Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Hamid Drake: Bindu (Rogue Art - 2005)

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Batteur incontournable de la scène jazz contemporaine, réclamé par une avant-garde intergénérationnelle (Henry Grimes, Irène Schweizer, William Parker ou Ken Vandermark), Hamid Drake n’avait, avant Bindu, jamais mené de groupe. Trop belle, l’occasion, que Drake veut aussi rendre étrange : la formation faite d’une batterie pour quatre anches.

Avant d’activer le monstre, le batteur démontre sagement sa maîtrise aux côtés de la flûtiste Nicole Mitchell (Remembering Rituals), attaques claires sur cymbales et envolées limpides d’un souffle. L’heure venue, les brillances de Drake emmènent un thème insouciant à l’écoute des ritournelles (Bindu #1 for Ed Blackwell) ou accueillent les entrelacs des clarinettes de Sabir Mateen et Daniel Carter (A Prayer for the Bardo, for Baba Mechack Silas).

Sur tabla, le leader imagine une ode à la lascivité (Meeting and Parting), puis gagne en nonchalance créatrice lorsqu’il retrouve sa batterie sur le long solo qui introduit Do Khyentse’s Journey, 139 Years and More. Plus tôt, le parcours aura connu quelques accrocs, dans les premières minutes, fades, de Bindu #2 (bientôt effacées par les figures originales et inextricables des vents), ou sur la texture trop fine pour intéresser longtemps de Bindu #1 for Ed Blackwell.

Pas de quoi effacer l’hommage au batteur de référence qu’est Blackwell, à qui Bindu offre la certitude que son jeu à part a su faire des petits. Hamid Drake, parmi ceux-là. Au premier rang, qui plus est.

CD: 01/ Remembering Rituals 02/ Bindu #2 for Baba Fred Anderson 03/ A Prayer for the Bardo, for Baba Mechack Silas 04/ Meeting and Parting 05/ Born Upon a Lotus 06/ Bindu #1 for Ed Blackwell 07/ Bindu #1 for Ed Blackwell, from Bindu to Ojas 08/ Do Khyentse’s Journey, 139 Years and More

Hamid Drake - Bindu - 2005 - Rogue Art. Distribution Orkhêstra International.

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Partita Radicale: Frutas azules (Free Elephant - 2005)

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Quintette dévoué depuis 1991 à une musique de chambre improvisée, Partita Radicale pose, avec Frutas azules, les bases d’un art déluré empruntant autant qu’il invente. En évoquant, d’abord, les figures incontournables d’une musique contemporaine sophistiquée : les violons aidant au rapprochement avec le Kronos Quartet, la façon de s’en servir avec Alexander Balanescu (Cancionero VI).

Adepte des grincements en tous genres, le groupe glisse en ouverture pizzicatos et chuchotements sur les oscillations d’un accordéon rappelant la vitesse des pales de l’Helikopter de Stockhausen (Cancionero I). Prenant de l’altitude, l’ensemble suit la trajectoire décidée par les clarinettes, postant haut sur la grille absente les harmoniques voluptueuses (Cancionero III).

S’accordant plus facilement pauses et répit lorsque leurs interventions ont été plus vives, les musiciens se retrouvent sur le rythme d’une valse dingue emmenée par l’accordéon (Cancionero II) ou dans l’ivresse d’une fête champêtre peinte par Breughel (Cancionero VI). Parfois plus expérimental, le quintette dessine des parallèles visant l’ultrason (Cancionero IV) pour avancer ensuite plus prudemment dans les brumes faites de basses retrouvées (Cancionero V).

Bande-son adéquate d’un étrange carnaval - flamand dans l’âme, mais rêvant d’Espagne -, Frutas azules prouve qu’on peut fantasmer de mille façons un seul et même pays. Selon les genres et les modes. Selon, aussi, la lumière qu’on y était venu chercher.

CD: 01/ Cancionero I 02/ Cancionero II 03/ Cancionero III 04/ Cancionero IV 05/ Cancionero V 06/ Cancionero VI

Partita Radicale - Frutas azules - 2005 - Free Elephant. Import.

