at Glenn Miller Café (Ayler - 2006)

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Après avoir brillé en duo au Vision Festival de New York en 2001, Hamid Drake et Assif Tsahar renouvelèrent l’expérience l’année suivante. A Stockholm, cette fois : Live at Glenn Miller Café, condition et emplacement comme surtitre de ce Soul Bodies, Vol. 2.

Au son d’une rythmique oscillant entre soul et bossa, Drake met en marche Warriors of Stillness, qu’il ne cessera de charger de propositions décoratives et d’accents changeants, jusqu’à ce que l’alto de Tsahar s’impose au moyen d’un free rauque. Oubliant le respect des mesures - comme le duo pourra le faire d’un bout à l’autre de Praying Mantis (Tsahar flamboyant) ou sur Handing Clouds (l’expérimental au contact du blues) – pour mieux y revenir, au son du groove insatiable du batteur.

Lorsqu’ils abandonnent l’improvisation, les musiciens rendent hommage au contrebassiste Peter Kowald, récemment disparu, en interprétant Mother and Father, sur lequel Drake roulent des mécaniques latines complexes quand, de graves en aigus excentriques, le saxophoniste rappelle le phrasé d'Ayler. Parallèle remarquable encore sur Grosp The Bird’s Tail, improvisation sombre, introspective jusqu’à la confidence.

Ayant ménagé avec emphase l’efficacité et la réflexion sensible, Hamid Drake et Assif Tsahar peuvent offrir, en guise de rappel, un Saint Thomas écourté, clin d’œil amusé à Sonny Rollins et façon de conclure le set brillant d’un duo rare.

CD: 01/ Warriors of Stillness 02/ Praying Mantis 03/ Mother and Father 04/ Handing Clouds05/ GAsp The Bird’s Tail 06/ Saint Thomas

Hamid Drake, Assif Tsahar - Live at Glenn Miller Café - 2006 - Ayler Records. Distribution Orkhêstra International.

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Dawid Szczesny: Unheard Treats (Supralinear - 2006)

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Pour sa deuxième sortie, Supralinear - branche à peine éclose du label allemand Mille Plateaux – se tourne vers la Pologne et offre à Dawid Szczesny la possibilité d’exposer un peu mieux ses compositions électroniques.

Résolument tournées vers une ambient apaisée, elles jouent des rebonds de boucles choisies et de l’usage discret d’une guitare électrique. Toujours claire, celle-ci tourne souvent sur elle-même (Wake), et défend le plus souvent à elle seule les arrière-pensées mélodiques de pièces insaisissables, toutes attaquées en vol par les craquements légers de vinyles minaudant leur raison d’être (Noth, The Kiss Not Made).

Allant voir ailleurs que dans l’éther, Szczesny peut faillir – lorsqu’il hache les accords d’un clavier sur Leigh-Anne -, ou convaincre différemment : à l’écoute de collages prônant la variation du thème à rendre (Cat on the Table) ou en programmant des nappes courant sur l’espace restreint de 2 à 3 notes (Morning). Difficile d’aller plus loin dans la description des atmosphères. Le reste, à chacun de le ressentir, aidé par l’aisance avec laquelle Unheard Treats convie à l’assurance d’une délicatesse électronique diaphane et enveloppante.

CD: 01/ The Kiss Not Made (Ilkay) 02/ Noth 03/ Wake 04/ Leigh-Anne 05/ Hook-up 06/ Cat on the Table 07/ Sleep 08/ View
09/ Morning

Dawid Szczesny - Unheard Treats - 2006 - Supralinear. Import.

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Castanets: First Light's Freeze (Asthmatic Kitty - 2005)

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Epaulé par une kyrielle d’intervenants – parmi lesquels se glissent le saxophoniste Daniel Carter ou l’ultra célébré Sufjan Stevens -, le Castanets de Raymond Raposa traîne, sur First Light’s Freeze, sa pop folk dans la boue sombre, avant de la faire sécher au soleil.

Ancré dans un downtempo ténébreux, l’album file à la vitesse où une new beat generation traîne ses savates. Au son de folksongs minimales (Good Friend, Yr Hunger, Bells Aloud), de pop progressive défaillante (No Voice Was Raised) ou de morceaux d’ambient acoustique mis bout à bout (Reflecting in the Angles, First Light’s Freeze).

Ici, la voix nasillarde de Raposa évoque celle de Dylan ou d’O’Rourke ; là, sa musique revêt des intentions proches de celles d’Eels, de Bonnie Prince Billie ou de Sparklehorse. A même le sol, Castanets s’inscrit en droite ligne de ces influences, et entraîne l’auditeur à sa suite, parti qu’il est à la rencontre d’un but qu’il semble ne jamais s’être fixé.

La balade est paisible, humble et plaisante. N’a l’air de rien et invite pourtant à la récidive. Qui approfondit à chaque fois l’analyse des chardons et digitales plantés sur First Light’s Freeze.

CD: 01/ (The Waves Are Rolling Beneath Your Skin) 02/ Into the Night 03/ A Song is Not The Song of The World 04/ Good Friend, Yr Hunger 05/ (We Drew Uncertain Breath) 06/ Bells Aloud 07/ First Light's Freeze 08/ Evidence (A Mask of Horizon, Distortion of Form) 09/ No Voice Was Raised 10/ (Migration Concentric) 11/ All That I Know To Have Changed in You 12/ Dancing With Someone (Privilege Of Everything) 13/ Reflecting in the Angles

Castanets - First Light's Freeze - 2005 - Asthmatic Kitty. Import.

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Paul Dunmall: Bridging The Great Divide Live (Clean Feed - 2003)

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Après l’avoir enregistrée une première fois en 2000, Paul Dunmall revoit, deux ans plus tard, la copie de sa composition The Great Divide. Devant public, il se charge de son entame au son de sa cornemuse avant de changer l’ordre d’intervention des solistes de son octette. L’introduction passée, le contrebassiste Paul Rogers peut lancer le swing explosif sous lequel évoluera l’interprétation.

Chacun des musiciens aura tout loisir de fulminer - Dunmall au saxophone ténor, Tony Levin à la batterie – quand Keith Tippett se contente, derrière son piano, de jouer les accompagnateurs discrets. Jusqu’à la consécration d’une pause, qu’il instaure avec le soutien de Levin, pour mieux l’abandonner, ses attaques sèches ravivant les intentions furieuses de l’ensemble des musiciens.

Retrouvé, le pandémonium court maintenant le long d’un swing jouant davantage des dissonances. La trompette de Gethin Liddington ou le trombone de Paul Rutherford tirant leur épingle du jeu sur la redondance efficace de la contrebasse. La conclusion célèbrera le retour du duo Tippett / Dunmall, défenseur surprenant d’un free jazz voué à tout embraser, jusqu’aux cendres.

En guise de rappel, une improvisation. A 4, cette fois : Dunmall, Tippett, Rogers et Levin, s’essayant de nouveau à l’exercice. Energique et ramassée, Wind est une pièce qui concilie la progression retenue du pianiste et l’ardeur des phrases du saxophone, et prend ainsi les allures d’un compromis agile et pertinent. Complétant à merveille la relecture d’un thème écrit tout en s’en démarquant.

CD: 01/ The Great Divide 02/ Wind

Paul Dunmall - Bridging The Great Divide Live - 2003 - Clean Feed. Distribution Orkhêstra International.

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McPhee, Boni, Lazro, Tchamitchian: Next to You (Emouvance - 2006)

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Fomenté depuis plus d’une dizaine d’années par Joe McPhee, Raymond Boni, Daunik Lazro et Claude Tchamitchian, Next to You a profité d’un récent passage en studio du quartette pour paraître enfin sur disque. Fruit d’accointances régulières, l’enregistrement traîne son improvisation sur une grille à respecter, dont les musiciens n’ont même plus à s’entretenir au préalable.