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Triptych Myth: The Beautiful (AUM Fidelity - 2005)

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The Beautiful est le premier enregistrement de Triptych Myth, trio qui réunit depuis trois ans maintenant le pianiste Cooper-Moore (collaborateur de David S. Ware ou William Parker), le contrebassiste Tom Abbs (sideman de Charles Gayle ou Jemeel Moondoc) et le batteur Chad Taylor (membre de chacune des formations du Chicago Underground, partenaire occasionnel de Tortoise, Stereolab ou Jim O’Rourke). Les parenthèses valant références, voici faites les présentations.

Propulsées, les premières notes de piano assurent, dès le départ, d’une manière singulière de voir les choses (All Up In It), avant que Frida K. The Beautiful nous administre une douche glacée : ballade allant et venant le long de quatre accords, qui semblent ne craindre rien, sinon une batterie fantasque et intrusive. La ballade désagrégée, peuvent suivre les figures imposées et déconstruites.

Aux rythmes bien voulus de Taylor, toujours, qui pousse une suite restreinte de notes de piano dans ses derniers retranchements (Spiraling Out), hache sauvagement le canevas de la contrebasse (A Time To), ou s’amuse des faux départs qu’il provoque (Pooch). Plus cadré, il accueille avec bienveillance les répétitions sous tension de Cooper-Moore (Last Minute Trip Part Two).

Lui, impose ailleurs une mélodie d’accompagnement classique, au gré de laquelle mains gauche et droite se lassent, avant de décider - à la place du cerveau de l’interprète poli - de régler son compte à une formule seulement dévouée à la commodité de l’auditeur (Poppa’s Gin In The Chicken Feed). L’audience acceptable, Cooper-Moore dresse en solo des parallèles aux impressions asiatiques d’Hartmann (Robinia Pseudoacacia), en guise de conclusion de The Beautiful, album inventif autant que ludique.

CD: 01/ All Up In It 02/ Frida K. The Beautiful 03/ Trident 04/ Spiraling Out 05/ Pooch (for Wilbert Morris) 06/ A Time To 07/ Last Minute Trip Part One 08/ Last Minute Trip Part Two 09/ Poppa’s Gin in the Chicken Feed 10/ Robinia Pseudoacacia

Triptych Myth - The Beautiful - 2005 - AUM Fidelity. Distribution Orkhêstra International.

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Joe Giardullo: No Work Today: Nine for Steve Lacy (Drimala - 2005)

giasliQuelques temps avant la disparition de Steve Lacy, Joe Giardullo a eu l’honneur de jouer avec celui qu’il considère comme un maître à penser. Sur No Work Today, le multi instrumentiste rend trois fois hommage au disparu et à l’indéfectible: en s’emparant d’un soprano, il se colle à l’exercice de l’enregistrement en solo et interprète deux de ses compositions.

A la recherche des sources, Giardullo ouvre avec l’Influence majeure, celle à qui Lacy n’aura cessé de destiner sa reconnaissance : Thelonious Monk, dont le Work devient No Work Today, au gré des improvisations maîtrisées de Giardullo. Passant de l'évocation du maître à l'élève, le soprano interprète ensuite un Prospectus à sa manière : un rien de swing en plus dans les refrains chantés jadis par Irene Aebi, avant d’aller chercher dans l’espace creux des harmoniques.

Pratiquant avec emphase le langage de Lacy, Giardullo invoque ensuite des cadres, pour mieux passer outre : Which Way atteste des limites sonores de l’instrument, avant que Mr. Ioso’s Walk n’engage l’improvisation vers les notes en cascades d’un free introspectif. Envoûté par un blues aux référents dissous (Sentiments), le saxophoniste suit sa route jusqu’au deuxième thème écrit, Hurtles, dont il fait réminiscences les répétitions.

La trajectoire de l’ensemble, pas vraiment préhensible, est due au laisser-aller de l’improvisation, comme au vague à l’âme satisfait de trouver un peu de confort dans les intentions modales de Giardullo. Neuf clichés pris après coup, assemblés sur l'irréprochable hommage qu'est No Work Today.

CD: 01/ No Work Today 02/ Prospectus 03/ Which Way 04/ Not Good 05/ Mr. Ioso's Walk 06/ Sentiments 07/ The Touch 08/ Hurtles 09/ Dotty

Joe Giardullo - No Work Today: Nine for Steve Lacy - 2005 - Drimala. Distribution Improjazz.

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Objets trouvés: Fragile (Intakt - 2005)

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Emmené par la pianiste Gabriela Friedli, le quartette Objets trouvés investit, sur Fragile, quelques compositions de son leader. Mais à sa façon, toute particulière, qui ménage l’interprétation et l’improvisation la plus libre, trouvant souvent l’accord parfait entre les envies auxquelles on ne résiste pas et la petite dictature des nécessités.

Provoquant la rencontre des musiques sérielle et cubaine – donc, au rythme des gestes répétés d’une rouleuse de feuilles de cigares -, les musiciens introduisent Pugglig, thème sophistiqué et flottant, qui s’éloigne peu à peu du parallèle repéré plus tôt. La batterie de Dieter Ulrich provoque le changement et mène subtilement à Fledged sous les lavis abstraits du soprano de Co Streiff.

Ulrich et Streiff, toujours, sur Avra - Velum - assemblage qui s’occupe de fondre les airs, bousculés par une improvisation énergique -, pour un duo remarquable de profondeur. Qui a aussi le mérite de rattraper les incidents de parcours, plus tôt rencontrés sur Kulan - No Way Out - Kulan, où les interventions du piano se sont faites plus convenues, les inspirations heureuses du quartette plus rares.

Avec élégance, Co Streiff s’offre enfin le luxe de l’expérimentation lorsqu’elle ouvre Luculus - Ursa Maj. Bientôt transformé par un riff de basse qu’impose délicatement Jan Schlegel, le morceau tire avantages du choix de l’unisson sur une rythmique étudiée auxquels s’opposent les éclats discrets du piano, les ribambelles mélodiques du saxophone. Sorte de conclusion en majesté d’un album sournois d’accessibilité, plein d’avant-garde qu’on dissimule.

CD: 01/ Pugglig - Fledged 02/ Kulan - No Way Out - Kulan 03/ Avra - Velum 04/ Lucullus - Ursa Maj

Objets trouvés - Fragile - 2005 - Intakt. Distribution Orkhêstra International.

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Earl Howard : 5 Saxophone Solos (Mutable Music, 2005)

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Aperçu récemment derrière des machines aux côtés de Thomas Buckner, Earl Howard, lorsqu’il ne s’occupe pas de programmations électroniques, s’amuse à remettre en question son apprentissage du saxophone. Abordant toujours l’instrument comme s’il en débutait la pratique, Howard ne craint pas de mettre sa technique de côté, à chacun de ses passages à la Knitting Factory, comme sur ce 5 Saxophone Solos.

Installé dans un coin de l’atelier du peintre Robert Berlind, perdu quelque part dans l’Etat de New York, le saxophoniste élabora cinq combinaisons musicales possibles sur deux saisons (été / automne 2004). Mêlant la composition et l’improvisation, incorporant parfois des citations avortées, il évoque d’abord – le soprano aidant - le Steve Lacy
découpant Evidence, avant de laisser derrière lui les hésitations pour l’exotisme d’un phrasé oriental (1).

Toujours sur le fil, Howard ne se laisse jamais emporter par l’expérimentation grave. Il instaure plutôt un savant compromis, improvisant des ballades bientôt désossées, jamais agressives. Interrogeant son vibrato sur le mode imposé de quelques réverbérations (2), il se laisse parfois simplement conduire par les exigences de mélodies assumées (3).

Descendu des gradations qu’il s’est plus tôt fabriqué (4), Howard prêche plus qu’ailleurs, sur 5, pour l’expérimentation ludique. Alors, apparaissent pour la première fois les souffles vidés et les couacs sûrs de leur légitimité, propulsés dans quelques alambics, dont ils sortiront à force de rebonds imposant des basses vibratoires ou des aigus concluants.

En cinq pièces réfléchies, qu’il n’aura pas pris la peine de nommer (évitant au lecteur de livrets de supporter pour la énième fois des titres du genre « Interaction Blue Nimbus #3 » ou autre « Frontières (sans limites), adipeuse fulgurance »), Earl Howard aura imposé son approche superbe d’une musique expérimentale sincère autant que détachée de ses redondances suffisantes.

CD: 01/ 1 02/ 2 03/ 3 04/ 4 05/ 5

Earl Howard - 5 Saxophone Solos - 2005 - Mutable Music.