Ouvert au rythme des impulsions fracassantes, le disque prône avant toute chose la conduite batailleuse, succession rapide des accords de guitare de Boni, contrebasse menée par l’archet insatiable de Tchamitchian, et spirales avalant l’alto de Lazro. Sorte de compromis entre un free jazz sans bornes et le post-punk new-yorkais des années 1980 (Folie dure). Provoquant la rupture, la contrebasse instigue un passage en brumes apaisant, dissipé bientôt par les interventions extatiques du guitariste et les emportements hautains du saxophone de Lazro (The Last Border). McPhee, lui, se démarque véritablement sur Next to You, y fabriquant au son de sa trompette de poche des électrons rythmiquement indépendants, quand Boni tisse des redondances liant les propositions de l’entier quartette.

Jouant des delays, il prescrit aussi des résonances métalliques sur des pièces de cordes percussives (One More Step) ou travaille un zen poli tant et si bien qu’il finit par grincer (Softitude). Ailleurs, c’est au duo des vents de tout rafler, le soprano de McPhee accompagnant l’alto furieux de Lazro (Straight Knife), avant de laisser place nette aux parties instaurées et défendues à 4.

Other Warriors, d’abord, impressionnante de densité. Le règne du calamar géant, surtout, que les musiciens appellent depuis le début, où saxophone et contrebasse évoluent sur les constructions métalliques élevées par la guitare. De l’amalgame obtenu s’échappent des ondes sombres et pénétrantes, d’une intensité enveloppant les domaines de l’improvisation, du free savant et des musiques nouvelles. Comme partout sur le disque, mais sous une forme exacerbée. Voilà pourquoi Le règne du calamar géant sonne avec emphase l’heure de la conclusion.

CD: 01/ Folie dure 02/ The Last Border 03/ Next to You 04/ Shorty 05/ One More Step 06/ Other Warriors 07/ Softitude 08/ Straight Knife 09/ Le règne du calamar géant

Joe McPhee, Raymond Boni, Daunik Lazro, Claude Tchamitchian - Next to You - 2006 - Emouvance.

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Charles Mingus: The Young Rebel (Proper - 2004)

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Sur la longueur de 4 CD (88 titres), le label Proper records retrace avec pertinence le parcours d’un Charles Mingus des origines, contrebassiste respectueux des engagements ou leader explorant d’un point de vue plus personnel les ambitions du musicien et les attentes du créateur.

Rapportée chronologiquement, la sélection débute par des enregistrements auxquels le contrebassiste participa de chez lui, sur la côte Pacifique. Derrière le saxophoniste Illinois Jacquet ou au sein de l’orchestre de Lionel Hampton – musicien doué d’oreille qui vantera les talents du jeune homme sur Mingus Fingers -, servir une ère du swing qui sévit encore. Pour se permettre, ensuite, d’approcher avec son propre sextette une musique moins sage, qui se frotte au blues (Lonesome Woman Blues) et accepte les arrangements plus tourmentés (This Subdues My Passion).

En 1950, Mingus remplace Red Kelly dans le trio du vibraphoniste Red Norvo et instille un peu de noir à l’ensemble, bousculant (légèrement tout de même) ce jazz de chambre annonçant le cool au rythme d’un archet audacieux (Time and Tide) ou de pizzicatos à la limite parfois de l’impudence (Night and Day). Façons de faire que Mingus dévoile bientôt à New York, où il s’installe en 1951.

Epoque des rencontres fructueuses – celle, d’abord, du batteur Max Roach, qu’il retrouvera dans différentes formations et avec qui il créera le label Debut – et de collaborations remarquables : avec Oscar Pettiford, la presque-figure du rival (Cello Again), Stan Getz, Miles Davis, ou Lee Konitz, qu’il compte dans son quintette (le classicisme, convenu, de Konitz prenant un coup d’excentrique sur Extrasensory Perception). A force d’approches reconduites, arrive enfin l’heure des premières dissonances et des grincements légers : sur Montage, en 1952, joué en compagnie de Roach et Jackie Paris.

Cette année et la suivante sont celles, décisives, du passage pour Mingus de l’époque des interrogations à celle des convictions – même changeantes. Pertinemment, le dernier volume du coffret évoque une dernière fois le contrebassiste avide d’apprendre de ses aînés - Charlie Parker ou Bud Powell -, avant de donner à entendre le résultat des premiers workshops qu’un Mingus en âge de transmettre mènera de main de maître, et qui accueilleront Paul Bley, Kenny Clarke, Eric Dolphy, Booker Ervin ou Jackie McLean, révélations d’un compositeur immense et d’un passeur perspicace.