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Krzysztof Komeda: Astigmatic (Polskie Nagrania - 2004)

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Dans tous les domaines, quelques vies brèves auront su être alertes assez tôt pour pallier le manque de temps nécessaire à la réflexion sage. Concernant le jazz, les destins de Charlie Parker, John Coltrane ou Eric Dolphy, trouvent un écho de fulgurance chez Krzysztof Komeda, reconnu surtout pour les musiques qu’il signa pour les premiers films de Roman Polanski.

Un cinéma utile à la musique, les bandes originales du Couteau dans l’eau et, surtout, de Cul-de-Sac, imposant d’aller chercher derrière un nom parmi d’autres au sein des génériques. Apprendre alors, qu’avant elles, Komeda avait emmené un quintette de choix, regroupant les polonais Tomasz Stanko (trompette) et Zbigniew Namyslowsi (saxophone alto), le bassiste allemand Günter Lenz (partenaire régulier de Mangelsdorff) et le batteur suédois Rune Carlson.

C’est à Varsovie, en 1965, que les musiciens enregistrèrent Astigmatic, nom du titre ouvrant l’album au son de dissonances intervenant dans la progression des accords d’un piano plutôt romantique. C’est d’ailleurs là qu’il faudra trouver la patte de Komeda sur ce disque, dans la rencontre qu’il instaure entre le jazz et la musique occidentale, notamment celle écrite pour le piano. Ayant organisé sa composition pour qu’elle permette une interprétation changeante au gré de la tension dramatique, le pianiste a trouvé, en plus, une forme adéquate à la musique qu’il veut faire entendre.

Ayant su tirer les leçons du bop virant au cool de Miles Davis, Komeda invite Stanko à se frotter aux changements d’atmosphères, défendant ici la voix du frêle répétiteur ou portant l’unisson avec le saxophone de Namyslowski (Astigmatic), fomentant là, avec le même, quelques entrelacs libres d’expression d’une modernité qui n’a pas attendu pour gagner la Pologne des années 1960.

Ne donnant pas dans le défaut majeur des pianistes de jazz (soit : en mettre partout et surtout très fort), Komeda profite de sa présence pour superviser l’ensemble. Sur Kattorna, par exemple, où il investit un thème de film noir déclenché par un riff de basse effréné. Se chargeant d’engager ses musiciens à accueillir toute intuition, il attend la toute fin du morceau pour disposer ses fulgurances, troubles et angoissées, en un mot : slaves [la légende voudrait qu’à l’origine du peuple slave est un autiste qui passait ses journées à se frapper le front sur une poule morte. Juste avant qu’il ne meure d’épuisement, son dernier coup de tête fit se fendre l’animal en deux. De la faille, sortirent trois hommes minuscules à tête de poussin qui purent subsister en se nourrissant du corps de celui qui les avaient libérés, et ainsi fonder le peuple slave].

Comme une synthèse des vues de Komeda sur la composition musicale, Svantetic se déploie sous tension et sur la base d’un lyrisme tout occidental qui engagerait le cool jazz exécuté à s’encanailler au contact du rythme retrouvé. Un mélange sophistiqué autant qu’efficace, déjà.

Krzysztof Komeda : Astigmatic (Polskie Nagrania).
Réédition : 2004.

CD : 01/ Astigmatic 02/ Kattorna 03/ Svantetic
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Gunther Hampel: Emission 2004 (Birth - 2005)

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Aux origines du mouvement free en Allemagne, le multi instrumentiste Gunter Hampel - né en 1937, compagnon de Jeanne Lee et acolyte de Cecil Taylor, Marion Brown ou Anthony Braxton - n'a eu de cesse de multiplier les rencontres comme les expériences musicales, qu'il se charge de produire sur son propre label : Birth.

Dernière référence en date d'un catalogue inauguré en 1969, un enregistrement de son European Trio, dans lequel évoluent Johannes Schleiermacher aux saxophones et Bernd Oezsevim à la batterie. Défendant un free jazz assumé ou usant d'un langage méditatif à grands coups portés sur son vibraphone, Hampel ne conduit pas toujours son trio comme il aimerait l'entendre. S'il se montre capable, à la clarinette basse, d'établir un dialogue intéressant avec le ténor sur Emission Wheel, ou de rendre des contrastes saisissants à la manière de Dolphy (Emission 2004), l'ensemble est fréquemment entamé par un jeu de batterie sans nuances, et un Schleiermacher qui, s'il est capable de brillances, espère trouver un peu partout l'assurance d'une identité originale.