CD1: Pacific Coast Blues - CD2: Inspiration - CD3: Extrasensory Perception - CD4: Bass-ically Speaking

Charles Mingus - The Young Rebel - 2004 - Proper Records. Distribution Nocturne.

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The Muffins : Loveletter #2 (Hobart, 2005)

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Etendard historique et toujours flottant de la scène progressive américaine, The Muffins accueillaient, début 2004, deux anciens membres de l’Arkestra de Sun Ra pour improviser son Loveletter #2.

Au quartette emmené par Dave Newhouse et Tom Scott vinrent donc s’ajouter Marshall Allen et Knoel Scott, saxophonistes alto plaçant l’enregistrement sous les voûtes célestes peu communes des univers du maître. Alors, les décors sombres et métalliques reçoivent les échos et réverbérations d’une valse déconstruite (In This World), d’un swing pétri de blues pour tout rappel des origines (Smooth Joe) ou d’un free jazz sans vergogne (Dog Park).

Si le son évoque les enregistrements les plus célèbres de l’Arkestra, l’évocation ne s’arrête pas là, que l’on approfondit en rappelant quelques intentions (le fantasme d’une planète Afrique lointaine et retrouvée, sur Monsta) ou des façons de faire (intersection des vents sur la progression ininterrompue d’un piano ronflant sur Chickenhead et incursions en terres funk sur Happy Now ?). Si l’on regrette parfois que l’exploration de l’univers tourne au sur-place (Dr. Mid-Nite), reste l’impression d’ensemble, touchante parce que juste. Donnée par six musiciens méthodiques dans leur rénovation d’un stylisme baroque jadis élevé au sommet de la cosmogonie personnelle de Sun Ra ; aujourd’hui devenu référence.

The Muffins : Loveletter #2 The Ra Sessions (Hobart / Orkhêstra International)
Edition : 2005.
CD : 01/ In This World 02/ Happy Now ? 03/ Monsta 04/ Chickenhead 05/ Dog Park 06/ Smooth Joe 07/ Dr. Mid-Nite
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Muddy World: Finery of The Strom (Tzadik - 2006)

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De Tokyo, Muddy World révèle pour la première fois sur disque son approche particulière d’un jazz rock mis aux goûts du jour. S’amusant de références diverses et éclatées, le guitariste Soeda Yusuke, le bassiste Murakami Keita et le batteur Sugita Kohei, trouvent avec invention la place de leur Finery of The Storm dans la série New Japan du label Tzadik.

Si un certain usage de la basse électrique donne parfois à l’ensemble des couleurs proches de celles d’un jazz acoquiné avec un post-rock - Chicago Underground sur Iron Ant -, ou vice-versa - Jim O’Rourke sur Lilac -, le trio peut aussi rappeler le post-punk de Massacre ou celui, plus récent, du Gorge Trio (attaques convulsives d’une guitare sous distorsion sur Duel ou Fever).

Avide d’autres clins d’œil à adresser, Muddy World investit ensuite le domaine de la pop chantée. Sur des morceaux plus faibles, malheureusement, apparentés au répertoire aujourd’hui défraîchi des Ambitious Lovers (Dewfall, Moody Floor) ou du Yellow Magic Orchestra (Cut), ou surpassant tout le reste en naïveté fade (Apollo).

Compositions à mille lieux de Granada ou Neon, progressions mélodiques sublimées par le recours réfléchi aux redondances, qui tissent à elles seules le pan le plus original de Finery of the Storm, premier album engageant bien qu’inégal. En demande, en tout cas, de suivants.

CD: 01/ Iron Ant 02/ Lilac 03/ Fever 04/ Duel 05/ Dewfall 06/ Muddy Floor 07/ Apollo 08/ Granada 09/ Cut 10/ Neon

Muddy World - Finery of The Storm - 2006 - Tzadik. Distribution Orkhêstra International.

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