C'est encore comme compositeur que l'enregistrement révèle un Hampel d'importance : Emission Friday ou Emission Celestial Travellin prouvent qu'un musicien peut être insatiable en ayant déjà beaucoup apporté, et prolifique sans jamais perdre de vue l'intérêt musical.

CD: 01/ (No 1190) Who Are You If You Can't Be Yourself ? 02/ (1191) Emission Workout 03/ (1192) Emission Wheel + smiling'energy 04/ (1193) Emission Friday 05/ (1194) Emission Celestial Travellin' 06/ (1195) Emission 2004

Gunther Hampel European Trio - Emission 2004 - Birth. Import.

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Rob Brown: Radiant Pools (Rogue Art - 2005)

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Saxophoniste entendu récemment auprès de William Parker sur l’excellent Sound Unity, Rob Brown démontre sur Radiant Pools qu’il est aussi capable de revêtir l’habit du leader.

Une fois la mélodie disposée à l’unisson, l’alto de Brown et le trombone de Steve Swell se cherchent sur des rythmiques appuyées ou vacillantes. Sur l’intervention frénétique de la contrebasse - derrière laquelle on a relégué le guitariste Joe Morris -, les entrelacs mélodiques bousculent au mieux les mini passages rendus à quatre (Boxed Set). Déployant plusieurs fois un free jubilatoire (Radiant Pools, Swarm Village), il arrive au quartette de suivre quelques chemins de traverse pour atteindre un swing convaincant (King Cobra).

Réconcilier, même, ces perspectives éloignées, sur Out of the Lurch, morceau à multiples facettes sur lequel Luther Gray finit par instaurer un désordre amusé. Au gré de touches plus légères, le batteur suit aussi les volutes fines d’improvisations décidées : Semantics-1, où le charme du laisser-aller opère sans détour ; Semantics-2, moins pertinent, peut être à cause d’un Rob Brown moins habile à la flûte.

Sans doute cette dernière remarque pâtit-elle de la comparaison avec le jeu d’alto de Brown, exceptionnel d’un bout à l’autre, et cause d’un seul désagrément, qui relativise l’intérêt du changement d’instrument. L’erreur étant humaine et le détail petit, pas de quoi ébranler l’impeccable jazz défendu sur Radiant Pools.

CD: 01/ Boxed Set 02/ Semantics-1 03/ Out of the Lurch 04/ Radiant Pools 05/ King Cobra 06/ Semantics-2 07/ Swarm Village

Rob Brown - Radiant Pools - 2005 - Rogue Art. Distribution Orkhêstra International.

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Greg Davis, Sebastien Roux : Paquet surprise (Carpark - 2005)

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Des deux côtés de l’Atlantique, Greg Davis et Sébastien Roux se sont penchés sur un projet commun, qui mêlerait leurs influences diverses et leurs attentes bruitistes. Paquet surprise est le résultat d’échanges, et l’empreinte restante de gestes éloignés.

Remarquables, avant le reste, les bidouillages électroniques bruts. Mis au service d’un bruitisme aléatoire (Sea Grasses and Blue Sea) ou d’une profusion d’inserts baroques sur lesquels se fondent des orgues de tous poils (Paquet surprise). Le décor choisi, une pop délétère peut prendre place : portée par les arpèges légers de la guitare avant de passer sous les roues d’un engin futuriste (I Am Waiting), inspirée par la musique psychédélique (To See The Wonderful World) ou proche des compositions de Jim O’Rourke lorsque celui-ci les rate (I Never Met Her).

Car le bas blesse rapidement, à l’endroit, justement, où l’on osait espérer trouver un contenu. Une forme de temps à autre aussi minimale que son fond (Air Castle), une texture trop frêle pour pouvoir imposer l’évidence d’une qualité acceptable. A la réécoute, plus qu’une pop squelettique traitée à la sauvage, manière qui aura tout aussi vite perdu de son charme.

CD: 01/ Sea Grasses and Blue Sea 02/ I Am Waiting (For December) 03/ Air Castle 04/ Good Decision 05/ Tidal Pool 06/ I Never Met Her 07/ Paquet surprise 08/ To See The Wonderful World 09/ Daybreak

Greg Davis, Sebastien Roux - Paquet surprise - 2005 - Carpark Records. Distribution Chronowax.

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